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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Epargner en vue du bien commun : L'investissement &#233;thique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Epargner-en-vue-du-bien-commun-L-investissement-ethique.html</link>
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		<dc:date>2024-04-24T09:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>
		<dc:subject>Epargner en vue du bien commun</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Paru chez Boleine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Epargner en vue du bien commun : l'investissement &#233;thique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epargner, investir, c'est ce que tout le monde fait ou presque, parfois sans le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peu d'entre nous ont int&#233;gr&#233; le fait que, ce faisant, ils influen&#231;aient le devenir de l'&#233;conomie, et par l&#224; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epargner &#233;thiquement, investir &#233;thiquement, c'est donc tout simplement s'efforcer &#224; son niveau d'influer sur la vie &#233;conomique pour l'orienter dans le sens du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Mes-livres-Biographie-.html" rel="directory"&gt;Mes livres &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-ethique-+.html" rel="tag"&gt;Investissement &#233;thique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-responsable-+.html" rel="tag"&gt;Investissement responsable&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Epargner-en-vue-du-bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Epargner en vue du bien commun&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/couv_invest_ethique.jpg?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paru chez Boleine :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Epargner en vue du bien commun : L'investissement &#233;thique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Recension dans le Figaro :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/conjoncture/petit-guide-pour-transformer-le-monde-grace-a-son-epargne-20240526&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/conjoncture...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview sur TV Libert&#233; Terres de Mission&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=cplRwwSUuhw&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=cpl...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://lesalonbeige.fr/terres-de-mission-mettre-largent-au-service-de-lhomme/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lesalonbeige.fr/terres-de-m...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Avant-propos du livre &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Epargner, investir, c'est ce que tout le monde fait ou presque, parfois sans le savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peu d'entre nous ont int&#233;gr&#233; le fait que, ce faisant, ils influen&#231;aient le devenir de l'&#233;conomie, et par l&#224; de la soci&#233;t&#233;. Peu &#224; leur seul niveau, beaucoup avec les autres : les petits ruisseaux font les grandes rivi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le fait de mettre de l'argent ici plut&#244;t que l&#224; a deux effets : cela envoie des moyens &#224; certains plut&#244;t qu'&#224; d'autres, et cela envoie un message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'&#233;pargne, c'est la mati&#232;re premi&#232;re de l'investissement, et l'investissement, au niveau collectif, c'est ce qui fa&#231;onne l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epargner &#233;thiquement, investir &#233;thiquement, c'est donc tout simplement s'efforcer &#224; son niveau d'influer sur la vie &#233;conomique pour l'orienter dans le sens du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons comment on peut s'y mettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;3 questions &#224;... Pierre de Lauzun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;22 avril 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que signifie &#233;pargner ? Est-ce que tout le monde peut &#233;pargner ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pargner veut dire d'abord ne pas consommer tout ce qu'on gagne, toutes ses ressources. Pourquoi ? Parfois en vue de d&#233;penses futures, de taille plus importante, ou parce qu'on peut en avoir besoin dans l'avenir, pour soi-m&#234;me ou des proches - &#224; la retraite entre autres. Et souvent pour construire autre chose, au-del&#224; de la consommation : pour investir, et donc pour cr&#233;er. En ce sens, tout le monde peut et doit &#233;pargner, sauf en vraie pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi faudrait-il &#233;pargner en vue du bien commun ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien commun , c'est le bien de tous, parce qu'on est ensemble en communaut&#233;, et que cela nous donne des bienfaits qui seraient hors d'atteinte si on &#233;tait seul. Un bien que nous recevons, mais auquel nous contribuons, et cette contribution est elle-m&#234;me source de joie. &#201;pargner permet en outre d'aller au-del&#224; de la pure consommation imm&#233;diate, et le faire en vue du bien commun, c'est exprimer notre reconnaissance solidaire, car sans la communaut&#233; nous n'aurions jamais pu &#233;pargner ni m&#234;me consommer. Et si tous font de m&#234;me, c'est un plus pour chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans une soci&#233;t&#233; tr&#232;s individualiste, &#233;merveill&#233;e par l'imm&#233;diatet&#233; et la performance &#224; outrance, le temps long n'est pas franchement &#224; la mode. Comment lui rendre ses lettres de noblesse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imm&#233;diatet&#233; est une fascination, mais aveugle, car le temps d'apr&#232;s nous serons en g&#233;n&#233;ral encore l&#224;, ou nos proches, et il faut le pr&#233;parer. Et la performance n'a de sens que sur la dur&#233;e, sinon c'est un feu de paille, voire une illusion. Plus encore, la consid&#233;ration du temps long est une formidable dilatation de nos horizons, au-del&#224; du cadre &#233;triqu&#233; du pr&#233;sent. En un sens, et contrairement &#224; l'illusion r&#233;pandue, c'est donc une exp&#233;rience plus noble et plus intense. Par ailleurs, c'est un acte de reconnaissance, pour ce que nous avons re&#231;u (le temps long de nos pr&#233;d&#233;cesseurs), et de pr&#233;paration de notre avenir, et de celui de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion du livre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine de l'investissement &#233;thique, on peut se sentir d&#233;rout&#233; par la complexit&#233; de la question et le foisonnement des incertitudes. L'important est alors de se rappeler que ce qui compte est ce qu'on peut faire &#224; son niveau, en fonction des moyens dont on dispose. De la m&#234;me mani&#232;re, on peut &#234;tre mal &#224; l'aise du fait des controverses sur l'&#233;thique elle-m&#234;me : on voit bien que bien des gens mettent des choses assez diverses sous ce nom. Ici ce qui importera est d'&#234;tre bien au clair sur ce qu'on a reconnu, en conscience, comme &#233;tant conforme au bien commun, compris objectivement. On peut enfin craindre, et non sans motif, qu'il soit difficile de v&#233;ritablement modifier l'orientation de l'&#233;conomie par ce moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en d&#233;finitive, &#224; nouveau, sur le plan des principes l'investissement socialement responsable est le seul investissement justifiable, s'il est compris dans son sens &#233;thique plein, qui l'oriente au bien commun. Bien entendu, un tel &#233;largissement des perspectives donne le vertige. Au minimum, il implique des outils consid&#233;rables, d'analyse, de collecte d'information, et d'action collective ; puis la cr&#233;ation d'instruments de gestion collective s'en inspirant. Beaucoup de progr&#232;s sont encore &#224; r&#233;aliser, et nous n'en sommes qu'au tout d&#233;but. En outre, on ne peut tout faire, et il faut tenir compte des r&#233;alit&#233;s, notamment de la vie de l'entreprise. Un travail consid&#233;rable s'impose donc ; et ce travail est n&#233;cessairement collectif. Mais justement, il n'y a lieu ni de s'en effrayer, ni de culpabiliser. Un tel travail se d&#233;roulera sur la base de l'action capillaire de personnes nombreuses, chacune agissant l&#224; o&#249; elle peut, comme elle peut. C'est m&#234;me la caract&#233;ristique d'un soci&#233;t&#233; libre et d&#233;centralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liens :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://editions-boleine.fr/catalogue/69-epargner-en-vue-d-un-bien-commun.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://editions-boleine.fr/catalog...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Epargner-vue-bien-commun-Linvestissement/dp/2490081594&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.amazon.fr/Epargner-vue-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.laprocure.com/product/1512018/lauzun-pierre-de-epargner-en-vue-du-bien-commun-l-investissement-ethique&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.laprocure.com/product/1...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.decitre.fr/livres/epargner-en-vue-du-bien-commun-9782490081592.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.decitre.fr/livres/eparg...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mollat.com/livres/3042909/pierre-de-lauzun-epargner-en-vue-du-bien-commun-l-investissement-ethique&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.mollat.com/livres/30429...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.fnac.com/a19416437/Pierre-de-Lauzun-Epargner-en-vue-du-bien-commun&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.fnac.com/a19416437/Pier...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi sur ce m&#234;me site, deux articles successifs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Investir-pour-le-bien-commun-Premiere-partie-l-investissement-ethique.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Inves...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Investir-pour-le-bien-commun-Deuxieme-partie-quelle-ethique-pour-les.html.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Inves...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Investir pour le bien commun Premi&#232;re partie : l'investissement &#233;thique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Investir-pour-le-bien-commun-Premiere-partie-l-investissement-ethique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Investir-pour-le-bien-commun-Premiere-partie-l-investissement-ethique.html</guid>
		<dc:date>2022-06-01T12:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>
		<dc:subject>Actionnaires</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On parle beaucoup de l'investissement &#233;thique, et de fait il se d&#233;veloppe de plus en plus. L'id&#233;e sous-jacente est celle de la responsabilit&#233; que comporte toute propri&#233;t&#233;, appliqu&#233;e au cas particulier de l'investissement financier au sens large. Ce bon usage, int&#233;grant un souci du bien commun, peut devenir un enjeu majeur. Et notamment du fait que chaque investissement r&#233;alis&#233; avec un tel souci envoie un message aux entreprises, &#224; travers le march&#233;. D'o&#249; le lien entre cette question et ce qu'on appelle responsabilit&#233; sociale de l'entreprise ou RSE, comprise au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier article on &#233;voquera la question g&#233;n&#233;rale de l'investissement &#233;thique, r&#233;servant pour un deuxi&#232;me article la question des ciri&#232;res ou des objectifs recherch&#233;s (environnement, social etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Finance-privee-.html" rel="directory"&gt;Finance personnelle&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-ethique-+.html" rel="tag"&gt;Investissement &#233;thique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-responsable-+.html" rel="tag"&gt;Investissement responsable&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Actionnaires-+.html" rel="tag"&gt;Actionnaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On parle beaucoup de l'investissement &#233;thique, et de fait il se d&#233;veloppe de plus en plus. L'id&#233;e sous-jacente est celle de la responsabilit&#233; que comporte toute propri&#233;t&#233;, appliqu&#233;e au cas particulier de l'investissement financier au sens large. Ce bon usage, int&#233;grant un souci du bien commun, peut devenir un enjeu majeur. Et notamment du fait que chaque investissement r&#233;alis&#233; avec un tel souci envoie un message aux entreprises, &#224; travers le march&#233;. D'o&#249; le lien entre cette question et ce qu'on appelle responsabilit&#233; sociale de l'entreprise ou RSE, comprise au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier article on &#233;voquera la question g&#233;n&#233;rale de l'investissement &#233;thique, r&#233;servant pour un deuxi&#232;me article la question des ciri&#232;res ou des objectifs recherch&#233;s (environnement, social etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Ajout du 2 mai 2024. Vient de para&#238;tre chez Boleine &lt;/i&gt; Pierre de Lauzun : Epargner en vue du bien commun : l'investissement &#233;thique. &lt;i&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Epargner-en-vue-du-bien-commun-L-investissement-ethique.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Eparg...&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment investir ? Actions et obligations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la base de cet examen se pose la question centrale pour tout d&#233;tenteur d'argent : comment l'investir et par l&#224; orienter l'&#233;conomie ? Rappelons d'abord qu'avant toute r&#233;flexion sur le choix des entreprises ou projets dans lesquels on investit, il y a la question des instruments financiers eux-m&#234;mes. Naturellement, ils vont d&#233;pendre des horizons de placement : sur un horizon court, on se place n&#233;cessairement sur des produits de taux, eux-m&#234;mes relativement courts (Sicav ou fonds de court terme ou peu sensibles, comptes bancaires). Sur un horizon plus long, et a fortiori tr&#232;s long, lequel doit &#234;tre privil&#233;gi&#233;, le choix peut se porter sur des produits de taux (Sicav obligataires ou obligations notamment), sur de l'immobilier, ou sur des actions, ce qui va en principe du moins risqu&#233; au plus risqu&#233;. Sachant que comme on sait, en principe plus l'horizon est long, plus les produits dits risqu&#233;s rapportent (ce qui est logique), et donc en un sens deviennent moins risqu&#233;s. Toutes les donn&#233;es historiques montrent que le meilleur placement sur le tr&#232;s long terme, ce sont les actions, c'est-&#224;-dire les entreprises. Ajoutons enfin qu'entre les deux cat&#233;gories de titres, cot&#233;s et non-cot&#233;s, il n'y a &#233;videmment pas a priori de pr&#233;f&#233;rence morale ; sachant que le non-cot&#233;, peu ou pas liquide par d&#233;finition, peut par-l&#224; signifier une certaine solidarit&#233;, mais aussi un risque accru ; il peut aussi &#234;tre le moyen d'agir pour des causes plus particuli&#232;res qui ne sont pas repr&#233;sent&#233;es dans les titres cot&#233;s. Naturellement aussi, la strat&#233;gie d'investissement va d&#233;pendre de la position de chacun, de ses moyens, de ses connaissances et de ses besoins. Transformer toute la population en boursiers n'aurait &#233;videmment aucun sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;thique, il en est de m&#234;me. Sous r&#233;serve du point pr&#233;c&#233;dent, il faut reconna&#238;tre ce point essentiel mais peu familier pour beaucoup de gens, surtout en France : la priorit&#233; &#233;thique des actions sur les autres modes d'investissement, notamment sur les titres de dette. Non seulement parce qu'elles permettent d'agir plus directement sur les entreprises, puisque l'actionnaire est propri&#233;taire conjoint de cette entreprise et vote dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales sur ses grandes orientations et le choix de sa direction &#8211; et peut aussi avoir &#224; prendre position sur la cession de l'entreprise (OPA et autres). Mais c'est aussi parce que l'investissement en fonds propres (en actions) est dans sa logique profonde plus solidaire du sort des entreprises (s'il n'est pas d&#233;tourn&#233; comme objet de sp&#233;culation au mauvais sens du terme) : si elles prosp&#232;rent, il s'appr&#233;cie fortement ; si elle perd, il perd, voire dispara&#238;t. En outre, il faut rappeler que tous les grands drames financiers ont &#233;t&#233; d'une mani&#232;re ou d'une autre des crises de la dette. Sans parler des effets potentiellement destructeurs de la dette publique, qui finance pour l'essentiel des d&#233;penses courantes et s'accro&#238;t sans rel&#226;che depuis plus de 40 ans. Les risques importants li&#233;s &#224; l'endettement et l'effet de levier sont centraux dans nos syst&#232;mes financiers (comme je l'&#233;voque dans d'autres articles &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Dette-publique-que-faire.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Dette...&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-dette-la-monnaie-les-Etats.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-de...&lt;/a&gt;). La dette est utile si le risque est faible, si elle n'implique pas mise en danger de l'emprunteur, du pr&#234;teur, et de la soci&#233;t&#233; plus g&#233;n&#233;ralement. Elle peut en outre pr&#233;senter un autre risque, celui de report des d&#233;cisions sur les g&#233;n&#233;rations futures, sauf si elles financent un investissement productif permettant son remboursement. On soulignera ici la nocivit&#233; de la plupart des dettes publiques selon ce crit&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ces consid&#233;rations il faut ajouter une cat&#233;gorie &#224; part d'investissements, ceux qu'on appelle solidaires, et qui recouvrent des r&#233;alit&#233;s assez variables. Pour simplifier, ce sont d'un c&#244;t&#233; des investissements r&#233;alis&#233;s dans des entreprises (ou des projets) solidaires, c'est-&#224;-dire ayant une politique, une gestion, une affectation des r&#233;sultats etc., qui comportent une dimension importante de solidarit&#233;. Et d'un autre c&#244;t&#233;, des investissements plus classiques (mais g&#233;r&#233;s de fa&#231;on &#233;thique), avec un m&#233;canisme d'affectation partielle du r&#233;sultat &#224; la solidarit&#233; : en g&#233;n&#233;ral, une partie des revenus est donn&#233;e &#224; une ou des &#339;uvres d&#233;finies &#224; l'avance. Ainsi le fonds Proclero. Les deux formules sont bonnes, mais diff&#233;rentes. Mais cela n'efface pas le besoin de pr&#233;occupation &#233;thique dans les investissements classiques, qui sont mon sujet ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Investissement et march&#233;s financiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre consid&#233;ration vise l'intervention m&#234;me sur les march&#233;s financiers. Car l'investisseur, ou celui qui g&#232;re ses fonds, doit intervenir sur les march&#233;s. Au-del&#224; de la r&#233;gulation, ce qui importe est le jugement prudentiel et moral des op&#233;rateurs et des investisseurs ; leurs choix fa&#231;onnent la r&#233;alit&#233; des march&#233;s, dont les r&#233;sultats d&#233;pendent fortement des valeurs et fonctionnements collectifs. Comme on sait, le march&#233; financier joue un r&#244;le essentiel dans le placement et l'orientation de l'&#233;pargne, et donc comme lieu o&#249; s'&#233;changent des signaux, ce qui implique une forme de responsabilit&#233;. Tout ordre pass&#233; sur un march&#233; est en m&#234;me temps un signal, un message, qui oriente l'action des agents &#233;conomiques dans un sens ou un autre. Il est donc vital d'envoyer au march&#233; financier les meilleurs messages possibles pour une orientation optimale des ressources financi&#232;res. Et ici l'investisseur est directement impliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'&#233;voquera pas ici en d&#233;tails ce qu'on pourrait appeler l'&#233;thique des march&#233;s - que j'ai aussi d&#233;velopp&#233;e par ailleurs (voir [-&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Qu-est-ce-qu-un-bon-marche-financier-et-comment-le-realiser.html&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Qu-est-ce-qu-un-bon-marche-financier-et-comment-le-realiser.html&lt;/a&gt; ), en soulignant le besoin &#233;vident d'une r&#233;vision profonde de leur fonctionnement y compris au niveau des acteurs (mais aussi dans la r&#233;glementation et la l&#233;gislation). Elle devrait inclure des principes comme la recherche par les participants du prix le plus juste, impliquant le refus de nourrir les bulles financi&#232;res ; ce qui implique de s'abstenir de la sp&#233;culation comprise comme un jeu sur les fluctuations irrationnelles des march&#233;s. Ce souci &#233;thique implique aussi de reconna&#238;tre la valeur d'un investissement sur la longue dur&#233;e (impliquant un actionnariat stable), notamment parce que cela comporte une vraie connaissance de l'entreprise, une participation active &#224; sa gouvernance, une solidarit&#233; sur la dur&#233;e etc., et bien s&#251;r un r&#244;le actif et responsable, engag&#233;, des actionnaires. Sachant qu'il faut admettre aussi que la sortie, la vente des titres reste possible, notamment s'il y a besoin, urgence ou impossibilit&#233; de se faire entendre de la direction, ou d&#233;couverte de comportements jug&#233;s condamnables. Mais ce peut &#234;tre le cas aussi si le prix (le cours) est irrationnel, notamment &#224; la hausse. On pourrait objecter ici que chaque investisseur est petit par rapport au march&#233;, ou face aux gros joueurs ; l'&#233;pargnant de base p&#232;se alors tr&#232;s peu. Mais outre que le souci moral n'en subsiste pas moins, agir reste possible. D'abord en combinant les efforts. Ensuite, en se rappelant que le march&#233; est tr&#232;s sensible, et qu'il n'est pas besoin d'&#234;tre un acteur dominant pour le faire bouger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question des actifs financiers non cot&#233;s, donc &#233;chappant aux march&#233;s. En soi, ils ne sont ni meilleurs ni pires ; l'influence des investisseurs sur l'orientation des entreprises correspondantes peut selon les cas &#234;tre plus grande ou plus petite. Cela dit, outre le risque proprement financier venant de l'absence de liquidit&#233;, qui fait qu'on peut rester coll&#233; comme on dit quand on a besoin de l'argent ou qu'on n'est plus d'accord, un des d&#233;fauts de ces actifs est justement de ne pas &#234;tre sur la place publique. Le risque est alors d'une baisse relative des standards, financiers mais surtout &#233;thiques, et concomitamment d'une r&#233;duction sensible de l'information disponible. Les titres non-cot&#233;s rel&#232;vent en tout cas de la m&#234;me probl&#233;matique &#233;thique que les autres, tout en demandant une vigilance accrue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Orienter les entreprises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objet de l'investissement, ce sont en g&#233;n&#233;ral des entreprises. On consid&#232;re ici l'entreprise comme une communaut&#233; d'hommes, certes sp&#233;cialis&#233;e et imparfaite, mais dont les objectifs et missions d&#233;passent largement son seul r&#233;sultat financier. Il en r&#233;sulte qu'une responsabilit&#233; majeure incombe &#224; celui qui est son propri&#233;taire, l'actionnaire. On l'a dit aussi, c'est pour le chr&#233;tien le propri&#233;taire qui est justiciable de la r&#232;gle de destination universelle des biens, qui doit ordonner l'exercice de toute propri&#233;t&#233; priv&#233;e. M&#234;me si les positions &#233;thiques qui guident aujourd'hui le d&#233;bat sur la responsabilit&#233; sociale de l'entreprise ne sont pas toutes acceptables, c'est un fait que se r&#233;pand toujours plus la conviction selon laquelle comme dit Beno&#238;t XVI &#171; la gestion de l'entreprise ne peut pas tenir compte des int&#233;r&#234;ts de ses seuls propri&#233;taires, mais aussi de ceux de toutes les autres cat&#233;gories de sujets qui contribuent &#224; la vie de l'entreprise : les travailleurs, les clients, les fournisseurs des divers &#233;l&#233;ments de la production, les communaut&#233;s humaines qui en d&#233;pendent &#187;. Mais les responsables ultimes ce sont les propri&#233;taires. Y compris donc de ce souci. Certes, comme je l'ai &#233;voqu&#233; dans d'autres articles, il y a d'autres mod&#232;les de propri&#233;t&#233; des entreprises et d'autres mod&#232;les d'entreprises. Mais il y a toujours quelqu'un celui qui d&#233;cide en derni&#232;re analyse, et comme on l'a vu c'est lui le &#8216;propri&#233;taire' au sens large, celui &#224; qui incombe ce devoir. Certes, tr&#232;s souvent ils d&#233;l&#232;guent ce r&#244;le &#224; des professionnels de la gestion. Mais ces derniers travaillent sur la base des instructions qu'ils re&#231;oivent (ou du mode de gestion qu'ils ont propos&#233; dans la description de leurs produits). De m&#234;me, les entreprises ont des dirigeants, mais eux aussi sont d&#233;pendants des priorit&#233;s des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les priorit&#233;s que se d&#233;finissent les propri&#233;taires, donc les investisseurs sont donc d&#233;cisives pour l'orientation du march&#233; et par l&#224; des entreprises. Comme on sait, cette gestion collective est aujourd'hui largement court-termiste, au vu de ses &#8216;benchmarks' ou &#233;talonnages, index&#233;s sur les seuls cours de bourse. Ce qui constitue une v&#233;ritable aberration. Inversement, cela donne par contraste une importance centrale &#224; l'investissement socialement responsable, ou &#233;thique. Il en r&#233;sulte qu'il doit &#234;tre une priorit&#233; pour tout homme de bonne volont&#233; ; en fait, ce devrait logiquement &#234;tre la seule forme d'investissement. Cela vaut &#233;galement lorsque par d'autres organisation de la propri&#233;t&#233;, les prioritaires sont les salari&#233;s comme dans une coop&#233;rative, les clients comme dans le mutualisme, et dans tout type d'organisation. La responsabilit&#233; du propri&#233;taire reste dans son principe la m&#234;me. Naturellement aussi, autant qu'aux propri&#233;taires, les principes qu'on va &#233;voquer s'appliquent mutatis mutandis aux personnes qu'ils mettent &#224; la t&#234;te de l'entreprise, c'est-&#224;-dire ses dirigeants ; et &#224; toute personne exer&#231;ant une certaine responsabilit&#233; &#224; son niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons n&#233;anmoins qu'il serait erron&#233; de faire des seules entreprises le support unique de l'am&#233;lioration de la vie &#233;conomique et plus largement de la soci&#233;t&#233;. La fonction de l'entreprise est par nature limit&#233;e, et consiste notamment dans l'&#233;laboration, la proposition et la vente de biens et services en faisant un profit ou en tout cas sans perte. La soci&#233;t&#233; est un enjeu bien plus large, qui concerne beaucoup d'autres acteurs, associatifs, particuliers et bien &#233;videmment les d&#233;cideurs politiques. Un risque est en outre de voir des activistes se concentrer sur des points sp&#233;cifiques qui leur tiennent &#224; c&#339;ur, &#233;ventuellement ext&#233;rieurs &#224; l'entreprise, et de gauchir par l&#224; le choix de priorit&#233;s. L'enfer est pav&#233; de bonnes intentions, ou suppos&#233;es telles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les moyens pour agir : comment se pose la question&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment s'organiser ? Il y a d'embl&#233;e deux grandes voies pour l'investisseur : l'une est la gestion directe, l'autre &#224; travers un gestionnaire et notamment &#224; travers des fonds existants. Cela va d&#233;pendre &#233;videmment de l'ampleur des sommes &#224; g&#233;rer. Mais dans tous les cas, un point essentiel est &#224; noter : il y a un int&#233;r&#234;t majeur, voire une n&#233;cessit&#233;, au regroupement des forces, et donc &#224; la coop&#233;ration la plus large entre fonds ou gestionnaires inspir&#233;s par les m&#234;mes principes. Soit par rapprochement, notamment des gestionnaires, soit par action commune, soit par &#233;change de principes et de m&#233;thodes. Un deuxi&#232;me point essentiel est de susciter ou encourager des op&#233;rateurs sp&#233;cialis&#233;s &#224; orientation &#233;thique, ou au minimum un souci en ce sens d'op&#233;rateurs existants, et cela &#224; tous les niveaux : g&#233;rants, analystes, agences de notation, services aux investisseurs etc. Ce qui appara&#238;t en tout cas est la n&#233;cessit&#233; d'avoir un plan d'action. Il est tr&#232;s important de se rappeler qu'il ne s'agit pas seulement de g&#233;rer, d'acheter et de vendre, mais aussi d'orienter &#224; son niveau l'action des entreprises. Ce qui implique autant que possible un engagement direct avec elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que la logique de ces actions para&#238;t incompatible avec la forme de gestion actuellement tendanciellement dominante, qui est la gestion passive. Elle consiste comme on sait &#224; se borner &#224; dupliquer un indice, en g&#233;n&#233;ral un indice assez large de march&#233;, ou sectoriel (ETFs). Cela permet des frais plus bas que la gestion active, et donc en moyenne un r&#233;sultat meilleur. Mais outre que c'est en g&#233;n&#233;ral peu compatible avec une gestion &#233;thique, c'est une forme d'irresponsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard de la logique du march&#233;, lequel n'est d&#233;termin&#233; que par la gestion active ; c'est une attitude de passager clandestin (free-rider) peu &#233;thique en elle-m&#234;me, sauf &#233;videmment besoin ou situation particuli&#232;re. Et c'est incompatible avec un r&#244;le actif de l'actionnaire, par exemple en assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les actions &#224; mener&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas id&#233;al, le plan d'action d'un investisseur &#233;thique se d&#233;cline ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Int&#233;gration des exigences &#233;thiques dans son analyse, ses processus de d&#233;cision, et sa mise en &#339;uvre. Ce qui veut dire y allouer du temps et des ressources ; suivre les d&#233;veloppements sur le march&#233; (les nouveaux produits) ; si le g&#233;rant est ext&#233;rieur, le surveiller et dialoguer avec lui ; et demander la prise en compte de ces consid&#233;rations &#233;thiques aux fournisseurs &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mise en &#339;uvre. Il s'agit de chercher l'information, aller au contact, soutenir les initiatives des actionnaires allant dans le bon sens ; demander l'information non disponible (ce qui est souvent le cas pour ce qui int&#233;resse l'investissement &#233;thique) ; exercer activement ses droits de vote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Contact avec les entreprises : c'est un point essentiel, un investisseur est un partenaire, et non pas un juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Promotion des exigences &#233;thiques. Cela comporte l'aide entre institutions &#224; souci proche ; les demandes en ce sens aux fournisseurs ; l'aide &#224; la formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Communication. Il faut ici suivre la politique qu'on a arr&#234;t&#233;e dans les organes de d&#233;cision ; communiquer dessus ; communiquer avec les b&#233;n&#233;ficiaires ; et revoir r&#233;guli&#232;rement la politique suivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lutte contre les actions parasites. Je range ici les campagnes men&#233;es par des groupes de pression, &#233;ventuellement id&#233;ologiques, pour faire plier les entreprises dans un sens trop partiel ou contestable. Paradoxalement le d&#233;veloppement du souci &#233;thique augmente dangereusement cette sorte de pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, la plupart des investisseurs ne sont pas en &#233;tat d'assumer ces diff&#233;rentes actions. D'o&#249; &#224; nouveau le double besoin de f&#233;d&#233;rer les forces et de susciter des op&#233;rateurs sp&#233;cialis&#233;s. Ce besoin est particuli&#232;rement important sur une question clef &#233;voqu&#233;e &#224; plusieurs reprises : l'information. Il faut insister sur ce point. L'information actuellement disponible est en effet d'abord et essentiellement financi&#232;re ; elle est comme telle indispensable. Mais la logique de l'investissement &#233;thique implique la prise en compte de plusieurs autres crit&#232;res majeurs, ce qui implique de savoir ce qui se passe. Or les donn&#233;es correspondantes ne sont souvent non seulement pas disponibles publiquement, mais pas m&#234;mes &#233;labor&#233;es par l'entreprise elle-m&#234;me &#8211; m&#234;me si la loi exige de fournir certaines donn&#233;es dans des domaines comme l'environnement, ou le social au sens &#233;troit, et que la conscience de ce besoin est croissante. Sachant que le dialogue direct avec les entreprises peut donner des r&#233;ponses. C'est peut-&#234;tre un des domaines o&#249; l'effort qu'il faudra collectivement fournir est le plus important. Notamment dans la perspective &#233;thique, dont la logique est ambitieuse en la mati&#232;re, et donc a des besoins sp&#233;cifiques. Le besoin de coop&#233;ration doit d&#232;s lors y &#234;tre particuli&#232;rement important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre point &#224; souligner est la modification sensible du r&#244;le qu'on attendra des gestionnaires professionnels. Actuellement le r&#244;le d'actionnaire actif est relativement secondaire dans leurs priorit&#233;s ; alors que l'analyse men&#233;e ici montre que ce devrait au contraire &#234;tre essentiel. Ce qui suppose entre autres une r&#233;allocation de moyens importante. Et soit l'&#233;limination des autres, soit leur p&#233;nalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;thodes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque investisseur, ou chaque gestionnaire, doit d&#233;velopper ses propres m&#233;thodes. Parmi les m&#233;thodes classiques de gestion &#233;thique au sens large, on &#233;voquera rapidement les suivantes. L'exclusion d'abord est une m&#233;thode de s&#233;lection tr&#232;s populaire dans le monde anglosaxon, et historiquement la plus ancienne : on &#233;tablit une liste d'entreprises, d'activit&#233;s ou de fonds qu'on exclut du champ des possibles parce qu'ils ne respectent pas tel ou tel crit&#232;re - parfois avec une zone grise. Par exemple une activit&#233; polluante, ou le travail des enfants chez des sous-traitants. Ce n'est pas toujours simple de la mettre en pratique, notamment dans le cas de grandes entreprises multi-activit&#233;s. Ou si l'activit&#233; consid&#233;r&#233;e est un m&#233;lange de bon et de mauvais. D'o&#249; alors l'importance de d&#233;finir des seuils de pertinence. Cela peut et doit aussi s'accompagner d'un dialogue avec les entreprises qui se situent &#224; la limite, pour tenter d'orienter leur action. Ethiquement cela correspond bien &#224; certaines exigences mieux qu'&#224; d'autres : lorsqu'on a clairement identifi&#233; comme mauvaise ou bonne une activit&#233;, ou des produits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection des meilleurs de la classe ou &#8220;best in class&#8221; ensuite consiste &#224; s&#233;lectionner dans chaque sous-ensemble de valeurs mobili&#232;res qu'on a d&#233;termin&#233; celle qui est la meilleure selon les crit&#232;res retenus, par exemple sous l'angle &#233;cologique, et/ou on &#233;limine les moins bonnes. L'avantage est de se baser de fa&#231;on pratique sur la r&#233;alit&#233; du march&#233;, et d'exercer une certaine pression &#8211; &#224; condition de la communiquer. L'inconv&#233;nient est double : d'un c&#244;t&#233;, on accepte par-l&#224; de financer des activit&#233;s ou des m&#233;thodes contestables, parce qu'on n'a pas trouv&#233; mieux. D'un autre c&#244;t&#233;, on risque de ne pas faire &#233;voluer des pratiques si elles sont adopt&#233;es par toute une branche d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste enfin le choix proactif de certaines activit&#233;s ou entreprises : dans ce cas, on choisit d&#233;lib&#233;r&#233;ment telle ou telle pr&#233;occupation, tel ou tel secteur ou groupe de secteur, et on investit dans les entreprises correspondant le mieux aux objectifs qu'on s'est donn&#233;s. L'avantage est de viser positivement ce qu'on veut favoriser. L'inconv&#233;nient est de restreindre l'univers des choix possibles. Cela rend aussi moins pertinente la r&#233;f&#233;rence &#224; des &#233;talonnages de march&#233;s (&#8216;benchmarks' ou indices). Cela suppose en outre une m&#233;thodologie robuste et transparente, avec une intention claire, et une mesure d'impact de performance sociale ou environnementale. Cela peut cependant aller d'une m&#233;thode suivie pour orienter des investissements classiques (de type boursier) &#224; une action plus directe, dans la ligne de ce qu'on appelle l'investissement &#224; impact, &#8220;impact investing strategies&#8221;, qui se porte d'ailleurs souvent sur du non-cot&#233;. Cela vise notamment des secteurs jug&#233;s urgents : l'agriculture durable, les &#233;nergies renouvelables, la conservation de la nature, la microfinance, ou la fourniture de besoins de base accessibles (logement, sant&#233;, &#233;ducation). Pas plus que les autres strat&#233;gies, cela n'exclut pas qu'il y ait un objectif de rendement ; mais il peut &#234;tre en dessous du march&#233;, ou ajust&#233; au risque (par comparaison avec des produits existants classiques, venture capital, private equity etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons qu'une certaine combinaison de ces diverses m&#233;thodes est non seulement concevable, mais dans une certaine mesure n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, &#224; nouveau, sur le plan des principes l'investissement socialement responsable est le seul investissement justifiable, s'il est compris dans son sens &#233;thique plein, qui l'oriente au bien commun. Bien entendu, un tel &#233;largissement des perspectives donne le vertige. Au minimum, il implique des outils consid&#233;rables, d'analyse, de collecte d'information, et d'action collective ; puis la cr&#233;ation d'instruments de gestion collective s'en inspirant. Beaucoup de progr&#232;s sont encore &#224; r&#233;aliser, et nous n'en sommes qu'au tout d&#233;but. En outre, on ne peut tout faire, et il faut tenir compte des r&#233;alit&#233;s, notamment de la vie de l'entreprise. Un travail consid&#233;rable s'impose donc ; et ce travail est n&#233;cessairement collectif. Mais justement, il n'y a lieu ni de s'en effrayer, ni de culpabiliser. Un tel travail se d&#233;roulera sur la base de l'action capillaire de personnes nombreuses, chacune agissant l&#224; o&#249; elle peut, comme elle peut. C'est m&#234;me la caract&#233;ristique d'un soci&#233;t&#233; libre et d&#233;centralis&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'entreprise et ses propri&#233;taires </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-entreprise-et-ses-proprietaires.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>
		<dc:subject>L'entreprise et ses propri&#233;taires</dc:subject>
		<dc:subject>Parties prenantes de l'entreprise</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans la perspective de la pens&#233;e classique, et pour la Doctrine sociale de l'Eglise, l'entreprise est une forme de communaut&#233;, et ne se r&#233;duit pas au r&#244;le de pur actif financier entre les mains de ses actionnaires. Elle a une raison d'&#234;tre, qui s'inscrit dans la perspective du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors, qui assume la responsabilit&#233; correspondante ? En droit, la r&#233;ponse est claire : ce sont ses propri&#233;taires. Mais dans le cas d'une soci&#233;t&#233; commerciale, ces propri&#233;taires, ce sont les actionnaires. Et dans la conception &#233;conomique courante, ils ne regardent que leurs int&#233;r&#234;ts. D'o&#249; un dilemme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains en d&#233;duisent que l'entreprise n'a en fait pas de propri&#233;taire, et qu'il faut l'organiser autrement. Mais cela heurte la r&#233;alit&#233; juridique et &#233;conomique. Que faut-il en penser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Religion-politique-et-economie-.html" rel="directory"&gt;Religion et &#233;conomie&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-ethique-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Investissement &#233;thique chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-responsable-+.html" rel="tag"&gt;Investissement responsable&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-L-entreprise-et-ses-proprietaires-203-+.html" rel="tag"&gt;L'entreprise et ses propri&#233;taires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Parties-prenantes-de-l-entreprise-+.html" rel="tag"&gt;Parties prenantes de l'entreprise&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'actionnaire et ses devoirs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la perspective de la pens&#233;e classique, et pour la Doctrine sociale de l'Eglise, l'entreprise est une communaut&#233; partielle, et ne se r&#233;duit pas au r&#244;le de pur instrument entre les mains de ses actionnaires. Elle a une raison d'&#234;tre, qui s'inscrit dans la perspective du bien commun. En outre, elle a une personnalit&#233; propre et constitue une entit&#233; originale, comportant de nombreuses parties prenantes au-del&#224; des actionnaires (salari&#233;s d'abord, fournisseurs, clients, communaut&#233;s locales ou nationales etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la Doctrine sociale de l'Eglise d&#233;fend la propri&#233;t&#233; priv&#233;e comme plongement et fruit de l'action de l'homme dans la mati&#232;re et par l&#224; dans la vie &#233;conomie, et moyen indispensable de sa libert&#233; et de sa pleine r&#233;alisation dans son travail et son esprit d'entreprise. Mais en m&#234;me temps, elle subordonne cette propri&#233;t&#233; &#224; ce qu'elle appelle destination universelle des biens. Le propri&#233;taire est libre et responsable, mais il doit utiliser ses biens au service du bien commun. Il est d&#232;s lors essentiel de d&#233;terminer &#224; qui appartiennent les entreprises, et donc qui en est responsable. Or la tr&#232;s grande majorit&#233; des entreprises sont organis&#233;es en soci&#233;t&#233;s commerciales ; et dans ce cas la r&#233;ponse naturelle, celle que donne nos syst&#232;mes de droit, est simple : les actionnaires sont juridiquement les propri&#233;taires de la soci&#233;t&#233;, et donc de l'entreprise qui n'a pas d'existence l&#233;gale en dehors de cette soci&#233;t&#233; ; ils peuvent d&#232;s lors d&#233;terminer l'orientation et le sort de l'entreprise, y compris la vendre. Ces actionnaires ont d&#232;s lors une responsabilit&#233; &#233;thique et sociale, qui est de g&#233;rer ce bien dans le sens du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette situation fait l'objet de critiques nombreuses. Et notamment, dans la conception &#233;conomique courante, ces actionnaires sont cens&#233;s ne regarder que leurs int&#233;r&#234;ts. Comme sortir de ce dilemme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entreprise et soci&#233;t&#233; commerciale : la critique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re ligne de critique consiste &#224; contester l'id&#233;e m&#234;me de la propri&#233;t&#233; de l'entreprise par les actionnaires. Ce courant d'id&#233;es est tr&#232;s pr&#233;sent au sein de l'Eglise ; ainsi avec Olivier Favereau et Baudouin Roger, qui travaillent ce sujet publi&#233; sous les auspices des Bernardins et ont expos&#233; leurs id&#233;es dans un livre r&#233;cent. Ils posent une distinction majeure entre &#8216;l'entreprise' (dont ils disent qu'actuellement elle n'est pas reconnue juridiquement) et la soci&#233;t&#233; commerciale. Les actionnaires ne seraient propri&#233;taires que de la seconde. Le fonctionnement des firmes aurait ainsi un biais anti-d&#233;mocratique, car la soci&#233;t&#233; (commerciale) pilote seule une &#8216;entreprise' dont le p&#233;rim&#232;tre ou les perspectives sont plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point de critique essentiel est la financiarisation. On sait que dans le monde anglosaxon, au moins jusqu'&#224; r&#233;cemment, les administrateurs sont suppos&#233;s prendre essentiellement en compte les int&#233;r&#234;ts financiers des actionnaires (c'est un peu moins net ailleurs, y compris en droit fran&#231;ais). Ce qu'on appelle la &#171; th&#233;orie de l'agence &#187; vise &#224; aligner le plus possible l'action des administrateurs et des dirigeants sur les vues ou int&#233;r&#234;ts des actionnaires. D'o&#249; des dispositifs comme les stock-options, ou l'indexation des parts variables de r&#233;mun&#233;ration sur les cours de bourse etc. Le risque est alors que les entreprises soient comprises comme des actifs g&#233;r&#233;s du seul point de vue financier. La critique vise particuli&#232;rement le cas des entreprises cot&#233;es en bourse, notamment si l'actionnariat est dispers&#233; et volatil. On sait &#233;videmment que le risque n'est pas th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on reconna&#238;t l'utilit&#233; de l'appel au march&#233; pour la fourniture de capital. Et le fait est que par sa liquidit&#233;, le march&#233; donne acc&#232;s &#224; des masses de capitaux impossibles &#224; obtenir sans lui. Mais poursuivent les critiques, d'une part le capital ne provient que partiellement du march&#233;. D'autre part et surtout, le march&#233; devient le moyen de tourner la caract&#233;ristique principale de l'actionnariat : l'engagement &#224; risque dans l'entreprise sur la longue dur&#233;e, puisque les actionnaires peuvent vendre leurs titres &#224; tout moment. En un sens donc, le march&#233; boursier est devenu trop souvent le lieu du refus de l'engagement. D'o&#249; son court-termisme et la d&#233;formation que cela imprime au fonctionnement des entreprises, obs&#233;d&#233;es par le seul r&#233;sultat financier observ&#233; instantan&#233;ment. En outre &#233;videmment, dans ce contexte, toute id&#233;e de responsabilit&#233; sociale des entreprises sera rejet&#233;e si elle est co&#251;teuse pour les actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la remise en question du principe m&#234;me de l'actionnaire propri&#233;taire, ou du moins la volont&#233; de restreindre ses droits comme tel, consid&#233;rant que les actionnaires sont propri&#233;taires de la soci&#233;t&#233; commerciale, et pas de l'entreprise. On y ajoute alors l'id&#233;e qu'il faut assurer une meilleure repr&#233;sentation des parties prenantes, dans le cadre juridiquement reconnu de &#8216;l'entreprise' ; et modifier le rapport des pouvoirs en son sein : le conseil d'administration doit refl&#233;ter son caract&#232;re collectif, et notamment s'ouvrir aux salari&#233;s et autres parties prenantes. L'id&#233;e est au fond que l'entreprise est une sorte de collectivit&#233;, qui soit s'inspirer du droit public Dans la voie pr&#233;conis&#233;e par ce courant, le chef d'entreprise serait choisi par l'ensemble des parties prenantes et ressemblerait au chef de l'ex&#233;cutif dans une constitution d&#233;mocratique. Au minimum, il faudrait une cod&#233;termination &#224; l'allemande. Certains encore, comme Swann Bommier et s&#339;ur C&#233;cile Renouard , vont encore plus loin, et veulent consid&#233;rer l'entreprise comme des &#8216;communs', &#224; g&#233;rer collectivement comme autrefois les p&#226;turages ou les zones de p&#234;che. Comme personne morale, elle n'est alors d&#233;tenue par personne, mais d&#233;finie par l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mod&#232;les multiples d'entreprise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de ces analyses ? Curieusement, pour des chr&#233;tiens, catholiques de surcro&#238;t, elles ne se placent pas dans le cadre de la probl&#233;matique de la propri&#233;t&#233; au sens de la Doctrine sociale, ce qui aurait conduit &#224; rechercher et &#224; d&#233;finir les devoirs du propri&#233;taire. C'est d'autant plus curieux que dans la r&#233;alit&#233;, le propri&#233;taire d'une soci&#233;t&#233; anonyme &#233;tant sans le moindre doute l'actionnaire, il en a donc la pleine responsabilit&#233; morale pour la DSE, et derri&#232;re elle, &#233;videmment, celle de l'entreprise. La Doctrine sociale parle d'ailleurs r&#233;guli&#232;rement des &#8216;propri&#233;taires' de l'entreprise, visant par-l&#224; les actionnaires. Ce sont ces propri&#233;taires qui choisissent les dirigeants, la strat&#233;gie, l'activit&#233;, et peuvent la r&#233;orienter, la vendre etc. On peut contester ce mode d'organisation, et notamment les priorit&#233;s des actionnaires, ou leur comportement, mais pas pr&#233;tendre qu'il y a une entit&#233; en d&#233;sh&#233;rence juridique, appel&#233;e entreprise. Sachant bien s&#251;r que rien n'emp&#234;che que l'entreprise soit organis&#233;e autrement qu'elle ne l'est aujourd'hui, pour prendre en compte d'autres dimensions ou d'autres priorit&#233;s. Du moment qu'elle trouve les investisseurs&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche de nos amis consiste en d&#233;finitive &#224; consid&#233;rer que l'entreprise est en soi une r&#233;alit&#233; d&#233;passant la volont&#233; de ceux qui en sont &#224; l'origine, et qu'elle a un certain caract&#232;re public. Effectivement, on ne se demande pas qui est propri&#233;taire d'une commune. Mais justement, une commune n'est pas une entreprise, qui est une forme d'association ou de soci&#233;t&#233; &#224; but limit&#233;, cr&#233;&#233;e par un acte juridique de ceux qu'on appelle propri&#233;taires. On ne peut pas acheter ou vendre une commune, ni en modifier radicalement la raison d'&#234;tre, les orientations et la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, l'entreprise au sens large est tr&#232;s loin de reposer sur un concept univoque ; il y en a de nombreux mod&#232;les possibles ; Beno&#238;t XVI l'a montr&#233; dans &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt;. Dans chaque mod&#232;le, des r&#232;gles particuli&#232;res d&#233;terminent comment se prennent les d&#233;cisions et donc l'activit&#233; commune, ainsi que l'utilisation des biens dont dispose l'entreprise. Cela peut aller bien au-del&#224; de la seule soci&#233;t&#233; commerciale. Elles peuvent &#234;tre par exemple de pures associations, ou des mutuelles ou coop&#233;ratives. Elles peuvent &#234;tre aussi sous contr&#244;le public, ce qui les met alors sous l'autorit&#233; du pouvoir politique. Mais dans tous ces cas, association comme coop&#233;rative, se pose la question de l'origine du capital. Sans capital, une entreprise reste limit&#233;e, en supposant m&#234;me qu'elle puisse se former. Et le moyen le plus puissant qu'on a imagin&#233; pour trouver ce capital, et de loin, c'est, jusqu'&#224; pr&#233;sent au moins, la soci&#233;t&#233; commerciale. En outre bien s&#251;r, il faut que l'entreprise fonctionne, et pour cela que les d&#233;cisions soient prises, par des gens qui sont responsabilit&#233;s. Le cadre actuel est sur ce plan clair et fonctionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les parties prenantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons en outre que dans tous les cas r&#233;els, les fameuses parties prenantes, qui sont &#224; la base de la critique, restent en g&#233;n&#233;ral ext&#233;rieures &#224; l'entreprise (sauf si leur association est pr&#233;vue d&#232;s le d&#233;part &#8211; comme les coop&#233;ratives). C'est &#233;vident des clients (sauf coop&#233;ratives de consommateurs) ; des fournisseurs ; ou des communaut&#233;s o&#249; l'entreprise op&#232;re. Certes, dans la perspective de la DSE, l'entreprise a aussi une responsabilit&#233; &#224; leur &#233;gard. Mais on peut douter de l'int&#233;r&#234;t ou du sens de donner un pouvoir de d&#233;cision dans l'entreprise &#224; ces parties prenantes externes, sauf mod&#232;le tr&#232;s particulier. Si cas par cas, une participation aux d&#233;cisions sous une forme quelconque peut avoir un sens, ce ne peut &#234;tre une r&#232;gle ou un principe g&#233;n&#233;ral. Il faut donc distinguer ce qu'on appelle les parties prenantes, qui ont droit &#224; consid&#233;ration et cas par cas voix au chapitre, et les propri&#233;taires quels qu'ils soient, qui sont les responsables ultimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dira-t-on, et les salari&#233;s ? Ne sont-ils pas eux aussi parties prenantes et m&#234;me constitutives de l'entreprise ? Certes, et combien ! Mais en r&#233;alit&#233;, dans tous ces mod&#232;les d'entreprise (sauf les coop&#233;ratives ouvri&#232;res), il y a essentiellement des salari&#233;s purs, qui n'ont de relations avec l'entreprise que par leur contrat de travail. De tels salari&#233;s sont dans la position juridique d'un cr&#233;ancier : s'ils font leur travail, ils ont droit &#224; un salaire, que l'entreprise marche ou pas. Bien s&#251;r, comme tout cr&#233;ancier ils prennent un certain risque, mais il est en droit plus r&#233;duit que s'ils &#233;taient actionnaires, et diff&#233;rent. Et ils ont l'option de partir quand ils veulent (cela suppose qu'il y ait du travail par ailleurs, mais cela ne d&#233;pend pas de l'entreprise). En outre, il est bon qu'il y ait de tels salari&#233;s, y compris dans leur propre int&#233;r&#234;t : il para&#238;t en effet difficile de g&#233;n&#233;raliser le mod&#232;le de l'associ&#233; &#224; toute la main-d'&#339;uvre ; les travailleurs y perdraient en effet beaucoup en ins&#233;curit&#233; et en absence de mobilit&#233;, sans avoir pour autant un pouvoir significativement accru. En cas de faillite il est important que leurs droits prennent la forme de cr&#233;ances privil&#233;gi&#233;es. En m&#234;me temps, d'un point de vue chr&#233;tien, il est ind&#233;niable que la relation de l'entreprise avec le salari&#233; ne peut se r&#233;duire au contrat de travail, car l'entreprise, quelle que soit sa forme, est aussi une forme de communaut&#233;, m&#234;me imparfaite. Le salari&#233; a donc aussi son mot &#224; dire, et la doctrine chr&#233;tienne insiste sur ce point : c'est le principe de participation. Il y a plusieurs mod&#232;les possibles, &#224; commencer par la participation au conseil d'administration. Mais sauf mod&#232;les sp&#233;cifiques, il n'en est pas propri&#233;taire, c'est-&#224;-dire responsable ultime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le souci des critiques est au fond le refus d'une conception strictement financi&#232;re, excluant toute prise en compte des parties prenantes, dans une conception &#233;troite de la propri&#233;t&#233;. Ce souci est l&#233;gitime ; mais la r&#233;ponse n'est pas une distinction artificielle entre entreprise et soci&#233;t&#233; ; elle est soit dans une conception plus large et responsable de la propri&#233;t&#233; et de son exercice ; soit dans la recherche d'un mode d'organisation diff&#233;rent de la soci&#233;t&#233; en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas des soci&#233;t&#233;s commerciales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, quelle est la l&#233;gitimit&#233; de la soci&#233;t&#233; commerciale ? Initialement, elle provient de l'initiative d'une personne, ou d'un groupe de personnes (ou d'une famille) qui s'associent, en mettant en commun dans une entit&#233; juridique nouvelle ayant la personnalit&#233; morale, des biens (du capital), et &#233;ventuellement leur travail (notamment entrepreneurial), tout en assumant les risques correspondants. Il est d&#232;s lors juste et l&#233;gitime qu'ils puissent en &#234;tre les propri&#233;taires, et qu'ils soient propri&#233;taires du fruit de ce travail. M&#234;me si rien ne les emp&#234;che (si l'&#233;tat du droit l'a pr&#233;vu) d'organiser diff&#233;remment la propri&#233;t&#233; en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, le cas d'un actionnaire financier n'est pas diff&#233;rent. Il a apport&#233; du capital (ou rachet&#233; celui d'un autre), et le sort de cet investissement est li&#233; au r&#233;sultat de l'entreprise - sinon c'est une cr&#233;ance. Ce qui veut dire qu'il n'est r&#233;mun&#233;r&#233; que s'il y a un r&#233;sultat positif (profit), et que ce capital peut dispara&#238;tre, si l'actif net de l'entreprise devient n&#233;gatif. En outre, l'apport de fonds propres est un mode de financement consid&#233;rablement moins risqu&#233; pour l'entreprise et bien plus vertueux que la dette, puisque solidaire de son sort. Il n'est donc pas choquant que celui qui prend au premier rang les risques directement li&#233;s &#224; l'entreprise soit celui qui prend les d&#233;cisions, en assume les profits et les pertes, et en soit le propri&#233;taire. Le mod&#232;le de la soci&#233;t&#233; commerciale (par actions) est donc l&#233;gitime, m&#234;me s'il n'est pas le seul. L'Eglise n'y a d'ailleurs jamais object&#233; ; mais elle lui a constamment rappel&#233; ses devoirs. Reste la question de l'actionnaire d'une soci&#233;t&#233; cot&#233;e, qui a la possibilit&#233; de vendre son action &#224; tout moment. Le lien risque alors d'&#234;tre beaucoup plus l&#226;che. On peut rappeler cependant d'abord qu'il doit pour cela trouver un acheteur qui se substitue &#224; lui. En d'autres termes, en cas de vente du titre, le risque de l'investisseur subsiste enti&#232;rement, et donc les droits correspondants, mais c'est quelqu'un d'autre qui l'assume. Cela dit, on le sait, le fait est que cela peut donner lieu &#224; de multiples exc&#232;s, par court-termisme, financiarisation etc., et les actionnaires sont souvent fugitifs, ne se sentant aucune responsabilit&#233; envers l'entreprise. On ne peut donc se satisfaire sur ce plan de la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, s'agissant des relations entre l'entreprise et ses propri&#233;taires, le pragmatisme et la diversit&#233; sont de mise. La diversit&#233; des situations est telle qu'il n'y a pas de r&#232;gle unique pouvant r&#233;gir les rapports des actionnaires et des dirigeants, ou l'action des uns et des autres. Ce qui nous renvoie &#224; deux questions essentielles : l'une est celle de la culture d'entreprise, de son mod&#232;le, avec notamment l'enjeu de son objet social, de sa raison d'&#234;tre, et des moyens de les faire pr&#233;valoir autant que faire se peut. L'autre, celle de la culture collective, et &#224; nouveau, tout particuli&#232;rement, celle des propri&#233;taires, donc des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, reconna&#238;tre que le propri&#233;taire d'une entreprise constitu&#233;e en soci&#233;t&#233; commerciale au sens courant du terme est bien l'actionnaire ne doit pas conduire &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; &#224; ignorer ce fait de base que pr&#233;cis&#233;ment ledit propri&#233;taire, m&#234;me s'il n'y en a qu'un, a organis&#233; une personne morale distincte de lui. Il n'a d'ailleurs en droit pas la possibilit&#233; de s'approprier les actifs de l'entreprise (c'est-&#224;-dire de la soci&#233;t&#233;). Cet acte fondateur implique pour lui de reconna&#238;tre que l'objet de cette entreprise ne se confond pas directement avec ses propres int&#233;r&#234;ts. Dans l'optique de la Doctrine sociale, cela conduit &#224; reconna&#238;tre les liens humains et les engagements que cette constitution implique : ils ne modifient pas dans leur principe les devoirs du propri&#233;taire tels qu'ils existent en g&#233;n&#233;ral (et notamment la destination universelle des biens), mais ils conduisent &#224; une application sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voies d'action possibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on faire alors ? On l'a dit, il est toujours possible, et souvent int&#233;ressant, de travailler d'autres modes d'organisation possibles. Mais la grande majorit&#233; des entreprises restera sans doute organis&#233;e sur une mod&#232;le du type actuel Commet agir alors ? Une premi&#232;re question totalement centrale est &#233;videmment celle des priorit&#233;s des investisseurs eux-m&#234;mes : c'est &#233;videmment un point essentiel. Je l'ai abord&#233; notamment en d&#233;cembre 2019 dans une conf&#233;rence intitul&#233;e &#171; Quelles sont les orientations de la Doctrine Sociale de l'Eglise pour l'investissement financier ? &#187; ; vid&#233;o et textes sur &lt;a href=&#034;http://www.pierredelauzun.com/Conference-Quelles-sont-les.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pierredelauzun.com/Confe...&lt;/a&gt;. Il va de soi que plus il y aura des investisseurs ayant une conception &#233;thique de leur r&#244;le, meilleur sera sur ce plan le r&#233;sultat ; et il n'y a pas besoin qu'il y ait une majorit&#233;, car le march&#233; y est tr&#232;s sensible. Le d&#233;veloppement de l'investissement &#233;thique est sur ce plan encourageant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il restera les autres investisseurs. Des mesures d'ordre r&#233;glementaire peuvent aider ici sensiblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re famille de mesures vise &#224; favoriser la d&#233;tention &#224; long terme. Certes, il serait difficile et illogique, de contraindre directement l'ensemble des investisseurs &#224; se passer de toute liquidit&#233;. Mais plusieurs moyens sont disponibles pour les inciter &#224; d&#233;tenir les titres sur une certaine dur&#233;e : par exemple, en donnant des droits de vote diff&#233;renci&#233;s selon la dur&#233;e de d&#233;tention, soit apr&#232;s coup, soit par un engagement pris &#224; l'avance. Le professeur Colin Mayer propose de fa&#231;on int&#233;ressante qu'un investisseur qui s'est engag&#233; sur cinq ans ait cinq fois plus de droits de vote que celui engag&#233; sur un an, et qu'il n'y ait pas de droit de vote pour celui qui n'est engag&#233; sur rien. On peut aussi utiliser la fiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me famille de r&#233;flexion consiste &#224; d&#233;courager certaines OPA jug&#233;es nocives, soit par des dispositifs externes (intervention des pouvoirs publics ; pression de l'environnement de l'entreprise - &#224; l'allemande, etc.), soit par des m&#233;canismes financiers : ainsi les &#8216;poison pills' am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me famille de r&#233;flexion vise &#224; structurer l'actionnariat en favorisant un noyau dur et stable, par exemple la famille fondatrice, ou les fondateurs en g&#233;n&#233;ral, ou des actionnaires li&#233;es par un pacte (par des droits de vote accrus, des pouvoirs de veto etc.), ou par des fondations d&#233;di&#233;es comme on va le voir. De leur c&#244;t&#233;, Olivier Favereau et Baudouin Roger recommandent &#224; juste titre la mise en place d'un nouvel investisseur public, avec des moyens cons&#233;quents - ressemblant &#233;ventuellement aux fonds souverains de certains pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une quatri&#232;me famille de r&#233;flexion consiste &#224; pr&#233;ciser la &#8216;raison d'&#234;tre' de l'entreprise, qui dans l'optique de la DSE doit aller au-del&#224; de l'int&#233;r&#234;t p&#233;cuniaire des actionnaires. C'est ce que propose la Loi &#8216;Pacte' fran&#231;aise. Dans l'optique chr&#233;tienne, elle devrait s'ins&#233;rer dans une pr&#233;occupation de bien commun. Bien entendu, la question se pose du respect ult&#233;rieur de cette &#171; charte fondatrice &#187;. Outre diverses m&#233;thodes juridiques (majorit&#233; renforc&#233;e pour changer la raison d'&#234;tre, etc.), une proposition int&#233;ressante de Colin Mayer est d'utiliser des fondations : un conseil de mandataires (&#8216;trustees') serait charg&#233; de veiller au respect par les dirigeants (et les actionnaires) de cet objet social, selon des modalit&#233;s librement d&#233;termin&#233;es par les parties int&#233;ress&#233;es. Soit avec des droits sp&#233;cifiques, soit en &#233;tant un actionnaire particulier. Il y en a plusieurs exemples (dont le groupe Tata en Inde).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, bien s&#251;r, &#224; un niveau plus simple, rien n'emp&#234;che de diversifier les avis au conseil d'administration : on conna&#238;t par exemple les mod&#232;les de gouvernance qui y int&#232;grent des repr&#233;sentants du personnel, en Allemagne surtout, mais aussi en France. Et rien n'emp&#234;che en outre que l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale nomme aussi des administrateurs de sensibilit&#233;s diverses, proches des parties prenantes. Cela n'enl&#232;ve rien &#224; la responsabilit&#233; ultime desdits actionnaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Finance, technologie et enjeux de soci&#233;t&#233; </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Finance-technologie-et-enjeux-de-societe.html</link>
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		<dc:date>2018-05-28T13:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>
		<dc:subject>Transhumanisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Intervention au colloque du Centre catholique pour l'Unesco (CCIC) et de l'Acad&#233;mie catholique, le 4 mai 2018 : &#034;PUISSANCES TECHNOLOGIQUES ET ETHIQUE DE LA FINITUDE HUMAINE&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la dimension financi&#232;re et les enjeux du transhumanisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cadre : technologie et succ&#232;s financier&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout d&#233;veloppement technologique suppose un financement : au stade de la recherche puis &#224; celui du d&#233;veloppement. Il peut &#234;tre public ou priv&#233;, et en g&#233;n&#233;ral combine les deux. Mais le lien entre l'objectif initial de la recherche et ses effets peut &#234;tre tr&#232;s t&#233;nu et souvent inattendu. Par exemple il faut souligner la dimension importante de la recherche militaire. Non seulement quantitativement, mais qualitativement, et avec des effets totalement impr&#233;visibles, comme le montre l'exemple spectaculaire de l'Internet qui d&#233;rive de recherches de l'US Army. Dans un tel cas, m&#234;me si l'investissement est r&#233;mun&#233;r&#233; ensuite, il ne l'est pas en proportion de son effet (la valeur r&#233;elle de la d&#233;couverte de l'Internet n'a d'ailleurs jamais fait l'objet d'une r&#233;mun&#233;ration). L'investissement priv&#233; est en principe plus contraint en termes de r&#233;mun&#233;ration de son r&#233;sultat &#8211; mais l&#224; aussi l'inventeur ne tire pas toujours le plein profit de son invention : le PC a &#233;t&#233; invent&#233; par IBM mais d&#233;velopp&#233; par d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on remonte dans l'histoire, on constate un r&#244;le massivement croissant de l'innovation scientifique. Sans parler de la r&#233;volution technique m&#233;di&#233;vale, la premi&#232;re r&#233;volution industrielle &#233;tait peu scientifique et surtout technologique (machine &#224; vapeur, textile etc.). La situation a &#233;volu&#233; avec la deuxi&#232;me r&#233;volution industrielle et des d&#233;couvertes comme la chimie, l'&#233;lectricit&#233;, puis le t&#233;l&#233;phone, la voiture, l'&#233;lectro-m&#233;nager, l'avion etc. On a compris alors l'int&#233;r&#234;t strat&#233;gique de la recherche. Mais &#224; nouveau ce ne sont pas toujours les inventeurs ou les premiers industriels qui ont accumul&#233; des fortunes massives. En outre certains secteurs n'ont pas rentabilis&#233; l'argent investi pendant plusieurs g&#233;n&#233;rations (ainsi le transport a&#233;rien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation a massivement chang&#233; depuis. Internet notamment a massivement frapp&#233; les imaginations, du fait des &#233;normes fortunes amass&#233;es en moins de 20 ans par les fondateurs des GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft), et plus encore les &#233;normes profits de ces entreprises, avec un effet de monopole et de rente unique. Il en r&#233;sulte en outre une formidable capacit&#233; d'investissement de ces firmes, et donc esp&#232;rent-elles de r&#233;&#233;dition de leur exploit. Un tel fait est probablement sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire, m&#234;me toutes proportions gard&#233;es. En outre, l'effet en est plan&#233;taire - avec cependant l'exception chinoise (et un peu russe). C'est un jeu o&#249; celui qui impose sa norme rafle tout le march&#233; (par acceptation g&#233;n&#233;rale du standard et non par une d&#233;cision publique) et met ce faisant la main sur des ressources colossales. Les marges &#233;normes car le march&#233; est immense et les co&#251;ts faibles : c'est en un sens un profit de rente, quoique de nature diff&#233;rente. La raret&#233; vient de ce standard et non d'une rente physique. Mais elle est plus fragile car &#224; la merci de nouveaux d&#233;veloppements technologiques, avec le risque de voir une nouvelle invention faire perdre sa position centrale au leader actuel. Les autorit&#233;s de concurrence sont assez d&#233;munies face &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui subsiste en revanche est la grande incertitude sur les succ&#232;s non seulement techniques, mais surtouts financiers de ces recherches. On voit notamment des investissements massifs dans deux domaines : l'informatique/&#233;lectronique au sens large (y compris l'intelligence artificielle) ainsi que l'Internet ; et les biotechnologies. On investit massivement parce qu'on sait que ce qui marche est formidablement payant, &#224; c&#244;t&#233; d'une tr&#232;s grande majorit&#233; qui rend peu ou pas. L'incertitude sur l'avenir est maximale, seule subsiste l'esp&#233;rance de r&#233;sultats massifs quand cela marche, ce qui est rare. Et donc la dimension financi&#232;re ne sert pas de guide pour orienter l'investissement dans la recherche (au-del&#224; du souci de m&#233;thode). Ses promesses sont g&#233;n&#233;rales et statistiques. M&#234;me la discipline du march&#233; financier ne joue que de fa&#231;on lointaine, et elle est att&#233;nu&#233;e par la vue de la masse des profits r&#233;alis&#233;s dans l'intervalle : une fois la firme lanc&#233;e sur sa trajectoire dominante, elle n'a alors plus besoin de lever des fonds ; il ne reste que la sensibilit&#233; au cours de bourse des propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;conomie Internet au niveau des GAFAM&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Notons d'abord que l'emploi direct induit est tr&#232;s faible : les emplois cr&#233;&#233;s sont essentiellement dans le transport (livraison) et donc assez bas de gamme et ext&#233;rieurs &#224; la firme. Soulignons ensuite l'importance strat&#233;gique de la publicit&#233; dans le mod&#232;le. Elle assure une proportion consid&#233;rable de leurs profits. Selon lesechos.fr (07/06/2017) Google et Facebook contr&#244;lent 20 % du total des investissements publicitaires mondiaux (11 % en 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence toutefois des media classiques, outre les sommes en question ces nouveaux supports sont beaucoup plus intrusifs, car une dimension essentielle de leur activit&#233; est l'accumulation des donn&#233;es sur les gens, qui sont ensuite revendues. En un sens on a ici un probl&#232;me fondamental de droits : qui devrait &#234;tre propri&#233;taire de ces informations ? quel droit a-t-on d'en faire usage, et de les revendre ? D'o&#249; une fragilit&#233; li&#233;e &#224; l'opacit&#233; du mod&#232;le financier : l'essentiel du profit est fait non par la vente du produit (recherche sur Google ou utilisation de Facebook) car il est gratuit ; mais de l'exploitation par le fournisseur des donn&#233;es personnelles que le client du r&#233;seau transmet sur lui-m&#234;me par le seul fait qu'il y entre. Quoiqu'il en soit ces pompes financi&#232;res ont un effet puissant sur les imaginations. Cela pousse naturellement l'argent &#224; chercher &#224; s'investir dans la nouvelle entreprise de ce type qui &#233;clora demain ; et notamment cela les pousse elles &#224; investir leur argent, abondant comme on l'a vu. A nouveau, de tels investissements sont par nature tr&#232;s diff&#233;rents du mod&#232;le de recherche planifi&#233; qu'on a naturellement en t&#234;te : cela suppose de tr&#232;s gros efforts mais une mobilit&#233; maximale pour saisir l'id&#233;e qui marche (et elle le fait alors massivement), au milieu de centaines d'autres qui ne donnent rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Farhad Manjoo (New York Times du 17 mai 2017) pr&#233;cise que les GAFAM d&#233;pensent pr&#232;s de 60 milliards de dollars par an en R&amp;D, tandis que les d&#233;penses de l'Etat f&#233;d&#233;ral am&#233;ricain s'&#233;tablissent &#224; 67 milliards (si l'on retire les recherches militaires). Si l'on prend la seule intelligence artificielle (I.A.) le gouvernement f&#233;d&#233;ral n'a d&#233;pens&#233; que 1,1 milliard de dollars de recherche non classifi&#233;e en 2015. Lors du salon de l'ann&#233;e derni&#232;re, Sundar Pichai, directeur g&#233;n&#233;ral de Google, a inaugur&#233; ce qu'il appelle une nouvelle &#232;re pour Google. La compagnie de recherche serait dor&#233;navant une soci&#233;t&#233; &#171; d'avant-garde &#187; - c'est-&#224;-dire que la plupart de ses progr&#232;s seraient guid&#233;s par des techniques d'intelligence artificielle. Il s'agit notamment d' &#8216;enseigner' les ordinateurs afin de comprendre le langage, de voir et d'entendre, de diagnostiquer des maladies et m&#234;me de cr&#233;er de l'art. En outre ces investissements s'&#233;tendent &#224; des domaines tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes (biologie notamment).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles recherches peuvent avoir un impact collectif majeur sur la soci&#233;t&#233;, qui sont comme on l'a vu loin d'&#234;tre pr&#233;visibles dans leur nature. D'o&#249; des inqui&#233;tudes que manifestent plusieurs ouvrages d'anticipation . On peut imaginer le r&#244;le de tels syst&#232;mes branch&#233;s devenir central dans la vie des gens, tout en restant la propri&#233;t&#233; d'entreprises commerciales qui restent telles (et donc sans devenir un pouvoir politique au sens propre). Cela peut glisser vers une capacit&#233; de surveillance universelle, notamment de la sant&#233; et des m&#339;urs, qui peut aller vers le transhumanisme. Cela veut dire concr&#232;tement qu'une firme peut &#234;tre amen&#233;e &#224; d&#233;finir des m&#339;urs et une forme d'&#233;thique. Selon Carlo D'Asaro Biondo l'&#233;thique de Google (dont il est un dirigeant) consiste &#224; &#234;tre contre toute violence, toute attaque sur les mineurs, etc. ce qui peut aller de soi ; mais qu'en outre il y a un fort attachement des fondateurs au respect de la diversit&#233;, au refus de discrimination raciale, sexuelle etc. L&#224; on entre dans le politique et le moral. Mais on le notera, ces objectifs &#233;thiques sont assez conformistes. Ces firmes ne g&#233;n&#232;rent pas une vision propre en la mati&#232;re ; elles prennent dans la soci&#233;t&#233; ce qu'elles y trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Transhumanisme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quel r&#244;le cela peut-il jouer en faveur du transhumanisme ? Il est dans cette perspective un mythe tr&#232;s puissant car il est peut-&#234;tre le seul &#224; la dimension de l'Internet (qu'on peut d&#233;crire comme la connexion g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'humanit&#233;). Sous ses formes diverses, il attire donc des sommes &#233;normes. Il est possible que la rentabilit&#233; finale en soit faible, mais m&#234;me alors cela n'exclura pas des effets appr&#233;ciables, tant financiers que sociaux. A nouveau, la rationalit&#233; des investissements n'est en effet jamais acquise. L&#224; plus encore qu'ailleurs on cherche tous azimuts, sachant que le gros des efforts est perdu mais que le peu qui gagne est lui tr&#232;s r&#233;mun&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand on dit transhumanisme il faut savoir de quoi on parle. Selon les cas le d&#233;bat sera tr&#232;s diff&#233;rent. Il y a d'abord un transhumanisme mod&#233;r&#233;, type &#171; homme augment&#233; &#187;. Mais tout homme utilisant un outil, montant sur un v&#233;hicule, regardant un t&#233;lescope etc., est un homme augment&#233;. Cela ne remet donc pas en cause la conception m&#233;taphysique de l'homme. En un sens m&#234;me cela la fonde : l'homme a pour propre d'&#234;tre capable d'augmentation, parce qu'il est un esprit qui dans son op&#233;ration &#233;chappe en partie aux contraintes de la mati&#232;re. Un &#234;tre humain qui par effet biologique ou proth&#232;se technique verrait bien mieux, courrait plus vite, calculerait beaucoup plus vite etc., resterait dans ce champ. Nous avons d&#233;j&#224; des gens plus intelligents, plus rapides, plus beaux etc. que d'autres. Sauf que d&#233;sormais on pourra acheter cette augmentation, qui serait donc cumulative. Les plus riches risquent d'avoir sans cesse plus de succ&#232;s. Cela ne changerait rien d'essentiel &#224; la nature de l'homme, mais poserait d'&#233;normes probl&#232;mes sociaux. Et naturellement ce sera un &#233;norme march&#233;. On s'offusque des in&#233;galit&#233;s actuelles, mais si ces recherches d&#233;bouchent (et beaucoup d'entre elles le feront) on n'a donc encore rien vu. Bien s&#251;r il pourra y avoir d&#233;mocratisation ensuite (comme on l'a vu pour l'automobile, jug&#233;e &#234;tre une provocation en 1900 car privil&#232;ge des tr&#232;s riches, mais symbole de la consommation de masse trois g&#233;n&#233;rations apr&#232;s). Mais il peut aussi y avoir distance croissante entre une minorit&#233; ultra performante (qui pourra se sentir d'une autre nature) et le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier des hybridations sont concevables. Le cyborg est par exemple l'id&#233;e d'une fusion de l'homme et de la machine, et l'intelligence artificielle peut &#234;tre une tentative de reproduction du fonctionnement du cerveau humain &#224; l'int&#233;rieur d'un ordinateur. Dans ces deux cas, il s'agit d'une sorte d'intrusion de l'univers m&#233;canique et num&#233;rique &#224; l'int&#233;rieur de la chair et de l'esprit. Mais comme la pens&#233;e, l'&#226;me ou la conscience de l'homme utilisent des supports mat&#233;riels, de tels projets sont, dans une certaine mesure, concevables m&#234;me dans une perspective philosophique non mat&#233;rialiste. Ils repr&#233;sentent alors une menace pour notre humanit&#233; dans la mesure o&#249; ils pourraient modifier notre rapport aux autres et au monde, outre bien s&#251;r l'effet d'in&#233;galit&#233; qu'on a relev&#233;, qui est sans doute le plus significatif. Nos perceptions, nos sentiments, notre exp&#233;rience charnelle de la r&#233;alit&#233; &#224; travers nos sens seraient susceptibles d'&#234;tre profond&#233;ment transform&#233;s. Si cet interfa&#231;age homme/machine semble enthousiasmer les partisans les plus radicaux de l'&#232;re digitale, il suscite l'appr&#233;hension d'une tr&#232;s grande part de nos contemporains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A nouveau cela ne change pas la condition ultime de l'homme comme tel (u cyborg reste en un sens un homme avec ses vuln&#233;rabilit&#233;s) mais cela peut bouleverser la soci&#233;t&#233; en en accentuant les traits existants. Ce n'est pas l'id&#233;e d'am&#233;lioration qui est en soi le probl&#232;me, car par d&#233;finition, rechercher une am&#233;lioration (un mieux, et donc quelque chose qui va plus loin dans le sens du bien) est plut&#244;t en soi un bien ; mais &#224; condition &#233;videmment de savoir ce qu'est le bien. Or la sagesse chr&#233;tienne (et d'autres) nous enseigne que notre bien ultime n'est pas dans la mati&#232;re et sa maitrise. Comme on voit donc, la question de fond est anthropologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette importance de la perspective anthropologique est encore plus grande quand on passe au deuxi&#232;me niveau du transhumanisme, car l'enjeu devient alors m&#233;taphysique. En effet, si on pousse &#224; son terme la logique du transhumanisme, son objectif en fin de compte (son mythe) est une forme d'immortalit&#233;, en tout cas de ma&#238;trise radicalement diff&#233;rente de l'homme sur lui-m&#234;me et par exemple un &#234;tre post-humain qui ne serait plus d&#233;pendant de son corps biologique actuel. L'hypoth&#232;se sous-jacente limite est que par la technologie on puisse donner un support diff&#233;rent &#224; l'&#226;me d'une personne, donc qu'on puisse l'appr&#233;hender comme un programme informatique au sens large et la restituer sur une base physique ou biologique. Ce transhumanisme radical est fondamentalement mat&#233;rialiste. Selon les conceptions spiritualistes au sens large il est en effet exclu qu'un proc&#233;d&#233; mat&#233;riel puisse s'emparer de l'&#226;me, notamment afin de refabriquer un &#234;tre dont elle serait la m&#233;moire et la volont&#233;. Si donc les transhumanistes radicaux r&#233;ussissaient leur op&#233;ration, ce serait la preuve indiscutable que le mat&#233;rialisme a raison et que les conceptions spirituelles sont fausses. Ce serait un cas exceptionnel o&#249; une r&#233;alisation scientifique trancherait de fa&#231;on d&#233;finitive un d&#233;bat philosophique majeur. Cela dit, m&#234;me dans ce cas on ne sortirait pas de la mati&#232;re. L'homme augment&#233; m&#234;me potentiellement &#8216;immortel' resterait un simple dispositif technique. La vuln&#233;rabilit&#233; de la mati&#232;re (car la vuln&#233;rabilit&#233; ultime n'est pas celle de l'homme ou de la vie, mais celle de la mati&#232;re) subsisterait : un programme &#231;a s'efface, une machine, &#231;a se casse &#8211; d'o&#249; la terrible angoisse qui hanterait ses b&#233;n&#233;ficiaires (erreur techniques, ast&#233;ro&#239;de malencontreux etc.). Cela n'a rien &#224; voir avec la vie &#233;ternelle et la contemplation de Dieu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me de l'IA (intelligence artificielle au sens radical du terme). Fabriquer un &#234;tre qui r&#233;ellement penserait supposerait qu'il ait une forme de conscience. Une machine de traitement du langage ou de traduction ne conna&#238;t pas v&#233;ritablement ce qu'est le sens. La conscience suppose une premi&#232;re personne. Une telle IA suppose qu'on ferait de la 1&#232;re personne &#224; partir de la 3e : on ne voit pas comment cela est possible. Sauf &#224; nouveau si le mat&#233;rialisme a raison. Mais c'est qu'alors la personne n'est pas une personne, mais un simple algorithme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que beaucoup d'argent s'investit dans ces recherches diverses&#8230;et donc elles ont des chances d'avoir certains d&#233;bouch&#233;s. Il y a donc ici un enjeu majeur, qui est d'abord d'ordre politique et collectif : comme il est exclu d'aligner des investissements de cette amplitude dans un sens plus humaniste, c'est d'abord la question de la surveillance et de l'orientation de cette recherche qui est pos&#233;e. Or les moyens publics (&#233;tatiques) pour ce faire sont limit&#233;s, tardifs et souvent assez aveugles : pas inutiles mais partiels. In&#233;vitablement donc, des entit&#233;s priv&#233;es (les firmes qu'on a cit&#233;es) ou sous contr&#244;le public dans des pays autoritaires (Chine) se trouvent d&#233;sormais dot&#233;es d'une capacit&#233; de bouleversement de nos soci&#233;t&#233;s qui est sans pr&#233;c&#233;dent en termes non seulement quantitatifs, mais qualitatifs. Sans parler des sous-produits de la recherche militaire. Nous ne pourrons dans une mesure importante pas les en emp&#234;cher&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche nous pouvons agir au niveau de la culture collective, car on l'a vu la philosophie sous-jacente en est assez pauvre ; pour faire un peu de Gramsci, la question de l'h&#233;g&#233;monie culturelle est pos&#233;e. Qui peut d'ailleurs se traduire en termes financiers car les march&#233;s sont tr&#232;s sensibles. Si en effet s'accr&#233;dite publiquement l'id&#233;e que tel ou tel comportement est r&#233;pr&#233;hensible, et que les cours (de bourse) en p&#226;tissent, les entreprises en tiennent compte ; et plus encore s'il existe une finance sensible &#224; ces valeurs collectives, et construite pour cela : une variable d'ISR (investissement socialement responsable), mais bien plus exigeante, car bas&#233;e sur une anthropologie &#233;toff&#233;e et solide. Du pain sur la planche pour les catholiques, et plus g&#233;n&#233;ralement les hommes de bonne volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais retenons la le&#231;on finale, qui est que ces &#233;volutions dantesques ne sont ni pr&#233;visibles ni m&#234;me v&#233;ritablement pilot&#233;es. Il appara&#238;t donc que plus que jamais notre faiblesse est notre principale force, car elle nous conduit &#224; reconna&#238;tre que nous sommes entre les mains de Dieu. Qui tire toujours un bien d'un mal et a d&#233;j&#224; vaincu le mal&#8230; adjutorium nostrum in nomine Domini, qui fecit coelum et terram.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'enseignement de l'Eglise et l'investissement &#233;thique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-enseignement-de-l-Eglise-et-l-investissement-ethique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-enseignement-de-l-Eglise-et-l-investissement-ethique.html</guid>
		<dc:date>2017-06-14T08:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement &#233;thique chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable et Eglise</dc:subject>
		<dc:subject>Le chr&#233;tien et l'argent</dc:subject>
		<dc:subject>Finance un regard chr&#233;tien</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Comment la Doctrine Sociale de L'Eglise est-elle une opportunit&#233; pour faire &#233;voluer la responsabilit&#233; sociale de l'entreprise et mettre en lumi&#232;re de nouveaux crit&#232;res pour une &#233;valuation &#233;thique de l'entreprise ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence Pro Clero du 13 juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte et enregistrement video ci-joint.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Le-chretien-et-l-argent-+.html" rel="tag"&gt;Le chr&#233;tien et l'argent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Finance-un-regard-chretien-+.html" rel="tag"&gt;Finance un regard chr&#233;tien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-responsable-+.html" rel="tag"&gt;Investissement responsable&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Comment la Doctrine Sociale de L'Eglise est-elle une opportunit&#233; pour faire &#233;voluer la responsabilit&#233; sociale de l'entreprise et mettre en lumi&#232;re de nouveaux crit&#232;res pour une &#233;valuation &#233;thique de l'entreprise ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conf&#233;rence Pro Clero du 13 juin 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vid&#233;o &lt;a href=&#034;http://proclero.com/revivez-la-conference-proclero-du-13-juin-2017/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://proclero.com/revivez-la-conf...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Texte ci-joint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ENSEIGNEMENT CHRETIEN, L'INVESTISSEMENT ET L'ENTREPRISE	&lt;br class='autobr' /&gt; LE FONDEMENT EVANGELIQUE : LA RECONNAISSANCE DE L'ECONOMIE	&lt;br class='autobr' /&gt; LE FONDEMENT EVANGELIQUE : LA MISE EN PERSPECTIVE.	&lt;br class='autobr' /&gt; DEVELOPPEMENTS MEDIEVAUX	&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DOCTRINE SOCIALE ET SON ENSEIGNEMENT ECONOMIQUE	&lt;br class='autobr' /&gt; FONDEMENTS	&lt;br class='autobr' /&gt; LE TRAVAIL	&lt;br class='autobr' /&gt; L'ENTREPRISE	&lt;br class='autobr' /&gt; AUTRES DIMENSIONS	&lt;br class='autobr' /&gt;
LA DSE ET L'INVESTISSEUR&lt;br class='autobr' /&gt; LES TEXTES DE LA DSE SUR LA FINANCE	&lt;br class='autobr' /&gt; QUE FAIRE ?	&lt;br class='autobr' /&gt;
RSE ET ISR VUS PAR LA DSE	&lt;br class='autobr' /&gt; QU'EST-CE QU'UN INVESTISSEMENT ETHIQUE AU SENS DE LA DSE ?	&lt;br class='autobr' /&gt; L'ENRICHISSEMENT DES CRITERES	&lt;br class='autobr' /&gt; CONSEQUENCES PRATIQUES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'envisage ici, c'est l'&#233;valuation &#233;thique de l'entreprise, et notamment le point de vue de l'investisseur qui cherche comment faire le meilleur usage possible de son argent, ce qui le conduit non seulement &#224; privil&#233;gier l'investissement en actions, solidaire avec l'entreprise, mais aussi un investissement choisi et r&#233;fl&#233;chi, choisissant ses partenaires et contribuant &#224; les faire &#233;voluer dans le bon sens. Ce qui implique de disposer d'une capacit&#233; &#224; analyser ce que doit &#234;tre la responsabilit&#233; sociale de l'entreprise ainsi que de crit&#232;res permettant sur cette base de faire des choix. Le christianisme a contrairement &#224; une id&#233;e re&#231;ue beaucoup &#224; dire sur ce sujet, d'une fa&#231;on propre &#224; parler &#233;galement au non-chr&#233;tien de bonne volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite texte joint...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Placement &#233;thique : les crit&#232;res officiels ne suffisent pas</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce qu'on appelle dans le jargon &#8216;investissement socialement responsable' (ISR) devrait &#234;tre un enjeu majeur. Investir, c'est financer l'&#233;conomie de demain. Bien choisir ses investissements, c'est envoyer aux entreprises les signaux sur ce qu'on estime prioritaire pour fa&#231;onner l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; de demain. L'investisseur responsable, c'est celui qui a compris ce r&#244;le collectif de l'investissement, et la responsabilit&#233; que cela implique. Tout investissement devrait &#234;tre socialement responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ISR officiel est bien &#233;triqu&#233;, r&#233;duit qu'il est &#224; l'environnement, au social et &#224; la gouvernance. Ce qui est bien mais tr&#232;s insuffisant pour celui qui regarde la vie &#233;conomique avec des exigences fortes ; et notamment le chr&#233;tien. Il faut donc aller au-del&#224;. Et donc en pratique c'est une gamme large de crit&#232;res qu'il faut d&#233;velopper, et poser aux entreprises comme &#233;talon de mesure, en sus des crit&#232;res financiers usuels. Esquissons-les rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gestion responsable et exigence &#233;thique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on appelle dans le jargon &#8216;investissement socialement responsable' devrait &#234;tre un enjeu majeur. Investir, c'est financer l'&#233;conomie de demain. Bien choisir ses investissements, c'est envoyer aux entreprises les signaux sur ce qu'on estime prioritaire pour fa&#231;onner l'&#233;conomie et la soci&#233;t&#233; de demain. L'investisseur responsable, c'est celui qui a compris ce r&#244;le collectif de l'investissement, et la responsabilit&#233; que cela implique. En un sens donc tout investissement devrait &#234;tre socialement responsable. Evidemment, dans la pratique, les fonds investis sont en g&#233;n&#233;ral g&#233;r&#233;s par des gestionnaires professionnels. Mais les instructions qui leur sont donn&#233;es par ceux qui leur confient leur argent ont un r&#244;le majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le souci d'une certaine &#233;thique s'est traduit par le d&#233;veloppement de ce qu'on appelle l'investissement socialement responsable (ISR) ou responsabilit&#233; sociale de l'entreprise (RSE). Ce mot d'investissement responsable recouvre aujourd'hui des r&#233;alit&#233;s assez variables, en g&#233;n&#233;ral trop &#233;troitement comprises. Certains le confondent m&#234;me avec le seul souci du d&#233;veloppement durable, l&#233;gitime mais partiel : une &#233;conomie esclavagiste pourrait &#234;tre en d&#233;veloppement durable. Dans l'approche RSE telle qu'elle est actuellement comprise l'exigence &#233;thique au sens plein du terme joue un r&#244;le limit&#233;, m&#234;me si c'est au fond par une forme d'&#233;thique qu'on d&#233;cide de favoriser la RSE. Des pactes ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;s sous l'&#233;gide de l'Onu, notamment le &#8216;Global compact' de Kofi Annan (2002). Cela vise principalement les droits de l'homme, le droit du travail, la lutte contre la corruption, et le respect de l'environnement. Toujours sous la m&#234;me &#233;gide, les &#8216;Principes de l'investissement responsable' de 2006 y font r&#233;f&#233;rence ; ils sont clairement centr&#233;s sur l'environnement, le social et la gouvernance (ESG). L'approche ESG domine actuellement massivement la r&#233;flexion et l'action en mati&#232;re d'ISR. C'est plut&#244;t bien, certes, mais trop &#233;troit. En tout cas cela n'est certainement pas suffisant pour celui qui regarde la question avec les exigences de la Doctrine sociale de l'Eglise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc que se d&#233;veloppent des grilles d'analyse plus ambitieuses que les actuelles, &#224; la fois plus larges et pr&#233;cises, qui int&#232;grent le souci de relations v&#233;ritablement &#233;thiques avec l'ensemble des partenaires de l'entreprise dans laquelle on envisage d'investir. Car la question centrale est la suivante : comment l'entreprise dans laquelle j'envisage d'investir assume-t-elle ses responsabilit&#233;s envers les diff&#233;rentes communaut&#233;s humaines avec qui elle est en relation, et plus largement avec l'ensemble de la Cr&#233;ation ? Cela conduit &#224; envisager les crit&#232;res suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233;s envers l'environnement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le cite en premier car c'est avec le social de loin le plus important dans les crit&#232;res actuellement pris en compte. Il fait partie des crit&#232;res ESG officiels et ne pose pas de probl&#232;me dans son principe. En revanche la pratique est complexe. A un niveau concret et imm&#233;diat, la dimension environnementale touche la conception, la production et la distribution des produits (transport compris). Cela vise en particulier la pr&#233;vention et le contr&#244;le de la pollution, la protection des ressources en eau, la pr&#233;servation de la biodiversit&#233;, toute la gestion des d&#233;chets etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on veut &#234;tre complet, il faut avoir une philosophie d'ensemble sur ce qui est jug&#233; bon, neutre ou mauvais dans l'&#233;conomie et la mani&#232;re de vivre actuelle prise dans son ensemble, au vu de leur impact pr&#233;sent et futur sur l'environnement. Cela pose donc des questions de fond, techniquement complexes. L'&#233;nergie et les mati&#232;res premi&#232;res en sont un exemple &#233;vident. Que faire avec le nucl&#233;aire ? Le charbon ? La r&#233;ponse ne va pas de soi : le nucl&#233;aire est proscrit par la plupart des fonds anglo&#8208;saxons, alors que les g&#233;rants fran&#231;ais ISR tendent &#224; le retenir favorablement puisque, contrairement aux &#233;nergies fossiles, il ne rejette pas de gaz &#224; effet de serre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question peut enfin &#234;tre &#233;largie &#224; la responsabilit&#233; envers les personnes &#8216;utilis&#233;es' dans le processus de production : le droit de l'embryon notamment devrait en exclure toute utilisation. Puis envers les &#233;l&#233;ments de la nature autres que les hommes. Ainsi la question des tests sur les animaux. A ce sujet il y a aussi des diff&#233;rences marqu&#233;es entre les pays : les investisseurs militants anglo&#8208;saxons excluent les entreprises qui les pratiquent, alors que cela a peu d'&#233;chos en Europe continentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit sur tous ces points il faut choisir, et r&#233;solument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233;s envers le personnel et les collaborateurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parmi les crit&#232;res actuels le plus important et le plus d&#233;velopp&#233; avec l'environnement. Il faut rappeler d'embl&#233;e que dans le cas des entreprises multinationales ce souci s'applique &#224; des environnements tr&#232;s vari&#233;s, o&#249; le droit du travail est notablement diff&#233;rent de celui des pays avanc&#233;s. La dimension sociale renvoie d'abord &#224; la gestion des ressources humaines (modalit&#233;s de recrutement, formation et gestion des carri&#232;res, reconversion et adaptabilit&#233;, qualit&#233; des conditions de travail, respect de la vie priv&#233;e, dialogue social, participation des salari&#233;s, prise en compte de situation sp&#233;cifiques comme les handicap&#233;s, question de la diversit&#233; du recrutement etc.). Dans le cadre des crit&#232;res re&#231;us au niveau international, les entreprises sont invit&#233;es &#224; respecter la libert&#233; d'association et &#224; reconna&#238;tre le droit de n&#233;gociation collective ; &#224; contribuer &#224; l'&#233;limination de toutes les formes de travail forc&#233; ou obligatoire, &#224; l'abolition effective du travail des enfants, et &#224; l'&#233;limination de toute discrimination en mati&#232;re d'emploi et de profession. Cela peut conduire aussi &#224; agir pour le d&#233;veloppement du droit du travail local (voir ci-apr&#232;s). Dans l'ensemble, et sous r&#233;serve de la complexit&#233; des situations locales, le crit&#232;re para&#238;t assez clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais &#224; un niveau plus large, nous dit-on, cela inclut aussi le respect des &#8216;droits de l'homme' ou celui de la &#8216;diversit&#233;'. Il faut alors r&#233;pondre &#224; des questions peu neutres, par exemple sur la diversit&#233; des m&#339;urs : mariage gay etc. Or les choix de l'ESG officielle ne vont pas de soi dans une approche croyante, ou m&#234;me fond&#233;e sur la seule loi naturelle. C'est notamment vrai de l'enseignement catholique. Certes on respectera les personnes, mais on ne mettra pas sur le m&#234;me plan la famille v&#233;ritable (les parents et les enfants qu'ils ont faits ensemble et qu'ils &#233;l&#232;vent) et les formes diverses de vie commune qu'on promeut aujourd'hui ou met au m&#234;me niveau. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, dans cette optique plus exigeante, la prise en compte de la vie familiale sera bien plus marqu&#233;e. Ou la reconnaissance du fait que la personne se r&#233;alise dans le travail. Ou l'association des salari&#233;s au processus de d&#233;cision. C'est donc bien un ensemble de crit&#232;res alternatifs d'investissement qu'il faut promouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233;s des actionnaires, relations de l'entreprise avec ses actionnaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gouvernance n'est pas toujours un concept clair. Dans le contexte &#233;troit de l'ESG, elle est sur le m&#234;me plan que l'environnement et le social. Mais ces derniers sont un but en soi ; la gouvernance elle est subordonn&#233;e &#224; d'autres buts. En soi la gouvernance c'est la mani&#232;re dont on organise la prise de d&#233;cision : question importante mais subordonn&#233;e. Il est vrai que certains &#233;tendent la notion de gouvernance &#224; toute une s&#233;rie de dimensions qu'ils ne prennent pas en compte par ailleurs : par exemple, la nature des produits, ou les rapports avec les communaut&#233;s o&#249; s'ins&#232;re l'entreprise. On y range aussi l'attitude globale de l'entreprise envers les pr&#233;occupations ESG et l'int&#233;gration dans ses processus de d&#233;cision de crit&#232;res plus larges que la rentabilit&#233;. Mais il me para&#238;t plus rationnel d'examiner ces pr&#233;occupations comme telles et de ne consid&#233;rer comme gouvernance que ce qui touche &#224; la prise de d&#233;cision, y compris la communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement dans le cadre actuel, on tend bien souvent &#224; limiter l'objectif de la gouvernance aux pratiques des entreprises vis-&#224;-vis de leurs actionnaires, compris d'ailleurs comme lui &#233;tant ext&#233;rieurs : respect du droit des actionnaires, promotion de l'ind&#233;pendance et de la comp&#233;tence des administrateurs, transparence de la r&#233;mun&#233;ration des cadres dirigeants, organisation du conseil d'administration etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche ESG de la gouvernance est en soi acceptable dans son principe. Mais l&#224; encore, dans une optique &#233;thique alternative, on sera plus exigeant sur la philosophie qu'affiche l'entreprise, notamment en regard des demandes financi&#232;res de ses propri&#233;taires, les actionnaires. Par exemple, le principe (catholique) de destination universelle des biens exclut que l'entreprise soit ordonn&#233;e au seul profit financier des actionnaires. Ou des dirigeants, notamment au vu de leurs r&#233;mun&#233;rations...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233;s envers les clients, y compris sur les produits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc certains &#233;tendent la dimension gouvernance aux comportements sur les march&#233;s et vis-&#224;-vis des clients et des fournisseurs, en r&#233;alit&#233; c'est une question en soi. La relation avec les clients comporte au minimum la s&#233;curit&#233; des produits et l'information donn&#233;e aux consommateurs sur ces produits. Mais elle s'&#233;tend aussi &#224; la nature des produits fabriqu&#233;s, notamment dans les proc&#233;dures de s&#233;lection par exclusion : alcool, armes, jeu, militaire, nucl&#233;aire, tabac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la question est &#224; la fois vaste et simple : une entreprise doit proposer des produits utiles et s&#251;rs, &#224; un juste prix, dans le cadre de relations de partenariat - lorsque cela a un sens. Une telle exigence sur le r&#244;le et l'utilit&#233; des produits fait une nette diff&#233;rence avec l'approche ESG qui ne lui donne pas une place centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233;s envers les fournisseurs et distributeurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une question centrale. On cite d&#233;j&#224; dans la litt&#233;rature la pr&#233;vention des conflits d'int&#233;r&#234;ts et des pratiques de corruption, ou anti-concurrentielles. Ou parle de la diffusion des bonnes pratiques dans l'ensemble de la cha&#238;ne de valeur en amont et en aval de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi une approche &#233;thique est n&#233;cessairement plus exigeante. D'abord en termes de juste prix. Ensuite sur le besoin de relations de partenariat, voire de solidarit&#233; envers les fournisseurs, surtout lorsqu'ils sont plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233;s envers les communaut&#233;s o&#249; l'entreprise intervient&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains l'incluent sous le &#8216;social' de l'ESG. Ou sous la gouvernance. Mais c'est une pr&#233;occupation en soi. Parmi les exemples de questions qu'on peut se poser : pouvait-on financer la Birmanie &#224; l'&#233;poque de la dictature ? Un barrage avec des d&#233;placements brutaux de populations ? Ce souci peut inclure le souci de respecter la &#8216;diversit&#233;', ou de &#171; promouvoir et &#224; respecter la protection du droit international relatif aux droits de l'homme &#187;. Un autre point fr&#233;quemment soulev&#233; est celui de la corruption sous toutes ses formes, y compris l'extorsion de fonds et les pots-de-vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; aussi de telles pr&#233;occupations ambiantes sont &#224; prendre en compte mais &#224; approfondir. Le fait de ne pas se livrer &#224; des pratiques r&#233;pr&#233;hensibles ou de ne pas en &#234;tre complice est une premi&#232;re &#233;tape. Mais il faut aller au-del&#224; : l'entreprise doit prendre en compte sa participation &#224; la communaut&#233; o&#249; elle intervient, comprise comme contribution positive au d&#233;veloppement de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233;s envers la communaut&#233; d'origine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question est peu pos&#233;e. On parle bien s&#251;r des paradis fiscaux, et &#224; raison : le tort de ceux qui en usent et abusent est de soustraire des revenus fiscaux l&#233;gitimes &#224; un pays, en g&#233;n&#233;ral celui d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un passage de l'encyclique &lt;i&gt;Caritas in veritate&lt;/i&gt; souligne elle les devoirs d'une entreprise devenue internationale envers son pays d'origine, qui lui a fourni de quoi se d&#233;velopper, et notamment ses capitaux. C'est notamment la question de l'utilisation de la capacit&#233; d'investissement de l'entreprise et de la localisation de ses d&#233;veloppements. La solidarit&#233; avec le pays de d&#233;part est une vraie exigence. M&#234;me si elle ne doit emp&#234;cher ni le d&#233;veloppement international, ni une pr&#233;sence dans les pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit on n'est qu'au d&#233;but du processus. C'est toute une gamme large de crit&#232;re qu'il faut d&#233;velopper, et poser aux entreprises comme &#233;talon de mesure, en sus des crit&#232;res financiers usuels. Bien au-del&#224; de l'ESG officielle !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Investir dans les actions : priorit&#233; collective, devoir moral </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Investir-dans-les-actions-priorite-collective-devoir-moral.html</link>
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		<dc:date>2013-11-20T13:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>
		<dc:subject>Actionnaires</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les Fran&#231;ais se d&#233;tournent des actions, toutes les enqu&#234;tes le montrent. Pire, nous n'avons plus en France d'acheteur naturel d'actions. R&#233;sultat : nos entreprises sont de plus en plus contr&#244;l&#233;es par les investisseurs &#233;trangers. Quant aux moins grandes, elles ont du mal &#224; trouver des fonds propres sur le march&#233;. Cette situation est grave pour notre avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant investir en actions, est &#224; la fois le meilleur 'investissement et le plus moral, celui qui pr&#233;sente le moins de risque collectif sur la dur&#233;e, et celui qui vise seul le vrai long terme. Si c'est fait sainement bien s&#251;r&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre le seul moyen pour r&#233;aliser ce placement sur large &#233;chelle c'est un march&#233; financier, une vraie Bourse. Si elle est bien organis&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'excuse donc pas certaines turpitudes et d&#233;rives de la finance actuelle. Mais cela situe la question : organiser un placement collectif en actions dans des conditions saines est une priorit&#233; collective majeure. Urgent en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Investir dans les actions : une priorit&#233; collective, un devoir moral&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La d&#233;saffection des Fran&#231;ais pour les actions &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Deux enqu&#234;tes publi&#233;es r&#233;cemment jettent une lumi&#232;re crue sur une r&#233;alit&#233; qui fait peser une v&#233;ritable &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s sur notre avenir : la d&#233;saffection des investisseurs et des &#233;pargnants fran&#231;ais pour la Bourse. Selon la premi&#232;re, r&#233;alis&#233;e pour les Echos, les fonds fran&#231;ais ne repr&#233;sentent plus aujourd'hui qu'un quart des fonds investis dans le CAC40, soit huit points de moins en deux ans, alors que les fonds nord-am&#233;ricains en d&#233;tiennent d&#233;sormais un tiers. La seconde, dans le cadre du salon Actionnaria met en &#233;vidence que l'investissement en actions suscite la m&#233;fiance de 73 % des &#233;pargnants fran&#231;ais. Les Fran&#231;ais boudent la Bourse et cela ne date pas d'hier. Et avec les nouveaux ratios il ne faut pas compter sur les banques et de moins en moins sur les compagnies d'assurance pour acheter des actions ; quant aux fonds de pension nous n'en avons pas, sans parler des hedge funds. Nous n'avons donc plus d'acheteur naturel d'actions. Les &#233;tudes de la Banque de France confirment les effets de cette d&#233;saffection. Fin 2012, c'est 46,3 % du CAC40 qui est d&#233;tenu par des non-r&#233;sidents, et 41,5 % de l'ensemble des soci&#233;t&#233;s cot&#233;es. Faut-il s'en contenter ? Evidemment non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, cela fragilise les strat&#233;gies de long terme de nos entreprises. L'exp&#233;rience est formelle : en cas de crise, les investisseurs se recentrent vers leur base g&#233;ographique d'origine, avec les effets d&#233;stabilisateurs que cela peut avoir pour les &#233;metteurs qui s'appuient trop fortement sur une &#233;pargne internationale. 2007 a ainsi vu la participation des non-r&#233;sidents dans le capital du CAC 40 baisser brutalement de 5,5 points par rapport &#224; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Notre pays a su cr&#233;er de tr&#232;s grandes entreprises, internationales, dont la qualit&#233; et le dynamisme attirent les investisseurs &#233;trangers, et il faut s'en f&#233;liciter. Mais nous serions fous d'en abandonner la ma&#238;trise &#224; d'autres. Et si les grandes entreprises courent des risques en raison de leur d&#233;pendance toujours plus grande aux financements &#233;trangers, du moins y ont-elles acc&#232;s. Ce qui n'est pas le cas de la plupart de nos PME et ETI, qui elles, souffrent cruellement d'une p&#233;nurie de financement car elles n'ont dans la majorit&#233; des cas pas les moyens d'acc&#233;der &#224; ces capitaux internationaux. Or l'offre de cr&#233;dit est contrainte, et le besoin de fonds propres est litt&#233;ralement vital. Mais l'&#233;pargne nationale disponible en actions est de plus en plus insuffisante, vu la r&#233;ticence des Fran&#231;ais pour ce genre d'investissement. Les perspectives pour les PME et ETI sont donc peu r&#233;jouissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pourtant pas de fatalit&#233; &#224; une telle situation. L'aversion au risque et &#224; l'&#233;pargne longue n'est pas inscrite dans nos g&#232;nes. C'est l'&#233;pargne de nos compatriotes qui, au XIX&#232;me si&#232;cle et XX&#232;me si&#232;cle, a permis &#224; la France de devenir une grande puissance industrielle en fournissant les capitaux n&#233;cessaires au d&#233;veloppement de ses entreprises. Certes, quelques petits signaux positifs sont apparus r&#233;cemment (all&#233;gement du r&#233;gime des plus-values, cr&#233;ation du PEA PME, &#8230;). Pour autant, ils ne forment pas un ensemble &#224; la hauteur de l'enjeu national que constitue la mobilisation de notre &#233;pargne au service de nos entreprises. Il faudrait pour cela beaucoup plus de coh&#233;rence et de stabilit&#233; - notamment dans les politiques fiscales, actuellement presque syst&#233;matiquement biais&#233;es contre les actions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Moralit&#233; du placement en actions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Indispensable au pays, un tel investissement est en outre moral. L'investissement en actions est bien plus sain que l'endettement maladif qui caract&#233;rise nos &#233;conomies. Les grands drames financiers ont tous &#233;t&#233; des crises de la dette. Les actions sont de nature radicalement diff&#233;rente et ne pr&#233;sentent pas le m&#234;me probl&#232;me - sauf bien s&#251;r si elles sont financ&#233;es &#224; cr&#233;dit, comme en 1929. Si en effet une soci&#233;t&#233; finance des actifs par des fonds propres (des actions), et que son investissement tourne mal, elle perd de l'argent et &#233;ventuellement son capital. Mais l&#224; s'arr&#234;te l'effet direct : en soi cela ne cr&#233;e pas d'effet domino, donc pas de crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e. C'est le contraire avec l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du d&#233;biteur aussi la dette pr&#233;sente des risques importants : comme il est tenu juridiquement de la rembourser, cela peut le conduire &#224; la faillite. Alors que le capital (financement en fonds propres) n'a jamais &#224; &#234;tre rembours&#233; et que sa r&#233;mun&#233;ration (dividendes) n'&#233;tant pas obligatoire peut &#234;tre diff&#233;r&#233;e en cas de difficult&#233;s. Pour une entreprise c'est donc le financement le plus adapt&#233; toutes choses &#233;gales par ailleurs ; l'endettement ne devrait intervenir qu'en compl&#233;ment. Le seul financement possible de l'al&#233;a est en fonds propres : un argent que l'entreprise poss&#232;de, dont la perte peut &#234;tre envisag&#233;e. L'oublier est d&#233;vastateur. Naturellement, le risque pour l'investisseur est plus &#233;lev&#233; s'il est en fonds propres, mais sa r&#233;mun&#233;ration plus &#233;lev&#233;e en moyenne. Le financement sain du risque, c'est d'abord les fonds propres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les investisseurs en actions ont plus que les autres une pr&#233;f&#233;rence pour l'avenir, car la rentabilit&#233; de leur placement n'est certaine que sur longue p&#233;riode, et risqu&#233;e sinon. En outre, qui raisonne &#224; dix ou vingt ans : le budget de l'Etat, ou Renault, ou Total, ou BNP Paribas ? L'annualisation du budget limite l'horizon de l'Etat, d'o&#249; le report incessant des d&#233;penses actuelles sur les g&#233;n&#233;rations futures. Ce qui b&#226;tit l'avenir, la cr&#233;ation durable de richesse, ce sont d'abord les entreprises. Ou un Etat amaigri et non endett&#233;. Or seule une base actionnariale forte leur donne les moyens d'investir &#224; long terme. C'est ce qui justifie le r&#244;le des actionnaires dans la marche de l'entreprise, m&#234;me si d'autres parties prenantes doivent aussi avoir leur mot &#224; dire. En r&#233;sum&#233; l'investissement en actions est le seul qui &#233;tablit une solidarit&#233; financi&#232;re entre l'investisseur et l'entreprise financ&#233;e. En ce sens c'est le plus moral de tous. Sous r&#233;serve bien s&#251;r que l'actionnaire utilise ses droits dans le bon sens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eglise va dans le m&#234;me sens. La condamnation m&#233;di&#233;vale ne visait que le pr&#234;t pur, pas le profit d'entreprise, ni la participation &#224; un projet avec les risques correspondants : parts de navire se livrant au grand commerce, ou de ce que nous appellerions soci&#233;t&#233; industrielle ou commerciale ; en bref tout investissement en fonds propres. Comme disait saint Thomas d'Aquin : &#171; Celui qui confie une somme &#224; un marchand ou &#224; un artisan par mode d'association, ne leur c&#232;de pas la propri&#233;t&#233; de son argent qui demeure bien &#224; lui, de sorte qu'il participe &#224; ses risques et p&#233;rils au commerce du marchand et au travail de l'artisan ; voil&#224; pourquoi il sera en droit de r&#233;clamer, comme une chose lui appartenant, une part du b&#233;n&#233;fice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Moralit&#233; de l'utilisation de la Bourse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s bien : il faut investir en actions. Mais pourquoi le march&#233; financier, la Bourse ? Il n'est d'abord pas cr&#233;dible de vouloir financer des &#233;conomies comme les n&#244;tres sans large appel &#224; un march&#233; financier. Car s'il n'y a pas de march&#233; l'investisseur garde l'op&#233;ration jusqu'&#224; son terme (cr&#233;dit) ou ind&#233;finiment (actions). On dit que la relation peut alors &#234;tre plus directe et personnelle. Mais elle rencontre tr&#232;s vite ses limites. L'absence de cotation implique d'abord qu'il n'y ait pas d'indication ext&#233;rieure de prix, ni de confrontation &#224; l'opinion de tierces personnes sur l'op&#233;ration consid&#233;r&#233;e. Sauf partenaires loyaux et comp&#233;tents, l'arbitraire r&#232;gne. C'est ensuite l'absence de liquidit&#233;. Dans le cas d'une participation au capital, on ne sait pas comment sortir de l'op&#233;ration et on peut rester ind&#233;finiment &#8216;coll&#233;', au bon vouloir du propri&#233;taire de l'entreprise. Sauf motif particulier personne ne s'engage sur de tels risques sur grande &#233;chelle : d&#232;s lors, la grande majorit&#233; des investisseurs, surtout petits et moyens, n'a ni le d&#233;sir ni les moyens de se lier ainsi &#224; une entreprise particuli&#232;re. C'est pourquoi la fourniture de fonds propres sur une &#233;chelle un tant soit peu significative suppose un march&#233; financier, au moins depuis le XIXe si&#232;cle. Rappelons enfin que les objets principaux de la finance de march&#233; sont les actions, qui sont un argent confi&#233; quasiment &#224; perp&#233;tuit&#233;, et les obligations qui sont des pr&#234;ts sur une dur&#233;e relativement longue. Derri&#232;re les fluctuations &#224; court terme, d&#233;coulant du fait qu'on peut les acheter ou les vendre, il y a l&#224; un argent confi&#233; sur la longue ou tr&#232;s longue dur&#233;e. Aucun autre dispositif n'en fait autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes une relation de longue dur&#233;e, cultivant la confiance r&#233;ciproque, est une excellente chose, en finance aussi ; et il est souhaitable d'orienter activement le syst&#232;me en ce sens. Mais ne m&#233;langeons pas les niveaux : ni les entreprises ni les relations commerciales n'ont forc&#233;ment vocation &#224; la p&#233;rennit&#233; ; ce ne sont ni des familles, ni des patries. Et les rapports d'argent ne sont pas des rapports idylliques o&#249; on s'engage forc&#233;ment sur la longue dur&#233;e, ni m&#234;me o&#249; cette fid&#233;lit&#233; s'impose toujours moralement. En outre la transaction n'exclut pas la relation. Le retour souhaitable &#224; des relations plus fid&#232;les et plus responsables ne doit pas se fonder sur la disparition du march&#233;, mais sur un usage diff&#233;rent de ce march&#233;. Ce n'est pas en emp&#234;chant les gens de vendre qu'on cr&#233;e des relations loyales et mutuellement b&#233;n&#233;fiques, bas&#233;es sur une perspective plus large que le pur calcul de rendement, mais en cultivant l'id&#233;e du bienfait de ces relations longues quand elles sont possibles, et c'est fr&#233;quemment le cas. M&#234;me si bien s&#251;r des mesures r&#233;glementaires peuvent et doivent aider, notamment des avantages fiscaux octroy&#233;s aux relations et investissements fid&#232;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit rien de tout cela ne r&#233;duit la responsabilit&#233; de l'investisseur en actions, qui est le propri&#233;taire collectif de l'entreprise. Il est responsable moralement de son investissement et des indications qu'il envoie &#224; l'entreprise, directement ou par le jeu du march&#233;. Au-del&#224; de tous les exc&#232;s justement d&#233;nonc&#233;s d'une finance parfois irresponsable ou d&#233;brid&#233;e, qu'il faut encadrer, il ne sert &#224; rien d'incriminer le march&#233; pour des questions de soci&#233;t&#233; essentielles, mais qui se posent &#224; un niveau bien plus fondamental. Un march&#233; demande toujours &#224; &#234;tre enserr&#233; dans des r&#232;gles, c'est un point indiscutable et la crise du subprime nous l'a rappel&#233; violemment. Mais il est d'abord et surtout d&#233;termin&#233; par le syst&#232;me de valeur des acteurs : ce qui fait le march&#233;, c'est la hi&#233;rarchie de priorit&#233;s de ces acteurs. Et l&#224; on retrouve les valeurs fondamentales de la soci&#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e. C'est donc l&#224;-dessus qu'il nous incombe moralement d'agir en derni&#232;re analyse. Et cela va bien au-del&#224; de ce qu'on appelle habituellement investissement socialement responsable&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Epargnant et responsable</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Epargnant-et-responsable.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Investissement &#233;thique</dc:subject>
		<dc:subject>Investissement responsable</dc:subject>
		<dc:subject>Epargner en vue du bien commun</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;D&#233;bat dans le cadre des Mardis des Bernardins&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les responsabilit&#233;s de l'&#233;pargnant dans la vie &#233;conomique ? Sur quelle base &#233;thique fonder sa responsabilit&#233; d'&#233;pargnant ? Comment l'int&#233;r&#234;t individuel et collectif du consommateur peut-il tenir compte de l'int&#233;r&#234;t plus large de l'&#233;conomie et de la cit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 6 mars 2012, de 20h &#224; 21h45&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec lien pour voir et &#233;couter en direct&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Finance-privee-.html" rel="directory"&gt;Finance personnelle&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-ethique-+.html" rel="tag"&gt;Investissement &#233;thique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Investissement-responsable-+.html" rel="tag"&gt;Investissement responsable&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Epargner-en-vue-du-bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Epargner en vue du bien commun&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Epargnant et responsable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le cadre du cycle &#171; Question d'entreprise &#187; intitul&#233; &#171; Citoyen et acteur responsable de la vie &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mardi 6 mars 2012, de 20h &#224; 21h45&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles sont les responsabilit&#233;s de l'&#233;pargnant dans la vie &#233;conomique ? S'en remettre &#224; des institutions sp&#233;cialis&#233;es et garanties par l'Etat ? Rechercher le rendement maximum ? Investir sur le long terme pour contribuer au d&#233;veloppement de l'&#233;conomie ? Concilier maintien de son patrimoine et solidarit&#233; avec les plus d&#233;munis ? Que peut-il attendre des organismes gestionnaires ou utilisateurs d'&#233;pargne ? Comment prend-il en compte l'int&#233;r&#234;t du salari&#233; et du consommateur qu'il peut aussi &#234;tre ? Sur quelle base &#233;thique fonder sa responsabilit&#233; d'&#233;pargnant ? Comment l'int&#233;r&#234;t individuel et collectif du consommateur peut-il tenir compte de l'int&#233;r&#234;t plus large de l'&#233;conomie et de la cit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la participation de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre de Lauzun, directeur g&#233;n&#233;ral d&#233;l&#233;gu&#233; de la F&#233;d&#233;ration Bancaire Fran&#231;aise et d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Association Fran&#231;aise des March&#233;s Financiers-AMAFI ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Hubert Fondecave, directeur g&#233;n&#233;ral d'Ethiea Gestion, soci&#233;t&#233; de gestion de portefeuille ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Me Pascal Julien Saint Amand, notaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;bat anim&#233; par Christian de Cacqueray, journaliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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