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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Geostrategie-et-bien-commun.html</link>
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		<dc:date>2026-04-24T12:52:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Bien commun</dc:subject>
		<dc:subject>Relations internationales</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une interview dans l'Incorrect &#224; propos de mon livre r&#233;cent : Ni r&#232;gle de la loi, ni loi de la jungle, G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun chez Boleine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que la g&#233;ostrat&#233;gie, et quel rapport entretient-elle avec le bien commun ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Parler de g&#233;ostrat&#233;gie dans le cadre de la g&#233;opolitique, c'est mettre l'accent sur la dimension strat&#233;gique. Qui dit pens&#233;e strat&#233;gique dit opposition de deux volont&#233;s ou plus, luttant pour l'emporter - &#233;ventuellement par la destruction ou au moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;opolitique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Bien commun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relations-internationales-+.html" rel="tag"&gt;Relations internationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/ni-regne-de-la-loi-ni-loi-de-la-jungle--2.jpg?1787417301' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une interview dans l'Incorrect &#224; propos de mon livre r&#233;cent : Ni r&#232;gle de la loi, ni loi de la jungle, G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun chez Boleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lincorrect.org/pierre-de-lauzun-on-ne-peut-considerer-la-guerre-en-iran-comme-une-guerre-juste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lincorrect.org/pierre-de-la...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ni-regne-de-la-loi-ni-loi-de-la-jungle-Geopolitique-et-bien-commun.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ni-re...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce que la g&#233;ostrat&#233;gie, et quel rapport entretient-elle avec le bien commun ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de g&#233;ostrat&#233;gie dans le cadre de la g&#233;opolitique, c'est mettre l'accent sur la dimension strat&#233;gique. Qui dit pens&#233;e strat&#233;gique dit opposition de deux volont&#233;s ou plus, luttant pour l'emporter - &#233;ventuellement par la destruction ou au moins la neutralisation de forces adverses. Une telle opposition est la cons&#233;quence presque in&#233;vitable de la multiplicit&#233; des pouvoirs en pr&#233;sence, chacun g&#233;rant sa position par rapport aux autres sans conna&#238;tre le fonds de sa pens&#233;e, et au risque d'&#234;tre domin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une difficult&#233; majeure dans la recherche du bien commun. Alors que, dans le cas d'une autorit&#233; commune (notamment un pouvoir politique jug&#233; l&#233;gitime), on tente de r&#233;soudre la question en confiant un r&#244;le ultime de recherche du bien commun &#224; cette autorit&#233;, ici, c'est par d&#233;finition impossible, puisqu'en g&#233;n&#233;ral, elle n'existe pas ou n'a pas de force. Ce sont donc les acteurs eux-m&#234;mes qui vont devoir chercher ce bien, au moins un certain bien, tout en tenant compte de l'incertitude cr&#233;&#233;e par la volont&#233; contraire qui leur fait face et qui peut &#234;tre gravement dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous montrez que la g&#233;ostrat&#233;gie se caract&#233;rise par son aspect paradoxal et impr&#233;visible. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de la confrontation de deux volont&#233;s humaines, raisonnablement intelligentes, mais poursuivant des buts oppos&#233;s, ignorantes de la pens&#233;e intime de l'autre, est intrins&#232;quement impr&#233;visible. D'o&#249; la nature paradoxale de la strat&#233;gie. S'y ajoute par ailleurs une impr&#233;visibilit&#233; pratique due &#224; l'&#233;volution des &#233;v&#233;nements, car, dans la majorit&#233; des cas la conduite des op&#233;rations, r&#233;sultat en partie de d&#233;cisions de l'adversaire, entra&#238;ne bien au-del&#224; de ce qu'on voudrait, ou voulait au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette impr&#233;visibilit&#233; intrins&#232;que est un scandale intellectuel ; car c'est le cas principal, dans l'ensemble des relations humaines, o&#249; l'exercice de la rationalit&#233; ne conduit intrins&#232;quement pas &#224; une connaissance, et donc &#224; une pr&#233;vision possible. Cette impr&#233;visibilit&#233; atteint un degr&#233; extr&#234;me dans le cas des op&#233;rations militaires, puisque la destruction r&#233;ciproque y est l'&#233;l&#233;ment central. Mais elle se retrouve &#233;videmment dans de multiples occasions de la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En quoi l'id&#233;ologie est-elle un obstacle &#224; la recherche du bien commun en mati&#232;re g&#233;ostrat&#233;gique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on appelle id&#233;ologie un syst&#232;me de pens&#233;e qui pr&#233;tend donner a priori une r&#233;ponse sur la bonne solution &#224; apporter, cela pr&#233;sente en mati&#232;re g&#233;opolitique un double inconv&#233;nient. D'une part elle suppose par d&#233;finition une simplification relative de situations complexes et court ce faisant le risque de conduire &#224; des solutions soit inefficaces, soit inadapt&#233;es. C'est particuli&#232;rement vrai en mati&#232;re de g&#233;ostrat&#233;gie puisque l'ind&#233;termination sur le r&#233;sultat possible ou souhaitable y est &#224; son comble. D'autre part, elle donne trop souvent &#224; ceux qui y adh&#232;rent un degr&#233; &#233;lev&#233; de conviction morale (ou d'hypocrisie) qui leur fait non seulement souvent n&#233;gliger la r&#233;alit&#233;, mais aussi user de violence pour imposer des solutions jug&#233;es bonnes a priori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus qu'&#224; un choc des civilisations, nous assisterions &#224; des conflits id&#233;ologiques dites-vous. Pourquoi ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs civilisations au sens large, et malgr&#233; la mondialisation et en r&#233;alit&#233; la sp&#233;cificit&#233; des diff&#233;rentes cultures s'affirme avec le d&#233;veloppement &#233;conomique et politique. Mais cela ne signifie pas que les rapports entre puissances se d&#233;finissent d'abord par les civilisations auxquels elles sont cens&#233;es appartenir. A l'int&#233;rieur d'une m&#234;me &#171; civilisation &#187; (notion d'ailleurs pas si d&#233;finie que cela) il peut y avoir des antagonismes intenses, et inversement des pays de cultures diverses peuvent avoir des rapports confiants ou des alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;ologies sont en revanche un facteur important de conflit, y compris d'ailleurs une id&#233;ologie du conflit de civilisations. Mais le facteur essentiel reste la notion m&#234;me de puissance et leur rivalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le cadre d'un conflit, comment bien agir quand l'ennemi se fiche pour sa part de la paix et du bien commun mondial (pensons aux islamistes) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute situation de conflit, la r&#233;alit&#233; du conflit des strat&#233;gies rend par d&#233;finition difficile la recherche du bien commun et notamment de la paix, m&#234;me si les adversaires sont, autant qu'on peut l'&#234;tre en ce monde, un tant soit peu soucieux de la recherche du bien. A fortiori si l'ennemi exclut clairement une telle recherche et toute paix autre que de pure domination de sa part. Prenons le cas d'Hitler : le passage &#224; la lutte arm&#233;e est alors difficilement &#233;vitable. Mais cela n'emp&#234;che pas une certaine flexibilit&#233;, par exemple pour jouer l'&#233;mergence chez l'adversaire d'un pouvoir orient&#233; diff&#233;remment (coup d'&#233;tat, jeu des factions etc.). Il est notamment dangereux pour le bien commun, hors cas extr&#234;mes comme le nazisme, de viser a priori la capitulation de l'adversaire comme le seul objectif possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des islamistes est complexe car il en existe de multiples vari&#233;t&#233;s. Si Daech para&#238;t relever d'un approche r&#233;solument confrontationnelle, dans d'autres cas on peut avoir &#224; parier sur une &#233;volution des r&#233;gimes concern&#233;s : toute l'histoire de l'Islam est faite de cet amollissement de pouvoirs &#224; l'origine implacablement guerriers et violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Votre ouvrage pr&#233;c&#233;dent s'int&#233;ressait &#224; la guerre juste. Comment, &#224; travers ce prisme, analysez-vous le conflit en Iran ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les crit&#232;res de la guerre juste, il y a entre autres la l&#233;gitimit&#233; du but et l'id&#233;e raisonnable qu'on peut obtenir par la guerre un r&#233;sultat meilleur, qui ne peut &#234;tre obtenu autrement ; plus l'usage de moyens strictement proportionn&#233;s. Or en l'esp&#232;ce la recherche d'un renversement du r&#233;gime ne respecte pas ces crit&#232;res : on ne change pas un r&#233;gime politique enracin&#233; par des bombardements. L'affaiblissement de l'Iran non plus : outre que le r&#233;gime pourrait en sortir renforc&#233;, les cons&#233;quences indirectes sont disproportionn&#233;es et contreproductives (par exemple la confirmation du pouvoir de l'Iran &#224; perturber le trafic dans le d&#233;troit d'Ormuz). Le seul objectif d&#233;fendable est la neutralisation de l'effort de l'Iran pour acqu&#233;rir l'arme nucl&#233;aire. Cela pourrait justifier des frappes chirurgicales comme en juin 2025, mais pas la guerre en cours, qui &#224; ce stade ne para&#238;t pas faire avancer la question du nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Suite &#224; la multiplication des interventions am&#233;ricaines, beaucoup se sont &#233;mu des violations r&#233;p&#233;t&#233;es du droit international. Que peut encore celui-ci pour le bien commun mondial ? L'ONU est-elle en &#233;tat de mort c&#233;r&#233;brale, pour paraphraser Emmanuel Macron ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup exag&#233;r&#233;, en Europe notamment, le r&#244;le du droit international ou de l'ONU depuis 1945 : il y a eu d'innombrables guerres et conflits et tr&#232;s peu ont &#233;t&#233; &#233;vit&#233;s ou canalis&#233;s par l'usage du droit. Mais il ne faut pas tomber dans le d&#233;faut inverse, comme cela para&#238;t &#234;tre le cas de Donald Trump, qui consiste &#224; consid&#233;rer que toute r&#233;f&#233;rence de ce type est sans valeur par rapport au pur jeu des int&#233;r&#234;ts. Disposer de balises comportementales communes orient&#233;es dans le sens de la paix et du bon voisinage est en soi bon ; m&#234;me si cela n'a rien &#224; voir avec la situation interne &#224; un pays, o&#249; la loi dispose en principe du monopole de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pape L&#233;on XIV multiplie les appels &#224; la paix. Qu'en pensez-vous ? Plus largement, quel r&#244;le le Vatican peut-il jouer dans la recherche du bien commun mondial ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le pape multiplie les appels &#224; la paix est pour le moins une &#233;vidence. Cela retrouve une tradition ancienne dans l'Eglise, &#224; commencer par la Paix de Dieu au Moyen Age, pour continuer avec les appels poignants de Beno&#238;t XV face au carnage de 14-18. C'est notamment le cas avec la guerre d'Iran, dont j'ai rappel&#233; qu'on ne pouvait &#224; la consid&#233;rer comme une guerre juste. On notera cependant que le pape L&#233;on en reste &#224; une condamnation g&#233;n&#233;rale et absolue de toute guerre, sans appuyer son raisonnement sur une analyse de situation que la th&#233;orie de la guerre juste permettrai plus clairement, et notamment du probl&#232;me pos&#233; par le nucl&#233;aire iranien. Un discours plus ajust&#233; aurait permis &#224; mon sens un meilleur &#233;change sinon avec Trump, au moins avec Vance. Ce qui n'excuse pas leurs propos, notamment ceux de Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'Eglise ait son r&#244;le &#224; jouer dans la recherche de la paix et du bien commun est donc une &#233;vidence. En particulier, m&#234;me si la responsabilit&#233; des affaires de ce monde incombe aux dirigeants la&#239;cs, le rappel de principes moraux, domaine de comp&#233;tence du magist&#232;re, s'accompagne l&#233;gitimement de prises de positions sur des questions concr&#232;tes relevant du politique. Tout en &#233;vitant la tentation d'une approche dite proph&#233;tique si elle ne prend pas assez en compte les r&#233;alit&#233;s en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de l'Incorrect&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Relations transatlantiques : le tournant majeur n'est pas celui qu'on croit</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Relations-transatlantiques-le-tournant-majeur-n-est-pas-celui-qu-on-croit.html</link>
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		<dc:date>2026-02-21T17:00:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Etats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie occidentale</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me international</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avec la pr&#233;sidence Trump, la divergence entre Europe et Etats-Unis occupe la sc&#232;ne avec fracas : Groenland, Ukraine. C&#244;t&#233; Europ&#233;en, de graves accusations sont port&#233;es, de rupture du lien transatlantique, de remise en cause de l'alliance Parall&#232;lement on constate un effet de pouss&#233;e f&#233;d&#233;raliste en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer la signification de ces &#233;v&#233;nements, il faut prendre du recul et d&#233;passer les aspects conjoncturels ; parmi ceux-ci, la personnalit&#233; m&#234;me de Donald Trump &#8211; or il n'est pas &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de base est que les relations transatlantiques sont &#224; un vrai tournant. Pas la divergence id&#233;ologique, m&#234;me si elle n'est pas n&#233;gligeable. Mais l'&#233;volution g&#233;opolitique, avec la marginalisation relative de l'Europe. Pour la France, elle n'est pas la r&#233;ponse principale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Monde-multipolaire-.html" rel="directory"&gt;Monde&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Trump-+.html" rel="tag"&gt;Trump&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Etats-Unis-+.html" rel="tag"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-occidentale-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie occidentale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Systeme-international-+.html" rel="tag"&gt;Syst&#232;me international&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Europe-379-+.html" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/wikiimages-earth-11048_1280.jpg?1787417305' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la pr&#233;sidence Trump, la divergence entre Europe et Etats-Unis occupe la sc&#232;ne avec fracas ; les questions du Groenland et dans une moindre mesure de l'Ukraine en t&#233;moignent actuellement. C&#244;t&#233; Europ&#233;en, de graves accusations sont port&#233;es, de rupture du lien transatlantique, de remise en cause de l'alliance et potentiellement de la r&#233;alit&#233; de l'OTAN. Parall&#232;lement on constate un effet de pouss&#233;e f&#233;d&#233;raliste en Europe. Qu'en est-il r&#233;ellement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Id&#233;ologie et g&#233;opolitique : la grande divergence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour mesurer la signification de ces &#233;v&#233;nements, il faut prendre du recul et d&#233;passer les aspects conjoncturels ; parmi ceux-ci, le plus important est la personnalit&#233; m&#234;me de Donald Trump. Elle est &#233;videmment tr&#232;s importante pour d&#233;terminer le flux des &#233;v&#233;nements pendant les 4 ann&#233;es de son mandat ; mais ce qui est d'embl&#233;e certain est qu'il ne sera plus l&#224; dans 3 ans ; il pourrait m&#234;me &#234;tre significativement affaibli dans moins d'un an, si les mid-terms lui sont d&#233;favorables. Or son successeur, m&#234;me proche politiquement, a peu de chance d'avoir le m&#234;me temp&#233;rament et mode de comportement, et peut-&#234;tre pas le m&#234;me ascendant sur la coalition h&#233;t&#233;roclite qu'il dirige. Voyons donc plut&#244;t les &#233;l&#233;ments structurels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier fait de base, celui qui frappe le plus l'Europe officielle, est la dualit&#233; id&#233;ologique, entre lib&#233;raux ou sociaux-d&#233;mocrates d'un c&#244;t&#233;, et populistes, conservateurs ou nationalistes de l'autre. Actuellement, dans leur perception, cela co&#239;ncide pour l'essentiel avec l'opposition entre eux et l'Am&#233;rique de Trump. Mais en r&#233;alit&#233;, ces deux courants sont pr&#233;sents des deux c&#244;t&#233;s ; c'est un &#233;l&#233;ment commun sp&#233;cifique &#224; ce qu'on appellera pour simplifier le monde occidental. Toute r&#233;flexion sur l'avenir conduit d&#232;s lors &#224; se poser deux questions : quelle peut &#234;tre l'&#233;volution de cette opposition et de ces deux camps, des deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique ? Qu'est-ce que cela entra&#238;ne pour l'Europe d'un c&#244;t&#233;, ses relations avec les Etats-Unis de l'autre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment essentiel, d'arri&#232;re-plan, est bien s&#251;r la configuration g&#233;opolitique et son &#233;volution possible. L&#224;, la divergence entre les Am&#233;ricains et les Europ&#233;ens est beaucoup plus significative, et intrins&#232;que. Le fait de base est &#233;videmment la mont&#233;e de la Chine, et par l&#224; la priorit&#233; am&#233;ricaine de plus en plus affirm&#233;e &#224; la confrontation avec elle et plus g&#233;n&#233;ralement aux questions asiatiques et indopacifiques, dans lesquelles le r&#244;le possible des Europ&#233;ens est faible et p&#233;riph&#233;rique &#8211; m&#234;me s'ils peuvent en &#234;tre affect&#233;s. Cela vise aussi la recomposition des relations mondiales, notamment l'&#233;volution de la mondialisation, d&#233;sormais muscl&#233;e et quelque peu mercantiliste, avec le r&#244;le d&#233;sormais reconnu strat&#233;gique des mati&#232;res premi&#232;res, et celui du transport maritime. Ce &#224; quoi s'ajoute le d&#233;calage de puissance, d'avance technologique (IA et autres), et de richesse mat&#233;rielle de plus en plus marqu&#233; entre Am&#233;ricains et Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte que m&#234;me une Am&#233;rique qui serait id&#233;ologiquement proche des Europ&#233;ens ne pourrait pas ne pas &#234;tre fondamentalement concentr&#233;e d'abord sur ces questions vitales, ne voyant alors potentiellement dans l'Europe, malgr&#233; les souvenirs ou l'origine commune, et ce qui y reste de richesse et de puissance, qu'un suppl&#233;tif utile mais faible, strat&#233;giquement limit&#233; &#224; un r&#244;le finalement local sur un bout de l'Eurasie. On dira que c'est caricatur&#233;, et il est vrai que ce stade n'est pas encore atteint ; mais c'est vers cela que l'on va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sc&#233;narios possibles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de la confrontation de ces deux s&#233;ries de donn&#233;es que le retour pur et simple aux relations transatlantiques du pass&#233; est improbable. La divergence est latente depuis plusieurs ann&#233;es, comme le &#171; pivot &#187; d'Obama vers l'Asie en t&#233;moigne. Mais cette r&#233;alit&#233; &#233;tait encore d&#233;guis&#233;e sous Biden : la brutalit&#233; de Trump a d&#233;chir&#233; le voile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette divergence ira de soi si on prend un sc&#233;nario, cr&#233;dible, o&#249; Trump subsiste trois ans, mais surtout est remplac&#233; par un proche, J. D. Vance ou un autre, et que c&#244;t&#233; europ&#233;en les dominantes actuelles se maintiennent. Ce dont on r&#234;ve c&#244;t&#233; Europe est une acc&#233;l&#233;ration de la construction europ&#233;enne dans un sens f&#233;d&#233;ral, avec priorit&#233; &#224; la d&#233;fense. Mais en r&#233;alit&#233;, il est improbable que cela d&#233;bouche sur quoi que ce soit de concret dans un horizon pr&#233;visible. Sans m&#234;me rappeler qu'il n'y a pas de peuple europ&#233;en ou de nation europ&#233;enne, sans quoi on ne voit pas comment une arm&#233;e europ&#233;enne v&#233;ritable serait possible, il n'est pas faisable dans un d&#233;lai de 10 &#224; 20 ans de construire une arm&#233;e europ&#233;enne cr&#233;dible capable, sans appui am&#233;ricain, de se mesurer &#224; la Russie. Or d'ici l&#224;, les besoins sont l&#224; ; et la menace russe est en outre d&#233;crite par le syst&#232;me comme terrifiante et imminente. Il en r&#233;sulte que pour nombre de pays europ&#233;ens, &#224; commencer &#233;videmment par les Baltes et les Polonais, la protection vient d'abord et essentiellement des Etats-Unis. D'o&#249; aussi les achats massifs de F-35 des uns et des autres. Mais bien entendu, cette priorit&#233; &#224; la survie imm&#233;diate rend encore plus difficile la construction d'une d&#233;fense europ&#233;enne autonome et cr&#233;dible. L'irritation caus&#233;e par les agissements de Trump (Groenland, droits de douane) ne saurait renverser ces faits de base, d'autant qu'il n'est pas &#233;ternel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela resterait encore plus vrai dans un sc&#233;nario o&#249; on suppose en revanche qu'aux Etats-Unis les d&#233;mocrates reviennent aux affaires en 2028. Comme on peut le penser, cela rendrait le besoin d'autonomisation des Europ&#233;ens moins pressant, et la tentation sera forte de chercher &#224; faire revivre la fraternit&#233; id&#233;ologique transatlantique, dont l'Europe officielle garde la nostalgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre sc&#233;nario encore, actuellement peu plausible mais concevable, la minorit&#233; qu'on appellera pour simplifier populiste ou de droite dure devient majoritaire en Europe. Mais il n'est pas s&#251;r que cela changerait massivement ces conclusions. En bonne logique, il serait en effet surprenant de voir les politiques de ces tendances se battre pour une int&#233;gration f&#233;d&#233;raliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A fortiori, si l'Europe &#233;tait divis&#233;e, et sans majorit&#233; politique, on voit mal une grande ambition se mettre en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas donc, la probabilit&#233; n'est pas &#224; l'&#233;dification d'un d&#233;fense europ&#233;enne cr&#233;dible, mais &#224; un compromis plus ou moins boiteux entre des vell&#233;it&#233;s au mieux partielles, et le maintien d'une importante d&#233;pendance de l'Europe par rapport aux Etats-Unis, qui eux, au contraire, auront de plus en plus l'&#339;il tourn&#233; ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire alors&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, les impr&#233;cations cens&#233;ment moralisantes de go&#251;t europ&#233;en ne servent pas &#224; grand-chose. Et le risque majeur pour un pays comme la France est de voir les moyens subsistants de son autonomie inutilement g&#226;ch&#233;s dans une tentative de f&#233;d&#233;ralisme militaire sans espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les relations transatlantiques sont &#224; un vrai tournant, mais ce n'est pas celui qu'y voit l'Europe officielle. Au-del&#224; m&#234;me de l'idiosyncrasie de M. Trump, le fait de base n'est pas la divergence id&#233;ologique, m&#234;me si elle n'est pas n&#233;gligeable, car depuis maintenant un certain temps, et de plus en plus, l'id&#233;ologie occidentale de ces derni&#232;res ann&#233;es n'est pas la r&#233;ponse aux questions du jour, notamment g&#233;opolitiques ; et elle passe mal dans le reste du monde. C'est l'&#233;volution g&#233;opolitique, et le fait que face &#224; ces questions nouvelles, l'Europe elle-m&#234;me, comme construction, n'est pas une r&#233;ponse &#8211; m&#234;me si en soi la coop&#233;ration europ&#233;enne est une bonne chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule puissance nucl&#233;aire en Europe, seule puissance ayant gard&#233; une certaine cr&#233;dibilit&#233; et une certaine exp&#233;rience malgr&#233; son format militaire miniaturis&#233;, poss&#233;dant un domaine maritime immense, c'est la France elle-m&#234;me qui est la r&#233;ponse essentielle &#224; la question de sa d&#233;fense.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;rive europ&#233;enne : la norme au lieu de la d&#233;cision </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-derive-europeenne-la-norme-au-lieu-de-la-decision.html</link>
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		<dc:date>2026-01-24T16:25:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>
		<dc:subject>Norme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si l'Union europ&#233;enne appara&#238;t de plus en plus d&#233;pass&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, ce n'est pas une surprise, ni le hasard de d&#233;cisions malheureuses. En fait c'est dans sa nature profonde que r&#233;side le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une raison simple : elle n'a pas &#233;t&#233; construite pour d&#233;cider et &#233;laborer une v&#233;ritable strat&#233;gie. A un double niveau : d'abord parce que c'est une construction fondamentalement id&#233;ologique, avec la cons&#233;quence qu'on y gouverne &#224; partir d'id&#233;es a priori et non par de vrais choix strat&#233;giques et donc politiques ; ensuite, parce que son organisation et son mode de prise de d&#233;cision confortent cette orientation fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc sortir de ce sch&#233;ma mental mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Norme-+.html" rel="tag"&gt;Norme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/euro-76019_1920.jpg?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'Union europ&#233;enne appara&#238;t de plus en plus d&#233;pass&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, ce n'est pas une surprise, ni le hasard de d&#233;cisions malheureuses. En fait c'est dans sa nature profonde que r&#233;side le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;rive europ&#233;enne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait de base : le d&#233;crochage de l'Europe en termes &#233;conomiques et technologiques. Or il co&#239;ncide clairement avec la formation de l'Union europ&#233;enne actuelle, celle de Maastricht. Cyrille Dalmont (Figaro Vox 19 d&#233;cembre 2025) note ainsi que la part europ&#233;enne du PIB mondial est pass&#233;e de 25 % en 1990 &#224; 14 % aujourd'hui, malgr&#233; l'extension du nombre de membres. La comparaison avec les Etats-Unis est encore plus frappante. En 1992, les deux zones pesaient &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me poids dans l'&#233;conomie mondiale, l'Europe b&#233;n&#233;ficiant m&#234;me d'un l&#233;ger avantage. Mais en 2024, le PIB par habitant aux &#201;tats-Unis en 2024 est de 84 809 dollars contre 43 145 dollars au sein de l'Union europ&#233;enne (Banque mondiale). Toujours selon Dalmont, sur les 1 000 plus grandes entreprises technologiques mondiales, les &#201;tats-Unis en concentrent 467, qui repr&#233;sentent plus de 80 % de la capitalisation totale. L'UE n'en rassemble que 139, pour moins de 5 % de la capitalisation globale. Dans les 100 premi&#232;res, le d&#233;s&#233;quilibre est encore plus brutal : 59 entreprises am&#233;ricaines, deux europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on peut ne pas consid&#233;rer que le PNB ou la technologie sont les seuls crit&#232;res d&#233;finitifs pour juger un pays ou ses performances. Mais l'Europe a r&#233;guli&#232;rement affich&#233; sur la p&#233;riode ses ambitions dans ces mati&#232;res. Son &#233;chec relatif est donc patent. Et on ne parle pas de la comparaison avec la Chine - encore moins de la capacit&#233; militaire&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la question : est-ce une simple loup&#233;, une porte qui n'a pas &#233;t&#233; vue ? Ou est-ce structurel ? Dalmont accuse la tendance europ&#233;enne &#224; la surr&#232;glementation : la Commission reconna&#238;t, dit-il, une hausse de 27 % de la charge r&#233;glementaire en dix ans dans les secteurs industriels. Le point est incontestable. Mais au-del&#224; m&#234;me de cette surr&#232;glementation, il faut souligner surtout la tendance europ&#233;enne &#224; voir la r&#233;glementation comme le principal moyen d'action. On &#233;met des normes au lieu de cr&#233;er. Mais on ne pr&#233;pare pas un avenir ni ne d&#233;finit une strat&#233;gie en empilant des normes : celles-ci peuvent avoir un sens dans des limites raisonnables, mais cela suppose qu'il y ait en sous-jacent une dynamique, une position gagnante, et donc une volont&#233; strat&#233;gique, partag&#233;e dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est ce que l'Union europ&#233;enne est incapable de produire. Pour une raison simple : elle n'a pas &#233;t&#233; construite pour cela. A un double niveau : d'abord parce que c'est une construction fondamentalement id&#233;ologique, avec la cons&#233;quence qu'on y gouverne &#224; partir d'id&#233;es a priori et non par de vrais choix strat&#233;giques et donc politiques ; ensuite, parce que son organisation et son mode de prise de d&#233;cision confortent cette orientation fondamentale. Certes, on retrouve par l&#224; un &#233;cho de ce qu'on constate dans les pays membres eux-m&#234;mes, de fa&#231;on amplifi&#233;e et radicalis&#233;e. Mais la diff&#233;rence est qu'au niveau europ&#233;en, c'est inh&#233;rent &#224; la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'erreur d'un moralisme id&#233;ologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tour par le choix moral permet de le comprendre mieux. Comment en effet fonde-t-on ses choix, sinon sur une id&#233;e de ce qu'il est bon de faire, ce qui suppose qu'on ait cette id&#233;e du bien, donc au sens large une forme d'&#233;thique ou morale ? Il y a pour simplifier trois conceptions : l'&#233;thique de responsabilit&#233; (cons&#233;quentialiste), l'&#233;thique d&#233;ontologique (kantienne), l'&#233;thique du jugement &#233;clair&#233; (aristot&#233;licienne). Or il y a une affinit&#233; entre le syst&#232;me de pens&#233;e dominant, notamment au niveau europ&#233;en, et la logique d&#233;ontologique, de type kantien. On pose des principes a priori, suppos&#233;s de valeur universelle, et on juge la situation &#224; partir de l&#224;. Le soutien &#224; l'Ukraine, ou l'entr&#233;e des migrants, sont typiques de ce genre de raisonnement, tellement en faveur au niveau europ&#233;en. Bien entendu, derri&#232;re, d'autres motivations peuvent appara&#238;tre, ou se cacher, qui sont de logique diff&#233;rente. Mais m&#234;me s'il y a une certaine hypocrisie, la mani&#232;re dont elle se manifeste et s'habille est sp&#233;cifique ; et en r&#233;alit&#233; l'id&#233;ologie est centrale dans le d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, le syst&#232;me impose une id&#233;ologie, celle du politiquement correct, en s'appuyant sur le r&#244;le croissant des juges, qui se substitue aux politiques, ou impose aux citoyens des r&#232;gles qu'ils n'ont jamais valid&#233;es. Et surtout le raisonnement juridique lui-m&#234;me est typiquement de type d&#233;ontologique ou kantien. Or ce n'est pas le bon mode d'exercice de la justice, comme Adrian Vermeule l'a brillamment rappel&#233; dans le cas de la constitution am&#233;ricaine. Tout autre en effet est l'approche de la morale des vertus, &#224; savoir d'un jugement moral visant &#224; la recherche d'un bien objectif qui s'appr&#233;cie en conscience au vu de la situation, sous l'&#233;clairage de principes mais sans automatisme &#8211; ce qui suppose d'abord une formation morale adapt&#233;e du juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me remarque vaut pour tout d&#233;cideur. Celui qui d&#233;cide est celui qui prend ses responsabilit&#233;s au vu de la situation, en choisissant la voie qui en conscience lui para&#238;t la bonne. Et pas en d&#233;clinant un syst&#232;me de pens&#233;e pr&#233;construit, qu'ensuite il suit aveugl&#233;ment ; &#224; nouveau, l'Ukraine ou les migrants en sont des exemples consternants. Dans un cas, on refuse obstin&#233;ment de tenir compte de la r&#233;alit&#233; de ce qu'est un conflit, et on poursuit au nom de principes abstraits un combat d&#233;sormais perdu, apr&#232;s avoir sacrifi&#233; des actifs majeurs en Russie et cr&#233;&#233; un handicap &#233;nerg&#233;tique d&#233;vastateur. Dans l'autre, on d&#233;clenche puis encourage une acc&#233;l&#233;ration torrentielle de migrations dont on s'acharne &#224; miner toute possibilit&#233; r&#233;aliste de les contenir, toujours au nom de principes abstraits &#8211; malgr&#233; la tr&#232;s relative inflexion r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cision et responsabilit&#233; personnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle mani&#232;re de proc&#233;der a un autre inconv&#233;nient majeur : celui d'encourager et de faciliter un des vices majeures de nos soci&#233;t&#233;s : l'irresponsabilit&#233;. Dans un grand nombre de domaines, les d&#233;cisions sont prises de plus en plus sur la base de suppos&#233;es constatations m&#234;lant a priori id&#233;ologie et suppos&#233;es expertises, face &#224; quoi on explique aux m&#233;dias g&#233;n&#233;ralement complices et &#224; la population qu'il n'y pas d'autre choix. Cela permet d'&#233;luder toute vraie responsabilit&#233; personnelle des suppos&#233;s dirigeants. Nassim Taleb l'avait rappel&#233; avec force dans son livre Skin in the game : il y a un ab&#238;me entre celui qui d&#233;cide personnellement en ayant un enjeu personnel direct, c'est-&#224;-dire en engageant sa responsabilit&#233;, et celui qui d&#233;cide sans que l'effet de la d&#233;cision, bon ou mauvais, l'affecte r&#233;ellement. Autrefois, le second cas pouvait prendre la figure du potentat &#224; l'ancienne, jugeant selon son arbitraire personnel. Mais dans nos soci&#233;t&#233;s, cela prend essentiellement la figure de celui qui d&#233;cide en s'abritant derri&#232;re les normes d'un c&#244;t&#233;, les proc&#233;dures de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cas des institutions europ&#233;ennes en est un exemple spectaculaire : pour la plupart non &#233;lues, sinon indirectement, et pour un temps bref, elles ne se retrouvent jamais face &#224; des &#233;lecteurs qui pourraient leur demander des comptes. M&#234;me les parlementaires y sont &#233;lus en fait sur une base politique nationale ; et lorsqu'il y a de nouvelles &#233;lections, personne ne fait de lien entre eux et ce qu'ils ont vot&#233; pendant leur mandat. L'irresponsabilit&#233; y atteint donc un degr&#233; spectaculaire, consid&#233;rablement plus qu'au niveau des Etats membres (encore que les dirigeants de ces derniers s'en tirent souvent &#224; rejetant la responsabilit&#233; sur &#171; l'Europe &#187; - bien entendu sans qu'on sache qui est vis&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien ce m&#233;canisme m&#234;lant irresponsabilit&#233; et choix proc&#233;duraux ou id&#233;ologiques qui est la cause centrale de l'&#233;chec des institutions europ&#233;ennes, et derri&#232;re elles, une des causes majeures (avec d'autres) du recul g&#233;n&#233;ral des pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur&lt;/i&gt; Politique Magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Trump et sa Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale : changeons notre logiciel</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-Strategie-de-Securite-nationale-de-Trump-changeons-notre-logiciel.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-Strategie-de-Securite-nationale-de-Trump-changeons-notre-logiciel.html</guid>
		<dc:date>2026-01-12T08:05:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Ordre international</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre des d&#233;mocraties</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La nouvelle Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale, qu'a sortie l'administration Trump en novembre dernier, a suscit&#233; une &#233;motion consid&#233;rable en Europe, et a &#233;t&#233; largement comment&#233;e. Mais il faut aller au-del&#224; de ces commentaires trop souvent convenus et plut&#244;t r&#233;v&#233;lateurs des a priori des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; c'est dans l'emballage id&#233;ologique que r&#233;side la principale nouveaut&#233;, et cela laisse les Europ&#233;ens bien isol&#233;s, entre pr&#233;tentions moralisantes et incapacit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;opolitique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ordre-international-+.html" rel="tag"&gt;Ordre international&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-des-democraties-+.html" rel="tag"&gt;Guerre des d&#233;mocraties&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Securite-nationale-+.html" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233; nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/geopolitics-9502437_1280.jpg?1787417298' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La nouvelle Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale, qu'a sortie l'administration Trump en novembre dernier, a suscit&#233; une &#233;motion consid&#233;rable en Europe, et a &#233;t&#233; largement comment&#233;e. Mais il faut aller au-del&#224; de ces commentaires trop souvent convenus et plut&#244;t r&#233;v&#233;lateurs des a priori des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une vision d'ensemble nationale mais pragmatique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau du positionnement global, le fait majeur est bien s&#251;r l'abandon de tout pr&#233;tention id&#233;ologique d'ensemble, de la grande croisade des d&#233;mocraties, et du r&#244;le des Etats-Unis &#224; sa t&#234;te. L'id&#233;e est au contraire la priorit&#233; que chaque Etat doit &#224; ses int&#233;r&#234;ts nationaux, pr&#233;sent&#233;e m&#234;me comme la meilleure solution pour tous au niveau global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains en ont d&#233;duit que cela aboutirait &#224; une hausse de la conflictualit&#233; ainsi qu'au partage du monde en sph&#232;res d'influences. Or si on peut d&#233;battre des cons&#233;quences possibles, ce n'est pas ce que dit viser le texte. D'une part, cette conception nouvelle n'est pas n&#233;cessairement bellig&#232;ne par principe puisqu'elle proclame en m&#234;me temps l'importance de la paix. On sait l'attachement de Trump &#224; se pr&#233;senter comme faiseur de paix, ce que le document rappelle &#8211; m&#234;me si dans son optique cela n'exclut pas des op&#233;rations militaires ponctuelles mais muscl&#233;es (Iran, Venezuela). D'autre part, le comportement de ce m&#234;me Trump est fondamentalement transactionnel, et domin&#233; par les consid&#233;rations &#233;conomiques &#8211; vues sous un angle brutal. D'o&#249; l'importance centrale dans tout le document de la s&#233;curit&#233; des approvisionnements (hydrocarbures notamment), et de la libert&#233; des mers. C'est en partie cet accent mis sur ces divers aspects qui explique l'absence de d&#233;signation explicite de la Russie ou de la Chine comme adversaires strat&#233;giques ou comme menace radicale, qu'on attendait naturellement dans un tel document. C'est n'est qu'en creux qu'une telle menace appara&#238;t, ainsi en mer de Chine, et trait&#233;e sous l'angle de la libert&#233; des mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas non plus se dessiner une id&#233;e de partage du monde en v&#233;ritables zones d'influence h&#233;g&#233;moniques. Certes, en Am&#233;rique latine, le texte propose une version durcie de la doctrine Monroe et exclut toute pr&#233;sence jug&#233;e dangereuse d'une puissance autre. Mais ce n'est pas parce qu'un partage global du monde en sph&#232;res serait explicitement promu ; c'est la cons&#233;quence logique du primat national, visant &#224; assurer une d&#233;fense renforc&#233;e des int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains, tant en termes d'approvisionnement, de s&#233;curit&#233; que de lutte contre des menaces diverses (drogues, migrants). On ne voit d&#232;s lors pas dans le texte que les Etats-Unis s'interdisent d'intervenir o&#249; que ce soit, m&#234;me si ce n'est plus par id&#233;ologie : aucune zone d'influence n'est reconnue &#224; qui que ce soit d'autre. D'ailleurs, quant aux autres zones, la relativisation du Moyen Orient n'est qu'apparente, et l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique reste fort ; et l'importance de l'Asie, notamment c&#244;ti&#232;re, est maintenue. Il ne s'agit pas non plus d'assumer une h&#233;g&#233;monie globale, d'autant que cette derni&#232;re impliquerait une certaine responsabilit&#233; de l'h&#233;g&#233;mon envers ses vassaux : or ce n'est pas l'id&#233;e du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les aspects g&#233;ographiques et id&#233;ologiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Europe, le traitement tr&#232;s particulier qui lui est fait est justifi&#233; par la proximit&#233; culturelle et politique, plus que comme l'appartenance de celle-ci &#224; une zone d'influence. Il n'y a pas non plus dans le texte le d&#233;sengagement pur et simple que beaucoup y ont vu &#8211; m&#234;me si le soutien devient plus conditionnel. Ni de vassalisation au sens propre, du moins pas plus qu'auparavant m&#234;me si l&#224; aussi le rapport est plus brutal ; encore moins l'id&#233;e que l'Europe serait un ennemi. Bien entendu, on retrouve le couplet d&#233;sormais central sur le partage des frais et de l'effort de d&#233;fense ; mais il n'est pas nouveau, m&#234;me s'il est mani&#233; plus agressivement. Plus nouveau est le fait que la mention de l'affinit&#233; culturelle et politique reconnue entre elle et les Etats-Unis tende &#224; d&#233;placer la motivation g&#233;opolitique : si on suit le texte, l'Europe est toujours une cousine, mais moins un enjeu strat&#233;gique. Corr&#233;lativement, le texte insiste comme on sait avec force sur ce qui est per&#231;u comme sa d&#233;cadence sur bien des points : &#233;conomie, migrants, wokisme, patriotisme etc. Il y a l&#224; un clair m&#233;pris, mais aussi &#224; sa fa&#231;on, une demande de redressement. Cela explique d&#233;j&#224; en partie le d&#233;couplage relatif sur des dossiers comme l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le d&#233;couplage le plus marqu&#233; avec l'Europe est id&#233;ologique ; il y a rupture du consensus relatif auparavant affich&#233; des deux c&#244;t&#233;s. Le message est : 1. Nous nous redressons, faites de m&#234;me. 2. Vous &#234;tes plus atteints que nous, avec votre machin bruxellois, votre go&#251;t pour les grandes phrases, et votre irresponsabilit&#233;. 3. Nous aiderons ceux chez vous qui vont dans le bon sens, les vrais patriotes (ce qu'on comprend comme d&#233;bouchant sur un soutien aux populistes ou &#224; &#171; l'extr&#234;me-droite &#187; - m&#234;me si les modalit&#233;s n'en sont pas claires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons cependant encore qu'en r&#233;alit&#233;, cette opposition id&#233;ologique traverse les Etats-Unis autant que l'Europe. Apr&#232;s tout, le wokisme et l'id&#233;ologie DEI ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es l&#224;-bas (quelles qu'en soient les sources intellectuelles europ&#233;ennes) avant d'&#234;tre r&#233;export&#233;s en Europe. De ce point de vue, la rupture id&#233;ologique entre les partenaires ne serait confirm&#233;e par la suite que si chacun d'eux persistait dans sa voie actuelle sur la dur&#233;e, ce qui ne va de soi ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre. Mais ceci &#233;tant not&#233;, la divergence en cours ne peut &#234;tre sous-estim&#233;e, car elle n'a pas de pr&#233;c&#233;dent. Et les r&#233;actions europ&#233;ennes, plut&#244;t r&#233;serv&#233;es c&#244;t&#233; officiel, effarouch&#233;es c&#244;t&#233; commentateurs, sont symptomatiques de la sid&#233;ration qu'elles r&#233;v&#232;lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un sens, ce discours nouveau, quelque peu agressif, met &#224; sa fa&#231;on en &#233;vidence les pr&#233;suppos&#233;s progressistes en Europe, politiquement corrects et pr&#233;tendument unanimes. Pourtant l'&#233;vidence &#233;lectorale de la mont&#233;e de ce qu'on y appelle populisme montre que cette unanimit&#233; vaut surtout pour l'Europe officielle. Inversement la sc&#232;ne am&#233;ricaine est de son c&#244;t&#233; loin d'&#234;tre acquise au trumpisme, et peut donc encore changer d'orientation. Mais dans ce cas, il est peu probable que l'avenir d&#233;bouchera sur un retour aux relations euro-am&#233;ricaines ant&#233;rieures : l'id&#233;e que l'Europe est d&#233;sormais hors du coup est r&#233;pandue l&#224;-bas, non sans motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques remarques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'insistera pas ici sur les d&#233;fauts du trumpisme, que ce texte met aussi en &#233;vidence : la brutalit&#233; et le ton peu diplomatique voire cynique, peu propre &#224; pr&#233;parer un monde apais&#233; ; l'obsession de la transaction et du commerce ; l'assurance pr&#233;matur&#233;e qu'on entrerait dans une nouvelle phase d'Am&#233;rique &#171; great again &#187; ; et peut-&#234;tre surtout l'absence de strat&#233;gie structurelle (de politique industrielle notamment, mais aussi de suivi dans les op&#233;rations) etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux points sont en revanche &#224; souligner plus particuli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est la question d&#233;sormais centrale des nouveaux principes sur lesquels se construira l'&#233;quilibre international de demain. L'insistance trumpienne sur l'int&#233;r&#234;t national, m&#234;me temp&#233;r&#233;e par le souci affich&#233; de la paix, exprime au fond une r&#233;alit&#233; permanente qui n'avait jamais disparu. Ce qui est plus nouveau est de le mettre en avant de fa&#231;on aussi nue et froide ; m&#234;me si c'est entre autres pour &#233;liminer l'emballage id&#233;ologique ou juridique qui &#233;tait de mise auparavant. Or un tel changement n'est pas neutre, s'il devient permanent. D'un c&#244;t&#233;, comme beaucoup l'ont not&#233;, il peut justifier chez d'autres puissances un degr&#233; plus &#233;lev&#233; d'agressivit&#233; et de cynisme &#8211; m&#234;me si en r&#233;alit&#233; agressivit&#233; et cynisme sont d&#233;j&#224; bien r&#233;pandus : la Russie n'a pas attendu cela pour intervenir sur sa p&#233;riph&#233;rie, sans parler des comportements am&#233;ricains. D'autre part, il s'accompagne en l'esp&#232;ce d'un usage excessif du pur rapport de forces pour obtenir des avantages dissym&#233;triques et pour certains manifestement iniques, ainsi en mati&#232;re douani&#232;re entre Am&#233;rique et Europe. M&#234;me l'accent mis sur le commerce est vu sur le mode agressif et confrontationnel. De ce point de vue, autant le fait de balayer la vision ant&#233;rieure, pseudo-bienveillante et en r&#233;alit&#233; agressive voire hypocrite, de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme, est en soi plut&#244;t bienvenu, autant on ne peut que d&#233;plorer que ce n'est pas remplac&#233; par une perspective satisfaisante, offrant une vraie perspective de paix : en un mot, le r&#233;alisme n'implique pas de renoncer &#224; toute id&#233;e de bien commun. Je publierai d'ailleurs dans les mois qui viennent un petit livre sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second point vise justement l'id&#233;ologie, et ici la balle est dans le camp europ&#233;en : va-t-il se raidir dans son attachement &#224; la suppos&#233;e grande croisade du bien contre le mal &#8211; dont il n'a d'ailleurs les moyens ni militaires, ni technologiques, ni industriels ? Ce qui va dans ce sens est le discours r&#233;pandu en Europe selon lequel l'Am&#233;rique de Trump rejoindrait le camp des m&#233;chants, autoritaires et agressifs, avec en leur centre la Russie et la Chine. D'o&#249; la tentation, face &#224; cette &#171; coalition &#187; mena&#231;ante, de la mutation de l'Europe en un &#233;trange &#171; Camp des Saints &#187;. Mais en r&#233;alit&#233;, les id&#233;ologues sont les Europ&#233;ens. Russes et Chinois peuvent &#234;tre de r&#233;elles menaces, &#233;videmment, surtout les seconds - notamment en &#233;conomie ; mais c'est par une politique de puissance &#224; l'ancienne, pas &#224; la fa&#231;on id&#233;ologique de l'URSS. De ce point de vue, le trumpisme est plus r&#233;aliste, m&#234;me si on peut douter de son succ&#232;s &#224; terme, qui demanderait un tout autre effort sur la dur&#233;e, notamment en &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;duit de ces deux points que la t&#226;che d'un pays comme la France est de se red&#233;finir, sur la base d'une mutation mentale majeure, en sortant du cadre de pens&#233;e actuel, lequel n'a jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement justifi&#233;, mais qui est d&#233;sormais compl&#233;tement d&#233;cal&#233; de la r&#233;alit&#233;. C'est la voie d'un patriotisme renouvel&#233;, lucide et exigeant, qui s'attache &#224; retrouver une place digne sur la sc&#232;ne actuelle, sans que cela sacrifie aucun id&#233;al v&#233;ritable - car l'id&#233;al n'a de sens que fond&#233; sur le r&#233;el. Et le r&#233;el commence par la capacit&#233; &#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma : &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/trump-et-sa-strategie-de-securite-nationale-changeons-notre-logiciel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/trump-et-sa-st...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trump face &#224; la logique de la guerre</title>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


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&lt;p&gt;Donald Trump a beaucoup insist&#233; sur une dimension de son programme : la recherche de la paix, la fin des guerres id&#233;ologiques, et le terme mis aux guerres existantes, en premier lieu l'Ukraine et Gaza. On lui pr&#234;te m&#234;me le d&#233;sir d'obtenir le Prix Nobel de la Paix, comme avant lui Barack Obama (m&#234;me si avec le recul ce dernier n'est pas tr&#232;s convaincant). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a pu mettre en avant plusieurs interventions qui pourraient avoir eu une influence r&#233;elle dans le sens de la paix, entre Tha&#239;s et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Logique-de-la-guerre-+.html" rel="tag"&gt;Logique de la guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Recherche-de-la-paix-+.html" rel="tag"&gt;Recherche de la paix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/istockphoto-182187699-612x612.webp?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Donald Trump a beaucoup insist&#233; sur une dimension de son programme : la recherche de la paix, la fin des guerres id&#233;ologiques, et le terme mis aux guerres existantes, en premier lieu l'Ukraine et Gaza. On lui pr&#234;te m&#234;me le d&#233;sir d'obtenir le Prix Nobel de la Paix, comme avant lui Barack Obama (m&#234;me si avec le recul ce dernier n'est pas tr&#232;s convaincant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a pu mettre en avant plusieurs interventions qui pourraient avoir eu une influence r&#233;elle dans le sens de la paix, entre Tha&#239;s et Cambodgiens, entre Indiens et Pakistanais, etc. Mais ce sont l&#224; des dossiers mineurs par rapports aux deux o&#249; il est vraiment attendu, l'Ukraine et Gaza. Sur ceux-l&#224; il a donn&#233; longtemps et donne encore souvent l'impression de patiner, loin de ses promesses initiales de r&#233;gler tout cela facilement et rapidement. M&#234;me s'il vient de marquer un point sur Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut, semble-t-il, admettre que sa volont&#233; de chercher la paix est r&#233;elle &#8211; m&#234;me s'il a un faible pour les solutions de force. On sait en outre que la connaissance intime de la vie internationale n'est pas son fort. Mais cela n'explique pas tout ce qui se passe. On a en effet l'impression qu'il explore successivement plusieurs hypoth&#232;ses sur tel ou tel aspect de ces conflits, pour ensuite d&#233;couvrir d'autres dimensions qui lui montrent que l'&#233;quation est plus complexe qu'il n'apparaissait. Ce faisant il progresse ; mais les probl&#232;mes r&#233;sistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme ukrainien &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; est particuli&#232;rement nette dans le cas de l'Ukraine. Tant&#244;t il fait un geste en faveur de Poutine, voit des possibilit&#233;s de coop&#233;ration fructueuse avec la Russie, comprend que Poutine ne fera jamais la paix en l&#226;chant les territoires conquis ou en laissant les troupes occidentales s'installer en Ukraine. Tant&#244;t au contraire il menace la Russie de sanctions terribles, livre des armes &#224; Kiev, d&#233;clare la victoire de ce dernier possible, et se brouille avec l'Inde pour la punir d'acheter du p&#233;trole russe. Tant&#244;t il insulte publiquement Zelenski, lui reprochant son ingratitude et son irr&#233;alisme, tant&#244;t il s'entretient cordialement avec lui. Tant&#244;t il court-circuite les Europ&#233;ens, tant&#244;t il les remet dans le jeu en vue de garanties &#224; donner &#224; l'Ukraine, et surtout pour payer les frais de le guerre en achetant du mat&#233;riel am&#233;ricain. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; du processus d'apprentissage, d'une m&#233;thode bizarre de n&#233;gociation, ou du jeu normal de l'exploration des options, il semble qu'il y ait un autre facteur plus profond, une certaine ignorance ou sous-estimation de la logique de la guerre. Je l'avais not&#233; dans une pr&#233;c&#233;dent article sur ce m&#234;me site, en juin 2022 : &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ukrai...&lt;/a&gt; (paix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties, qui obtient un r&#233;sultat la conduisant &#224; cesser les op&#233;rations une fois son but atteint, ou conduisant l'autre &#224; jeter l'&#233;ponge. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent, et le statu quo a des chances de se stabiliser au moins pour un temps. Bien entendu, un tel arr&#234;t des op&#233;rations n'est pas n&#233;cessairement d&#233;finitif. En effet apr&#232;s un moment de cessation des hostilit&#233;s, si le choc des volont&#233;s subsiste, la reconstruction des forces rend possible une reprise des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans tous les cas, tant que ces facteurs de terminaison n'ont pas op&#233;r&#233; suffisamment, la guerre continue, car les motifs qui y ont conduit restent, et le sort des armes auxquels les deux parties ont eu recours n'a pas donn&#233; sa r&#233;ponse. Arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment signifierait en effet pour celui qui va dans ce sens non seulement que tous ses efforts ant&#233;rieurs ont &#233;t&#233; vains, pertes humaines et co&#251;ts mat&#233;riels en premier lieu, mais surtout cela reviendrait &#224; accepter une forme de d&#233;faite avant qu'elle soit acquise ; or il avait par hypoth&#232;se d&#233;cid&#233; de se battre. D&#232;s lors il continue, et l'adversaire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le notais d&#233;j&#224;, la guerre en cours entre la Russie ou l'Ukraine en fournit une bonne illustration. La Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien ; elle a une relative sup&#233;riorit&#233; mat&#233;rielle ; elle n'est pas &#224; genoux &#233;conomiquement ; elle n'a donc a priori aucune raison de s'arr&#234;ter. L'Ukraine vise &#233;videmment &#224; r&#233;cup&#233;rer son territoire ant&#233;rieur ; elle a bien mieux r&#233;sist&#233; que ce que les experts pensaient, et re&#231;oit une aide cons&#233;quente des Occidentaux. Elle continue donc la lutte. Tant que ces facteurs seront &#224; l'&#339;uvre (donc tant qu'il n'y a pas selon les cas perc&#233;e militaire, effondrement &#233;conomique, &#233;puisement des perspectives etc.), la guerre continuera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'ext&#233;rieur, seule une action tr&#232;s puissante pourrait &#233;ventuellement changer cet &#233;tat des choses. Mais pour Trump, cela supposerait une toute autre strat&#233;gie que celle qu'il a suivi : soit intensifier tr&#232;s brutalement les sanctions et surarmer l'Ukraine, avec de gros risques et sans &#234;tre s&#251;r que cela marche, loin de l&#224; ; surtout quand on voit, comme Trump l'a fait remarquer, les h&#233;sitations des Europ&#233;ens &#224; aller au bout de la logique des sanctions, en frappant avec d&#233;termination l'Inde et la Chine &#8211; excusez du peu. Soit, au contraire, tordre le bras de Zelenski et des Europ&#233;ens, mais dans ce qui pourrait appara&#238;tre comme une capitulation &#8211; et l&#224; encore, en supposant que cela marche. D'o&#249; l'h&#233;sitation : il a jou&#233; successivement avec ces id&#233;es diverses. Il apprend en cours de route, mais cela ne donne pas la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres le&#231;ons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un point qui n'est pas assez soulign&#233; est le r&#244;le innovateur des guerres r&#233;elles, particuli&#232;rement &#233;vident ici en Ukraine avec l'usage des drones et autres syst&#232;mes qui ont radicalement remis en cause ou en tout cas redimensionn&#233; dans un certain usage le r&#244;le d'armes autrefois centrales comme les chars, les h&#233;licopt&#232;res de combat ou m&#234;me les avions. Le fait est clairement per&#231;u par tous mais on est loin d'en tenir toutes les cons&#233;quences, notamment aux &#201;tats-Unis et en Europe. Car ce sont pratiquement des arm&#233;es nouvelles qu'il faudrait mettre sur pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, cela conduit &#224; revoir en profondeur le rapport de force r&#233;el sur le continent europ&#233;en. Car les deux seules arm&#233;es qui ont une exp&#233;rience intense et compl&#232;te de ces nouvelles r&#233;alit&#233;s du combat sont l'ukrainienne et la russe. Actuellement elles se battent. Mais lorsque la guerre sera finie, elles seront sous une certain angle surpuissantes par rapport aux arm&#233;es occidentales. Et donc la Russie, &#224; mon sens peu dangereuse avant 2022 contrairement &#224; l'id&#233;e re&#231;ue, peut le devenir une fois les hostilit&#233;s termin&#233;es. En tout cas, elle aura les moyens d'autres ambitions. Mais l'Ukraine, &#233;videmment non mena&#231;ante, totalement ravag&#233;e, aura &#224; ce moment-l&#224; d&#233;velopp&#233; une sp&#233;cialit&#233; rare et recherch&#233;e : la conduite de la guerre moderne, et l'armement correspondant. Il ne faudra oublier ni l'un ni l'autre lorsqu'on consid&#233;rera les conditions de la paix. Mais d'ici l&#224;, cela colore les positions des uns et des autres ; et ni c&#244;t&#233; russe ni c&#244;t&#233; ukrainien, cela ne pousse &#224; la paix, tant qu'un certain seuil n'est pas atteint, contraignant &#224; s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gu&#234;pier moyen-oriental et Gaza &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage est diff&#233;rent, mais plus prometteur &#224; Gaza. Au d&#233;part, la m&#234;me logique est &#224; l'&#339;uvre. Laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, &#224; court terme, d'un c&#244;t&#233; Netanyahou et derri&#232;re lui une partie appr&#233;ciable d'Isra&#235;l excluait d'arr&#234;ter les op&#233;rations tant que le Hamas subsistait et gardait des otages. D'un autre c&#244;t&#233;, le Hamas n'avait pas de raisons de capituler, malgr&#233; la sup&#233;riorit&#233; militaire &#233;crasante d'Isra&#235;l, d'autant que les souffrances des Gazaouis ne le g&#234;nent pas (c'est son bouclier humain), et le servaient diplomatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Trump, cela se compliquait du tiraillement entre ses liens avec Isra&#235;l d'un c&#244;t&#233;, ses amiti&#233;s arabes de l'autre, notamment dans la P&#233;ninsule arabique. Mais il a ind&#233;niablement l&#224; aussi appris en cours de route, notamment &#224; &#233;couter un peu plus. Et surtout il a ici des moyens de pression bien plus substantiels qu'en Ukraine. D&#232;s lors, un accord de cessez-le-feu a pu appara&#238;tre possible, d'o&#249; son plan. On verra ce que l'op&#233;ration donnera finalement, mais cela peut permettre, dans le meilleur des cas, d'arr&#234;ter les hostilit&#233;s actuelles &#224; Gaza m&#234;me. Ce qui est une excellente chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, plus profond&#233;ment, les vrais objectifs strat&#233;giques des deux c&#244;t&#233;s restent non seulement radicalement incompatibles, mais chacun structurel : pour Isra&#235;l, sauf pour une minorit&#233;, c'est le refus d'un Etat palestinien et la poursuite de la colonisation, au moins en Cisjordanie, avec &#224; l'horizon au moins implicite un &#233;tat juif sur l'essentiel de la Palestine. Pour le Hamas (ou, s'il dispara&#238;t, un autre mouvement du m&#234;me type), c'est la destruction d'Isra&#235;l. M&#234;me un observateur ext&#233;rieur bienveillant a du mal &#224; discerner une solution &#233;quitable, dans ce conflit sans bonne solution, deux peuples se disputant une seule terre. Voir ici &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;. D'autant que la logique de l'antagonisme fait que chacune des parties voit l'autre, et de plus en plus, comme une menace existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, si Trump peut &#233;ventuellement r&#233;ellement imposer une forme de paix relative, un arr&#234;t momentan&#233; des combats en cours, cela ne r&#233;soudra pas la question de fond - m&#234;me si une telle pause serait &#233;videmment bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas donc, en conclusion, les p&#233;rip&#233;ties n'ont rien pour surprendre. Cela ne veut pas dire que les conflits dureront ind&#233;finiment, la logique m&#234;me de la guerre s'y oppose. Mais cela peut durer longtemps encore. Et surtout, tout arr&#234;t des combats peut n'&#234;tre qu'une &#233;tape dans un conflit s&#233;culaire plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nobel attendra ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/trump-face-a-la-logique-de-la-guerre/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/trump-face-a-l...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Conflits arm&#233;s et bases &#233;conomiques : changer notre regard</title>
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		<dc:date>2025-07-14T07:26:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Base &#233;conomique des conflits</dc:subject>
		<dc:subject>Puissance industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On conna&#238;t l'importance de la base &#233;conomique de la puissance. Mais plusieurs d&#233;veloppements nouveaux conduisent &#224; prendre du recul et &#224; remettre en cause certains sch&#233;mas &#233;tablis. Notamment on a eu tendance &#224; oublier que les facteurs &#233;conomiques de puissance du temps de paix ne sont pas les m&#234;mes en cas de conflit. Cela vaut notamment pour la vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos, ou pour la capacit&#233; industrielle &#8211; armement ou construction navale. Inversement la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Superiorite-guerriere-+.html" rel="tag"&gt;Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Base-economique-des-conflits-+.html" rel="tag"&gt;Base &#233;conomique des conflits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Puissance-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Puissance industrielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/industrial-plant-7527766_640.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t l'importance de la base &#233;conomique de la puissance. Mais plusieurs d&#233;veloppements nouveaux conduisent &#224; prendre du recul et &#224; remettre en cause certains sch&#233;mas &#233;tablis. Notamment on a eu tendance &#224; oublier que les facteurs &#233;conomiques de puissance du temps de paix ne sont pas les m&#234;mes en cas de conflit. Cela vaut notamment pour la vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos, ou pour la capacit&#233; industrielle &#8211; armement ou construction navale. Inversement la puissance financi&#232;re ou la pr&#233;sence de multinationales s'av&#232;rent alors moins d&#233;cisives qu'en temps de paix. Et donc la position des diff&#233;rentes puissances n'est pas la m&#234;me. Cela concerne en outre plus sp&#233;cifiquement la France, qui est dans une situation assez diff&#233;rente de celle des autres pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; le Covid avait mis en &#233;vidence les graves probl&#232;mes que posait la d&#233;pendance d'une &#233;conomie &#224; l'&#233;gard du reste du monde, s'agissant notamment des mati&#232;res premi&#232;res et des cha&#238;nes mondiales de production. Une strat&#233;gie d'approvisionnement rationnelle dans un contexte de circulation assur&#233;e des biens peut se trouver mise en d&#233;faut si un obstacle intervient : une d&#233;cision politique, un embargo, une priorit&#233; donn&#233;e par une puissance exportatrice &#224; ses besoins internes, un nouvel antagonisme, une interruption physique des approvisionnements maritimes. Deux &#233;v&#233;nements de la p&#233;riode r&#233;cente rappellent cependant que les effets de ces ruptures peuvent &#234;tre variables selon les cas : les sanctions contre la Russie d'un c&#244;t&#233;, les &#233;preuves de force quelque peu chaotiques auxquelles se livre Donald Trump de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette derni&#232;re affaire, les Etats-Unis de Trump ont pu mesurer plus que jamais leur degr&#233; &#233;lev&#233; de d&#233;pendance industrielle &#224; l'&#233;gard de la Chine. Les droits de douane envisag&#233;s touchent des flux consid&#233;rables d'approvisionnements non rempla&#231;ables facilement. Et la Chine r&#233;siste &#224; la pression, m&#234;me si elle peut perdre des march&#233;s importants. Cela s'ajoute &#224; la question &#233;galement bien connue des mati&#232;res premi&#232;res, notamment des minerais technologiquement vitaux. La conclusion qui s'en d&#233;duit des deux c&#244;t&#233;s est l'int&#233;r&#234;t de r&#233;duire cette d&#233;pendance r&#233;ciproque. Cela ne para&#238;t pas insurmontable, au moins sur la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les sanctions contre la Russie n'ont pas &#233;t&#233; sans effet, mais pas ceux escompt&#233;s, et l'Europe (qui les a d&#233;cid&#233;es) en a souffert elle aussi, tant sur le co&#251;t de l'&#233;nergie qu'en bradant l'&#233;norme portefeuille d'entreprises qu'elle contr&#244;lait en Russie. L'effet sur la Russie a &#233;t&#233; une massive r&#233;orientation de ses &#233;changes, qui n'&#233;tait certainement pas dans l'int&#233;r&#234;t des Occidentaux. Il est vrai qu'elle a par nature une capacit&#233; d'autarcie importante, encore renforc&#233;e par le fait que c'est un des tr&#232;s rares pays &#224; technologie militaire relativement compl&#232;te et autonome &#8211; n'&#233;tant d&#233;pendante que pour certains composants et produits &#233;labor&#233;s, qu'elle a pu en l'esp&#232;ce trouver en bonne partie ailleurs (contrebande, Chine etc.). Quant aux sanctions financi&#232;res, elles ont rencontr&#233; leurs limites, et en r&#233;alit&#233; minent la cr&#233;dibilit&#233; du syst&#232;me financier global, contr&#244;l&#233; par les Occidentaux : si vous gelez les actifs que vous ont confi&#233;s quelqu'un, la confiance en vous diminue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on voit dans ces exemples, c'est que tout le monde n'est pas log&#233; &#224; la m&#234;me enseigne. Les grands pays construits pour une relative autonomie comme Chine et Russie partent avec un avantage relatif. Ce pourra &#234;tre &#224; terme et &#224; nouveau le cas d'autres qui ont quelque peu n&#233;glig&#233; ce souci, mais qui ont un consid&#233;rable potentiel de r&#233;silience, comme les Etats-Unis. Les pays d'Europe, eux, en sont loin &#8211; m&#234;me si la France se distingue par une certaine capacit&#233; d'autonomie, dans ses syst&#232;mes d'armement et potentiellement ses ressources maritimes. Tr&#232;s vuln&#233;rables sont en revanche d'autres pays, m&#234;me de taille appr&#233;ciable ; comme on l'a vu avec l'Iran, tr&#232;s affaibli par les embargos dans sa capacit&#233; de r&#233;silience - m&#234;me s'il a r&#233;sist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La capacit&#233; industrielle et la technologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de la dimension industrielle et notamment de l'industrie d'armement avait &#233;t&#233; elle aussi un peu perdue de vue ; elle est revenue au premier plan avec la guerre d'Ukraine, &#233;norme consommatrice de ressources, y compris sous la forme la plus simple (munitions). Ce qui suppose une industrie d'armement &#224; tr&#232;s grosse capacit&#233;, permanente ou pouvant monter en r&#233;gime tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vrai dire, l'histoire avait montr&#233; le r&#244;le d&#233;cisif de ce facteur industriel : la d&#233;faite de la marine imp&#233;riale japonaise face aux Am&#233;ricains &#233;tait dans une mesure importante la r&#233;sultante de l'&#233;crasante sup&#233;riorit&#233; industrielle de ces derniers &#224; l'&#233;poque, y compris dans la construction navale. Or la d&#233;sindustrialisation galopante du monde occidental, y compris des Etats-Unis, change radicalement ces donn&#233;es, notamment face &#224; la Chine : celle-ci est d&#233;sormais bien plus puissante industriellement qu'eux, y compris dans la construction navale. Une &#233;ventuelle guerre &#224; propos de Taiwan pourrait donc r&#233;v&#233;ler des surprises : outre le fait que les Am&#233;ricains devraient op&#233;rer tr&#232;s loin de chez eux, ils risqueraient de ne pas tenir sur la dur&#233;e et de se r&#233;v&#233;ler moins puissants qu'on le croit habituellement. Ce &#224; quoi s'ajoutent leurs difficult&#233;s &#224; trouver des marins et le vieillissement de leur flotte. Certes, la marine chinoise n'a pas d'exp&#233;rience de guerre, mais la japonaise n'en avait pas non plus lorsqu'elle a &#233;cras&#233; la marine russe &#224; Tsushima ; et surtout elle peut supporter des pertes bien plus importantes en reconstituant ses forces. Le d&#233;bat fait d'ailleurs rage aux Etats-Unis sur les moyens de reconstituer des chantiers navals moins &#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me est la dimension technologique. Autant il est illusoire de ne compter que sur la technologie dans des conflits o&#249; le facteur humain reste crucial, autant elle a montr&#233; sa capacit&#233; &#224; faire la diff&#233;rence sur des points essentiels, par exemple la couverture satellitaire pour surveiller les mouvements et guider les tirs de tout type. De m&#234;me quand des technologies nouvelles changent en profondeur les modalit&#233;s des affrontements ; elles peuvent d'ailleurs parfois &#234;tre accessibles &#224; des pays de d&#233;veloppement moyen : ainsi les drones ont jou&#233; et jouent un r&#244;le majeur en Ukraine, m&#234;me d&#233;velopp&#233;s en Iran ou en Turquie. Inversement, Isra&#235;l a montr&#233; l'usage qui pouvait &#234;tre fait de technologies de pointe dans sa lutte contre le Hezbollah et l'Iran. La guerre d'Ukraine a en outre boulevers&#233; toute la probl&#233;matique militaire, rendant partiellement obsol&#232;tes, en tout cas d'usage bien plus dos&#233;, les instruments co&#251;teux qui dominaient autrefois sans conteste (chars, avions, grands navires). Il ne suffit donc pas d'&#234;tre avanc&#233; technologiquement, il faut aussi avoir un appareil de recherche et de production tr&#232;s mobile, et &#234;tre en permanence sur les bons cr&#233;neaux du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transports maritimes enfin : on y pense moins, mais ils pourraient &#234;tre &#224; l'origine de crises, ou de mutations importantes, notamment d'un recul de la mondialisation. Jusqu'&#224; la p&#233;riode r&#233;cente la libert&#233; de la navigation &#233;tait tr&#232;s largement assur&#233;e, du fait notamment de la domination des Etats-Unis et de leur marine. La situation &#233;volue, par un relatif d&#233;sengagement des Am&#233;ricains, par d&#233;veloppement d'alternatives &#224; commencer par la Chine, et par la mont&#233;e de menaces multiples, dont les Houthis donnent un avant-go&#251;t. La possibilit&#233; d'une r&#233;duction du transport maritime, par ins&#233;curit&#233; ou co&#251;t &#233;lev&#233;, est concevable. D'o&#249; l'importance clef de la dimension navale, pour ceux qui peuvent se le permettre. La marine devrait justement &#234;tre une priorit&#233; nationale majeure en France, compte tenu de l'immensit&#233; de son domaine maritime, &#233;tendu sur toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des facteurs sur&#233;valu&#233;s en cas de conflit &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, d'autres facteurs, importants voire d&#233;cisifs en temps de paix, se voient fortement relativis&#233;s en cas de conflit latent ou ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est la puissance financi&#232;re. Elle est &#233;videmment appr&#233;ciable : un conflit ouvert est effroyablement co&#251;teux, et m&#234;me une politique de d&#233;fense ambitieuse ; les pays de la p&#233;ninsule arabique n'auraient pas le poids qu'ils ont sans l'extraordinaire rente p&#233;troli&#232;re dont ils disposent. Et la Chine n'aurait pu devenir la deuxi&#232;me puissance militaire de la plan&#232;te, et renforcer son influence &#224; travers les &#171; routes de la soie &#187;, sans son impressionnant succ&#232;s industriel et technique. Ni les Etats-Unis maintenir leur rang sans le r&#244;le du dollar et leur finance dominante, malgr&#233; un endettement pathologique et la d&#233;sindustrialisation. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, comme on l'a vu avec la Russie, l'arme des embargos financiers s'est av&#233;r&#233;e &#224; double tranchant. Ajoutons qu'en cas de guerre ouverte les m&#233;canismes financiers sont tr&#232;s gravement remis en cause : la finance n'est donc pas un puissant outil en cas de vrai conflit. Par ailleurs, la tendance r&#233;currente &#224; des crises financi&#232;res est une faiblesse structurelle des soci&#233;t&#233;s occidentales ; avec &#233;ventuellement, &#224; terme, une dislocation progressive d'outils devenus internationaux sous leur contr&#244;le, comme le r&#244;le du dollar, et la mont&#233;e d'autres m&#233;canismes, d'ailleurs amorc&#233;s d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second facteur &#224; relativiser est le r&#244;le des acteurs non-&#233;tatiques, les entreprises multinationales. Leur puissance &#233;conomique est r&#233;elle et n'est pas un fait nouveau. Les GAFAM structurent &#224; leur fa&#231;on la culture commune de la plupart des pays (hors Chine et Russie). Le m&#234;me effet peut appara&#238;tre en mati&#232;re d'Intelligence Artificielle, actuellement domin&#233;e par les Etats-Unis et dans une bonne mesure la Chine. Cela dit, il n'est pas &#233;vident que ces influences jouent en dehors du cadre des pays supports de ces soci&#233;t&#233;s (essentiellement Etats-Unis et Chine aujourd'hui, d'autres peut-&#234;tre demain). Les multinationales sont vuln&#233;rables aux vraies puissances et notamment &#224; leurs pays d'origine, comme on le voit avec Musk face &#224; Trump. Le jeu de tels acteurs, important pour comprendre la probl&#233;matique internationale actuelle, ne remet donc pas en cause le fait que le d&#233;terminant principal reste les rapports entre les puissances souveraines elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pays par pays, on tend plut&#244;t &#224; conclure sur ces diff&#233;rents plans que pour affronter une conflit un tant soit peu s&#233;rieux les Etats-Unis pourraient partir dans des conditions plut&#244;t robustes, moyennant un important effort de redressement (qui peut &#234;tre rendu difficile par leurs profondes divisions internes et leurs blocages, et le besoin d'agir sur la dur&#233;e). La Russie probablement aussi sauf crise interne, mais sur un mode rustique et dans la d&#233;pendance de la Chine. La Chine enfin a une puissance industrielle dominante et n'est gu&#232;re vuln&#233;rable que dans l'&#233;nergie et quelques mati&#232;res premi&#232;res et dans des techniques tr&#232;s avanc&#233;es &#8211; dans lesquelles elle investit massivement pour les dominer ; m&#234;me si elle peut aussi conna&#238;tre des crises internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'Europe, tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne, est beaucoup plus expos&#233;e, et le serait gravement en cas de conflit ouvert. Quant &#224; la France, sa double sp&#233;cificit&#233; dans l'armement et dans le domaine maritime la met &#224; part des autres pays europ&#233;ens. Si elle a int&#233;r&#234;t &#224; coop&#233;rer avec eux, cette sp&#233;cificit&#233; est trop forte pour qu'elle abandonne son autonomie dans une d&#233;fense europ&#233;enne pr&#233;tendument int&#233;gr&#233;e, et en r&#233;alit&#233; &#224; la fois molle, limit&#233;e au champ europ&#233;en et incapable de prendre son autonomie &#224; l'&#233;gard des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, la diversit&#233; des situations para&#238;t a priori consid&#233;rable. Et donc la multipolarit&#233; &#224; venir se r&#233;v&#233;lera pleine de surprises &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de Geopragma&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/conflits-armes-et-bases-economiques-changer-notre-regard/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/conflits-armes...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quels peuvent &#234;tre &#224; terme les effets g&#233;opolitiques de la m&#233;thode Trump ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Quelles-peuvent-etre-a-terme-les-effets-geopolitiques-de-la-methode-Trump.html</link>
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		<dc:date>2025-05-26T06:56:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Trump et l'international</dc:subject>
		<dc:subject>Ordre international</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;alisme</dc:subject>
		<dc:subject>Relations internationales</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il n'est pas ais&#233; de situer le r&#233;volution trumpienne dans le champ des relations internationales, encore moins de tenter d'&#233;valuer ses effets sur la dur&#233;e. Cela d&#233;pendra bien s&#251;r de l'effet mat&#233;riel imm&#233;diat qu'il aura obtenu dans ses diff&#233;rents points d'application - mais aussi de la dur&#233;e de son action. Rappelons que Trump n'est pas r&#233;&#233;ligible et qu'il perdra probablement les mid-terms dans 18 mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est tr&#232;s probable qu'il aura acc&#233;l&#233;r&#233; des &#233;volutions latentes et que le monde d'apr&#232;s sera assez diff&#233;rent du monde d'avant. Moins id&#233;ologique, plus polycentrique, plus mercantile. Les Europ&#233;ens devraient y r&#233;fl&#233;chir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Etats-Unis-Trump-.html" rel="directory"&gt;Etats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relations-internationales-+.html" rel="tag"&gt;Relations internationales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/geopolitics-9502438_640.jpg?1787417298' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il n'est pas ais&#233; de situer le r&#233;volution trumpienne dans le champ des relations internationales, encore moins de tenter d'&#233;valuer ses effets sur la dur&#233;e, c'est-&#224;-dire le degr&#233; de changement dans la logique g&#233;opolitique sur laquelle cette irruption tonitruante est susceptible de d&#233;boucher. Cela d&#233;pendra bien s&#251;r de l'effet mat&#233;riel imm&#233;diat qu'il aura obtenu dans ses diff&#233;rents points d'application - mais aussi de la dur&#233;e de son action. Rappelons que Trump n'est pas r&#233;&#233;ligible ; plus pr&#232;s de nous, les &#233;lections &#224; mi-mandat sont proches (novembre 2026), d&#233;bouchant selon une certaine probabilit&#233; sur la perte de contr&#244;le du Congr&#232;s, et elles d&#233;pendront largement de facteurs internes am&#233;ricains, bien plus que de la situation internationale, sauf d&#233;flagration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode Trump, si on peut s'exprimer ainsi, rend particuli&#232;rement difficile cet exercice, m&#234;me si comme on le fera ici on se limite &#224; la logique d'ensemble, sans consid&#233;rer chaque pays ou situation. Si on se situe toutefois au niveau des principes, de la vision, il appara&#238;t qu'il y a une grande constance dans ses prises de position en la mati&#232;re, depuis plus de 30 ans, notamment autour des id&#233;es de la priorit&#233; &#224; l'int&#233;r&#234;t national am&#233;ricain con&#231;u de fa&#231;on assez mercantiliste, de refus de toute politique id&#233;ologique &#224; pr&#233;tention moralisante, de la conviction que les Etats-Unis sont exploit&#233;s par d'autres et notamment leurs alli&#233;s (lesquels devraient contribuer beaucoup plus &#224; leur d&#233;fense), et de l'intuition que la d&#233;sindustrialisation est un drame, nourrie par l'insuffisance de la protection. Ces convictions constituent une rupture &#233;vidente par rapport au consensus qui malgr&#233; les apparences a domin&#233; la politique internationale am&#233;ricaine depuis longtemps (et un retour partiel au XIXe si&#232;cle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment de rupture, de nature diff&#233;rente, est la m&#233;thode du dealer qu'il affectionne : lancer une s&#233;rie d'actions, regarder ce que cela donne, ajuster, prendre ce qui marche, laisser tomber le reste et poursuivre. M&#233;thode qui se combine avec la conviction personnelle qu'il a un talent de dealmaker exceptionnel, et qu'il peut se passer d'une connaissance pr&#233;cise des terrains (ici internationaux) auxquels il l'applique. Il en r&#233;sulte en pratique des objectifs concrets apparemment contradictoires, et un tourbillon de d&#233;cisions largement illisible, au moins au d&#233;part. Cette m&#233;thode est comme on sait particuli&#232;rement disruptive dans les relations &#233;conomiques, autour de l'utilisation massive mais apparemment al&#233;atoire de l'arme des droits de douane. Manquent &#224; l'&#233;vidence plusieurs &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; une vision v&#233;ritablement strat&#233;gique, et notamment une image cible du type de r&#233;sultat &#224; obtenir sur la dur&#233;e et par quels moyens, ainsi que la prise en compte du fait que ses partenaires internationaux ont leurs propres vues et qu'il n'est pas &#233;vident que le passage en force brutal soit toujours la bonne m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On remarque toutefois au moins deux &#233;l&#233;ments de continuit&#233; avec ses pr&#233;d&#233;cesseurs : le primat national am&#233;ricain d'abord ; en effet, si chez lui il prend une forme agressive et provocatrice, il a toujours &#233;t&#233; pr&#233;sent, avec cette diff&#233;rence que ses pr&#233;d&#233;cesseurs pr&#233;tendaient qu'il y avait identit&#233; entre ces int&#233;r&#234;ts et ceux de la plan&#232;te ou m&#234;me de la morale, du fait de la suppos&#233;e vocation universaliste unique des Etats-Unis. C'est ensuite la perspective de l'usage de la force, l&#224; aussi sous une forme apparemment plus agressive et brutale chez lui, enrob&#233;e chez les autres, mais au fond toujours pr&#233;sente. Notons cependant que c'est sous sa premi&#232;re pr&#233;sidence que les Etats-Unis ont fait le moins de guerres, et qu'il met actuellement en avant le d&#233;sir d'arr&#234;ter toute une s&#233;rie de guerres. Il n'est donc pas exclu qu'il finisse par &#234;tre le pr&#233;sident le moins guerrier ; mais l&#224; encore il peut changer d'avis. Continuit&#233; aussi dans la tendance am&#233;ricaine permanente &#224; ne pas voir l'autre puissance comme ayant ses int&#233;r&#234;ts et sa volont&#233; propres, qu'il faut discerner pour choisir la position la plus appropri&#233;e, et donc en composant avec cet autre, m&#234;me s'il y a guerre ; mais au contraire &#224; tenter en permanence d'imposer sa propre vision jusqu'au bout en usant au maximum de sa puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;videmment pr&#233;matur&#233; d'anticiper sur ce qui peut se passer pendant les 18 mois qui viennent, ou les 3 ans et demi. La m&#233;thode m&#234;me du deal implique par nature qu'elle soit &#224; la fois impr&#233;visible et al&#233;atoire dans ses r&#233;sultats. C'est particuli&#232;rement &#233;vident dans les dossiers actuellement les plus imm&#233;diatement visibles : l'Ukraine, Gaza, ou les relations commerciales. La tendance am&#233;ricaine inv&#233;t&#233;r&#233;e &#224; la simplification abusive des questions se combine ici avec la m&#233;thode brutale et impatiente du faiseur de deals. La forme de transparence qu'affectionne Trump, &#224; coups de r&#233;seaux sociaux, rend d'ailleurs compte en temps r&#233;el de sa perplexit&#233; devant certaines situations, ainsi en Ukraine. Mais on ne peut non plus en aucun mani&#232;re exclure qu'il obtienne certains r&#233;sultats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il est possible et utile de se poser la question de son effet sur la dur&#233;e, en ce qui concerne la sc&#232;ne internationale en g&#233;n&#233;ral et son mode de fonctionnement, ses usages et r&#232;gles du jeu. M&#234;me si l&#224; aussi cela d&#233;pendra en partie des r&#233;sultats obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question premi&#232;re ici est celle de l'id&#233;ologie : alors que l'Europe, au moins dans l'imm&#233;diat, continue &#224; afficher le maintien d'une position m&#234;lant &#233;troitement messianisme id&#233;ologique et strat&#233;gie, notamment sur l'Ukraine, le basculement des Etats-Unis dans un autre camp, s'il durait, serait un fait majeur. Mais il est essentiel ici de remarquer que les Europ&#233;ens sont les seuls surpris. Pour le reste du monde, et depuis pas mal de temps, la r&#233;duction de la passion id&#233;ologique occidentale est d&#233;sir&#233;e depuis longtemps ; en tout cas, cette passion n'est plus partag&#233;e, comme en t&#233;moigne entre autres l'expansion &#233;tonnante du forum des BRICS, m&#234;me si les ambitions de ses membres sont par ailleurs tr&#232;s vari&#233;es. La multipolarit&#233; est &#224; l'ordre du jour. Ce fait fondamental peut laisser penser qu'il y a des possibilit&#233;s s&#233;rieuses que sur ce plan le trumpisme survive &#224; Trump : m&#234;me si elle heurte certains traits structurels de la conception du monde am&#233;ricaine (le messianisme), elle en retrouve d'autres aussi profonds (la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du monde ext&#233;rieure).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une remarque analogue peut valoir pour les relations &#233;conomiques internationales : la tendance r&#233;cente, particuli&#232;rement &#233;vidente depuis le Covid, &#233;tait &#224; un certain redimensionnement de la mondialisation, notamment au vu des graves effets de d&#233;pendance mis en lumi&#232;re ; les secousses trumpiennes les soulignent d'ailleurs plus encore. Aux Etats-Unis, cela r&#233;sonne avec le th&#232;me de la r&#233;industrialisation, d&#233;j&#224; fortement pr&#233;sent dans la politique de Biden. Sur ces plans, la brutalit&#233; graphique de Trump aura sans doute acc&#233;l&#233;ra une r&#233;volution mentale d&#233;j&#224; en cours : non pas la sortie du capitalisme, mais en un sens le passage vers un autre capitalisme, bien plus mercantiliste et m&#234;l&#233; &#224; la puissance publique que le pr&#233;c&#233;dent, y compris sur le plan militaire &#8211; et qui rappelle l'ancien capitalisme, celui du XVIIIe si&#232;cle par exemple. Le tout en phase avec l'immense d&#233;convenue populaire, le non-alignement des &#171; &#233;lites &#187; avec leur peuple, pourtant en contexte suppos&#233; d&#233;mocratique, ce qui a &#233;t&#233; et reste la source du populisme et para&#238;t enracin&#233; et donc durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;volution ne serait pourtant pas &#224; analyser purement et simplement comme le basculement dans un monde de relations internationales r&#233;gis par une forme de r&#233;alisme. Car ce mot recouvre des r&#233;alit&#233;s multiples, tant au niveau des doctrines strat&#233;giques que dans son sens courant. Le trumpisme se pr&#233;sente certes comme &#8216;r&#233;alisme' dans sa m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard de l'id&#233;ologie et dans sa reconnaissance de r&#233;alit&#233;s factuelles, allant de l'impossibilit&#233; d'une victoire ukrainienne &#224; la prise en compte de la d&#233;tresse populaire de l'Am&#233;rique moyenne et pauvre. Mais il est moins r&#233;aliste dans sa vision bien trop simplifi&#233;e des autres puissances et dans son insuffisante inscription dans la longue dur&#233;e : n'est pas Bismarck qui veut. En outre, dans son affirmation du seul int&#233;r&#234;t national, il ne retient qu'une des compr&#233;hensions possibles du terme r&#233;alisme : la plus directe et brutale. Mais comme justement la r&#233;alit&#233; est bien plus complexe, il lui manque ce faisant la prise en compte d'autres perspectives, plus proches de la tradition europ&#233;enne ancienne, et plus en phase avec un monde multipolaire : celle du concert europ&#233;en, o&#249;, m&#234;me dans la guerre, on tient compte du fait que l'on a des partenaires, qu'ils sont l&#224; sur la dur&#233;e, et dont il faut prendre en compte la fa&#231;on de voir les choses et les objectifs propres. De m&#234;me, on peut r&#233;cuser le moralisme pr&#233;dicateur et au fond tr&#232;s agressif d'une certaine pratique occidentale ; cela ne fait pas disparaitre le besoin profond du souci d'un vrai bien commun, lequel ne peut &#234;tre recherch&#233; que justement sur la base d'une consid&#233;ration r&#233;aliste des faits et de ce qu'on peut faire r&#233;ellement pour aller dans le sens du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/quelles-peuvent-etre-a-terme-les-effets-geopolitiques-de-la-methode-trump/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/quelles-peuven...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mai 1945 : 80 ans d&#233;j&#224;. 80 ans d'illusions ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Mai-1945-80-ans-deja-80-ans-d-illusions.html</link>
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		<dc:date>2025-05-04T16:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>1945</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir impr&#233;visible</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On va c&#233;l&#233;brer avec solennit&#233; les 80 ans de 1945. Et pourtant 1945 est bien loin. Le monde de l'&#233;poque est extraordinairement loin du n&#244;tre, apr&#232;s 80 ans de mutations radicales dans tous les domaines. On est pass&#233; d'un monde d&#233;truit et apparemment simple &#224; la soci&#233;t&#233; de consommation, &#224; la r&#233;volution des m&#339;urs de 1968 et &#224; la redistribution des cartes entre puissances ; d'un monde occidental &#224; un monde multipolaire, d'un monde en blanc et noir &#224; un monde &#233;clat&#233;, relativiste et inquiet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il y continuit&#233; sur cette p&#233;riode, c'est dans cette prolif&#233;ration d'id&#233;ologies et d'illusions multiples qui a &#233;t&#233; sa marque constante, des d&#233;lires soixante-huitards aux illusions de la soci&#233;t&#233; d'abondance, du n&#233;olib&#233;ralisme au wokisme, etc. ; pour finir avec les proph&#233;ties cr&#233;pusculaires des tenants de la catastrophe &#233;cologique. Toutes productions occidentales d'ailleurs, alors m&#234;me que peu &#224; peu le monde devient moins occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui suivra demain sera donc tr&#232;s diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/grave-2721910_1920.jpg?1787417299' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cela fait 80 ans qu'on nous ressasse la Seconde guerre mondiale. L'anniversaire de mai 1945 n'y &#233;chappera sans doute pas. Pourtant, cette &#233;poque appara&#238;t extraordinairement loin de nous, sous tous les angles envisageables. Seule la volont&#233; r&#233;currente de la gauche de brandir le th&#232;me de l'antifascisme, qui l'arrange bien, donne une ombre de consistance &#224; ce souvenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car tant d'eau est pass&#233;e sous les ponts depuis. D&#233;j&#224;, entre un monde sous le coup d'un guerre g&#233;n&#233;rale atroce et d&#233;vastatrice, et un monde qui a eu tout le temps de se reconstruire et d'&#233;voluer. Mais surtout parce que trois mutations d'importance historique sont intervenues dans l'intervalle, nullement pr&#233;visibles en 1945. L'explosion de la soci&#233;t&#233; de consommation, d'abord occidentale, puis g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; de nombreux pays. La mutation culturelle radicale des ann&#233;es 60 et celle des m&#339;urs, poursuivies ensuite. Et enfin, apr&#232;s le tournant de la d&#233;colonisation, la redistribution de la richesse et du pouvoir sur la plan&#232;te ; notamment au profit de l'Asie, d'o&#249; la spectaculaire mont&#233;e de la Chine au rang de superpuissance, l'Inde tentant de la suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons cela de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'un monde binaire &#224; un monde &#233;clat&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'international, que vaut le souvenir de Yalta ? Le Royaume Uni n'est plus une grande puissance, l'URSS a disparu. L'affrontement id&#233;ologique Est-Ouest qui &#233;mergeait alors, communisme contre capitalisme, s'est &#233;vanoui. Certes, d'aucuns ressuscitent le spectre d'un choc des d&#233;mocraties contre les r&#233;gimes autoritaires ; mais c'est bien simpliste. La r&#233;alit&#233; actuelle est celle d'un monde multipolaire, intens&#233;ment interconnect&#233; et domin&#233; par des rapports de force multiples, qui ne saurait &#234;tre r&#233;gi par une discussion en direct entre 2 ou 3 superpuissances. Monde o&#249; la culture europ&#233;enne au sens large, avec ses d&#233;riv&#233;s am&#233;ricain et russe, domine de moins en moins. Et donc, si on peut avoir parfois l'impression d'un retour aux puissances du XIXe si&#232;cle, elles ne sont plus culturellement homog&#232;nes, ce qui change profond&#233;ment la probl&#233;matique de leurs rapports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan militaire, si le nucl&#233;aire garde sa force, c'est de fa&#231;on bien plus partag&#233;e qu'en 1945, o&#249; c'&#233;tait un monopole am&#233;ricain. Corr&#233;lativement, la d&#233;faite de l'Allemagne et du Japon est le dernier exemple d'une capitulation sans conditions. Depuis, tous les essais pour viser une victoire totale ont &#233;chou&#233; &#8211; sauf d&#233;fensivement. Et il est bien plus difficile militairement de faire la loi chez les autres. Ce qui renforce la multipolarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans nos pays, l&#224; encore le paysage n'a pas grand-chose &#224; voir avec celui de 1945. La ruine de l'Europe a fait place d'abord &#224; une extraordinaire prosp&#233;rit&#233; populaire, maintenant quelque peu remise en cause. Et on a eu le ph&#233;nom&#232;ne &#233;trange de la construction europ&#233;enne, improbable en 1945, en acc&#233;l&#233;ration &#224; partir de 1958 : constamment au milieu du gu&#233;, elle reste prise entre sa logique f&#233;d&#233;rale sous-jacente mais jamais avou&#233;e, et la r&#233;alit&#233; nationale et d&#233;mocratique. Mais en 1945, les pays europ&#233;ens &#233;taient encore les grandes puissances d'avant, ruin&#233;es certes et domin&#233;es, mais encore debout, au moins apparemment. Elles savaient qui elles &#233;taient, ou croyaient le savoir. L'Europe, elle, n'en sait rien, hors programme id&#233;ologique. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'un monde de certitudes oppos&#233;es &#224; la mac&#233;doine des id&#233;ologies&lt;br class='autobr' /&gt;
La sc&#232;ne id&#233;ologique enfin a radicalement chang&#233; : on est pass&#233; d'une emprise marxiste ici ou l&#224;, consolid&#233;e par des partis staliniens puissants et oppos&#233;e &#224; un monde occidental en r&#233;sistance, &#224; un postmodernisme erratique et anarchique, puis &#224; l'id&#233;ologie woke et ses avatars. Ces nouvelles variantes sont moins consistantes intellectuellement, mais tout aussi capables d'un terrorisme intellectuel envahissant. La r&#233;surgence du n&#233;olib&#233;ralisme n'&#233;tait pas plus pr&#233;visible, ni la mont&#233;e r&#233;cente du populisme sous ses formes diverses - qui n'a rien de commun avec le fascisme d'avant-guerre. On y ajoutera l'effondrement historique de la religion chr&#233;tienne ; et l'&#233;mergence de l'&#233;cologisme, alors inconnu. Ou du f&#233;minisme sous toutes ses formes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Corr&#233;lativement, on est pass&#233; d'une exaltation de la politique familiale &#224; la dislocation de la famille et des m&#339;urs, et &#224; l'effondrement de la natalit&#233;. Et se diffuse, au moins dans les pays occidentaux, un pessimisme sourd, une crainte profonde de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Na&#239;vet&#233;s et simplifications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc &#224; frais nouveaux qu'il faut tenter de penser le monde actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul, ce qui domine dans notre souvenir de 1945 est l'impression que le monde d'alors se caract&#233;risait par des id&#233;es simples et claires. Et, de fa&#231;on paradoxale apr&#232;s un tel d&#233;sastre, par une certain optimisme - contrairement &#224; l'&#233;poque actuelle, o&#249; r&#232;gnent plut&#244;t flou et sinistrose. Bien entendu, on peut &#224; raison contester cette vision de r&#233;troviseur, n&#233;cessairement r&#233;ductrice. Mais cela refl&#232;te une certaine r&#233;alit&#233;. D&#232;s lors, les multiples mutations que nous avons &#233;voqu&#233;es peuvent appara&#238;tre comme des n&#233;gations de ce monde de 1945. Apr&#232;s la simplification brutale de la guerre, le monde d'alors reposait sur un grand nombre d'illusions. Et parmi ces illusions se trouvait justement cette id&#233;e qu'on pouvait repartir &#224; z&#233;ro, remettre les choses en place par quelques r&#233;f&#233;rences simples, une vision du bien et du mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; regarder de plus pr&#232;s, dans une large mesure, c'est aussi ce qui caract&#233;risera toutes les exp&#233;rimentations qui ont suivi. Le point ultime de la na&#239;vet&#233; n'a-t-il pas &#233;t&#233; atteint dans les ann&#233;es 1991, avec le th&#232;me de la &#8216;fin de l'histoire', presque comique avec le recul ? Mais non moins na&#239;fs en leur genre &#233;taient les d&#233;lires soixante-huitards (il est interdit d'interdire, le sexe comme lib&#233;ration etc.). Ou le r&#234;ve du pilotage de l'&#233;conomie, keyn&#233;sien puis n&#233;olib&#233;ral. Ou celui de la mondialisation heureuse, &#233;conomique et culturelle. Tout cela pour d&#233;boucher sur le monde actuel, bien plus complexe et divers que ce que tout un chacun pouvait imaginer, non seulement en 1945, mais &#224; tout moment en cours de route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que la p&#233;riode r&#233;cente qui pourrait se caract&#233;riser par un peu plus de lucidit&#233; ; mais h&#233;las, dans un contexte de relative d&#233;sillusion. Evolution qu'on pourrait corr&#233;ler avec la tendance &#224; la d&#233;soccidentalisation de ce monde, encore partielle, mais d&#233;sormais manifeste. L'usine &#224; id&#233;ologies qu'a &#233;t&#233; le monde &#8216;occidental' para&#238;t fatigu&#233;e, moins prolifique et plus caverneuse ; les derni&#232;res productions en date, l'&#233;cologisme catastrophique et le wokisme &#233;tant quelque peu cr&#233;pusculaires. D'autres prendront-elles le relais ? Ce n'est pas visible pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Impr&#233;visibilit&#233; de l'histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; est sans doute la principale le&#231;on : on le savait depuis longtemps, il est impossible de pr&#233;voir l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s humaines. Et plus encore lorsque des bouleversements majeurs sont &#224; l'&#339;uvre, voulus ou subis. Cette relative &#233;vidence, du moins pour qui garde un minimum de sang-froid, a &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement ni&#233;e lorsque le prurit id&#233;ologique offrait ses solutions superficiellement s&#233;duisantes. Or, en aggravant la complexit&#233; et par l&#224; l'ind&#233;termination des soci&#233;t&#233;s, elles ont eu pour principal effet de remettre justement en cause ce qui est &#224; leur source m&#234;me, cette foi na&#239;ve dans des solutions ma&#238;trisables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce genre de d&#233;rapage n'est pas nouveau : il rappelle la floraison des h&#233;r&#233;sies ou r&#233;voltes mill&#233;naristes qui ont ponctu&#233; notre Moyen Age &#224; son apog&#233;e, culminant avec le cher Joachim de Flore et son annonce du r&#232;gne de l'Esprit. Mais &#224; l'&#233;poque, avec tous ses d&#233;fauts, l'Eglise m&#233;di&#233;vale tenait plus ou moins la barre. Rien de tel aujourd'hui. Tant qu'&#224; poursuivre la comparaison, il nous reste &#224; esp&#233;rer que nous ne conna&#238;trons pas les affres du XIVe si&#232;cle, entre peste noire, famine et guerre de Cent ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais justement, rien n'est &#233;crit ; la vie continue. Et en tout cas, nous savons que ce qui nous suivra sera tr&#232;s diff&#233;rent d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine. &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/produit/politique-magazine-n-246/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/produi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ordre ou le d&#233;sordre international apr&#232;s Trump : essai de perspective</title>
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		<dc:date>2025-03-24T17:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Trumpisme</dc:subject>
		<dc:subject>Trump et l'international</dc:subject>
		<dc:subject>Ordre international</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'irruption du tourbillon Trump change profond&#233;ment le fonctionnement collectif sur la sc&#232;ne internationale. Son caract&#232;re impr&#233;visible et son langage brutal en rendent l'analyse difficile pour les partenaires des Etats-Unis. M&#234;me si on discerne quelques courants pas toujours coh&#233;rents, comme le r&#233;alisme g&#233;opolitique, ou la tentation n&#233;o-mercantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel sera l'effet &#224; terme ? S&#251;rement un recul massif de la tendance occidentale &#224; morig&#233;ner moralement le reste de la plan&#232;te, y compris &#224; coups d'interventions militaires. Peut-&#234;tre un r&#233;veil des pays europ&#233;ens de leur r&#234;ve commode, &#224; l'abri de l'US Army. Et sans doute un monde de plus en plus &#233;videmment multipolaire, &#224; l'&#233;quilibre instable, o&#249; les rapports de forces jouent un r&#244;le essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/grunge-795307_1920.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un article ant&#233;rieur (&#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Entre-communication-de-choc-et.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre communication de choc et incertitude calcul&#233;e, que penser du trumpisme ?&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; ), &#034;, j'&#233;voquais les incertitudes soulev&#233;es par la m&#233;thode trumpienne : sa puissance communicationnelle (surprise et choc), et ses limites (provocations et grossi&#232;ret&#233;). Mais surtout son insuffisance de perspective strat&#233;gique claire, autre que la d&#233;fense de ses int&#233;r&#234;ts et la brutalit&#233; dans les n&#233;gociations (plus d'ailleurs que l'usage de la force militaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pose mal cette question en Europe. L'extraordinaire &#233;motionnalit&#233; des r&#233;actions aux &#233;v&#233;nements intervenus, en particulier avec l'Ukraine, en dit long sur le mode de raisonnement de nos contemporains, m&#234;me avertis et intelligents. La propension &#224; sauter d&#232;s que possible sur le terrain facile de l'indignation morale pouss&#233;e &#224; blanc en est une composante symptomatique. La rationalit&#233; et le r&#233;alisme bien compris en font les frais. Et donc le v&#233;ritable souci moral, qui suppose une appr&#233;ciation juste des r&#233;alit&#233;s. Le seul b&#233;n&#233;fice est la prise de conscience de la r&#233;alit&#233; du monde, et notamment le besoin d'un effort de d&#233;fense cr&#233;dible des pays europ&#233;ens, enfin perceptible pour ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les incertitudes n'en sont pas moins l&#224;. Elles portent notamment sur la strat&#233;gie de Trump, dont on peine &#224; d&#233;m&#234;ler toute la logique, au milieu des influences multiples qui s'exercent sur lui, de la bizarrerie de ses d&#233;clarations, ou du rythme saccad&#233; de ses d&#233;cisions. Essayons de d&#233;m&#234;ler les pistes possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les logiques explicatives &#224; l'&#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un point &#233;vident : son refus de la politique id&#233;ologique, pr&#233;tendument morale, celle des bien mal-nomm&#233;s &#171; n&#233;o-conservateurs &#187;, qui sont en r&#233;alit&#233; des progressistes violents, visant &#224; l'instauration partout de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme par le bombardement. Et, plus largement, de la posture &#224; pr&#233;tention moralisante des Occidentaux jusqu'&#224; ce tournant. Mais ledit tournant, malgr&#233; son importance, ne suffit pas &#224; d&#233;finir une politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut y voir ensuite l'adoption d'une forme de r&#233;alisme g&#233;opolitique, du type d&#233;fendu depuis des ann&#233;es aux Etats-Unis par un homme du calibre de John Mearsheimer. Ce courant de pens&#233;e est clairement pr&#233;sent dans l'entourage de Trump, et influent. Ce n'est pas de la realpolitik au sens bismarckien, mais la constatation de la pr&#233;dominance des rapports de force dans la communaut&#233; internationale, dans la mesure o&#249; il n'y a pas d'autorit&#233; commune, et o&#249; chacun est pris dans la logique de la strat&#233;gie et du risque que chacun peut pr&#233;senter pour l'autre. Dans cette perspective, la priorit&#233; est donn&#233;e &#224; la rivalit&#233; avec la Chine (le &#8216;pivot' asiatique, &#224; la suite d'Obama), d'o&#249; un rapprochement avec la Russie, qui, selon cette ligne, avait &#233;t&#233; malencontreusement renvoy&#233;e dans les bras de P&#233;kin &#224; la suite de la guerre en Ukraine. Mais Trump n'a semble-t-il pas la vision longue que cette approche suppose, et d'autres influences agissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut noter aussi la dimension &#233;conomique, la moins claire : un m&#233;lange entre une forme de mercantilisme - se traduisant notamment par des droits de douane et l'utilisation de pressions pour s'ouvrir des d&#233;bouch&#233;s commerciaux - ; et des pr&#233;occupations de s&#233;curit&#233; : volont&#233; d'une autonomie industrielle dans des secteurs clefs, et recherche du contr&#244;le de ressources rares devenues d&#233;cisives avec les d&#233;veloppements technologiques. Plus le souci de r&#233;duire le co&#251;t de la protection militaire am&#233;ricaine, notamment en Europe. Une telle approche conduit en l'esp&#232;ce &#224; des actions opportunistes et des voltefaces, dans le style de Trump ; ainsi men&#233;e, elle peut en partie recouvrir la pr&#233;c&#233;dente, mais aussi la contredire. Une autre influence enfin est celle d'Elon Musk, de Peter Thiel, et d'autres, eux aussi adeptes des bouleversements radicaux, mais un angle de vision diff&#233;rent, car libertarien, et plus tourn&#233;e vers l'interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains voient en revanche dans la strat&#233;gie de Trump un changement de camp des Etats-Unis, id&#233;ologique, par rapprochement avec ce qu'on voit comme le camp autoritaire russo-chinois. Mais cette approche binaire ne colle pas avec le fait que Trump n'est pas un id&#233;ologue, qu'il met la Chine a premier rang des menaces, et que son horizon est court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler justement son besoin de montrer tr&#232;s rapidement des r&#233;sultats coh&#233;rents avec les annonces, tant par son temp&#233;rament de faiseur de deal que du fait que le temps lui est compt&#233; : en octobre 2027, on aura les &#233;lections de mid-term et la perte probable de contr&#244;le du Congr&#232;s. Notamment du fait des facteurs &#233;conomiques, domaine dans lequel la coh&#233;rence du trumpisme est peu assur&#233;e, et le risque de d&#233;cevoir son &#233;lectorat assez &#233;lev&#233; (sur l'inflation en particulier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres encore soulignent certains &#233;l&#233;ments &#233;motionnels pr&#233;sents chez lui, ou des a priori non r&#233;ductibles aux rationalit&#233;s pr&#233;c&#233;dentes. Ainsi le soutien donn&#233; &#224; Isra&#235;l, au-del&#224; des administrations pr&#233;c&#233;dentes, et concomitamment sa haine de l'Iran. On &#233;voque aussi, &#224; tort ou &#224; raison, une certaine estime de Poutine ; un m&#233;pris de l'Europe, jug&#233;e d&#233;cadente ou woke ; ou une volont&#233; de revanche sur ses ennemis d&#233;mocrates, etc. Tout cela joue son r&#244;le, mais ne donne pas une ligne g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dit influences multiples et horizons tr&#232;s courts, dit difficult&#233; &#224; rep&#233;rer une ligne strat&#233;gique claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un tournant majeur probablement, mais pas de feuille de route pour l'avenir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle pourra &#234;tre la sc&#232;ne internationale apr&#232;s le passage de cet ouragan ? Par d&#233;finition il n'est pas facile de le cerner, et le cours des &#233;v&#233;nements peut conduire &#224; des r&#233;sultats inattendus. Mais on peut avancer les &#233;l&#233;ments suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier et le plus manifeste est la remise en cause appr&#233;ciable des rapports transatlantiques et du r&#244;le de l'id&#233;ologie &#224; l'occidentale. A vrai dire, c'&#233;taient d&#233;j&#224; des tendances &#224; l'&#339;uvre, m&#234;me si les Europ&#233;ens ne voulaient pas le voir. Le r&#244;le jusque-l&#224; dominant d'une id&#233;ologie occidentale moralisante, r&#233;cus&#233; par Trump, l'&#233;tait depuis longtemps par la plupart des pays du monde, comme en t&#233;moigne la mont&#233;e des BRICS. Et le r&#233;&#233;quilibrage des rapports transatlantiques &#233;tait d&#233;sir&#233; depuis longtemps par les Am&#233;ricains. La nouveaut&#233;, pour les Europ&#233;ens, est dans la soudainet&#233; et brutalit&#233; de l'&#233;volution. C'est pour eux un choc, mais ils auraient pu se r&#233;veiller avant. Une telle rupture est sans doute durable, m&#234;me si elle peut se nuancer en cas d'&#233;lection d'un d&#233;mocrate apr&#232;s Trump, en 2028.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre facteur majeur est l'absence de perspective collective, de doctrine, de message envoy&#233; au monde, autre que la d&#233;fense de ses int&#233;r&#234;ts et l'usage de la force en cas de besoin, outre une certaine brutalit&#233; dans l'expression et la n&#233;gociation. Ce qui implique que cela ne d&#233;bouchera logiquement pas sur un nouveau jeu de r&#232;gles, un nouveau paradigme &#233;clairant la sc&#232;ne internationale, autre que le fait de rapports de forces plus nus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, le sch&#233;ma commun&#233;ment admis auparavant en Occident, et pouss&#233; &#224; l'extr&#234;me par les &#171; n&#233;o-conservateurs &#187;, celui d'une religion de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme et d'un ordre international suppos&#233; r&#233;gul&#233;, &#233;tait certes largement hypocrite, mais il avait un certain pouvoir r&#233;f&#233;rentiel ; il &#233;tait donc apparemment &#233;clairant et r&#233;gulateur pour ceux qui y croyaient. Ce paradigme progressiste n'est pas remplac&#233; ; il subsiste donc ici ou l&#224;, notamment chez les Europ&#233;ens. Mais sans se renouveler, la panique r&#233;gnant sur ce plan en Europe. Et, bien avant Trump, il a &#233;t&#233; de plus en plus r&#233;cus&#233; par le reste de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule alternative mise en avant ici ou l&#224; est le discours chinois id&#233;alis&#233;, celui d'un monde r&#233;solument polycentrique, o&#249; la r&#232;gle du respect mutuel aboutit &#224; ce que chacun est le ma&#238;tre chez soi, dans la vari&#233;t&#233; des approches et id&#233;ologies. Il est &#224; rapprocher (plus ou moins fid&#232;lement) du concept confuc&#233;en, con&#231;u &#224; nouveaux frais, de tianxia, &#8216;tout sous le ciel', espace politique universel civilis&#233; &#8211; gr&#226;ce &#224; l'influence bienveillante de la Chine. On peut y soup&#231;onner le besoin, pour celle-ci, de prot&#233;ger son syst&#232;me &#224; l'int&#233;rieur, et d'assurer une forme d'h&#233;g&#233;monie &#224; l'ext&#233;rieur, l&#224; o&#249; elle le peut. Mais &#224; ce stade, l'id&#233;e en question reste embryonnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura donc a priori pas de nouvelle perspective commune ; nous sommes dans l'&#339;il du cyclone. En dominante, la soci&#233;t&#233; mondiale sera sans doute plus que jamais celle d'une pluralit&#233; de forces, cherchant empiriquement un &#233;quilibre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/lordre-ou-le-desordre-international-apres-trump-essai-de-perspective/&#034;&gt;Paru dans Politique Magazine N&#176; 245, un peu modifi&#233; ici.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nucl&#233;aire fran&#231;ais et d&#233;fense europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Nucleaire-francais-et-defense-europeenne.html</link>
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		<dc:date>2025-03-08T17:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;fense europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Dissuasion nucl&#233;aire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Emmanuel Macron a ouvert un d&#233;bat sur l'utilisation de l'arme nucl&#233;aire fran&#231;aise comme arme de dissuasion couvrant les autres pays europ&#233;ens, proposition qui a re&#231;u un certain &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gravit&#233; de cette perspective a &#233;t&#233; peu soulign&#233;e. Pour la France, sauf &#224; &#234;tre une pure d&#233;claration et encore, ce serait un acte mettant gravement en danger la s&#233;curit&#233; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, la notion de d&#233;fense europ&#233;enne int&#233;gr&#233;e ne peut &#234;tre qu'une coordination intensifi&#233;e de moyens de d&#233;fense dont le choix d'emploi reste national : il y a trop d'int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais sp&#233;cifiques, notamment outre-mer, pour qu'une d&#233;fense europ&#233;enne vraiment int&#233;gr&#233;e puisse prendre le relais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Defense-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;fense europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dissuasion-nucleaire-+.html" rel="tag"&gt;Dissuasion nucl&#233;aire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/submarine-168884_1280.jpg?1787417305' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Devant les d&#233;veloppements spectaculaires de la sc&#232;ne internationale et notamment l'&#233;volution des Etats-Unis, les dirigeants europ&#233;ens cherchent fr&#233;n&#233;tiquement &#224; afficher la perspective d'une d&#233;fense europ&#233;enne commune autonome par rapport &#224; ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s&#233;rieusement douter du r&#233;alisme de ce projet, et plus encore de la possibilit&#233; qu'il ait la moindre influence sur les &#233;v&#233;nements de terrain avant 15-20 ans. Ne serait-ce que du fait de leurs divergences profondes d'int&#233;r&#234;ts et de priorit&#233;s, de leur retard technique, de leur peu de go&#251;t pour le combat, ou encore de leur exp&#233;rience pass&#233;e et pr&#233;sente, o&#249; l'achat d'armements am&#233;ricains a constamment eu la priorit&#233; sur l'achat de mat&#233;riels europ&#233;ens concurrents, notamment fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point d'achoppement clef, qui se pr&#233;sente d&#232;s maintenant : l'armement nucl&#233;aire, essentiellement celui fran&#231;ais (le britannique est en r&#233;alit&#233; dans les mains des Am&#233;ricains, au moins sur le plan technique). Emmanuel Macron avait d&#233;clar&#233; en mai 2024, puis r&#233;cemment r&#233;affirm&#233;, &#234;tre ouvert au d&#233;bat sur son inclusion dans une d&#233;fense nucl&#233;aire europ&#233;enne, suscitant &#224; l'&#233;poque une r&#233;action largement n&#233;gative dans la classe politique. Il a r&#233;cidiv&#233; depuis, avec une proposition qui a re&#231;u un certain &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gravit&#233; de cette perspective a &#233;t&#233; peu soulign&#233;e. Pour la d&#233;fense de la France ce serait pourtant un acte mettant gravement en danger la s&#233;curit&#233; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n s'agit en effet pas l&#224; de nucl&#233;aire tactique, mais du strat&#233;gique. L'arme nucl&#233;aire fran&#231;aise est uniquement strat&#233;gique ; elle est &#224; m&#234;me d'infliger des dommages tr&#232;s graves &#224; un assaillant &#233;ventuel ; elle est cens&#233;e par-l&#224; &#234;tre &#224; m&#234;me de le dissuader d'attaquer la France. Mais si cet assaillant est lui-m&#234;me une puissance nucl&#233;aire, cela implique le risque en retour de dommages d&#233;vastateurs pour la France. La menace d'utilisation de cette arme n'a donc de sens que par rapport &#224; une attaque contre des int&#233;r&#234;ts non seulement vitaux pour la France, mais impliquant sa survie m&#234;me. Il est donc non seulement absurde mais criminel d'envisager explicitement de l'utiliser pour prot&#233;ger un pays voisin, m&#234;me ami, m&#234;me europ&#233;en. Certes, il est de la nature de cette dissuasion de ne pas &#234;tre pr&#233;cise dans son mode d'emploi : il est donc compr&#233;hensible qu'on &#233;vite de se prononcer sur ce point. Mais sur le fond, ceux qui courent le risque, c'est-&#224;-dire les Fran&#231;ais, doivent savoir qu'elle ne peut &#234;tre mobilis&#233;e que pour les d&#233;fendre, parce que ce sont eux seuls qui courent le risque de riposte. Tout autre d&#233;cision d'emploi mettrait en risque les Fran&#231;ais de fa&#231;on gravissime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de cette consid&#233;ration majeure et d&#233;cisive, on peut rappeler qu'une telle dissuasion n'a de sens que si elle d&#233;pend de la capacit&#233; de r&#233;action rapide et imm&#233;diate du d&#233;cideur. Ce ne peut donc &#234;tre le fait d'une concertation &#224; l'europ&#233;enne. De fait, on nous explique que la d&#233;cision resterait fran&#231;aise. Mais en supposant qu'on fasse confiance aux macronistes sur ce point, cela implique que la dissuasion resterait en r&#233;alit&#233; fran&#231;aise. La seule diff&#233;rence par rapport &#224; la situation actuelle serait que la France d&#233;clarerait que les autres pays europ&#233;ens seraient couverts par elle. Et on retombe alors sur la remarque pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que du point de vue des autres pays europ&#233;ens, la protection nucl&#233;aire offerte par un autre Europ&#233;en ne saurait &#234;tre rassurante. Certains par exemple s'inqui&#233;taient de l'&#233;lection de Marine Le Pen (ou &#233;quivalent) en 2027 ou apr&#232;s. La question n'est pas ici de ce que ferait Marine le Pen ou un autre, mais de la perception que les autres en ont. Et m&#234;me avec une pr&#233;sident plus classique, il n'est en rien &#233;vident qu'il mettra en risque la France pour prot&#233;ger Vilnius. En outre, est-il envisageable que les seuls Fran&#231;ais d&#233;cident de mettre en risque un autre pays europ&#233;en en l'exposant aux repr&#233;sailles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on appelle parapluie am&#233;ricain n'est pas non plus garanti au niveau du nucl&#233;aire strat&#233;gique : croire que les Am&#233;ricains accepteraient le risque de voir New York ras&#233; pour prot&#233;ger Vilnius est d'une rare na&#239;vet&#233;. Mais la diff&#233;rence avec la France est le nucl&#233;aire tactique, dont ils disposent, eux, qui est d&#233;j&#224; pr&#233;positionn&#233; en Europe, et qui offre une &#233;tape interm&#233;diaire, rendant beaucoup plus cr&#233;dible la dissuasion au profit des Europ&#233;ens. Sachant, cela dit, que la mise en &#339;uvre du nucl&#233;aire tactique am&#233;ricain en Europe ferait courir un risque appr&#233;ciable &#224; ces m&#234;mes Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, du fait de l'importance centrale de la dissuasion nucl&#233;aire pour celui qui en dispose, si inversement la d&#233;fense nucl&#233;aire fran&#231;aise reste fran&#231;aise et ne couvre que la France, la d&#233;fense fran&#231;aise ne peut pas se noyer dans une d&#233;fense europ&#233;enne. Et donc la notion de d&#233;fense europ&#233;enne int&#233;gr&#233;e ne peut &#234;tre qu'une coordination intensifi&#233;e de moyens de d&#233;fense ; dont le choix d'emploi reste national &#8211; ce que d'ailleurs elle devrait &#234;tre de toute fa&#231;on. Apr&#232;s tout, en outre, il y a trop d'int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais sp&#233;cifiques, notamment outre-mer, pour qu'une d&#233;fense europ&#233;enne vraiment int&#233;gr&#233;e puisse prendre le relais. Et il n'y a pas de raison pour que cela change, sauf &#224; sacrifier pr&#233;cis&#233;ment ces int&#233;r&#234;ts majeurs. En revanche bien s&#251;r, le besoin d'accro&#238;tre massivement l'effort de d&#233;fense de tous est un imp&#233;ratif urgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, le champ que peut couvrir (tout au plus) une coop&#233;ration militaire europ&#233;enne est r&#233;el mais d&#233;limit&#233;, excluant les int&#233;r&#234;ts vitaux d'un c&#244;t&#233; (couverts par le nucl&#233;aire) et les int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques de l'autre (outre-mer et marine notamment), et laissant la libert&#233; de l'emploi. Ce champ est r&#233;el et majeur, mais il a ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru le 7 avril sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma. &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/nucleaire-francais-et-defense-europeenne/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/nucleaire-fran...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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