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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Peu importe Bayrou : la menace de la dette est bien r&#233;elle.</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Peu-importe-Bayrou-la-menace-de-la-dette-est-bien-reelle.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Crise fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement Bayrou aux abois dramatise encore son message sur la menace de la dette fran&#231;aise. Par r&#233;action politiques et journalistes, de plus en plus nombreux, vous expliquent qu'il n'y a pas de probl&#232;me ou qu'il reste interne, purement entre Fran&#231;ais. Mauvaise pioche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que le gouvernement Bayrou ait &#233;chou&#233; est un fait ; qu'Emmanuel Macron ait une &#233;crasante responsabilit&#233;, de m&#234;me. D'o&#249; un crise politique majeure. Mais dire que la dette ne repr&#233;sente pas une menace croissante et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-francaise-+.html" rel="tag"&gt;Crise fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/deadline-6575676_640.webp?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement Bayrou aux abois dramatise encore son message sur la menace de la dette fran&#231;aise. Par r&#233;action politiques et journalistes, de plus en plus nombreux, vous expliquent qu'il n'y a pas de probl&#232;me ou qu'il reste interne, purement entre Fran&#231;ais. Mauvaise pioche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le gouvernement Bayrou ait &#233;chou&#233; est un fait ; qu'Emmanuel Macron ait une &#233;crasante responsabilit&#233;, de m&#234;me. D'o&#249; un crise politique majeure. Mais dire que la dette ne repr&#233;sente pas une menace croissante et potentiellement d&#233;vastatrice est un signe de c&#233;cit&#233; grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Club de Paris, qui traite justement les questions de dette, j'ai &#233;voqu&#233; la question depuis longtemps (comme bien d'autres) et notamment encore en fin 2024 &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/Dette publique fran&#231;aise : le sympt&#244;me d'un mal politique - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;Dette publique fran&#231;aise : le symp...&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/La dette fran&#231;aise, risque g&#233;opolitique - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;La dette fran&#231;aise, risque g&#233;opol...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord fondamentalement, hors crise grave ou guerre, il n'y a aucun sens &#224; financer par la dette des d&#233;penses courantes, comme nous le faisons depuis 50 ans. Les autres aussi, mais nous plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite nous nous endettons en grande partie &#224; l'&#233;tranger, bien plus que les autres. Nous nous sommes mis dans la d&#233;pendance des march&#233;s. Et d'autant plus que nous ne contr&#244;lons pas notre monnaie, l'euro, qui est g&#233;r&#233;e au niveau de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin parce que l'Etat est en d&#233;ficit m&#234;me avant paiement des int&#233;r&#234;ts et emprunte donc chaque fois plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi alors ce petit jeu continue-t-il ? Parce que nous parvenons &#224; emprunter chaque ann&#233;e plus aupr&#232;s des march&#233;s, d'abord pour payer le d&#233;ficit de l'ann&#233;e, ensuite et surtout pour rembourser les emprunts tombant &#224; &#233;ch&#233;ance cette ann&#233;e-l&#224;. Comment est-ce possible ? Pour deux raisons principales. D'abord &#233;videmment du fait du maintien d'une richesse relative du pays. Ensuite et surtout gr&#226;ce au parapluie europ&#233;en : un avantage apparent, qui se r&#233;v&#232;le &#234;tre en r&#233;alit&#233; une calamit&#233;, puisqu'il aveugle &#224; la fois les Fran&#231;ais et les march&#233;s, comme il l'avait fait avant 2010 notamment pour la Gr&#232;ce. Voir ici &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/L'Euro ensorceleur - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;L'Euro ensorceleur - Pierre de La...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Et un enfant de 10 ans comprendrait qu'en demandant chaque ann&#233;e plus sans am&#233;liorer sa situation, un jour la branche cassera. Quand ? On ne sait pas. Les march&#233;s ne sont rationnels au mieux qu'&#224; long terme. Mais sans changement de cap cela arrivera, et ce sera d&#233;vastateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est triste de voir un chroniqueur de talent des Echos, en g&#233;n&#233;ral mieux inspir&#233;, vous expliquer doctement (le 29 ao&#251;t 2025) que le FMI n'interviendra pas, avec tout ce que cela signifie d'aust&#233;rit&#233;, parce que la France n'a pas de probl&#232;me de balance des paiements courants, contrairement aux pays qui y ont eu recours. Car &#224; c&#244;t&#233; de cette balance, il y a celle des capitaux. Et si la France n'arrive plus &#224; emprunter pour payer les dettes qui tombent &#224; &#233;ch&#233;ance, elle aura un probl&#232;me majeur et devra trouver de l'argent. Soit aupr&#232;s du FMI - avec d'autres, soit sans argent FMI mais avec un programme d'ajustement de type FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc l&#224; o&#249; par le pass&#233; le d&#233;s&#233;quilibre venait en g&#233;n&#233;ral de la balance des paiements courants (celle des biens et services) , la France inaugurerait une formule nouvelle, fruit de l'accumulation d&#233;mentielle de dette publique qui caract&#233;rise la plupart des pays, mais o&#249; elle est champion : la crise de solvabilit&#233; pure d'un joueur qui ne sait pas s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Dette publique fran&#231;aise : le sympt&#244;me d'un mal politique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Dette-publique-francaise-le-symptome-d-un-mal-politique.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme les Fran&#231;ais commencent de le percevoir, la dette fran&#231;aise entre dans une zone de turbulence. La France doit chaque ann&#233;e emprunter des sommes sans cesse plus &#233;lev&#233;es, du fait d'un d&#233;ficit bien sup&#233;rieur &#224; la croissance de l'&#233;conomie. Il tombe sous le sens que ce petit jeu ne peut durer ind&#233;finiment, d'autant qu'il contraste avec l'&#233;volution des autres pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, d&#233;sormais, le maillon faible, c'est la France. Mais elle ne l'a pas encore compris, ni le changement radical que cela implique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons ici une forme de &#171; politique d'abord &#187; : sur ce plan comme sur d'autres, la France ne s'en sortira pas sans une mutation politique majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dette-publique-+.html" rel="tag"&gt;Dette publique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme les Fran&#231;ais commencent par le percevoir, la dette fran&#231;aise entre dans une zone de turbulence. La France doit chaque ann&#233;e emprunter des sommes sans cesse plus &#233;lev&#233;es, du fait d'un d&#233;ficit bien sup&#233;rieur &#224; la croissance de l'&#233;conomie cens&#233;e permettre le service de la dette. Il tombe sous le sens que ce petit jeu ne peut durer ind&#233;finiment, d'autant qu'il contraste avec l'&#233;volution des autres pays europ&#233;ens. En effet, en termes simples, dans tous les cas de figure, un d&#233;ficit d&#233;bouchant sur un poids croissant de la dette par rapport &#224; l'&#233;conomie n'est pas durable avec une monnaie stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette publique et la drogue des march&#233;s financiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que la France se finance pour l'essentiel sur les march&#233;s financiers. On sait aussi que la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des march&#233;s financiers, l'addiction, peut devenir une terrible menace. Mais en r&#233;alit&#233;, quels que soient les cr&#233;anciers, un telle d&#233;rive n'est pas tenable sur la dur&#233;e. On peut m&#234;me dire que le plus gros d&#233;faut des march&#233;s financiers est leur extraordinaire facilit&#233; d'utilisation, l'abondance de leurs ressources, leur faible co&#251;t, et leur formidable patience. C'est un gros inconv&#233;nient pour la dette publique : ils sont trop faciles d'utilisation, et n'envoient pas les signaux en temps utile. En revanche, quand finalement ils se rendent compte d'un probl&#232;me, ils se retournent d'un coup, et c'est la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1983 et l'adoption sous B&#233;r&#233;govoy et Mitterrand de ces techniques am&#233;ricaines, la dette publique &#233;tait bien plus difficile &#224; financer. R&#233;guli&#232;rement il fallait recourir &#224; l'humiliation des grands emprunts publics, en outre co&#251;teux. Ce qui d'ailleurs nous rappelle qu'il est illusoire d'imaginer, comme le font certains, un temps o&#249; une bonne fille, la Banque de France, aurait financ&#233; n'importe quel d&#233;ficit, sans inconv&#233;nient majeur. La seule p&#233;riode o&#249; cela a pu se faire sur large &#233;chelle &#233;tait celle des guerres mondiales, et cela a &#233;t&#233; pay&#233; d'un terrible inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette nouvelle m&#233;thode de financement a suppos&#233; d'importantes innovations : un peu techniques, mais consistant surtout dans le d&#233;veloppement d'une &#233;pargne gigantesque, g&#233;r&#233;e par des professionnels : fonds de pension, assurances, fonds etc. ; plus l'&#233;pargne de pays exc&#233;dentaires (p&#233;troliers, Asie). Cette facilit&#233; a &#233;t&#233; utilis&#233;e massivement par les politiciens de tous les pays avanc&#233;s, quoique &#224; des degr&#233;s divers. D'o&#249; ces &#233;normes dettes publiques. Rarement consacr&#233;es &#224; de vrais investissements, les d&#233;ficits correspondants ont &#233;t&#233; un pur report sur l'avenir de consommations courantes, signe des graves d&#233;s&#233;quilibres socio-politiques des soci&#233;t&#233;s en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des menaces variables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;lires collectifs laissent donc partout un h&#233;ritage pesant. Mais la gravit&#233; de la situation varie selon les cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Japon par exemple, on est en circuit court : la dette est &#233;norme, mais due pour l'essentiel &#224; des Japonais ou &#224; des institutions publiques. La monnaie est entre des mains nationales. L'inflation est faible. Les taux d'int&#233;r&#234;t n&#233;gligeables. C'est bizarre, mais peut-&#234;tre tenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite des pays endett&#233;s dans leur monnaie. Pour les Etats-Unis, c'est m&#234;me une monnaie mondiale. Ils en profitent massivement, et s'endettent de plus en plus, avec Biden et maintenant Trump. Le d&#233;s&#233;quilibre est donc r&#233;el. Mais contr&#244;lant leur monnaie, ils ne peuvent avoir de crise des paiements, en th&#233;orie au moins, puisqu'il y aura toujours des dollars pour payer ; tout au plus une hyper inflation et une crise du dollar. Ce ne serait pas rien, mais cela les laisserait en position de contr&#244;le relatif de leurs d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a inversement les pays endett&#233;s dans une autre monnaie : les pays en d&#233;veloppement ; d'o&#249; les crises de la dette depuis 40 ans. Ils n'&#233;chappent pas &#224; des restructurations humiliantes et co&#251;teuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a enfin les pays europ&#233;ens. Ils ne sont pas endett&#233;s dans une monnaie nationale, car l'euro est commun et g&#233;r&#233; par la BCE. Or la politique de celle-ci r&#233;sulte d'un &#233;quilibre entre des positions diverses. Mais parall&#232;lement, leurs politiques internes sont tr&#232;s diff&#233;rentes et leur niveau d'endettement tr&#232;s variable ; leurs int&#233;r&#234;ts divergent donc. C'est donc une situation sans &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La France en Europe : une situation &#224; grand risque, sans issue en vue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais dans cet ensemble, le maillon faible, c'est la France, deuxi&#232;me &#233;conomie de l'ensemble, de plus en plus l'homme malade en Europe. Car dans son cas, aux charmes et facilit&#233;s offerts par les march&#233;s s'est ajout&#233;e une position apparemment confortable, celle d'une sorte d'Autriche-Hongrie, brillant second d'une Allemagne qui, elle, se veut restrictive et exemplaire. En effet, les g&#233;rants professionnels ont besoin d'une dette publique de r&#233;f&#233;rence, jug&#233;e sans risque, mais abondante, et l'Allemagne n'emprunte pas assez pour cela, les pays de sa p&#233;riph&#233;rie non plus. Restait donc la France. Elle en a bien abus&#233;. Mais avec le d&#233;rapage macronien, s'ajoutant aux errements ant&#233;rieurs, cette position est de plus en plus remise en cause, sans cependant que les march&#233;s aient franchi le pas de la crise ouverte. Que peut-il advenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait imaginer d'abord une stabilisation relative, &#224; un tr&#232;s haut niveau de dette, permettant de perp&#233;tuer une situation certes inconfortable et co&#251;teuse, mais tenable : &#224; l'italienne et ou la belge - pour le moment du moins. Mais cela supposerait un arr&#234;t des super-d&#233;ficits. Or la perp&#233;tuation de la crise politique et de l'incompr&#233;hension manifeste de la majorit&#233; de la classe politique, et des Fran&#231;ais, sur la gravit&#233; de la situation laissent craindre qu'on n'est pas sur cette trajectoire. Il y a donc un risque majeur de crise. Quand ? On ne sait pas. Cela d&#233;pend de l'humeur des march&#233;s, des histoires qui y circulent, de chocs divers etc. On peut imaginer ainsi une d&#233;gradation progressive de la notation, une augmentation des spreads, une fi&#232;vre qui monte. Et de toute fa&#231;on, un jour, l'impossibilit&#233; de financer les sommes demand&#233;es, devenues d&#233;mentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel serait alors le traitement ? On l'a dit, la France n'a plus le contr&#244;le de sa monnaie. Les solutions mon&#233;taires, par achats massifs de la banque centrale ne sont plus &#224; port&#233;e, sauf approbation de ses partenaires dans la BCE, Allemands en t&#234;te, N&#233;erlandais etc. Mais cela supposerait pour eux de renier toute leur ligne politique, et d'affoler leurs &#233;lecteurs devant le spectre, r&#233;aliste, d'une inflation carabin&#233;e, alors m&#234;me qu'ils ont &#233;t&#233; &#171; vertueux &#187;. Compte tenu de la taille &#233;norme de la France dans le contexte europ&#233;en, juste apr&#232;s l'Allemagne, un sauvetage &#233;ventuel serait en outre une op&#233;ration &#233;norme et sans pr&#233;c&#233;dent. Combinant &#233;ventuellement un effort de la BCE, des restructurations de dette, une intervention du FMI, des m&#233;canismes ad hoc &#224; inventer, etc., il supposerait en outre ce qu'on appelle dans le jargon une conditionnalit&#233; : une politique de rigueur et de redressement, n&#233;cessairement &#224; la louche et brutale, et d'ailleurs partiellement contre-productive. En tout cas diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; la culture politique locale. Encore faudrait-il en outre qu'il y ait un gouvernement pour l'assumer. Cela ne se ferait donc pas tout seul. Avec politiquement le risque d'un d&#233;rapage collectif majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s ? A terme encore plus long, deux d&#233;bouch&#233;s sont possibles. La premi&#232;re serait une r&#233;orientation du pays, permettant un red&#233;marrage. C'est ce qui s'est pass&#233;, clopin-clopant, au Br&#233;sil ou au Mexique apr&#232;s les ann&#233;es 80 : il s'agissait au fond de corriger un d&#233;rapage momentan&#233;, et on l'a fait. Mais pas en Argentine. Avec elle, cela demandait la modification en profondeur de la culture politique ; elle ne s'est pas produite, et le pays est retomb&#233; dans les m&#234;mes errements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons donc ici une forme de &#171; politique d'abord &#187; : sur ce plan comme sur d'autres, tant avant, pendant, qu'apr&#232;s la crise, la France ne s'en sortira pas sans une mutation politique majeure. Mais &#224; ce stade, elle n'est pas dans les cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine. &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/dette-publique-francaise-le-symptome-dun-mal-politique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La crise, la dette et la monnaie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-crise-la-dette-et-la-monnaie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-crise-la-dette-et-la-monnaie.html</guid>
		<dc:date>2020-05-07T15:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Monnaie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Interview dans l'Incorrect mai 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1/ Les mesures actuellement prises vont creuser le d&#233;ficit et donc la dette qui &#233;tait d&#233;j&#224; abyssale avant le confinement. Comment s'en sortir pour financer les d&#233;penses &#224; venir ? Faut-il privil&#233;gier l'imp&#244;t, la dette ou l'emprunt ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Le quantitative easing cr&#233;e de la monnaie en rachetant des titres de dette publique. Croyez-vous &#224; cette solution sur le long terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ On dit que la banque centrale europ&#233;enne, qui a rachet&#233; 400 milliards d'euros de titre de dette fran&#231;aise, pourrait tr&#232;s bien d&#233;cider de les d&#233;truire, mani&#232;re pour les Europ&#233;ens d'annuler cette dette vis-&#224;-vis d'eux-m&#234;mes. Que pensez-vous de cette solution ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponses ci-apr&#232;s&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-dette-+.html" rel="tag"&gt;Crise dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Monnaie-+.html" rel="tag"&gt;Monnaie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ Les mesures actuellement prises par le gouvernement vont creuser le d&#233;ficit et donc la dette qui &#233;tait d&#233;j&#224; abyssale avant le confinement. Comment s'en sortir pour financer les d&#233;penses &#224; venir qui vont &#234;tre colossales ? Faut-il privil&#233;gier l'imp&#244;t, la dette ou l'emprunt ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord que s'il y a d&#233;ficit, c'est parce qu'on a fait certains choix. En l'esp&#232;ce on n'a pas pu ou pas voulu adopter la strat&#233;gie des pays d'Asie orientale libres, &#224; savoir la d&#233;tection g&#233;n&#233;ralis&#233;e par tests, le port pr&#233;coce du masque, et le pistage syst&#233;matique des contamin&#233;s. Ni investi auparavant en ce sens. Cela dit, &#224; partir du moment o&#249; on est accul&#233; au confinement, il est in&#233;vitable que l'Etat intervienne massivement car l'effet &#233;conomique est d&#233;sastreux. Et &#224; court terme, comme l'imp&#244;t aurait assomm&#233; le malade, la seule voie pour financer cela est l'emprunt, donc la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que ce faisant on va accro&#238;tre massivement une dette d&#233;j&#224; colossale. Or la cause de l'endettement, c'est le d&#233;ficit, et il est permanent depuis 45 ans. Et hors crise ces d&#233;ficits sont injustifi&#233;s, car ils financent des d&#233;penses courantes, report&#233;es sur les g&#233;n&#233;rations futures. Les d&#233;penses courantes doivent &#234;tre financ&#233;es par des revenus courants, donc des imp&#244;ts ; sinon on les r&#233;duit. On a donc des d&#233;ficits parce qu'on ne sait pas choisir : soit d&#233;penser moins, soit augmenter les imp&#244;ts. C'est facilit&#233; il est vrai par le march&#233;, qui met &#224; la disposition des d&#233;pensiers des sommes consid&#233;rables, avec tr&#232;s peu de conditions &#8211; jusqu'&#224; ce que le d&#233;faut arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la crise pass&#233;e, il sera donc urgent de revenir &#224; un exc&#233;dent. Et dans un pays qui a le record de pression fiscale du monde d&#233;velopp&#233;, ce ne peut &#234;tre que par la r&#233;orientation des d&#233;penses. Le secteur public fran&#231;ais d&#233;pense mal, la crise l'a confirm&#233; : nos d&#233;penses de sant&#233; sur PNB sont presque le double de celles de la Cor&#233;e, qui a bien mieux prot&#233;g&#233; ses citoyens. L'Allemagne d&#233;pense autant que nous, mais son bilan est lui aussi bien meilleur. Avec un syst&#232;me bien moins &#233;tatis&#233; dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2/ &#192; c&#244;t&#233; de ces trois mesures, existe aussi le quantitative easing, mani&#232;re indirecte de cr&#233;er de la monnaie en rachetant des titres de dette publique. Croyez-vous &#224; cette solution sur le long terme ? On dit qu'elle pourrait g&#233;n&#233;rer de l'inflation mais depuis 2015, date o&#249; elle est mise en &#339;uvre au sein de la zone euro, on n'a pas vraiment vu de choc inflationniste...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quantitative easing est mis en &#339;uvre par la banque centrale, BCE, depuis 2015. Comme tel il ne fait pas dispara&#238;tre l'endettement, qui s'accumule toujours. Mais il le facilite, puisqu'il y a un acheteur de dernier ressort ; en outre il maintient les taux tr&#232;s bas. On l'a adopt&#233; parce que la BCE, jugeait l'activit&#233; et l'inflation insuffisantes ; elle aurait voulu faire monter celle-ci jusqu'&#224; 2 %, mais n'y est pas parvenu &#8211; ce qui t&#233;moigne de la puissance des forces d&#233;flationnistes dans nos &#233;conomies (avant crise sanitaire). On pourrait alors &#234;tre tent&#233; de dire qu'on peut continuer, et d'ailleurs c'est ce que fera la BCE dans l'imm&#233;diat, &#224; raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne fait toutefois pas dispara&#238;tre les objections de fond, qui reprennent force d&#232;s qu'on envisage le r&#233;gime de croisi&#232;re ensuite. D&#233;j&#224; une politique de taux artificiellement bas facilite un endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'&#233;conomie, propice aux bulles sp&#233;culatives. Or l'endettement, et les bulles sur le prix des actifs sont la recette des grandes crises financi&#232;res ; ce fut une des causes majeures de celle de 2008. On ne sait pas quand elles se produisent, mais on sait qu'on en aura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite se pose la question de l'inflation. Une telle politique suppose une cr&#233;ation mon&#233;taire tr&#232;s forte, sauf &#224; ass&#233;cher le reste de l'&#233;conomie. Et tant l'exp&#233;rience (notamment celle des deux guerres) que le bon sens montrent l&#224; aussi que, m&#234;me si on ne sait pas quand, &#224; un moment une cr&#233;ation mon&#233;taire volontariste engendre une inflation rapidement incontr&#244;lable &#8211; sauf grand coup de frein et crise. Et l'exp&#233;rience montre que ce n'est pas inoffensif sur le plan social et politique, pour rester dans l'euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que le monde d'apr&#232;s coronavirus pourra &#234;tre sensiblement diff&#233;rent du pr&#233;c&#233;dent, notamment le commerce international. C'est lui, et notamment les usines chinoises, qui a jou&#233; un r&#244;le majeur dans la mod&#233;ration des prix dont le consommateur occidental a b&#233;n&#233;fici&#233; - tout en tuant bien des emplois. Si ce commerce est plus restreint, si on rapatrie des activit&#233;s qu'on juge importantes ou au moins strat&#233;giques, les prix monteront. Certes, si on le fait intelligemment, c'est indispensable et pour bien des raisons ; mais il faut en mesurer les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3/ L'&#233;conomiste Ga&#235;l Giraud a r&#233;cemment affirm&#233; dans Le Figaro que la banque centrale europ&#233;enne, qui a rachet&#233; 400 milliards d'euros de titre de dette fran&#231;aise depuis 2015 par le quantitative easing, pourrait tr&#232;s bien d&#233;cider de les d&#233;truire, mani&#232;re pour les Europ&#233;ens d'annuler cette dette vis-&#224;-vis d'eux-m&#234;mes. Que pensez-vous de cette solution ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le stock de dette accumul&#233; pose un probl&#232;me majeur, et plus encore apr&#232;s cette crise. Or contrairement &#224; ce que beaucoup croient, cette dette est bien r&#233;elle, et juridiquement exigible. La r&#233;pudier serait un d&#233;sastre financier et ruinerait beaucoup de gens. Les cr&#233;ances sur l'Etat ne sont en effet pas principalement d&#233;tenues par les banques, comme on le croit souvent, mais par des institutions d'&#233;pargne, SICAV et assurance-vie, caisses de retraite etc., outre les &#233;trangers. Il est donc exact que le seul moyen de r&#233;duire massivement les dettes sans cr&#233;er automatiquement un chaos est la voie mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les quelques 400 milliards que d&#233;tient semble-t-il la BCE (en fait le syst&#232;me europ&#233;en de banques centrales, notamment la Banque de France) sur l'Etat fran&#231;ais repr&#233;sentaient en gros 20% de la dette de ce dernier, avant la crise actuelle. On peut esp&#233;rer que leur annulation, ainsi que celle des cr&#233;ances achet&#233;es depuis, ne cr&#233;erait pas d'effet massif sur les march&#233;s ou les prix, puisque ces cr&#233;ances sont d&#233;j&#224; achet&#233;es. Mais on toucherait un tabou majeur, envoyant une signal tr&#232;s inqui&#233;tant, et cela pour juste 20% de la dette. Le niveau de dette serait &#233;videmment plus bas ensuite, mais il resterait historiquement &#233;lev&#233;. Pour vraiment ramener les dettes &#224; des proportions plus maniables, il faudrait donc une op&#233;ration beaucoup plus vaste, des achats massifs sur le march&#233;. Et l&#224; le risque inflationniste deviendrait consid&#233;rable, voire de fuite devant la monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on devait agir en ce sens, comment faudrait-il faire ? Annuler les dettes n'est a priori pas la bonne voie, car cela mettrait la banque centrale en perte, d&#233;truirait ses fonds propres et inqui&#233;terait fortement les op&#233;rateurs. Il serait plus simple de les transformer en cr&#233;ances perp&#233;tuelles, &#233;ventuellement &#224; taux 0 - mais peu importe le taux, car les profits des banques centrales se traduisent en dividendes pour les Etats actionnaires. Ou au minimum de les renouveler syst&#233;matiquement &#224; &#233;ch&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A hauteur des 400 milliards et quelques, cela para&#238;t techniquement faisable. En revanche cela pose de tr&#232;s gros probl&#232;mes juridiques et politiques. Juridiquement le financement des Etats par les banques centrales est exclu par les trait&#233;s europ&#233;ens ; on peut les tourner jusqu'&#224; un certain point, mais l&#224; ce serait caricatural et ne passerait pas les tribunaux, notamment allemands. Politiquement, surtout, il est tr&#232;s improbable que les durs de l'Europe du Nord, Pays Bas et Allemagne en t&#234;te, y consentent, d'autant que leur endettement est bien plus faible. Il faudrait donc vraiment qu'on soit aux abois pour que l'Europe y aille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre et surtout, il faut se rappeler qu'en r&#233;gime de croisi&#232;re, on n'&#233;chappera pas &#224; l'assainissement des d&#233;ficits publics. Et donc la d&#233;marche essentielle, une fois la crise pass&#233;e, c'est d'&#233;viter le d&#233;ficit. Pensons-y donc d&#232;s maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le num&#233;ro de mai 2020 de L'&lt;i&gt;Incorrect&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dette publique et planche &#224; billet</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Dette-publique-et-planche-a-billet.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me mon&#233;taire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une id&#233;e farfelue r&#233;appara&#238;t r&#233;guli&#232;rement sur Internet, selon laquelle avant 1973 l'Etat pouvait &#234;tre en d&#233;ficit tant qu'il voulait, la Banque de France le finan&#231;ait &#224; volont&#233; par des avances gratuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire qu'&#224; l'avenir on pourrait r&#233;pudier la dette actuelle et laisser filer les d&#233;ficits comme on veut. C'est ce qu'on appelle un r&#234;ve &#233;veill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est comme le chiendent : vous pouvez l'arracher tant que vous voulez, cela repousse par-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle de cette id&#233;e farfelue qui r&#233;appara&#238;t r&#233;guli&#232;rement sur Internet, selon laquelle avant 1973 l'Etat pouvait &#234;tre en d&#233;ficit tant qu'il voulait, la Banque de France le finan&#231;ait &#224; volont&#233; par des avances gratuites. C'est ce qu'on appelle un r&#234;ve &#233;veill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident pour quiconque a ouvert un livre d'histoire qu'il n'y a jamais eu d'&#233;poque magique o&#249; l'Etat pouvait d&#233;penser ce qu'il voulait, la banque centrale cr&#233;ant obligeamment et sans inconv&#233;nient de la monnaie pour couvrir le d&#233;ficit en r&#233;sultant. Autrefois il y avait une monnaie objective, m&#233;tallique, et les Etats monarchiques empruntaient aupr&#232;s des banques pour financer leurs guerres. Ils trichaient &#224; l'occasion sur le contenu or de la monnaie mais marginalement, et les th&#233;ologiens comme Nicolas Oresme tonnaient avec raison, soulignant que c'&#233;tait du vol. Au XIXe avec le franc-or, quand l'Etat &#233;tait en d&#233;ficit il empruntait aupr&#232;s du public et cela s'appelait la rente. Elle &#233;tait tr&#232;s confortable pour les souscripteurs (taux r&#233;el de 4 &#224; 5 %, bien plus qu'aujourd'hui). Puis il y a eu le d&#233;rapage des deux guerres et la planche &#224; billet. R&#233;sultat : une inflation d&#233;mentielle. Encore dans les ann&#233;es 60 et 70 la Banque de France faisait en effet des avances de tr&#233;sorerie &#224; l'Etat, mais limit&#233;es, le reste &#233;tait financ&#233; par emprunt public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau syst&#232;me mis en place depuis 1983 &#224; l'imitation des Etats-Unis a &#233;t&#233; salu&#233; avec joie par les politiques, car il permet au gouvernement d'&#233;mettre au fil de l'eau aupr&#232;s des march&#233;s. Ce faisant il &#233;vite le pathos humiliant des grands emprunts type Pinay, et surtout il r&#233;duit fortement les taux pratiqu&#233;s. Le march&#233; financier est en effet bien moins cher que l'emprunt public. Aujourd'hui quels individus sens&#233;s pr&#234;teraient &#224; l'Etat fran&#231;ais &#224; 1 % sur 30 ans ? Or le march&#233; le fait. Et donc le d&#233;faut du syst&#232;me actuel est exactement l'inverse de ce qu'on dit sur Internet : il donne aux irresponsables qui gouvernent depuis 40 ans la facult&#233; de d&#233;penser bien au-del&#224; du raisonnable. Encore plus avec l'euro, monnaie forte dont les taux d'int&#233;r&#234;t sont bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de base est que sauf drame comme les guerres (et donc besoin massif d'un coup) la dette publique est intrins&#232;quement mauvaise, car les d&#233;ficits qui en sont &#224; l'origine ne financent en g&#233;n&#233;ral pas des investissements, qui g&#233;n&#232;rent un produit et permettent donc &#224; terme leur remboursement, mais des d&#233;penses courantes, qui sont simplement report&#233;es sur les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et croire qu'on &#233;conomise en empruntant &#224; la banque centrale, c'est absurde : si elle ne facture pas d'int&#233;r&#234;t &#224; l'Etat, son b&#233;n&#233;fice est r&#233;duit d'autant et donc son dividende annuel &#224; l'Etat, qui est son seul actionnaire. En revanche si un d&#233;ficit public est financ&#233; par de la cr&#233;ation mon&#233;taire, c'est-&#224;-dire la planche &#224; billet sans contrepartie dans l'&#233;conomie r&#233;elle, l'inflation elle est garantie. Et donc la ruine des plus pauvres (les riches eux savent se prot&#233;ger, car ils d&#233;tiennent des actifs r&#233;els qui s'appr&#233;cient).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ceux qui croient qu'apr&#232;s &#234;tre sortis de l'euro on peut r&#233;pudier notre gigantesque dette publique, d&#233;sormais &#233;gale &#224; quasiment 100% de production (PNB),nils r&#234;vent encore plus. Phantasmer sur les &#233;volutions depuis 1973 n'emp&#234;chera pas la dette existante d'&#234;tre bien r&#233;elle, et juridiquement exigible selon tous les crit&#232;res disponibles. Si vous ne la payez pas vous &#234;tes en d&#233;faut. Demandez aux Grecs ce qu'ils en pensent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article paru dans France Catholique n&#176; 3622 du 1er mars 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La prochaine crise financi&#232;re ? Pas d'impatience : &#231;a se pr&#233;pare !</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-prochaine-crise-financiere-Pas-d-impatience-ca-se-prepare.html</link>
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		<dc:date>2018-03-18T14:56:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La derni&#232;re crise, dix ans d&#233;j&#224; ! A quand la prochaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous avait-on dit, la crise de 2008 &#233;tait la derni&#232;re : des mesures drastiques devaient &#234;tre prises pour &#233;viter ce genre d'aventure &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lais la question est suffisamment pr&#233;sente pour nous convaincre que la pleine confiance n'est pas r&#233;tablie. Notamment du fait du poids de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans l'Homme Nouveau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Finance-12-.html" rel="directory"&gt;Finance et monnaie &lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La derni&#232;re crise, dix ans d&#233;j&#224; ! A quand la prochaine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est suffisamment pr&#233;sente pour nous convaincre que la pleine confiance n'est pas r&#233;tablie. Et notamment du fait du poids de la dette. Toute la plan&#232;te croule sous le poids de la dette : partout le ratio de la dette rapport&#233;e au PNB d&#233;passe nettement le niveau de 2007 ; tout pays, tous emprunteurs (particuliers, entreprises, Etats).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous avait-on dit, la crise de 2008 &#233;tait la derni&#232;re : des mesures drastiques devaient &#234;tre prises pour &#233;viter ce genre d'aventure &#224; l'avenir. En un sens c'est vrai. En particulier l'appareil des r&#232;gles s'appliquant aux banques et &#224; un moindre degr&#233; aux march&#233;s a &#233;t&#233; r&#233;ellement durci, et pas de peu : &#224; activit&#233; &#233;quivalente, les banques ont plus que doubl&#233; leurs fonds propres (qui fonctionnent comme un matelas de s&#233;curit&#233;). Ce qui veut dire que l&#224; o&#249; pour pr&#234;ter 100 (encours pond&#233;r&#233;s) elles avaient souvent 4 de capital, elles sont maintenant au-del&#224; de 10. Dit autrement, elles sont toutes choses &#233;gales par ailleurs un peu moins endett&#233;es qu'avant - contrairement aux autres acteurs de l'&#233;conomie. S'y ajoutent des mesures multiples et complexes renfor&#231;ant leur capacit&#233; et celle des march&#233;s &#224; r&#233;sister aux chocs. L'ensemble de ces mesures est en train d'&#234;tre finalis&#233;. De ce point de vue, un travail r&#233;el a &#233;t&#233; fait. Alors pourquoi l'inqui&#233;tude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier signal inqui&#233;tant nous vient de l'autre grand jeu de mesures mises en place apr&#232;s la crise : les interventions massives des banques centrales. L'id&#233;e de d&#233;part &#233;tait bonne : soutenir le plus possible l'activit&#233; au moment de la crise. Mais cela fait dix ans que cela dure. C'est qu'un autre facteur est intervenu : la peur panique de la d&#233;flation ou baisse des prix. C'est l'id&#233;e qu'une fois qu'on est install&#233; en d&#233;flation on n'en sort plus, car les gens d&#233;pensent beaucoup moins puisque leur argent s'appr&#233;cie avec le temps. Au nom de cela les banques centrales d&#233;versent depuis dix ans des quantit&#233;s massives de liquidit&#233; pour faire baisser les taux d'int&#233;r&#234;t et r&#233;animer l'inflation. Sans &#233;norme succ&#232;s, car l'inflation est frein&#233;e par la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi est-ce inqui&#233;tant ? Parce que l'argent d&#233;vers&#233; va &#224; quelque part. S'il ne nourrit pas l'inflation sur les marchandises, il va sur les march&#233;s financiers et immobiliers et fait artificiellement monter les prix au-del&#224; du raisonnable, et on investit dans n'importe quoi pour avoir du rendement (qu'on n'a plus sur les produits s&#251;rs puisque les taux sont d&#233;prim&#233;s). C'est ce qu'on appelle une bulle. Quand une bulle &#233;clate, on a une crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre l'essentiel de cet argent finance la croissance de la dette. Tout le monde s'endette, vu que les taux sont si bas. M&#234;me la Chine, qui a r&#233;agi &#224; la crise comme les Occidentaux : par un endettement int&#233;rieur colossal et tr&#232;s dangereux (avec une petite diff&#233;rence quand m&#234;me : l'Etat chinois lui n'est pas endett&#233; envers l'&#233;tranger). Or la dette est l'instrument principal de propagation des grandes crises. Pour une raison simple : si j'investis mon propre argent, que les march&#233;s baissent ou que je fais des pertes, je suis simplement moins riche. Si j'investis de l'argent que j'ai emprunt&#233;, je ne peux plus rembourser ; je fais faillite, et je r&#233;percute la crise sur mon cr&#233;ancier. Si tout le monde pr&#234;te &#224; tout le monde de fa&#231;on excessive, les crises se r&#233;pandent &#224; toute vitesse et deviennent comme on dit syst&#233;miques. En outre si comme on l'a vu on a renforc&#233; les banques, elles restent quand m&#234;me expos&#233;es : environ 90% de leur bilan est fait de fonds emprunt&#233;s. De plus, on a constat&#233; le d&#233;veloppement &#233;norme de ce qu'on appelle banque de l'ombre : des soci&#233;t&#233;s qui ont une fonction proche de celles des banques mais qui ne sont pas soumises &#224; leur r&#233;glementation et &#224; leur supervision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc le risque d'une grande crise est bien r&#233;el. O&#249; d&#233;marrerait-elle ? Par construction on ne le sait pas, car les gens &#233;viteraient les op&#233;rations correspondantes. Presque toujours d'ailleurs une grande crise part d'un secteur jug&#233; &#224; tort s&#251;r, comme les produits toxiques de 2007 qui avaient une si bonne notation financi&#232;re. Que pourraient faire les pouvoir publics ? Essentiellement comme en 2008, faire marcher la planche &#224; billet et inonder le march&#233; de liquidit&#233;s. Cela marchera-t-il ? Peut-&#234;tre, mais &#224; un niveau de risque bien plus &#233;lev&#233;. Car cela fait dix ans maintenant qu'on d&#233;verse ces liquidit&#233;s. Cela ne peut &#233;videmment pas durer ind&#233;finiment. Avec deux grands dangers : l'un, que l'inflation d&#233;marre pour de bon, les liquidit&#233;s emportant tout sur leur passage ; l'autre, que la confiance dans nos monnaies finisse par s'&#233;roder &#8211; car elles ne reposent sur aucune r&#233;alit&#233; autre que la confiance qu'on leur porte Sans compter les risques internationaux (mesures unilat&#233;rales, r&#233;torsions etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc il faudrait faire un effort pour &#234;tre plus vertueux. Ne plus s'endetter. Surveiller la banque de l'ombre. Et surtout, compartimenter les march&#233;s : ne pas laisser l'argent circuler librement partout, contr&#244;ler un minimum son espace. Etc. Mais pas de d&#233;magogie (populiste), qui ne ferait qu'acc&#233;l&#233;rer la d&#233;rive : ceux qui selon une vision fausse du pass&#233; recommandent la planche &#224; billet nous poussent sur la planche savonn&#233;e. On pourrait aussi sortir de l'euro, m&#234;me si c'est difficile, mais pas pour &#234;tre plus laxiste encore, tout au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que nous sommes habitu&#233;s &#224; toutes ces drogues. En sortir suppose donc un r&#233;el effort. Ce qui veut dire que nos &#233;quilibres socio-politiques en d&#233;pendent. Dit autrement, que la sortie de cette situation se fasse par retour &#224; la vertu politique, ou qu'elle r&#233;sulte d'une nouvelle crise &#224; la suite de quoi on pourrait repartir sur de nouvelles bases, elle implique des mutations politiques profondes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans L'Homme Nouveau n&#176;1659 du 17 mars 2018)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise grecque : o&#249; est la morale ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-grecque-ou-est-la-morale.html</link>
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		<dc:date>2015-02-19T13:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Dette</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La situation d&#233;sastreuse de la Gr&#232;ce est in&#233;dite sur la sc&#232;ne europ&#233;enne. Le nouveau gouvernement Ts&#237;pras a un m&#233;rite : poser en termes tranch&#233;s le dilemme de la Gr&#232;ce. Et un d&#233;faut : ne pas admettre l'ampleur des efforts &#224; fournir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette est due...mais il faut la remettre pour l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce a subi un choc sans pr&#233;c&#233;dent...mais il faut poursuivre les r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons de plus pr&#232;s ce qu'il en est, sous l'angle &#224; la fois de la r&#233;alit&#233; et de la morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation d&#233;sastreuse de la Gr&#232;ce est in&#233;dite sur la sc&#232;ne europ&#233;enne. Le nouveau gouvernement Ts&#237;pras a un m&#233;rite : poser en termes tranch&#233;s le dilemme de la Gr&#232;ce. Et un d&#233;faut : ne pas admettre l'ampleur des efforts &#224; fournir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant la question est devenue essentiellement politique : il s'agit de d&#233;finir des responsabilit&#233;s, et de justifier aupr&#232;s des peuples les consid&#233;rables efforts que la situation exige de tous les c&#244;t&#233;s. On voit mal comment y proc&#233;der sans une analyse morale. Introduire des consid&#233;rations morales dans ce tohu-bohu peut para&#238;tre bizarre. Mais politiquement c'est incontournable. Encore faut-il garder &#224; l'esprit qu'il n'y a pas de jugement moral possible sans une analyse lucide des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue je r&#233;sumerai le constat comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Fallait-il que la Gr&#232;ce s'endette comme elle l'a fait ? Absolument pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Est-elle responsable de ses choix ? Bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	La zone euro a-t-elle dysfonctionn&#233; ? &#201;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	L'Europe a-t-elle ferm&#233; les yeux trop longtemps ? Sans aucun doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	La dette grecque est-elle due ? Certainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.	Faut-il &#224; nouveau la r&#233;duire fortement, voire l'annuler ? Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.	Est-ce que cela r&#232;glerait le probl&#232;me de la Gr&#232;ce ? Non et de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.	Sortir de la zone euro est-il faisable ? Difficilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9.	Cela r&#233;soudrait-il la question ? En partie seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10.	Une forme d'aust&#233;rit&#233; est-elle in&#233;vitable, avec de douloureuses r&#233;formes, le tout sur la dur&#233;e ? Oui h&#233;las et il faut le dire aux Grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons cela plus en d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passerai rapidement sur le pass&#233;. L'artifice de l'euro a cr&#233;&#233; une illusion collective : celle de la convergence sans responsabilit&#233;. Les Grecs ont pu s'endetter &#224; tour de bras, comme les autres Europ&#233;ens d'ailleurs, cr&#233;ant une prosp&#233;rit&#233; artificielle mais sans v&#233;ritablement investir et encore moins r&#233;former leur &#233;conomie et leur appareil public. Quand la bulle a &#233;clat&#233;, au lieu de reconna&#238;tre les faits et de proc&#233;der &#224; une r&#233;duction &#233;nergique de leur dette, au moins par r&#233;&#233;chelonnement, on a mis en place des pr&#234;ts publics massif. Plus une aust&#233;rit&#233; d'une s&#233;v&#233;rit&#233; rare, avec une r&#233;duction du PIB de l'ordre du quart. Et quand on s'est enfin d&#233;cid&#233; &#224; r&#233;duire la dette due aux cr&#233;anciers priv&#233;s, on n'a pas touch&#233; cette dette envers les cr&#233;anciers publics. R&#233;sultat : la Gr&#232;ce est toujours beaucoup trop endett&#233;e, mais le gros de sa dette est envers des cr&#233;anciers publics : les autres Etats europ&#233;ens, la BCE, le FMI. Ce qui est politiquement beaucoup plus sensible. Et l'aust&#233;rit&#233; continue, sans perspective de sortie. Comment s'&#233;tonner alors du r&#233;sultat des &#233;lections ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire avec cette dette ? Rappelons-le : elle a &#233;t&#233; contract&#233;e librement : personne n'y a oblig&#233; la Gr&#232;ce. Elle est donc due. Et pourtant il faut l'annuler, en tout ou en tr&#232;s grande partie. Techniquement, parce qu'elle p&#232;se tr&#232;s lourd et ne sera &#233;videmment jamais rembours&#233;e, ni m&#234;me ind&#233;finiment report&#233;e Garder cette dette qui maintient la Gr&#232;ce dans une situation intenable est une impasse, m&#234;me si le gouvernement actuel avalait la couleuvre. Les cr&#233;anciers priv&#233;s l'avaient compris, qui ont annul&#233; plus de 70 % de leur part. Moralement, parce que si une cr&#233;ance est due, ce ne peut &#234;tre au prix de la mort ou de la ruine du d&#233;biteur. Outre la loi naturelle, voire le bon sens, un message comme celui de la Bible nous le rappelle avec force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que c'est un pr&#233;c&#233;dent, que c'est la r&#233;compense du fautif. En fait ce n'est un pr&#233;c&#233;dent que si un autre pays descendait aux enfers comme la Gr&#232;ce. Mais qui peut envisager de s'engager volontairement dans la voie de la rupture, en arguant de ce pr&#233;c&#233;dent ? Juste pour effacer des dettes ? C'est peu cr&#233;dible. D'autant que cet effacement de dette &#233;ventuel ne suffira pas, et de loin. M&#234;me en repartant de z&#233;ro la Gr&#232;ce aurait terriblement besoin d'argent externe ; mais qui va pr&#234;ter dans ces conditions ? Et comme on sait elle a besoin de profondes r&#233;formes, forc&#233;ment dures pour le peuple grec. Il n'y est pas encore vraiment pr&#234;t. Le gouvernement Ts&#237;pras a raison sur la dette. Il est normal en outre qu'il demande de l'aide. Mais il erre compl&#232;tement sur les r&#233;formes et sur l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'euro ? Ce fut &#233;videmment une erreur pour la Gr&#232;ce d'entrer dans le m&#233;canisme. Un ajustement en monnaie nationale est beaucoup plus supportable politiquement, et plus s&#251;r &#224; terme. Mais il est tr&#232;s difficile de changer de monnaie, en pleine crise, sans administration digne de ce nom, et contre les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats de la population qui rappelons-le, quand elle a de l'argent aujourd'hui, a des euros et ne veut pas les voir se transformer en drachmes aussit&#244;t d&#233;valu&#233;es. Mais peut-&#234;tre cela sera-t-il in&#233;vitable &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que doivent donc faire les Europ&#233;ens ? Engager la discussion sur des bases lucides. Remettre la dette (de fa&#231;on avou&#233;e ou par des moyens &#233;quivalents), et aider la Gr&#232;ce, financi&#232;rement, en &#233;change des r&#233;formes r&#233;ellement drastiques qu'impose la situation. Voire accompagner de bonne gr&#226;ce la sortie de la zone. Le r&#233;alisme et la morale vont dans le m&#234;me sens. Autant donc y aller r&#233;solument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tribune publi&#233;e sur La Croix du 17 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir sur le m&#234;me sujet les articles suivants, qui gardent leur valeur :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Crise de la dette : le laboratoire grec ou la descente aux enfers - du 30 mai 2012 ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une r&#233;duction de dettes in&#233;luctable en zone euro ? - du janvier 2012 &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Crise de la zone euro : il faut des proc&#233;dures collectives - du jeudi 6 octobre 2011.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment au 25 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il besoin d'ajouter que les accords r&#233;cents ne changent en rien le diagnostic ? Soit le gouvernement grec a capitul&#233;, soit il louvoie. Au mieux on a gagn&#233; du temps, mais la situation reste sans avenir. Le soulagement est nul ; et les r&#233;formes restent insuffisantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise de la zone euro : dix ans d'efforts camarades </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-de-la-zone-euro-dix-ans-d-efforts-camarades.html</link>
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		<dc:date>2012-06-30T13:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La crise de la zone euro ne cesse de s'aggraver et sauf &#224; tr&#232;s court terme le r&#233;cent sommet ne modifiera pas ce triste constat. Ce qui est indiscutable, c'est le besoin d'un programme qui soit clair, tant aux peuples qu'aux march&#233;s. Mais ce programme doit &#234;tre cr&#233;dible sur la dur&#233;e et donc se baser sur la r&#233;alit&#233; de la zone euro. Celle-ci est rarement reconnue lucidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte comme celui-l&#224; un pays qui a besoin de s'ajuster ne peut ni d&#233;valuer, ni noyer ses dettes dans l'inflation. M&#234;me si le reste de la zone l'aide ou si on tente ici ou l&#224; de soutenir l'activit&#233;, ce qu'il conna&#238;t in&#233;vitablement, ce sont les joies am&#232;res de la contraction, d'une forme d'aust&#233;rit&#233;, au mieux de la stagnation &#8211; le temps n&#233;cessaire au r&#233;&#233;quilibrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix ans d'efforts assez durs sans doute. Autant alors l'assumer franchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise de la zone euro ne cesse de s'aggraver et sauf &#224; tr&#232;s court terme le r&#233;cent sommet ne modifiera pas ce triste constat. Ce qui est indiscutable, c'est le besoin d'un programme qui soit clair, tant aux peuples qu'aux march&#233;s. Mais ce programme doit &#234;tre cr&#233;dible sur la dur&#233;e et donc se baser sur la r&#233;alit&#233; de la zone euro. Celle-ci est rarement reconnue lucidement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'in&#233;vitable d&#233;flation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me central est qu'il n'est pas facile de vivre avec ce que j'appellerai l'&#233;talon-euro. Il ressemble sur un point avec l'&#233;talon-or du XIXe si&#232;cle : c'est pour chaque pays membre la discipline d'une monnaie stable, ext&#233;rieure &#224; soi, et qu'on ne peut cr&#233;er &#224; volont&#233;. Un pays membre de la zone peut avoir des d&#233;s&#233;quilibres importants, notamment de comp&#233;titivit&#233; (ce qui fait qu'il vend moins qu'il ach&#232;te et doit donc emprunter pour maintenir son niveau de vie, ce qui ne peut durer ind&#233;finiment), et s'&#234;tre trop endett&#233; pour maintenir artificiellement son niveau de vie. Il a alors besoin de s'ajuster. Mais dans avec l'&#233;talon-euro il ne peut le faire que par r&#233;duction des prestations, des prix et des salaires : il ne peut ni d&#233;valuer, ni noyer ses dettes dans l'inflation. La seule chose qu'il peut tenter, dans le cas limite, c'est d'&#233;taler ou d'annuler une partie de ses dettes, en droit ou en fait : dans la zone euro ce sera indispensable pour certains. Mais comme cela le coupera des march&#233;s, cela ne le dispensera pas de l'ajustement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; dans un tel cas un tel pays doit beaucoup moins d&#233;penser, ne plus vivre &#224; cr&#233;dit, et ajuster ses prix pour vendre ses produits - quitte &#224; compenser certains effets sur les plus modestes. Ce qu'il conna&#238;t donc, in&#233;vitablement, ce sont les joies am&#232;res de la contraction, au mieux de la stagnation &#8211; le temps n&#233;cessaire au r&#233;&#233;quilibrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en outre une grande diff&#233;rence avec l'&#233;talon-or : c'est que celui-ci exer&#231;ait son r&#244;le mod&#233;rateur en permanence, limitant consid&#233;rablement l'ampleur des d&#233;s&#233;quilibres. Alors que la plus grande partie de la zone euro s'est permis dix ans d'euphorie irresponsable, &#224; grands coups d'endettement public et priv&#233;. Elle doit donc &#224; la fois ajuster sa comp&#233;titivit&#233; et r&#233;gler son exc&#233;dent de dettes. Outre l'ajustement, les seules mesures possibles, et absolument indispensables, sont les r&#233;formes de structure. Mais elles ne permettent pas d'&#233;viter la contraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, rien de tout cela n'emp&#234;che la solidarit&#233;, l'aide entre pays, des mesures coordonn&#233;es de soutien &#224; l'activit&#233; (Banque europ&#233;enne d'investissements, grands travaux financ&#233;s par le march&#233; etc.), bien au contraire. Mais cela ne dispense pas de l'ajustement. Et donc d'un effort socialement et politiquement tr&#232;s dur, sur une dur&#233;e longue : dix ans peut-&#234;tre. Il y a donc un risque majeur de disruption sociale et politique dans les pays expos&#233;s &#8211; m&#234;me avec un effort de solidarit&#233; envers les plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas d'&#233;chappatoire f&#233;d&#233;rale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Consternant, dira-t-on. Que faire d'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e alternative la plus r&#233;pandue est un bond en avant f&#233;d&#233;raliste. Cela a le m&#233;rite d'une certaine coh&#233;rence. Mais c'est malheureusement irr&#233;aliste. D'une part la base politique pour une union europ&#233;enne f&#233;d&#233;rale, un Etat europ&#233;en, n'existe pas. Ni dans les opinions ; ni dans la r&#233;alit&#233; de la vie commune, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en. Ni de vie politique au niveau europ&#233;en : la vie politique fran&#231;aise n'a pas plus d'interaction avec l'allemande qu'avec l'am&#233;ricaine. Qui conna&#238;t un nom de politicien allemand en dehors de Mme Merkel ? Les &#233;lections au parlement europ&#233;en ne se font pas sur la base de programmes ou d'enjeux europ&#233;ens ; elles ne sauraient cr&#233;er de responsabilit&#233; d&#233;mocratique, donc de l&#233;gitimit&#233;. Personne d'ailleurs ne mettrait en avant ce f&#233;d&#233;ralisme aujourd'hui, sans les d&#233;boires de la zone euro ; et c'est l&#224; qu'on veut t&#226;ter du f&#233;d&#233;ralisme. Mais si on se limite &#224; cette zone la base politique est encore plus mince : quelles sont les points de ralliement et d'identification entre des pays dont la seule sp&#233;cificit&#233; en Europe est de se trouver dans cette nasse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, pour &#234;tre efficace et &#233;viter toute contraction, cela demanderait d'&#233;normes transferts de la moiti&#233; nord de l'Europe (France comprise) vers la moiti&#233; sud. Or non seulement personne n'en veut parmi les payeurs possibles, surtout au vu des habitudes d&#233;pensi&#232;res des b&#233;n&#233;ficiaires, mais il n'y a pas la place dans les budgets des pays du Nord, compte tenu de leurs &#233;normes d&#233;penses publiques, sauf &#224; augmenter massivement les pr&#233;l&#232;vements. En outre l'exp&#233;rience de l'Allemagne de l'Est et du Mezzogiorno montre que ces transferts durent ind&#233;finiment - sans jamais cr&#233;er une &#233;conomie comp&#233;titive et pour cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en commun des dettes (eurobonds), en tout ou en partie, n'est pas non plus une voie. Comme on sait, elle aussi suppose une base f&#233;d&#233;rale. Et elle ne r&#233;sout pas la question de la comp&#233;titivit&#233;. Donc de la contraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste l'union bancaire dont on nous parle maintenant. Mais sans un tel f&#233;d&#233;ralisme, elle n'a pas beaucoup de sens et d'ailleurs elle ne changera pas grand chose &#224; la crise. J'ai &#233;voqu&#233; le point par ailleurs : cela reste vrai apr&#232;s les d&#233;cisions du 29 juin 2012. On dit qu'il faut d&#233;gager les banques d'un pays de leur lien avec l'Etat correspondant. Mais on ne voit pas que pour vraiment faire cela il faudrait simultan&#233;ment prendre trois d&#233;cisions tr&#232;s lourdes : les soulager de leur exposition aux obligations de leur Etat (dont elles sont le plus gros acheteur &#8211; mais si elles le font la crise devient incontr&#244;lable), les obliger si c'est possible &#224; diversifier leur activit&#233; par rapport &#224; ce pays qui est pourtant leur base essentielle, et surtout cr&#233;er un &#233;norme tr&#233;sor de guerre pour les soutenir en cas de besoin. Lequel ne peut &#234;tre financ&#233; que partiellement par les autres banques europ&#233;ennes, car les sommes n&#233;cessaires pour &#234;tre cr&#233;dibles sont &#233;normes &#8211; et que la ponction sur les banques aboutit &#224; une contraction du cr&#233;dit. Donc cela retomberait &#224; nouveau sur les contribuables. Et cela suppose &#224; nouveau le f&#233;d&#233;ralisme &#8211; en outre de toute fa&#231;on n&#233;cessaire pour avoir l'autorit&#233; politique de prendre les d&#233;cisions qui s'imposent sur les banques. Sans &#233;videmment que tout cela r&#232;gle le probl&#232;me des Etats, de leurs d&#233;s&#233;quilibres et de leur ajustement n&#233;cessaire, ni celui de leur comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'inflation non plus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation de monnaie &#224; vau-l'eau ne r&#233;pond pas non plus &#224; la question. Elle est d'abord intol&#233;rable pour les Allemands et bien d'autres : cela suffit &#224; &#233;liminer l'hypoth&#232;se. Mais m&#234;me en mettant cela de c&#244;t&#233;, il faudrait une inflation &#233;norme pour att&#233;nuer le poids de la dette existante, alors m&#234;me que les taux d'int&#233;r&#234;t de la dette se relevant fortement, le refinancement des pays serait alors beaucoup plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait le seul moyen serait un financement massif des Etats par la Banque centrale europ&#233;enne, organisant volontairement un d&#233;rapage d'ensemble. Bien entendu cela d&#233;truirait toute perspective pour l'euro d'&#234;tre une monnaie mondiale cr&#233;dible ; en outre, cela ruinerait toute une partie de la population, principalement de revenus modestes. Mais outre que c'est politiquement inimaginable, cela ne ferait m&#234;me pas dispara&#238;tre la question de la comp&#233;titivit&#233; des pays non comp&#233;titifs. Et donc le besoin de r&#233;formes profondes et d'aust&#233;rit&#233;. En fait cela aurait bien plus d'inconv&#233;nients qu'une r&#233;duction de dettes. Mieux vaut donc celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une sortie de l'euro hasardeuse et difficile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au bout du constat, on peut alors &#234;tre tent&#233; de se dire que la sortie de l'euro ne serait finalement pas absurde. Mais, comme je l'ai montr&#233; par ailleurs, il n'est pas impossible mais r&#233;ellement difficile de sortir de la zone sans casse, seuls ou ensemble. Pas tellement sur le plan technique (&#233;change des esp&#232;ces, changement de d&#233;nomination de la dette) : il me para&#238;t de plus en plus que c'est en soi faisable - m&#234;me si c'est compliqu&#233;. Mais du fait des mouvements massifs de capitaux, y compris au niveau de la population, que la simple annonce du projet d&#233;clencherait. Il faudrait donc contr&#244;ler tous ces mouvements pendant une p&#233;riode, ce qui est difficile et al&#233;atoire, et repr&#233;sente un choc brutal. En outre changer de monnaie n'est pas simple juridiquement et m&#234;me en principe exclu par les trait&#233;s europ&#233;ens, toujours eux - sauf &#224; sortir de l'Union au moins un instant de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin et surtout, pour notre propos, tout cela ne changerait pas le besoin d'un effort en profondeur, m&#234;me si cela permettrait une acc&#233;l&#233;ration du processus et un red&#233;marrage ensuite sur des bases plus saines.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion : dix ans de malheur ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dix ans d'efforts assez durs en tout cas. Autant alors l'assumer franchement. C'est le discours global clair dont a besoin l'opinion comme les march&#233;s : &#171; il n'y a pas de rem&#232;de miracle ; malgr&#233; l'aide de nos partenaires nous allons traverser dix ans difficiles avec d'importantes r&#233;formes structurelles pour ajuster la comp&#233;titivit&#233; et les comptes publics ; nous l'assumons - avec la solidarit&#233; voulue envers les plus fragiles &#187;. Et nous r&#233;duirons les endettements trop lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours peut se d&#233;cliner de fa&#231;on en partie diff&#233;rente selon les sensibilit&#233;s politiques, droite ou gauche notamment ; on peut l'ins&#233;rer dans une r&#233;flexion de d&#233;veloppement durable etc.. Mais le message central est incontournable. Vouloir l'&#233;viter en ressassant des utopies &#233;cul&#233;es, ou en bricolant, c'est reculer pour mieux sauter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Tout ce qui pr&#233;c&#232;de est plus que jamais une opinion personnelle parmi d'autres et n'engage naturellement que moi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; &#233;galement sur le site de Libert&#233; politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise de la dette : le laboratoire grec ou la descente aux enfers</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;v&#232;nements de Gr&#232;ce retiennent l'attention des investisseurs de la plan&#232;te. Sortie ou pas sortie, tout montre que nous allons au devant d'&#233;v&#232;nements dont la port&#233;e d&#233;passe largement l'enjeu de ce pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
De l'in&#233;dit en perspective... dans la douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;v&#232;nements de Gr&#232;ce retiennent l'attention des investisseurs de la plan&#232;te. Sortie ou pas sortie, tout montre que nous allons au devant d'&#233;v&#232;nements dont la port&#233;e d&#233;passe largement l'enjeu de ce pays. &lt;br class='autobr' /&gt;
De l'in&#233;dit en perspective... dans la douleur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait le dilemme que pose un ajustement &#233;conomique et financier dans une zone mon&#233;taire comme la zone euro : la ressource de la d&#233;valuation n'est pas disponible, qui suppose qu'on ait sa propre monnaie, pas plus que celle de la planche &#224; billet - qui suppose une banque centrale aux ordres. C'est d'autant plus compliqu&#233; que cet ajustement porte sur deux d&#233;s&#233;quilibres : celui bien connu des finances publiques, aggrav&#233; par le poids &#233;norme de dettes accumul&#233;es ; et celui moins familier des comptes ext&#233;rieurs, du manque de comp&#233;titivit&#233;, qui entra&#238;ne un exc&#232;s d'importations sur les exportations, qu'il faut bien financer par l'emprunt. Et notamment l'emprunt public, ce qui renvoie &#224; la question pr&#233;c&#233;dente. A cela s'ajoute le fait que les banques de ces pays sont tellement bourr&#233;es de papier de leur Etat que leur sort est li&#233; &#224; celui de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux voies sont alors possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est la d&#233;flation. R&#233;duire les salaires et les d&#233;penses publiques diminue le pouvoir d'achat, comme une d&#233;valuation, et permet donc en principe un ajustement, tant des d&#233;ficits publics que de la comp&#233;titivit&#233;. Mais bien &#233;videmment c'est une m&#233;thode violente et socialement disruptive. Il n'est pas du tout prouv&#233; que cela soit compatible avec un &#233;quilibre d&#233;mocratique, surtout sur la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour att&#233;nuer ce choc, deux voies sont possibles. L'une, que j'ai propos&#233;e l'an dernier, a &#233;t&#233; appliqu&#233;e en partie &#224; la Gr&#232;ce, c'est la r&#233;duction des dettes ; les cr&#233;anciers priv&#233;s de l'Etat grec ont d&#251; abandonner plus de 70 % de leurs cr&#233;ances. Restent toutefois les cr&#233;anciers publics, les autres europ&#233;ens. Il est probable qu'ils devront, au moins de fait, renoncer eux aussi &#224; leurs cr&#233;ances, au moins une grande partie. Sans doute n&#233;cessaire, cela n'est pas suffisant, car restera le double d&#233;ficit des comptes publics (d&#233;ficitaire avant tout paiement de dette) et des paiements ext&#233;rieurs. La r&#233;duction de dette att&#233;nue donc sensiblement la d&#233;flation, mais celle-ci reste lourde. L'autre voie est une aide accrue. Mais une aide &#224; cr&#233;dit ne r&#233;sout pas la question ; et donc pas des euro-obligations si elles sont re-pr&#234;t&#233;es aux Grecs. Il faudrait donc des transferts massifs, sur la base d'une int&#233;gration f&#233;d&#233;raliste volontariste. J'ai d&#233;j&#224; indiqu&#233; mon scepticisme sur une telle solution. Et m&#234;me si elle &#233;tait approuv&#233;e par l'Allemagne et par les autres, et possible, elle prendrait du temps. En outre, l'exemple de l'ex-RDA et du Mezzogiorno le montrent, elle devrait durer ind&#233;finiment, sans pour autant cr&#233;er une &#233;conomie comp&#233;titive. Non seulement c'est impraticable, mais moralement ce n'est pas satisfaisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une formule plus modeste est l'activation de fonds europ&#233;ens, de la BEI etc. Certainement bienvenue, elle n'est pas &#224; la hauteur de la question des &#233;quilibres centraux de ces pays. Quand enfin &#224; une action de relance macro&#233;conomique, et d'abord en Allemagne, en supposant qu'elle l'accepte, cela profiterait assez peu aux &#233;conomies &#224; genoux du Sud de l'Europe, sauf peut-&#234;tre &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent les voies non conventionnelles. On parle beaucoup de la sortie de la zone euro. C'est certainement une possibilit&#233;. Mais elle serait difficile &#224; r&#233;aliser sans casse car une fuite massive de capitaux l'accompagnerait, surtout en Gr&#232;ce qui n'a pas l'&#233;quipement administratif pour ex&#233;cuter un contr&#244;le des paiements efficace. En outre elle serait tr&#232;s impopulaire dans ce pays m&#234;me car elle r&#233;duirait massivement la valeur des actifs libell&#233;s actuellement en euros, ce qui toucherait une grande partie de la population. Ce ne peut donc &#234;tre qu'une solution quasi d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#8211; ce qui d'ailleurs ne l'exclut pas. Remarquons que si cela devait &#234;tre le cas il faudrait les aider dans ce processus, tant pour des raisons de solidarit&#233; que par sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en amont de ce cas il me semble qu'un gouvernement accul&#233;, grec d'abord, pourrait vouloir explorer d'autres voies non conventionnelles, r&#233;sultant notamment des bizarreries de la zone euro. Par exemple, profiter du fait qu'il a toujours une banque centrale, fonctionnant en euro, pour pratiquer des mesures contrevenant sans doute &#224; l'esprit ou &#224; la lettre des r&#232;gles europ&#233;ennes, mais qui peuvent s'av&#233;rer difficile &#224; contrer. Car rien ne distingue un euro fabriqu&#233; en Gr&#232;ce d'un euro allemand ou fran&#231;ais. On peut imaginer par exemple des financements aux banques, &#224; l'Etat, de la cr&#233;ation mon&#233;taire etc. plus ou moins sauvages. De telles hypoth&#232;ses seraient &#224; expertiser, non en termes juridiques, mais factuellement : que peut-on en effet vraiment emp&#234;cher du dehors, face &#224; des gens d&#233;cid&#233;s ? Dit autrement : que peut-on emp&#234;cher sans mettre ce pays au ban de l'Europe ? Mise au ban qui pr&#233;cipiterait sa sortie, au moins de la zone euro. La question m&#233;rite examen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, on peut escompter une p&#233;riode grise pendant laquelle le gouvernement grec issu des urnes va tenter de louvoyer entre la sortie pure de la zone euro, qu'il ne peut sans doute pas assumer d'embl&#233;e, et une d&#233;flation dure, politiquement tr&#232;s difficile &#224; tol&#233;rer. D&#232;s lors, sauf dans l'hypoth&#232;se, possible mais pas la plus vraisemblable, o&#249; il parviendrait &#224; faire avaler celle-ci &#224; la population (mais cela devrait durer des ann&#233;es et remettrait en question tout le circuit sociopolitique), le r&#233;sultat du louvoiement va &#234;tre une succession de d&#233;faillances diverses - m&#234;l&#233;es &#224; des actes d&#233;sacralisant sans pr&#233;c&#233;dent, du type de ceux &#233;voqu&#233;s ci-dessus. Et dans ce cas, sauf &#224; ce que les autres Europ&#233;ens organisent un flux durable de ressources sans contrepartie, la sortie de la zone pourra finir par s'imposer comme incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est vrai de la Gr&#232;ce pourra en outre valoir pour d'autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru &#233;galement sur le site de Libert&#233; Politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise de la zone euro : il faut des proc&#233;dures collectives </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-de-la-zone-euro-il-faut-des-procedures-collectives.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Bien au-del&#224; de la Gr&#232;ce la crise en cours de la zone euro a mis en &#233;vidence une grave faille dans le dispositif euro : l'incapacit&#233; &#224; r&#233;gler de fa&#231;on ordonn&#233;e la situation d'un Etat en difficult&#233; face &#224; son endettement, d'une fa&#231;on qui clarifie les responsabilit&#233;s des uns et des autres. En bref, l'absence de proc&#233;dures collectives, permettant aux partenaires d'un pays en crise de d&#233;finir ensemble les sacrifices &#224; accomplir pour la r&#233;soudre et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Bien au-del&#224; de la Gr&#232;ce la crise en cours de la zone euro a mis en &#233;vidence une grave faille dans le dispositif euro : l'incapacit&#233; &#224; r&#233;gler de fa&#231;on ordonn&#233;e la situation d'un Etat en difficult&#233; face &#224; son endettement, d'une fa&#231;on qui clarifie les responsabilit&#233;s des uns et des autres. En bref, l'absence de proc&#233;dures collectives, permettant aux partenaires d'un pays en crise de d&#233;finir ensemble les sacrifices &#224; accomplir pour la r&#233;soudre et repartir de l'avant.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les pays, la monnaie est &#233;mise et g&#233;r&#233;e par une banque centrale. En g&#233;n&#233;ral, cette banque est nationale et l'Etat emprunte dans cette monnaie fabriqu&#233;e chez lui. D'o&#249; l'id&#233;e admise par la th&#233;orie financi&#232;re que l'Etat est l'emprunteur sans risque, parce qu'il pourra toujours rembourser ce qu'il a emprunt&#233;, au moins nominalement. Quitte du moins &#224; ce que la valeur r&#233;elle de cet argent ait fondu dans l'intervalle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une zone mon&#233;taire, chaque Etat emprunte dans une monnaie &#233;mise par une institution commune. Tout se passe alors comme si c'&#233;tait une monnaie &#233;trang&#232;re pour cet Etat. Face &#224; des probl&#232;mes de refinancement il ne peut compter que sur lui-m&#234;me, comme un d&#233;biteur quelconque. Sauf &#224; &#234;tre le pilier du syst&#232;me comme l'Allemagne, il est devenu une sorte de collectivit&#233; locale et peut avoir des difficult&#233;s &#224; se refinancer. Il faut donc pr&#233;voir ce qui se passe en ce cas. C'est l'analogue de ce qu'on appelle des proc&#233;dures collectives dans le cas des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, on pourrait &#233;viter la question par une garantie mutuelle illimit&#233;e. Mais ce n'est r&#233;aliste que s'il y a un contr&#244;le tr&#232;s strict d'autorit&#233;s communes sur les d&#233;penses de chacun des pays. Ce qui revient &#224; mettre en place une structure de type f&#233;d&#233;ral. Ce n'est pas le cas actuellement de la zone euro, m&#234;me de loin. Peut-on instaurer une telle mise en commun ? C'est ce que proposent au fond les partisans des euro-obligations. Mais l'id&#233;e n'est pas tr&#232;s cr&#233;dible. Il n'y a en effet pas de base d&#233;mocratique europ&#233;enne permettant la mise en place d'institutions f&#233;d&#233;rales, faute de peuple europ&#233;en et de vision commune. Et m&#234;me si c'&#233;tait faisable, cela ne r&#233;soudrait pas le probl&#232;me imm&#233;diat. D'abord il faudrait des trait&#233;s nouveaux, d&#233;finissant des r&#232;gles budg&#233;taires et des transferts de souverainet&#233; : ils arriveraient apr&#232;s la bataille. Ensuite et surtout on voit mal les Allemands et d'autres refinancer sur grande &#233;chelle et sous leur signature les dettes actuelles des &#8216;d&#233;pensiers'. Pour r&#233;gler les difficult&#233;s actuelles ou futures il faut donc faire sans de tels instruments. Restent donc les proc&#233;dures de r&#233;solution collective. C'est ce qui nous manque depuis un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est simple : la dette a &#233;t&#233; contract&#233;e par des pays, qui sont chacun plac&#233; dans une situation diff&#233;rente des autres. Ceux qui rencontrent des difficult&#233;s doivent prendre politiquement la responsabilit&#233; centrale d'un effort de grande ampleur, qui vise au minimum &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire puis doit amorcer la r&#233;duction de la dette. Cela sans toucher &#224; la monnaie, puisqu'elle est commune. Le probl&#232;me est que cela peut ne pas suffire, ou encore entra&#238;ner le pays concern&#233; dans un marasme intol&#233;rable. D&#232;s lors il faut admettre de fa&#231;on claire et explicite la possibilit&#233; d'un d&#233;faut partiel d'un pays membre, avec r&#233;&#233;chelonnement et r&#233;duction des dettes. Comme pour toutes les crises de dette d'ailleurs, depuis fort longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, les autres membres de la zone euro doivent les aider dans cet effort. Pas en payant &#224; leur place les pr&#234;teurs, car ces derniers sont responsables de leur investissement. Mais &#224; leur niveau, qui est macro&#233;conomique, et par deux outils, qui dans une large mesure existent d'ailleurs ou sont en cours de mise en place. L'un est la Banque centrale, qui doit adopter une politique mon&#233;taire plus accommodante, pour compenser en partie l'effet r&#233;cessif des contractions budg&#233;taires. Cela peut &#234;tre compl&#233;t&#233; par un effort budg&#233;taire des pays membres qui peuvent le faire. L'autre outil est le FESF, ce fonds europ&#233;en qui est en cours d'&#233;toffement, et qu'il faut situer entre un FMI europ&#233;en et le TARP am&#233;ricain de 2008 ; il doit disposer de fonds suffisants (si besoin, au-del&#224; des 500 MM &#8364; pr&#233;vus). Sa premi&#232;re mission est d'acheter les obligations des pays &#224; probl&#232;me. La seconde, d'intervenir chaque fois que de besoin sur le capital des banques en crise du fait de la restructuration des dettes. L&#224; aussi, sans cadeau, mais uniquement quand la crise de paiement est av&#233;r&#233;e. De telles interventions sont d'ailleurs en g&#233;n&#233;ral gagnantes &#224; la fin car la banque renflou&#233;e reprend ensuite des couleurs, et l'investissement devient gagnant. En revanche rien ne sert comme on le fait aujourd'hui (c'est ce que propose la Commission, dans l'hyst&#233;rie collective) de chercher &#224; relever brutalement les niveaux de fonds propres de toutes les banques afin de pr&#233;parer toutes les crises possibles (y compris Espagne et Italie) : d'une c&#244;t&#233; c'est tr&#232;s cher et r&#233;ducteur d'activit&#233;, et de l'autre cela ne suffira pas en cas de vraie crise des pays qui n'y sont pas encore vraiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif doit pr&#233;voir aussi l'option de sortie de la zone euro. On en fait un &#233;pouvantail. Nul doute qu'elle ne signifie des secousses violentes. Mais il est peu vraisemblable que tous les pays pourront r&#233;aliser l'effort d'ajustement par d&#233;flation violente des prix et des salaires que peut impliquer leur maintien dans la zone euro. Et donc ils peuvent avoir &#224; sortir de la monnaie forte. Sans &#234;tre sanctionn&#233;s par les autres Etats car ce n'est pas une trahison, mais un acte de gestion ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dur, dira-t-on. Non, r&#233;aliste sur le double plan politique et financier. Le mauvais montage de la zone euro combin&#233; avec la manie de l'endettement nous a mis dans un gu&#234;pier. On peut et doit en limiter les effets ; on ne les supprimera pas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Crise de la zone euro : le coupable, c'est la dette </title>
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		<dc:date>2011-01-17T14:34:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
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&lt;p&gt;Pour un Etat, hors grand projet productif, la bonne dette, c'est pas de dette du tout. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en outre une des clefs de la libert&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Etats europ&#233;ens se concertent pour trouver des moyens de parer &#224; la crise qui affecte gravement des pays membres de la zone euro. C'est tr&#232;s bien. La solidarit&#233; est une bonne chose, la convergence sur des politiques raisonnables aussi. Cela peut m&#234;me marcher un temps. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si on en reste l&#224; on ne va pas au bout du probl&#232;me. Car le vrai probl&#232;me c'est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-dette-+.html" rel="tag"&gt;Crise dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-financiere-+.html" rel="tag"&gt;Crise financi&#232;re&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour un Etat, hors grand projet productif, la bonne dette, c'est pas de dette du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en outre une des clefs de la libert&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats europ&#233;ens se concertent pour trouver des moyens de parer &#224; la crise qui affecte gravement des pays membres de la zone euro. C'est tr&#232;s bien. La solidarit&#233; est une bonne chose, la convergence sur des politiques raisonnables aussi. Cela peut m&#234;me marcher un temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on en reste l&#224; on ne va pas au bout du probl&#232;me. Car le vrai probl&#232;me c'est l'endettement public. En soi. Car fondamentalement, hors projets &#233;conomiques individualis&#233;s et rentables, un Etat ne devrait s'endetter que dans des cas exceptionnels et pour un temps limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si en effet un Etat d&#233;cide, comme l'ont fait la plupart des pays d'Europe depuis 40 ans, de laisser filer son d&#233;ficit budg&#233;taire et de le financer par l'endettement, il rencontrera assez vite un plafond car on ne peut pas s'endetter ind&#233;finiment. A partir de ce moment-l&#224;, il sera d'autant plus contraint &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire, qu'il devra assumer une gestion rigide de la charge de sa dette sous l'&#339;il attentif des march&#233;s. L'Etat aura alors perdu toute marge de man&#339;uvre. En d'autres termes, la facilit&#233; de la dette ne marche qu'un temps : c'est le feu de paille d'une g&#233;n&#233;ration. Mais ensuite elle p&#232;se lourdement sur celles qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, si on pense que par exemple le plafond est &#224; 60 % du PNB comme le pr&#233;voient les trait&#233;s europ&#233;ens, un pays qui arrive &#224; ce niveau doit ensuite, pour stabiliser ce ratio, ne pas faire cro&#238;tre sa dette plus vite que le PNB. Mais comme ce qu'il doit s'accro&#238;t d&#233;j&#224; m&#233;caniquement des int&#233;r&#234;ts, dont l'ordre de grandeur est au mieux celui de la croissance du PNB, il ne peut plus lever de fonds d'emprunt pour quelque d&#233;pense suppl&#233;mentaire que ce soit. Et cela en supposant que les march&#233;s le laissent tranquille et acceptent &#224; la fois de renouveler les &#233;ch&#233;ances, de financer les int&#233;r&#234;ts dus, et de ne pas accro&#238;tre les spreadsau vu du risque. En d'autres termes, la g&#233;n&#233;ration qui s'est endett&#233;e en a profit&#233;, mais la facilit&#233; ne vaut que pour elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que s'endetter peut &#234;tre justifi&#233; si cela correspond &#224; un investissement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut se comprendre parfois : en temps de guerre par exemple, parce qu'alors la n&#233;cessit&#233; de survie ne laisse pas d'autre choix. Par extension cela pourrait se d&#233;fendre en cas de crise exceptionnelle pour passer le cap, comme en 2008, ou peut-&#234;tre avec le choc p&#233;trolier de 1973. Mais s&#251;rement pas pour financer des d&#233;ficits courants et &#233;viter par l&#224;, comme ce fut le cas pour l'essentiel, presque partout, depuis 40 ans, des choix politiques un tant soit peu courageux et responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que s'endetter peut &#234;tre justifi&#233; si cela correspond &#224; un investissement. Comme le font les entreprises. Mais ce n'est vrai que si cet investissement permet de g&#233;n&#233;rer un surcro&#238;t de produit financier, directement mesurable, permettant au moins de rembourser l'emprunt. Les entreprises bien g&#233;r&#233;es ne le font qu'avec grand soin. Ce n'est &#233;videmment pas le cas, m&#234;me de loin, d'aucun Etat : il faudrait pour cela nettement isoler les financements que la dette permet, les affecter &#224; des projets r&#233;ellement rentables, et mesurer leur impact r&#233;el, y compris &#224; la fin sous forme de rentr&#233;e fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement une autre voie de sortie existe, emprunt&#233;e depuis longtemps, et qu'on a appel&#233;e &#034;l'euthanasie des rentiers&#034; : la r&#233;duction de fait de la dette soit par une inflation galopante soit par une forme de r&#233;pudiation au moins partielle. Ce n'est bien s&#251;r ni tr&#232;s moral ni tr&#232;s responsable. Mais en outre ce n'est pas ouvert &#224; tout le monde. En g&#233;n&#233;ral en effet, le march&#233; r&#233;agit et fait payer cher ce type de strat&#233;gie, sauf positionnement particulier comme maintenant les Etats-Unis. Et de toute fa&#231;on ce n'est pas possible dans une zone mon&#233;taire comme l'euro, qui ne peut pas laisser &#224; chaque membre la libert&#233; de tirage sur la banque centrale commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; donc, apr&#232;s une phase initiale de d&#233;penses, g&#233;n&#233;ralement de consommation et sans produit visible, un Etat qui s'endette ne fait que l&#233;guer aux g&#233;n&#233;rations futures un fardeau inutile et dangereux, en ali&#233;nant du m&#234;me coup non seulement sa capacit&#233; de d&#233;cision politique &#8230; mais aussi sa capacit&#233; d'endettement, pourtant vitale en cas de vrai coup dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux conclusions. La premi&#232;re est que la mise en place des techniques sophistiqu&#233;es d'emprunt au fil de l'eau qui date des ann&#233;es 1980 a&#233;t&#233; d&#233;sastreuse &#224; proportion de son efficacit&#233; : c'est comme laisser &#224; un alcoolique un acc&#232;s libre et imm&#233;diat au whisky. La technique ant&#233;rieure des grands emprunts nationaux hautement visibles &#233;tait politiquement autrement honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me conclusion est que sur le long terme la seule solution v&#233;ritable &#224; la crise de la zone euro est d'organiser de concert la disparition quasi-totale de la dette publique. Mais alors plus besoin de se concerter : la plaie aura disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans la rubrique Le Cercle sur Les Echos.fr le 10 janvier 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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