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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La d&#233;rive europ&#233;enne : la norme au lieu de la d&#233;cision </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>
		<dc:subject>Norme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si l'Union europ&#233;enne appara&#238;t de plus en plus d&#233;pass&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, ce n'est pas une surprise, ni le hasard de d&#233;cisions malheureuses. En fait c'est dans sa nature profonde que r&#233;side le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une raison simple : elle n'a pas &#233;t&#233; construite pour d&#233;cider et &#233;laborer une v&#233;ritable strat&#233;gie. A un double niveau : d'abord parce que c'est une construction fondamentalement id&#233;ologique, avec la cons&#233;quence qu'on y gouverne &#224; partir d'id&#233;es a priori et non par de vrais choix strat&#233;giques et donc politiques ; ensuite, parce que son organisation et son mode de prise de d&#233;cision confortent cette orientation fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc sortir de ce sch&#233;ma mental mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Union-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Union europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Norme-+.html" rel="tag"&gt;Norme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/euro-76019_1920.jpg?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'Union europ&#233;enne appara&#238;t de plus en plus d&#233;pass&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, ce n'est pas une surprise, ni le hasard de d&#233;cisions malheureuses. En fait c'est dans sa nature profonde que r&#233;side le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;rive europ&#233;enne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait de base : le d&#233;crochage de l'Europe en termes &#233;conomiques et technologiques. Or il co&#239;ncide clairement avec la formation de l'Union europ&#233;enne actuelle, celle de Maastricht. Cyrille Dalmont (Figaro Vox 19 d&#233;cembre 2025) note ainsi que la part europ&#233;enne du PIB mondial est pass&#233;e de 25 % en 1990 &#224; 14 % aujourd'hui, malgr&#233; l'extension du nombre de membres. La comparaison avec les Etats-Unis est encore plus frappante. En 1992, les deux zones pesaient &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me poids dans l'&#233;conomie mondiale, l'Europe b&#233;n&#233;ficiant m&#234;me d'un l&#233;ger avantage. Mais en 2024, le PIB par habitant aux &#201;tats-Unis en 2024 est de 84 809 dollars contre 43 145 dollars au sein de l'Union europ&#233;enne (Banque mondiale). Toujours selon Dalmont, sur les 1 000 plus grandes entreprises technologiques mondiales, les &#201;tats-Unis en concentrent 467, qui repr&#233;sentent plus de 80 % de la capitalisation totale. L'UE n'en rassemble que 139, pour moins de 5 % de la capitalisation globale. Dans les 100 premi&#232;res, le d&#233;s&#233;quilibre est encore plus brutal : 59 entreprises am&#233;ricaines, deux europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on peut ne pas consid&#233;rer que le PNB ou la technologie sont les seuls crit&#232;res d&#233;finitifs pour juger un pays ou ses performances. Mais l'Europe a r&#233;guli&#232;rement affich&#233; sur la p&#233;riode ses ambitions dans ces mati&#232;res. Son &#233;chec relatif est donc patent. Et on ne parle pas de la comparaison avec la Chine - encore moins de la capacit&#233; militaire&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la question : est-ce une simple loup&#233;, une porte qui n'a pas &#233;t&#233; vue ? Ou est-ce structurel ? Dalmont accuse la tendance europ&#233;enne &#224; la surr&#232;glementation : la Commission reconna&#238;t, dit-il, une hausse de 27 % de la charge r&#233;glementaire en dix ans dans les secteurs industriels. Le point est incontestable. Mais au-del&#224; m&#234;me de cette surr&#232;glementation, il faut souligner surtout la tendance europ&#233;enne &#224; voir la r&#233;glementation comme le principal moyen d'action. On &#233;met des normes au lieu de cr&#233;er. Mais on ne pr&#233;pare pas un avenir ni ne d&#233;finit une strat&#233;gie en empilant des normes : celles-ci peuvent avoir un sens dans des limites raisonnables, mais cela suppose qu'il y ait en sous-jacent une dynamique, une position gagnante, et donc une volont&#233; strat&#233;gique, partag&#233;e dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est ce que l'Union europ&#233;enne est incapable de produire. Pour une raison simple : elle n'a pas &#233;t&#233; construite pour cela. A un double niveau : d'abord parce que c'est une construction fondamentalement id&#233;ologique, avec la cons&#233;quence qu'on y gouverne &#224; partir d'id&#233;es a priori et non par de vrais choix strat&#233;giques et donc politiques ; ensuite, parce que son organisation et son mode de prise de d&#233;cision confortent cette orientation fondamentale. Certes, on retrouve par l&#224; un &#233;cho de ce qu'on constate dans les pays membres eux-m&#234;mes, de fa&#231;on amplifi&#233;e et radicalis&#233;e. Mais la diff&#233;rence est qu'au niveau europ&#233;en, c'est inh&#233;rent &#224; la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'erreur d'un moralisme id&#233;ologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tour par le choix moral permet de le comprendre mieux. Comment en effet fonde-t-on ses choix, sinon sur une id&#233;e de ce qu'il est bon de faire, ce qui suppose qu'on ait cette id&#233;e du bien, donc au sens large une forme d'&#233;thique ou morale ? Il y a pour simplifier trois conceptions : l'&#233;thique de responsabilit&#233; (cons&#233;quentialiste), l'&#233;thique d&#233;ontologique (kantienne), l'&#233;thique du jugement &#233;clair&#233; (aristot&#233;licienne). Or il y a une affinit&#233; entre le syst&#232;me de pens&#233;e dominant, notamment au niveau europ&#233;en, et la logique d&#233;ontologique, de type kantien. On pose des principes a priori, suppos&#233;s de valeur universelle, et on juge la situation &#224; partir de l&#224;. Le soutien &#224; l'Ukraine, ou l'entr&#233;e des migrants, sont typiques de ce genre de raisonnement, tellement en faveur au niveau europ&#233;en. Bien entendu, derri&#232;re, d'autres motivations peuvent appara&#238;tre, ou se cacher, qui sont de logique diff&#233;rente. Mais m&#234;me s'il y a une certaine hypocrisie, la mani&#232;re dont elle se manifeste et s'habille est sp&#233;cifique ; et en r&#233;alit&#233; l'id&#233;ologie est centrale dans le d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, le syst&#232;me impose une id&#233;ologie, celle du politiquement correct, en s'appuyant sur le r&#244;le croissant des juges, qui se substitue aux politiques, ou impose aux citoyens des r&#232;gles qu'ils n'ont jamais valid&#233;es. Et surtout le raisonnement juridique lui-m&#234;me est typiquement de type d&#233;ontologique ou kantien. Or ce n'est pas le bon mode d'exercice de la justice, comme Adrian Vermeule l'a brillamment rappel&#233; dans le cas de la constitution am&#233;ricaine. Tout autre en effet est l'approche de la morale des vertus, &#224; savoir d'un jugement moral visant &#224; la recherche d'un bien objectif qui s'appr&#233;cie en conscience au vu de la situation, sous l'&#233;clairage de principes mais sans automatisme &#8211; ce qui suppose d'abord une formation morale adapt&#233;e du juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me remarque vaut pour tout d&#233;cideur. Celui qui d&#233;cide est celui qui prend ses responsabilit&#233;s au vu de la situation, en choisissant la voie qui en conscience lui para&#238;t la bonne. Et pas en d&#233;clinant un syst&#232;me de pens&#233;e pr&#233;construit, qu'ensuite il suit aveugl&#233;ment ; &#224; nouveau, l'Ukraine ou les migrants en sont des exemples consternants. Dans un cas, on refuse obstin&#233;ment de tenir compte de la r&#233;alit&#233; de ce qu'est un conflit, et on poursuit au nom de principes abstraits un combat d&#233;sormais perdu, apr&#232;s avoir sacrifi&#233; des actifs majeurs en Russie et cr&#233;&#233; un handicap &#233;nerg&#233;tique d&#233;vastateur. Dans l'autre, on d&#233;clenche puis encourage une acc&#233;l&#233;ration torrentielle de migrations dont on s'acharne &#224; miner toute possibilit&#233; r&#233;aliste de les contenir, toujours au nom de principes abstraits &#8211; malgr&#233; la tr&#232;s relative inflexion r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cision et responsabilit&#233; personnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle mani&#232;re de proc&#233;der a un autre inconv&#233;nient majeur : celui d'encourager et de faciliter un des vices majeures de nos soci&#233;t&#233;s : l'irresponsabilit&#233;. Dans un grand nombre de domaines, les d&#233;cisions sont prises de plus en plus sur la base de suppos&#233;es constatations m&#234;lant a priori id&#233;ologie et suppos&#233;es expertises, face &#224; quoi on explique aux m&#233;dias g&#233;n&#233;ralement complices et &#224; la population qu'il n'y pas d'autre choix. Cela permet d'&#233;luder toute vraie responsabilit&#233; personnelle des suppos&#233;s dirigeants. Nassim Taleb l'avait rappel&#233; avec force dans son livre Skin in the game : il y a un ab&#238;me entre celui qui d&#233;cide personnellement en ayant un enjeu personnel direct, c'est-&#224;-dire en engageant sa responsabilit&#233;, et celui qui d&#233;cide sans que l'effet de la d&#233;cision, bon ou mauvais, l'affecte r&#233;ellement. Autrefois, le second cas pouvait prendre la figure du potentat &#224; l'ancienne, jugeant selon son arbitraire personnel. Mais dans nos soci&#233;t&#233;s, cela prend essentiellement la figure de celui qui d&#233;cide en s'abritant derri&#232;re les normes d'un c&#244;t&#233;, les proc&#233;dures de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cas des institutions europ&#233;ennes en est un exemple spectaculaire : pour la plupart non &#233;lues, sinon indirectement, et pour un temps bref, elles ne se retrouvent jamais face &#224; des &#233;lecteurs qui pourraient leur demander des comptes. M&#234;me les parlementaires y sont &#233;lus en fait sur une base politique nationale ; et lorsqu'il y a de nouvelles &#233;lections, personne ne fait de lien entre eux et ce qu'ils ont vot&#233; pendant leur mandat. L'irresponsabilit&#233; y atteint donc un degr&#233; spectaculaire, consid&#233;rablement plus qu'au niveau des Etats membres (encore que les dirigeants de ces derniers s'en tirent souvent &#224; rejetant la responsabilit&#233; sur &#171; l'Europe &#187; - bien entendu sans qu'on sache qui est vis&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien ce m&#233;canisme m&#234;lant irresponsabilit&#233; et choix proc&#233;duraux ou id&#233;ologiques qui est la cause centrale de l'&#233;chec des institutions europ&#233;ennes, et derri&#232;re elles, une des causes majeures (avec d'autres) du recul g&#233;n&#233;ral des pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur&lt;/i&gt; Politique Magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Euro ensorceleur</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-Euro-ensorceleur.html</link>
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		<dc:date>2025-01-24T17:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Euro</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Euro : un bilan rapide apr&#232;s 25 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la magie du mythe europ&#233;en qui a conduit &#224; l'euro - suppos&#233; &#234;tre une r&#233;ussite europ&#233;enne majeure. Mais la r&#233;alit&#233; est diff&#233;rente. La zone euro n'est pas une zone mon&#233;taire optimale, elle ne l'est pas plus aujourd'hui. Certains pays y ont gagn&#233;, d'autres perdu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est mal g&#233;r&#233;e depuis 40 ans. Mais c'est gr&#226;ce &#224; l'euro et &#224; sa magie qu'elle s'est endett&#233;e de fa&#231;on d&#233;mentielle. Comme la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ensorc&#232;lement ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Car il est tr&#232;s difficile de sortir de l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'euro, monnaie officielle fran&#231;aise depuis 1999, est pr&#233;sent&#233; comme une r&#233;ussite europ&#233;enne majeure, l'une des moins contestables. Il entre au nombre des espoirs &#233;veill&#233;s par l'an 2000. Mais la r&#233;alit&#233; est plus nuanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Naissance du magicien&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait qu'une motivation majeure de la cr&#233;ation de l'euro a &#233;t&#233; la possibilit&#233; de parvenir &#224; une r&#233;alisation f&#233;d&#233;rale, sans susciter les oppositions politiques in&#233;vitables dans les autres domaines, la monnaie apparaissant, &#224; tort, comme d'ordre technique. Cet outil f&#233;d&#233;ral pouvait &#234;tre mis en &#339;uvre par une institution technocratique, la Banque centrale europ&#233;enne. Il trouve sa source dans le c&#233;l&#232;bre trait&#233; de Maastricht de 1992, qui oblige sauf exception les Etats membres de l'UE &#224; adopter l'euro s'ils respectent certains crit&#232;res. On l'a volontiers pr&#233;sent&#233; comme une concession majeure des Allemands, attach&#233;s &#224; leur cher deutschemark, aux Fran&#231;ais, soucieux de ma&#238;triser l'Allemagne r&#233;unifi&#233;e dans une Europe &#171; toujours plus unie &#187;. On expliquait aussi que cela r&#233;pondait &#224; la difficult&#233; &#224; assurer une parit&#233; stable entre les monnaies europ&#233;ennes, d'autant que les mouvements de capitaux sont libres dans la zone et qu'on exclut de les canaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la zone euro n'est pas une zone mon&#233;taire optimale. Celle-ci suppose un fort degr&#233; d'int&#233;gration &#233;conomique, des politiques &#233;conomiques proches et convergentes, et des r&#233;actions similaires aux chocs. Si ces facteurs ne sont pas r&#233;unis, la politique mon&#233;taire pourra &#234;tre adapt&#233;e &#224; une partie et pas &#224; une autre ; et on perd le moyen d'adaptation global d'une &#233;conomie qui diverge : la d&#233;valuation. Bien s&#251;r une &#233;conomie peut s'adapter par d'autres moyens : en faisant varier le niveau des prix et des salaires, ou migrer la main d'&#339;uvre. Mais outre que c'est politiquement difficile et peu d&#233;sirable, cela suppose une tr&#232;s grande flexibilit&#233; de ces facteurs : or prix et salaires sont assez rigides, et chaque population l&#233;gitimement attach&#233;e &#224; son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On connaissait ces faits, et les &#233;conomistes ne se sont pas priv&#233;s de les rappeler. On y a r&#233;pondu d'une part par l'incantation, en imaginant que les facteurs d'int&#233;gration l'emporteraient, par ce qu'on annon&#231;ait comme une homog&#233;n&#233;it&#233; croissante des &#233;conomies en cause. Mais elle ne s'est pas produite. Et d'autre part, par des m&#233;canismes rigides enserrant les politiques nationales, d'o&#249; un pacte de stabilit&#233; visant la gestion des finances publiques. Mais on ne l'a pas respect&#233;. Et on a &#233;vit&#233; de faire d'autres pas en avant dans un sens f&#233;d&#233;ral, comme un budget commun ou une politique &#233;conomique commune. Les conditions de fonctionnement satisfaisants ne sont donc toujours pas r&#233;unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau purement technique, l'euro a &#233;t&#233; en revanche une r&#233;ussite : c'est la deuxi&#232;me monnaie mondiale, et la Banque centrale est active et capable d'innovation. Mais la question subsiste, car pr&#233;cis&#233;ment la monnaie n'est pas une donn&#233;e purement technique, et notamment pas &#224; notre &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La potion magique, la monnaie moderne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monnaie est par excellence une institution sociale, avec une triple fonction : &#233;talon pour fixer les prix des biens &#233;changeables ; moyen de paiement ; et r&#233;serve de valeur Historiquement elle est dans la quasi-totalit&#233; des cas le fait d'une autorit&#233; politique ; traditionnellement, elle se basait sur un m&#233;tal pr&#233;cieux qui donnait une r&#233;f&#233;rence et une garantie. Mais depuis 1973, toute r&#233;f&#233;rence a disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui cr&#233;e alors la monnaie dans nos soci&#233;t&#233;s ? On dit que ce sont les banques. De fait, quand une banque pr&#234;te, elle cr&#233;e de toute pi&#232;ce de quoi payer un actif : donc de la monnaie. Mais elle doit v&#233;rifier que l'emprunteur est capable de rembourser, sinon elle aura des probl&#232;mes ; et elle doit trouver tout de suite sur le march&#233; de quoi refinancer le cr&#233;dit octroy&#233;. Or c'est la Banque centrale qui r&#233;gule le march&#233; sur lequel les banques se refinancent. C'est donc elle l'acteur principal de la cr&#233;ation mon&#233;taire. Elle est suppos&#233;e veiller &#224; ce que la cr&#233;ation de monnaie n'aboutit pas &#224; un niveau excessif en regard des biens disponibles, car cela conduirait &#224; une hausse excessive des prix (inflation), ou un niveau insuffisant, d'o&#249; une baisse des prix (d&#233;flation). Et &#224; ce que qualitativement la cr&#233;ation de monnaie ne finance pas des actifs ou des activit&#233;s peu fiables et potentiellement dangereux. La Banque centrale peut aussi intervenir &#233;nergiquement en cas de crise grave, comme en 2008 et 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais plus r&#233;cemment s'est d&#233;velopp&#233;e l'id&#233;e, et la pratique, d'une utilisation plus large de la monnaie comme instrument de r&#233;gulation collective de l'&#233;conomie. Une m&#233;thode nouvelle a &#233;t&#233; pratiqu&#233;e en zone euro (hors crise) de 2015 &#224; 2024, &#171; assouplissement quantitatif &#187; ou &#171; quantitative easing &#187; : une cr&#233;ation mon&#233;taire finan&#231;ant massivement des achats de titres de dette publique et priv&#233;e. La banque centrale a alors en fait repris en direct le r&#244;le de cr&#233;ation mon&#233;taire. Au risque de l'inflation, celle des biens ou celle des actifs. En r&#233;sum&#233;, la monnaie est devenue un outil qu'on mobilise pour une nouvelle fonction, qui est politique. R&#244;le qui a fini en outre par devenir central dans l'action collective, au d&#233;triment de mesures structurelles plus favorables &#224; une croissance durable, ce que la politique mon&#233;taire ne peut pas produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La magie de l'euro, &#224; nouveau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la critique principale fait &#224; l'euro avant 2008 &#233;tait de copier la gestion du deutschemark, apr&#232;s 2011, c'est l'inverse, et les Allemands se sont oppos&#233;s sans succ&#232;s au nouveau cours. Mais dans les deux cas, la question est politique : ce sont deux modes de gestion de la vie &#233;conomique commune. Or cette d&#233;cision est prise par des non politiques. Et elle ne fait pas dispara&#238;tre les probl&#232;mes visibles d&#232;s le d&#233;part. Pas &#233;tonnant donc que les destins des diff&#233;rents pays aient &#233;t&#233; tr&#232;s variables : favorables &#224; l'Allemagne, dont la monnaie est sous-&#233;valu&#233;e (ce qui ne l'emp&#234;che pas aujourd'hui de conna&#238;tre d'autres d&#233;boires, d'origine g&#233;opolitique). Et pas du tout &#224; l'Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un des effets majeurs de la magie de l'euro aura &#233;t&#233; son effet sur la dette publique. D&#233;j&#224;, la crise grecque r&#233;sultait du surendettement de ce pays, obtenu gr&#226;ce &#224; son appartenance &#224; la zone euro, qui a rassur&#233; illusoirement les march&#233;s pendant un temps. M&#234;me si les deux cas sont sans proportion, c'est ce qui se passe avec la France. Sa dette cro&#238;t sans cesse, avec deux causes principales : son incapacit&#233; &#224; mettre de l'ordre dans ses affaires, et la perception des march&#233;s, car elle a longtemps &#233;t&#233; vue comme un brillant second de l'Allemagne. Elle en a bien abus&#233;. Gr&#226;ce &#224; l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en rendant des services, la zone euro ne fonctionne donc pas de mani&#232;re optimale. M&#234;me si tout ne lui est pas d&#251; : les choix politiques de chaque pays influent fortement sur leur situation. Et si l'euro n'a pas tenu ses promesses de convergence, son pouvoir aggravant direct ne doit pas &#234;tre exag&#233;r&#233; (crises mises &#224; part). Il a consist&#233; surtout dans un effet d'anesth&#233;sie, plus l'&#233;limination de la d&#233;valuation et d'un pilotage mon&#233;taire sur mesure. La performance de la zone euro est sur la dur&#233;e sensiblement moins bonne que celle des Etats-Unis. Et au niveau mondial, si demain une alternative se d&#233;gage face au dollar, ce ne sera pas l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On mesure d&#232;s lors le pari quelque peu hasardeux qui a &#233;t&#233; fait. L&#224; encore la m&#233;thode europ&#233;enne a atteint sa limite : on ne peut pas ajouter des pi&#232;ces en l'air en faisant comme si le reste devait suivre. Or la voie f&#233;d&#233;rale suppose des &#233;volutions politiques hors de port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la magie de l'euro ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Car il est tr&#232;s difficile d'en sortir, sans doute juridiquement, mais surtout pratiquement, car il y aurait fuite massive de capitaux. N'importe qui pourrait avant la sortie transf&#233;rer ses euros en Allemagne ou ailleurs. Cela impliquerait un contr&#244;le des changes g&#233;n&#233;ralis&#233;, tr&#232;s impopulaire et difficile &#224; r&#233;aliser. Enfin et surtout le pays devrait renoncer pour longtemps &#224; tout financement ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous resterons donc &#224; vue humaine sous le charme de Circ&#233; la magicienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine. &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/leuro-ensorceleur/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'Union Europ&#233;enne &#224; l'empire : un sc&#233;nario possible</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/De-l-Union-Europeenne-a-l-empire-un-scenario-possible.html</link>
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		<dc:date>2024-06-03T14:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Europe et empire</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La construction europ&#233;enne en cours vise une union toujours plus &#233;troite. D&#232;s le d&#233;but &#233;tait pr&#233;sent le mythe d'une Europe &#233;quivalant &#224; un &#233;tat souverain. Et elle s'y emploie activement, tournant tous les obstacles et notamment l'opposition sourde des peuples. Mais cela reste partiel ; nous sommes donc dans l'entre-deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet peut-il se r&#233;aliser ? Comme Etat-nation d&#233;mocratique, certainement pas. L'Europe ne peut pas l'&#234;tre, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en et donc de nation europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'exclut pas une autre possibilit&#233; : une construction politique nouvelle, plurinationale mais peu ou pas d&#233;mocratique (sauf de fa&#231;ade). Une forme &#8216;imp&#233;riale' imparfaite. Nous n'y sommes pas encore, mais &#224; la faveur des &#233;v&#233;nements, c'est concevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel pourrait &#234;tre le sc&#233;nario ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Europe-et-empire-+.html" rel="tag"&gt;Europe et empire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Union-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Union europ&#233;enne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La construction europ&#233;enne en cours vise une union toujours plus &#233;troite. Et elle s'y emploie activement, tournant tous les obstacles et notamment l'opposition sourde des peuples. Tout r&#233;cemment, l'ambition des dirigeants europ&#233;ens s'est d&#233;plac&#233; vers le secteur de la d&#233;fense, guerre en Ukraine oblige. Pourtant c'&#233;tait l'un des plus &#233;loign&#233;s des trait&#233;s actuels &#8211; mais le fait est que l'on trouve ainsi, dans un contexte tr&#232;s diff&#233;rent, le projet avort&#233; d&#232;s les ann&#233;es 50 de Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense. Car d&#232;s le d&#233;but &#233;tait pr&#233;sent le mythe d'une Europe &#233;quivalant &#224; un &#233;tat souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une utopie f&#233;d&#233;rale hors d'atteinte en d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet peut-il se r&#233;aliser ? Comme Etat-nation d&#233;mocratique, certainement pas. L'Europe ne peut pas l'&#234;tre. Ce peut &#233;videmment &#234;tre un lieu de coop&#233;ration essentiel entre pays, mais pas de solidarit&#233; premi&#232;re, encore moins de base &#224; une d&#233;mocratie, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en et donc de nation europ&#233;enne. Il n'y a pas d'exemple de d&#233;mocratie autre que nationale, pour la raison simple qu'on ne peut accepter le degr&#233; de solidarit&#233; qu'impliquent la d&#233;mocratie et le r&#232;gne de la majorit&#233; que moyennant un fort &#233;l&#233;ment d'identification, qu'a en son temps r&#233;alis&#233; le projet national. Mais ce projet suppose pour se r&#233;aliser une base commune, historique et culturelle, et notamment une langue commune. Les exemples de d&#233;mocratie stable compos&#233;e de plusieurs peuples et plusieurs langues sont rares ; seul la Suisse en est un exemple convaincant sur la dur&#233;e, et encore, la partie al&#233;manique, &#224; l'origine du pays, en constitue la grande majorit&#233;. On peut citer aussi l'Inde, mais de fa&#231;on croissante l'hindou&#239;t&#233; en constitue le ciment principal. Rien de tel en Europe : non seulement il n'y a pas et de loin de nation ou d'ethnie dominante, rassembleuse, mais les diff&#233;rents peuples s'y sont d&#233;j&#224; constitu&#233;s en nations, et chacune diff&#232;re de l'autre. De ce fait, les peuples d'Europe ont chacun leur vie politique propre, largement distincte de celle des autres et sans communication avec ; et ils parlent de moins en moins la langue de l'autre, la seule langue commune &#233;tant l'anglais, qui n'est la langue de personne &#8211; hors Irlande. Ce sera encore plus net &#224; l'avenir si la base en est de plus en plus m&#233;lang&#233;e avec des populations culturellement &#233;trang&#232;res, du fait de l'immigration que l'Europe favorise activement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre l'Europe actuelle est faible et malade de sa culture. Traumatis&#233;e par les d&#233;sastres des guerres mondiales, elle r&#234;ve de sortir de l'histoire, &#224; la poursuite d'une utopie douce&#226;tre, sans prise sur les r&#233;alit&#233;s internationales, mais id&#233;ologiquement tr&#232;s marqu&#233;e. Et une communaut&#233; v&#233;ritable est &#233;videmment tout autre chose que cette abstraction constitutionnelle, ce contrat social permanent suppos&#233; permettre un vague vivre ensemble, une cohabitation de n'importe qui avec n'importe qui, chacun vaquant &#224; ses petites affaires moyennant soumission au politiquement correct &#8211; ce qu'on pr&#233;sente comme le mod&#232;le de la nouvelle soci&#233;t&#233; politique, et ce sur quoi l'Europe fait mine de se construire. Qui est et sera en outre sans force face aux migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste alors une seule voie, celle suivie par les europ&#233;istes : ne plus consulter les peuples autrement que pour donner une l&#233;gitimit&#233; apparemment d&#233;mocratique au syst&#232;me, et tout verrouiller juridiquement, entre autres par la pr&#233;dominance du droit europ&#233;en. Mais il est clair que ce n'est pas comme cela que peut se construire une nation europ&#233;enne, et donc une d&#233;mocratie europ&#233;enne v&#233;ritable. D'autant qu'il faudrait pour cela une structure d&#233;centralis&#233;e, f&#233;d&#233;rale au plus ; mais justement, l'absence d'unit&#233; fonci&#232;re exclut un rapport harmonieux entre le centre et des structures d&#233;centralis&#233;es fortes (&#224; la suisse). D'o&#249; le caract&#232;re fonci&#232;rement centralisateur, uniformisant de la pratique europ&#233;enne, qui a enti&#232;rement retourn&#233; le sens du mot subsidiarit&#233;, en faisant une m&#233;thode de centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une forme nouvelle d'empire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'exclut pas une autre possibilit&#233; : une construction politique nouvelle, plurinationale mais peu ou pas d&#233;mocratique (sauf de fa&#231;ade). C'est ce que j'appelle une forme &#8216;imp&#233;riale' renouvel&#233;e (au sens large). Elle est tout &#224; fait concevable en Europe, du moins &#224; terme, du fait que les empires s'accommodent bien mieux que les d&#233;mocraties de la diversit&#233; des peuples. Bien entendu, il faut sans doute pour cela &#233;largir le d&#233;bat au-del&#224; des empires classiques, qui &#233;taient construits sur une base guerri&#232;re, avec un peuple conqu&#233;rant bien identifi&#233;. Mais dans un contexte instable o&#249; la confiance deviendrait tr&#232;s difficile, des formules autoritaires peuvent avoir leurs chances, qui peuvent &#234;tre appel&#233;es empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, &#233;l&#233;ment militaire mis &#224; part, l'Union europ&#233;enne ressemble d&#233;j&#224; par certains points &#224; un empire : ce n'est pas une nation, mais elle est compos&#233;e de nations vari&#233;es ; c'est un pouvoir supranational en surplomb, fond&#233; en principe sur les d&#233;mocraties nationales, mais qui tend &#224; traiter ce niveau comme subalterne, historiquement d&#233;pass&#233;, &#224; r&#233;guler par en-haut. Ce pouvoir n'est en outre pas v&#233;ritablement soumis &#224; des &#233;lections directes, comme un pouvoir politique national, et donc &#224; une forme m&#234;me grossi&#232;re de verdict populaire ; les &#233;lections au &#8216;parlement' se font en fait sur des listes nationales ; l'ex&#233;cutif n'est pas &#233;lu. Enfin et surtout ce pouvoir a sa logique propre, inscrite dans les trait&#233;s et dans le projet europ&#233;en, par-l&#224; ind&#233;pendante des logiques politiques nationales et &#224; l'abri du d&#233;bat suppos&#233; r&#233;gner dans des d&#233;mocraties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, ce pouvoir ne r&#233;git toutefois pas tous les domaines, m&#234;me s'ils sont de plus en plus vastes, et il ne dispose pas d'une souverainet&#233; v&#233;ritable ; on reste donc dans une situation interm&#233;diaire. Comment peut-il &#233;voluer ? On l'a vu, il ne peut se construire politiquement comme une d&#233;mocratie nationale ; il pourrait &#233;videmment se reb&#226;tir sur un projet diff&#233;rent, fond&#233; sur ses nations, mais il ne prend pas ce chemin. Il peut bien s&#251;r continuer de stagner dans un entre-deux b&#226;tard sous h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, et c'est sans doute le plus probable. Il peut aussi se disloquer. Mais on peut imaginer un autre sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de fragilisation des syst&#232;mes politiques et &#233;conomiques nationaux, dont les bases d'identification nationale et d'action propre ont &#233;t&#233; soigneusement &#233;rod&#233;es, ce &#224; quoi s'ajoute l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante des populations vivant en Europe du fait d'une immigration massive qui peut encore s'acc&#233;l&#233;rer, on peut imaginer, lors d'une crise tr&#232;s grave, un transfert de pouvoir massif, plus ou moins consensuel, des &#233;tats membres &#224; Bruxelles, qui deviendrait la t&#234;te d'un sorte d'empire. La menace russe, agit&#233;e avec fr&#233;n&#233;sie, va &#233;videmment dans ce sens, m&#234;me si elle est bien loin du niveau de gravit&#233; que pr&#233;tendent les europ&#233;istes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, cet empire resterait quelque peu paradoxal, du fait que militairement il est a priori peu probable qu'il se d&#233;tache de l'Otan et donc de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. On peut m&#234;me contester le terme d'empire, compte tenu de cette position de vassalit&#233;. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, cette vassalit&#233; m&#234;me donnerait aussi une certaine coh&#233;rence fonctionnelle au syst&#232;me. D'autant que la nature m&#234;me des Etats-Unis, qui pour l'instant restent un &#233;tat-nation, rend au stade actuel la perspective d'un empire &#233;tendu aux deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique improbable sous forme int&#233;gr&#233;e &#8211; contrairement &#224; ce qu'a fait progressivement Rome avec les diff&#233;rents Etats m&#233;diterran&#233;ens, vassalis&#233;s puis int&#233;gr&#233;s. D&#232;s lors, les Etats-Unis peuvent trouver leur int&#233;r&#234;t &#224; ce sous-empire, s'il reste suffisamment dans leur d&#233;pendance, et ne leur co&#251;te pas trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/de-leurope-a-lempire-un-scenario-possible/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La convergence mal&#233;fique en Europe : pouvoir de l'id&#233;ologie, pouvoir des juges, pouvoir de la technocratie </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-convergence-malefique-en-Europe-pouvoir-de-l-ideologie-pouvoir-des-juges.html</link>
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		<dc:date>2024-03-21T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Pouvoir des juges</dc:subject>
		<dc:subject>Technocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un animal bien &#233;trange que cette Union europ&#233;enne, et qui n'arr&#234;te pas d'interpeller les politologues. Mais par bien des c&#244;t&#233;s il incarne sous une forme extr&#234;me et caricaturale la d&#233;rive de nos suppos&#233;es d&#233;mocraties, o&#249; les pouvoirs dirigeants s'efforcent autant que possible d'&#233;chapper au verdict des &#233;lecteurs, ou plus exactement d'isoler dans un compartiment &#233;tanche une ligne largement id&#233;ologique, confort&#233;e par le pouvoir des juges et celui de la technocratie, quitte &#224; ce que des &#233;quipes divergeant tr&#232;s peu entre elles se disputent le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas tr&#232;s encourageant pour l'avenir de ce qu'on appelle d&#233;mocratie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Technocratie-+.html" rel="tag"&gt;Technocratie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Union europ&#233;enne, un mutant politique inqui&#233;tant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un animal bien &#233;trange que cette Union europ&#233;enne, et qui n'arr&#234;te pas d'interpeller les politologues. Mais par bien des c&#244;t&#233;s il incarne sous une forme extr&#234;me et caricaturale la d&#233;rive de nos suppos&#233;es d&#233;mocraties, o&#249; les pouvoirs dirigeants s'efforcent autant que possible d'&#233;chapper au verdict des &#233;lecteurs, ou plus exactement d'isoler dans un compartiment &#233;tanche une ligne largement id&#233;ologique, confort&#233;e par le pouvoir des juges et celui de la technocratie, quitte &#224; ce que des &#233;quipes divergeant tr&#232;s peu entre elles se disputent le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvoir surplombant, &#233;dictant des normes et r&#232;gles qui s'imposent &#224; tous, plac&#233;es au-dessus de toutes les l&#233;gislations nationales, les organes de l'Union europ&#233;enne ne sont pour l'essentiel pas &#233;lus et en tout cas pas directement responsables devant les &#233;lecteurs, alors que l'Union se targue d'incarner la d&#233;mocratie et fait la police des pays membres jug&#233;s d&#233;ficients &#224; cet &#233;gard. Cela reste vrai m&#234;me du Parlement europ&#233;en : en effet, on n'y &#233;lit pas les d&#233;put&#233;s sur la base d'un programme, et on ne les juge pas sur ce qui a &#233;t&#233; vot&#233; pendant la mandature. Les d&#233;bats sibyllins qui s'y d&#233;roulent, expos&#233;s &#224; l'influence des lobbies de tout poil, &#233;chappent totalement &#224; la vue des citoyens et reposent sur la connivence de trois grands groupes de parlementaires que dans la pratique presque rien ne s&#233;pare. Et o&#249; bien s&#251;r les eurosceptiques sont anath&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne s'agit pas de d&#233;finir une ligne politique, approuv&#233;e par les &#233;lecteurs, et fond&#233;e sur la responsabilit&#233; envers une communaut&#233;, politique elle aussi. Il s'agit d'appliquer un programme id&#233;ologique, encapsul&#233; dans les trait&#233;s, avec trois axes fondateurs : la concurrence et le libre-&#233;change ; le volontarisme f&#233;d&#233;raliste ; et maintenant les chartes de droits. Qui n'a pas per&#231;u cette dimension essentiellement id&#233;ologique de l'Union europ&#233;enne n'en comprend pas le fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement l'Union a &#233;t&#233; par excellence le lieu de l'affirmation du pouvoir des juges, ph&#233;nom&#232;ne qui touche tous les grands pays dits d&#233;mocratiques, et qui repose directement sur une pr&#233;tention elle aussi id&#233;ologique : donner la primaut&#233; absolue &#224; un catalogue de droits individuels suppos&#233;s &#224; la fois l'emporter sur toute autre consid&#233;ration et progresser sans cesse. D&#233;sormais ces juges consid&#232;rent naturels et &#233;vident de pouvoir litt&#233;ralement juger sur cette base toute loi m&#234;me vot&#233;e. En outre, ce sont les juges qui ont tranquillement pris la d&#233;cision d'accorder la pr&#233;dominance du droit europ&#233;en sur le droit national. Sans aucune d&#233;cision politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat en est le double patronage du juridique et de l'id&#233;ologique, bien plus marqu&#233; qu'au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me pouvoir renforce les pr&#233;c&#233;dents, celui de la technocratie, directement (par la Commission) ou indirectement (par le d&#233;veloppement continu d'autorit&#233;s dites ind&#233;pendantes). Outre que cette dimension technocratique s'aur&#233;ole de l'autorit&#233; de la science ou de la technique, elle participe de la m&#234;me id&#233;e, qui est au fond de d&#233;politiser la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grand p&#244;le du monde occidental, les Etats-Unis, pr&#233;sente bien des sympt&#244;mes analogues, mais leur pr&#233;pond&#233;rance y est moins marqu&#233;e, et surtout le terrain beaucoup plus disput&#233; par d'autres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;mocratie marginalis&#233;e et contr&#244;l&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir de la d&#233;mocratie ? Le sens th&#233;orique en est le gouvernement du peuple. Mais comme je l'ai montr&#233; dans &lt;i&gt;L'avenir de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, la d&#233;mocratie moderne est un compos&#233; hybride de trois r&#233;alit&#233;s bien diff&#233;rentes : le gouvernement du peuple (en r&#233;alit&#233; tr&#232;s indirect, &#224; travers des repr&#233;sentants) ; l'&#233;tat de droit ( des proc&#233;dures et un syst&#232;me de droits) ; et l'id&#233;ologie d&#233;mocratique (dont la forme r&#233;cente est la religion pr&#233;dominante du relativisme et des r&#232;gles du jeu, exaltant l'autonomie arbitraire de l'individu).Ces trois composantes ne sont pas n&#233;cessairement li&#233;es en soi, bien que dans la perception ambiante elles se confondent dans l'id&#233;e multiforme de &#8216;d&#233;mocratie'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance d&#233;sormais est &#224; la pr&#233;pond&#233;rance de la troisi&#232;me composante, avec instrumentalisation de la seconde, et de fait marginalisation de la premi&#232;re. Ce dernier ph&#233;nom&#232;ne prend des formes diverses mais convergentes : il s'agit notamment d'opposer un bloc seul l&#233;gitime, id&#233;ologiquement correct, &#224; des forces ext&#233;rieures stigmatis&#233;es sous le nom de populisme. Ce qui est facilit&#233; par la marginalisation de ces derniers, qui les rend plus agressives et moins exp&#233;riment&#233;es. L'Union europ&#233;enne est par excellence le lieu o&#249; se d&#233;roule l'op&#233;ration de fa&#231;on pure, mais la France macronienne s'en rapproche diablement. Ailleurs l'op&#233;ration reste imparfaite, mais en cas de besoin l'Union fait la police sans vergogne, comme on le voit en Pologne et en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il reste &#233;videmment malgr&#233; tout une dimension &#233;lectorale : d'o&#249; la possible remise en cause du sch&#233;ma dominant, comme on l'a vu avec le Brexit (mais cela a suppos&#233; une porteuse politique tr&#232;s forte, dans un pays dont le positionnement &#233;tait tr&#232;s &#224; part) ; ou en cas de r&#233;f&#233;rendum (mais dans ce cas ils sont rares et tourn&#233;s, comme dans la scandaleuse affaire de 2005) ; ou m&#234;me encore par des &#233;lections nationales (et alors on d&#233;roule le harc&#232;lement juridico-financier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de cela bien s&#251;r, il y a toujours la bonne vieille r&#233;volte populaire, type jacqueries, gilets jaunes, manifs syndicales, paysannes etc. Mais tout au plus mettent-elles en &#233;chec le r&#233;gime sur un point particulier, sans pouvoir le faire en principe, et d&#232;s lors il subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des perspectives peu rassurantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc, en dehors de ces p&#233;rip&#233;ties, le dualisme ambiant, apparemment d&#233;mocratique mais en r&#233;alit&#233; largement pr&#233;d&#233;termin&#233; et conditionn&#233; id&#233;ologiquement, risque de continuer &#224; dominer. Quelle peut en &#234;tre la signification pour l'avenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il d'abord des pr&#233;c&#233;dents dans l'histoire ? On a eu des th&#233;ocraties, elles aussi id&#233;ologiques &#224; leur fa&#231;on, mais peu nombreuses et peu durables. Surtout, elles supposaient pour durer un monde stable (le seul cas sur plusieurs si&#232;cles est le Tibet). Or le monde actuel bouge, et l'id&#233;ologie actuelle est une id&#233;ologie du changement et de la remise en cause. On a eu par ailleurs bien des r&#233;gimes r&#233;volutionnaires, mais eux aussi n'ont en g&#233;n&#233;ral pas dur&#233; (apr&#232;s de terribles ravages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est donc nouvelle. La fragilit&#233; fondamentale du syst&#232;me est le maintien th&#233;orique d'un fondement d&#233;mocratique de la l&#233;gitimit&#233; (au sens premier du terme), mais r&#233;guli&#232;rement bafou&#233; dans la pratique. Quelles sont alors les &#233;volutions possibles - en dehors du maintien chaotique de l'emprise id&#233;ologique et &#233;litiste et de r&#233;voltes populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re hypoth&#232;se serait en th&#233;orie le retour &#224; un r&#233;gime plus clairement d&#233;mocratique et moins id&#233;ologique. Cela para&#238;t peu &#233;vident au vu des faits observ&#233;s. Ce l'est d'autant moins que l'id&#233;ologie est depuis les origines au fondement du r&#233;gime dit d&#233;mocratique et ne peut donc pas facilement &#234;tre r&#233;cus&#233;e dans son cadre. S'y ajoute l'affaiblissement des Etats-nations par les forces conjugu&#233;es de la mondialisation et de l'individualisme ; et en Europe l'emprise du syst&#232;me europ&#233;en sur les Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste un changement de cap. Mais il n'y a pas d'id&#233;ologie alternative en gestation ayant la reconnaissance qui serait n&#233;cessaire, car nous sommes toujours sous l'empire du paradigme relativiste dominant depuis plus de deux si&#232;cles. Et donc la seule hypoth&#232;se restante serait une sortie de fait du syst&#232;me d&#233;mocratique, avec un pouvoir autoritaire, qui pourrait d'ailleurs &#234;tre compatible avec l'id&#233;ologie actuelle. Ce peut &#234;tre m&#234;me par une radicalisation du r&#233;gime, mais cela l'obligerait &#224; prendre plus la forme d'une vrai gouvernement, qui d&#233;cide - bien ou mal. Plut&#244;t mal d'ailleurs, car les bases d'un gouvernement responsable et au service du bien commun ne sont pas pr&#233;sentes. Pas tr&#232;s gai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;i&gt; n&#176; 233&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/ideologie-juges-et-technocratie-la-convergence-malefique-en-europe/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Europe et d&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Europe-et-democratie.html</link>
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		<dc:date>2022-04-28T16:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Europe et d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'Europe se pr&#233;sente comme le temple de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le discours dominant, ce qu'on appelle &#8216;valeurs europ&#233;ennes' et &#8216;valeurs d&#233;mocratiques' sont pratiquement synonymes. On a l'air de consid&#233;rer cela comme allant de soi. En fait ce n'est ni coh&#233;rent ni prometteur. La d&#233;mocratie comme gouvernement du peuple est sacrifi&#233;e &#224; la d&#233;mocratie comme programme id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Europe se pr&#233;sente comme le temple de la d&#233;mocratie. Dans le discours dominant, ce qu'on appelle &#8216;valeurs europ&#233;ennes' et &#8216;valeurs d&#233;mocratiques' sont pratiquement synonymes. On a l'air de consid&#233;rer cela comme allant de soi. En fait ce n'est ni coh&#233;rent ni prometteur. La d&#233;mocratie comme gouvernement du peuple est sacrifi&#233;e &#224; la d&#233;mocratie comme programme id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;alit&#233; d&#233;mocratique et sa complexit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord il va de soi dans ce cadre de pens&#233;e que la d&#233;mocratie est un concept clair et largement univoque, un bloc &#224; prendre tel quel. Or en r&#233;alit&#233; c'est un ph&#233;nom&#232;ne ambigu et h&#233;t&#233;rog&#232;ne ; en outre il ne peut subsister sans un &#233;l&#233;ment qui ne d&#233;coule pas de ses principes : le fait national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en effet d&#233;j&#224; trois composantes au moins dans la d&#233;mocratie telle qu'on la comprend aujourd'hui, et ces trois composantes sont loin d'&#234;tre homog&#232;nes ou coh&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord l'id&#233;e de gouvernement du peuple, qu'on comprend dans la pratique comme la simple intervention du peuple dans l'&#233;lection de d&#233;cideurs qui ensuite sont libres dans leurs choix - d'o&#249; tout le d&#233;bat sur les r&#233;f&#233;rendums (qui sont, avec leurs importantes limites, la seule forme de pouvoir r&#233;ellement exerc&#233; par le peuple), ou le spectacle constant d'&#233;lus prenant des d&#233;cisions manifestement contraires aux d&#233;sirs de leurs &#233;lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ensuite une id&#233;ologie, qu'on peut appeler id&#233;ologie d&#233;mocratique, une certaine conception de l'&#233;mancipation fondamentalement relativiste, o&#249; chacun est suppos&#233; pouvoir se construire, soi- m&#234;me et ses valeurs, sans r&#233;f&#233;rence objective ni devoir, sinon le respect de ce principe lui-m&#234;me. Mais c'est une id&#233;ologie qui &#233;volue beaucoup dans le temps, et souvent se contredit (ainsi entre f&#233;minisme et LGBT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin c'est l'id&#233;e d'&#233;tat de droit, qui implique le respect de m&#233;canismes juridiques formels, mais qui varient selon pr&#233;cis&#233;ment l'&#233;tat du droit effectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun de ces trois &#233;l&#233;ments se pense sans difficult&#233; en dehors des deux autres, et chacun a pu exister historiquement s&#233;par&#233; des deux autres. Et chacun peut alt&#233;rer ou m&#234;me s'opposer &#224; l'un des autres : la d&#233;mocratie comme gouvernement du peuple peut vouloir s'affranchir de l'Etat de droit, ou opter pour des valeurs autres que ce que demande l'id&#233;ologie d&#233;mocratique. L'id&#233;ologie elle conditionne du dehors et de plus en plus la vie politique et le choix des citoyens ; elle donne &#224; l'Etat de droit une signification &#233;troite, centr&#233;e sur une certaine conception historiquement situ&#233;e des droits de l'homme. L'Etat de droit enfin, selon la situation o&#249; en est le droit, peut bloquer la volont&#233; populaire, comme g&#234;ner l'id&#233;ologie dans ses m&#233;andres. En bref, la r&#233;union des trois n'est pas n&#233;cessaire, ne l'a pas &#233;t&#233; historiquement et ne va pas de soi. Et elles peuvent aller dans des directions oppos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, aucun de ces composantes ne nous dit ce qu'est et ce qui fonde la communaut&#233; politique &#224; laquelle elles s'appliquent. Concr&#232;tement, ce qu'on observe est que la d&#233;mocratie moderne n'existe pas sans la nation - la r&#233;ciproque &#233;tant fausse ; la nation devant en outre &#234;tre comprise pour cela comme constitu&#233;e d'un peuple bien d&#233;fini avec ses caract&#233;ristiques culturelles, faute de quoi la d&#233;mocratie ne marche pas - d'o&#249; l'&#233;clatement des blocs h&#233;t&#233;rog&#232;nes lorsque le pouvoir autoritaire dispara&#238;t, ainsi en Yougoslavie ou en URSS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Europe et le dilemme d&#233;mocratique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bref rappel suffit pour mettre en &#233;vidence le paradoxe de la construction europ&#233;enne actuelle. Tout d'abord, &#233;videmment, elle n'est pas fond&#233;e sur un principe national ou &#233;quivalent, m&#234;me de loin. Elle prend m&#234;me soin de ne pas l'&#234;tre, n'essayant par exemple pas de donner l'illusion en mettant en sc&#232;ne un patrimoine historique ou culturel europ&#233;en commun, comme le montrent ses billets de banque, totalement impersonnels. Ce patrimoine existe pourtant. A soi seul cela rend l'id&#233;e d'une d&#233;mocratie europ&#233;enne implausible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on sait en outre, son fonctionnement le confirme : comme il n'y a pas de peuple europ&#233;en, ni donc de vie politique europ&#233;enne au niveau des populations, les &#233;lections quand elles existent &#224; ce niveau (parlement) restent la juxtaposition d'&#233;lections en fait nationales : on vote pour des partis nationaux. Le parlement n'est donc pas dans la r&#233;alit&#233; responsable devant ses &#233;lecteurs comme un parlement national. Le pouvoir r&#233;el (commission et conseil) n'est lui-m&#234;me soit pas &#233;lu, soit pas pour cette t&#226;che mais sur base nationale. Il n'y a en outre aucune forme de d&#233;mocratie directe, et lorsqu'on la met en &#339;uvre au niveau national, on la bafoue aussit&#244;t (referendum de 2005 etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme en m&#234;me temps l'Europe ne s'admet pas comme ce qu'elle est, c'est-&#224;-dire comme une association d'Etats, le seul moyen pour s'affirmer comme r&#233;alit&#233; politique &#8216;d&#233;mocratique' est de jouer sur les autres termes : l'Etat de droit et l'id&#233;ologie, celle-ci tendant &#224; h&#233;g&#233;moniser l'autre. D'o&#249; le r&#244;le d&#233;mesur&#233; et croissant des cours de justice europ&#233;ennes (celle de l'UE et celle des Droits de l'homme), s&#233;lectionn&#233;es d'une fa&#231;on qui &#233;chappe totalement &#224; l'examen collectif, m&#234;me m&#233;diatique, et enti&#232;rement d&#233;connect&#233;es de toute vie communautaire nationale et de tout d&#233;bat politique. D'o&#249; aussi, sans fondement sur un d&#233;bat d&#233;mocratique v&#233;ritable, l'id&#233;e de supr&#233;matie totale du droit europ&#233;en sur le droit national (qui est pourtant juridiquement &#224; la base des trait&#233;s puisque ce sont des actes inter&#233;tatiques). D'o&#249; encore le terrorisme intellectuel, et la chasse aux d&#233;viants, polonais et hongrois actuellement. D'o&#249; enfin, lorsqu'un consensus appara&#238;t comme avec la guerre en Ukraine, la mise en avant de l'id&#233;ologie par rapport aux consid&#233;rations g&#233;opolitiques. Plus que sur la motivation forte et justifi&#233;e qu'est l'agression sauvage d'un &#233;tat souverain proche de nous, on insiste sur l'id&#233;e qu'il faut se battre pour la d&#233;mocratie, sur la m&#234;me ligne que les n&#233;oconservateurs am&#233;ricains. Mais il est fou et dangereux de se donner comme objectif de fonder les relations internationales sur une croisade id&#233;ologique &#8211; avec les b&#233;vues que cela implique, voir l'Iraq, et au risque de l'embrasement. Cette guerre renforce donc de fait la nature hors sol du syst&#232;me europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, en s'appuyant massivement sur l'id&#233;ologie, qu'on met en &#339;uvre par un verrouillage juridique extr&#234;mement serr&#233;, on pr&#233;tend servir des &#8216;valeurs d&#233;mocratiques' au moment m&#234;me o&#249; on marginalise la d&#233;mocratie dans son sens &#233;tymologique. D'o&#249; des tensions, qui devraient logiquement s'accro&#238;tre au fur et &#224; mesure o&#249; on d&#233;veloppe la construction europ&#233;enne ainsi con&#231;ue. A cela s'ajoutent d'autres sources de tensions, comme le r&#244;le de verrouillage des trait&#233;s en mati&#232;re &#233;conomique (id&#233;ologie de la concurrence, approche proc&#233;durale etc.). Ou le fait que la dimension d&#233;fense et politique militaire est totalement pr&#233;empt&#233;e par l'Otan, elle-m&#234;me sous direction am&#233;ricaine et donc externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet final n'est donc en rien la mise en place d'une Europe puissance, comme le r&#234;vent les politiques fran&#231;ais, mais celle d'un m&#233;canisme de pouvoir totalement sui generis et qui ne met en avant l'id&#233;e de d&#233;mocratie que pour la r&#233;duire &#224; sa dimension la plus contestable, une id&#233;ologie, en outre relativiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes une autre Europe est possible et d&#233;sirable, comprise comme l'association et la solidarit&#233; des Etats et nations qui la composent, sans faire l'impasse sur notre patrimoine commun : ni id&#233;ologique, ni relativiste, mais fond&#233;e sur les coop&#233;rations n&#233;cessaires. Mais paradoxalement on tend &#224; s&#8216;en &#233;carter chaque jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut alors devenir l'animal &#233;trange qui se d&#233;veloppe &#224; Bruxelles ? Il peut &#233;videmment en rester un temps dans l'&#233;tat de blocage relatif qu'il a connu dans les derniers temps. Mais on peut imaginer une autre hypoth&#232;se : que l'accroissement des tensions, notamment avec la Russie, conduise &#224; une acc&#233;l&#233;ration f&#233;d&#233;rale. Elle ressemblera alors de plus en plus non pas &#224; la d&#233;mocratie dont elle se r&#233;clame, mais &#224; ce qu'on pourrait appeler une forme d'empire : un pouvoir hors sol, fortement id&#233;ologique. Certains disent que cela rappelle l'URSS : assez peu en fait, car d'une part et fort heureusement elle n'est pas (ou pas encore) vraiment totalitaire, et d'autre part elle n'a pas de composante militaire &#8211; ni m&#234;me polici&#232;re. Ce ne peut donc &#234;tre qu'une construction fragile, et non durable &#224; terme, sauf &#224; devenir un jour un empire v&#233;ritable. Mais qui peut dans l'intervalle bloquer toute alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/europe-et-democratie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Prot&#233;ger le mode de vie europ&#233;en &#187; : la question qui f&#226;che</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Proteger-le-mode-de-vie-europeen-la-question-qui-fache.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Proteger-le-mode-de-vie-europeen-la-question-qui-fache.html</guid>
		<dc:date>2019-10-06T10:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Frau Ursula von der Leyen, habituellement si charmante, si convenable, si politiquement correcte, ne se doutait sans doute pas de la temp&#234;te politico-m&#233;diatique qu'elle allait soulever en proposant un poste de commissaire en charge de la &#171; protection de notre mode de vie europ&#233;en &#187;, en fait des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commence &#224; &#234;tre habitu&#233; aux campagnes d'indignation stridente qui sont devenues le mode principal d'expression politique des gens qui comptent. Mais l&#224; c'&#233;tait un mod&#232;le du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Politique magazine&lt;/i&gt; de ce mois&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Migrations-+.html" rel="tag"&gt;Migrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Politique magazine&lt;/i&gt; de ce mois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.politiquemagazine.fr/sommaire-du-magazine-du-mois/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.politiquemagazine.fr/so...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frau Ursula von der Leyen, habituellement si charmante, si convenable, si politiquement correcte, ne se doutait sans doute pas de la temp&#234;te politico-m&#233;diatique qu'elle allait soulever en proposant un poste de commissaire en charge de la &#171; protection de notre mode de vie europ&#233;en &#187;, en fait des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commence &#224; &#234;tre habitu&#233; aux campagnes d'indignation stridente qui sont devenues le mode principal d'expression politique des gens qui comptent, et par l&#224; de canalisation de ce qui est autoris&#233; et de ce qui ne l'est pas. Mais l&#224; c'&#233;tait une mod&#232;le du genre. Tout le monde sur le pont. C'est que pour les opposants, qui couvrent le gros de l'&#233;ventail politique hors une partie du PPE, on est dans une &#171; rh&#233;torique dangereuse et populiste &#187;. Elle a essay&#233; alors de se d&#233;fendre en expliquant que &#171; la dignit&#233; humaine &#187; faisait partie des &#171; valeurs europ&#233;ennes &#187;. Selon Le Monde, elle &#233;crit que &#171; &#8216;le mode de vie europ&#233;en repose sur la solidarit&#233;, la tranquillit&#233; d'esprit et la s&#233;curit&#233;. Nous devons r&#233;pondre et apaiser les craintes et pr&#233;occupations l&#233;gitimes sur l'impact d'une immigration irr&#233;guli&#232;re sur notre &#233;conomie et notre soci&#233;t&#233;' &#187; avant de &#171; plaider pour une meilleure int&#233;gration et une plus grande coh&#233;sion sociale. Ce qui, poursuit-elle, passe par des r&#233;flexions et des actions en mati&#232;re de formation, de culture, de sports &#187;. Voil&#224; qui se veut rassurant pour notre Landerneau. Mais pas suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne peut marcher d'ailleurs : rien ne dit que l'aimable Ursula ne va pas c&#233;der dans les jours ou semaines qui viennent. Mais quoiqu'il advienne, l'&#233;pisode est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e m&#234;me qu'il faille r&#233;pondre d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; une inqui&#233;tude manifestement r&#233;pandue ne passe pas chez les professionnels de la vertu id&#233;ologique, et a fortiori l'id&#233;e qu'on doive &#8216;prot&#233;ger' un &#8216;mode de vie europ&#233;en'. Car si une protection doit &#234;tre envisag&#233;e, quelle qu'elle soit, c'est &#233;videmment qu'il y a quelque chose qui ressemble &#224; une menace, un danger que ce &#8216;mode de vie' soit remis en cause ou au moins alt&#233;r&#233;. Or le commissaire s'occupera des migrants. Et il ne s'agit &#233;videmment pas d'une menace pour les migrants : implicitement ils sont la menace (y compris involontairement). Menace qui selon ce qui est dit para&#238;t viser deux champs : la solidarit&#233; et l'&#233;conomie d'un c&#244;t&#233;, la soci&#233;t&#233;, la s&#233;curit&#233; et la tranquillit&#233; d'esprit de l'autre. C'est dit gentiment, mais cela va loin. Cela implique logiquement qu'il est concevable que les migrants p&#232;sent sur les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale, ne soient pas une chance pour l'&#233;conomie, modifient les donn&#233;es de la vie commune au point de changer notre mode de vie, et cr&#233;ent de l'ins&#233;curit&#233;, le tout source d'inqui&#233;tude grave. Tout cela peut para&#238;tre une &#233;vidence au citoyen moyen, mais au niveau bien propret de Bruxelles c'est nouveau, et un peu fort de vinaigre. M&#234;me le bon M. Juncker &#233;tait choqu&#233;, entre deux verres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que ce faisant aucune action nouvelle n'est envisag&#233;e. Ce qu'on comprend est qu'il s'agira de formation, de culture, de sports. A l'&#233;vidence au profit des migrants, la culture et le sport adoucissant les m&#339;urs. Mais pas plus. Rien sur le contr&#244;le des entr&#233;es. Rien sur une quelconque s&#233;lection (ne serait-ce que par rapport &#224; l'&#233;conomie, puisqu'on en parle). Rien bien s&#251;r sur une demande d'int&#233;gration (ne parlons pas d'assimilation). Rien sur des mesures de s&#233;curit&#233;. Le contraste entre ce manque total d'ambition r&#233;elle et la fureur des protestataires n'en est que plus &#233;tonnant. Une seule explication : c'est qu'ils sentent au fond d'eux-m&#234;mes que la meilleure tactique pour eux est de casser le d&#233;bat &#224; la base. Car d&#232;s qu'on commence &#224; parler comme la ch&#232;re Ursula de &#171; mode de vie europ&#233;en &#187;, de &#171; tranquillit&#233; d'esprit et de s&#233;curit&#233; &#187;, et a fortiori de &#171; craintes et pr&#233;occupations l&#233;gitimes &#187; on n'&#233;chappe pas &#224; une s&#233;rie de constatations qui minent le l&#233;nifiant discours dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dans le mod&#232;le europ&#233;en officiel, la question ne se pose pas. L'Union europ&#233;en d'aujourd'hui se veut fond&#233;e sur un genre de patriotisme constitutionnel &#224; la Habermas : des trait&#233;s, des proc&#233;dures, des d&#233;clarations de droits universels interpr&#233;t&#233;s par des juges, la concurrence et l'uniformisation des lois et des r&#233;glementations. D'ailleurs, dans une tribune ult&#233;rieure, destin&#233;e &#224; se d&#233;fendre, la nouvelle pr&#233;sidente se r&#233;f&#232;re &#224; l'article 2 du trait&#233; de l'Union europ&#233;enne qui d&#233;finit ces &#8216;valeurs communes' : &#171; l'Union est fond&#233;e sur les valeurs de respect de la dignit&#233; humaine, de libert&#233;, de d&#233;mocratie, d'&#233;galit&#233;, de l'&#201;tat de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant &#224; des minorit&#233;s. Ces valeurs sont communes aux &#201;tats membres dans une soci&#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;e par le pluralisme, la non-discrimination, la tol&#233;rance, la justice, la solidarit&#233; et l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. &#187; Qui donc parle de mode de vie l&#224;-dedans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre pi&#232;ge qu'ont bien senti les censeurs, justement : qu'est-ce qu'on entend sous le terme de mode de vie europ&#233;en ? Les trait&#233;s n'en parlent pas, ils ne parlent que des droits. Et implicitement l'intitul&#233; implique que ce mode de vie europ&#233;en existe d&#233;j&#224;. Or ce ne peut pas &#234;tre uniquement et directement la s&#233;curit&#233; ou la solidarit&#233; : c'est donc a priori quelque chose d'autre, qui peut &#224; son tour &#234;tre source de s&#233;curit&#233; ou de solidarit&#233;. Une culture ? Une sociologie ? Une mani&#232;re d'agir ou d'&#234;tre ? Forc&#233;ment quelque chose de ce genre. Appuy&#233;es sur des lois bien s&#251;r ; mais pas uniquement, puisque ces lois ne suffisent pas pour conjurer la menace. De fil en aiguille, on entre alors dans un domaine qui commence terriblement &#224; ressembler &#224; la probl&#233;matique de l'identit&#233;, ou du patriotisme. Mais alors, nouveau danger, que les censeurs connaissent bien : pas plus qu'il n'y a de peuple europ&#233;en il n'y a pas de culture commune ou d'identit&#233; (quel que soit le sens de ce mot) europ&#233;enne. Bien s&#251;r il y a des &#233;l&#233;ments communs, nombreux, mais ce ne sont que des aspects, des ressemblances, un pass&#233; en partie commun ; mais cela ne fait pas une repr&#233;sentation d'ensemble comme au niveau national, encore moins une communaut&#233;. Concr&#232;tement d'ailleurs, si on veut assimiler des migrants, ou m&#234;me simplement les int&#233;grer, ce sera comme fran&#231;ais, allemands etc. ; pas comme europ&#233;ens g&#233;n&#233;riquement : cela ne voudrait rien dire. Au mieux alors l'Europe viendrait en aide, de fa&#231;on subsidiaire, &#224; ces communaut&#233;s qui sont d'abord nationales. Mais cela impliquerait un virage &#224; 180&#176; de l'id&#233;e que l'Europe a d'elle-m&#234;me. Virage qui serait bienvenu d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est hautement improbable que Frau von der Leyen veuille s'engager dans cette voie. Mais comme les censeurs l'ont bien vu, tout se tient. Si elle met le doigt dans l'engrenage, la question maudite va s'accr&#233;diter. Il lui faudra aller plus loin, dans une direction qu'ils abhorrent. Et donc on pilonne, pr&#233;ventivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le feuilleton du Brexit : quelques le&#231;ons politiques</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-feuilleton-du-Brexit-quelques-lecons-politiques.html</link>
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		<dc:date>2019-06-21T12:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'invraisemblable feuilleton du Brexit a stup&#233;fi&#233; l'Europe : comment ces Anglais peuvent-ils d&#233;raper &#224; ce point ? Voil&#224; un Parlement, le plus ancien du monde, compos&#233; de gens plut&#244;t intelligents et pragmatiques, qui a tourn&#233; en rond comme une machine vide pendant des mois sans d&#233;gager une solution quelle qu'elle soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle le&#231;on en tirer ? Tout simplement un fait connu depuis longtemps : le vote ne donne pas par lui-m&#234;me de solution rationnelle, d&#232;s qu'il y a plus de deux possibilit&#233;s en pr&#233;sence. Sauf &#224; se mettre d'accord sur un bien commun, la d&#233;mocratie ne marche que quand elle est simpliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'invraisemblable feuilleton du Brexit a stup&#233;fi&#233; l'Europe : comment ces Anglais peuvent-ils d&#233;raper &#224; ce point ? Et on vous explique doctement pourquoi : c'est que sortir de l'Europe est d&#233;j&#224; en soi une folie en soi ; pas &#233;tonnant alors que ceux qui s'y essayent se plantent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voire. Revenons aux faits : pourquoi le Brexit a d&#233;rap&#233; ? D'abord, &#224; cause de l'affaire irlandaise, que ni Bruxelles ni Londres n'avaient vu venir. Affaire compliqu&#233;e en effet, mal trait&#233;e en l'esp&#232;ce, par les Europ&#233;ens trop align&#233;s sur Dublin, et &#233;videmment par les Britanniques qui ne l'ont pas vu venir. Mais on oublie que sans l'Irlande il y aurait eu un accord sur tout le reste, qui aurait sans doute &#233;t&#233; accept&#233; par le parlement britannique. Et m&#234;me avec l'Irlande : si Theresa May n'avait pas fait la sottise de dissoudre les Communes il y a deux ans, l'accord pass&#233; avec l'Europe aurait &#233;t&#233; vot&#233;. Donc si on met &#224; part ces donn&#233;es contingentes, le Brexit aurait pu parfaitement se faire. Moralit&#233; : pour un pays qui n'est pas dans la zone euro comme le Royaume-Uni,&lt;i&gt; sortir de l'Union est techniquement tout &#224; fait faisable&lt;/i&gt;. On peut dire que ce n'est pas souhaitable, mais pas que c'est impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus int&#233;ressant dans cette histoire n'est pas l&#224; : c'est le spectacle &#233;tonnant qu'a donn&#233; ensuite ce Parlement, le plus ancien du monde, compos&#233; de gens plut&#244;t intelligents et pragmatiques, mais qui a tourn&#233; en rond comme une machine vide pendant des mois sans d&#233;gager une solution quelle qu'elle soit. On les a en effet vus voter successivement sur une s&#233;rie de propositions diff&#233;rentes, mais pour les rejeter toutes : la sortie sans accord, l'accord de Mme May, un autre accord, pas de sortie etc. Comment est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rencontrons ici un probl&#232;me de fond sur la rationalit&#233; m&#234;me de ce qu'est un vote, lorsque les gens ne sont pas d'accord sur un choix comportant plusieurs options. Pas de probl&#232;me s'il n'y en a que deux ; la majorit&#233; l'emporte ; ce peut &#234;tre idiot, mais &#231;a marche. Mais s'il y a plus de deux options possibles, la science montre qu'il n'y a pas de solution rationnelle. Condorcet l'avait vu &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle. Prenons pour simplifier trois personnes qui ont &#224; choisir entre a, b et c. Si l'ordre des pr&#233;f&#233;rences est a b c pour l'une, b c a pour la seconde et c a b pour la troisi&#232;me, il n'y a pas de r&#233;ponse rationnelle. Si par exemple, comme aux Communes, on fait voter sur &#8216;a', deux votent contre et un pour, et donc &#8216;a' est rejet&#233; ; de m&#234;me pour les autres. Bien s&#251;r, dans la r&#233;alit&#233; on &#233;vite en g&#233;n&#233;ral le blocage, soit parce que les votants se regroupent en deux camps, soit parce que la proc&#233;dure ou le hasard du d&#233;roulement permet arbitrairement de privil&#233;gier un des choix. Et bien s&#251;r si on ne choisit pas, il y a toujours une sortie, impos&#233;e par les faits. En l'esp&#232;ce, c'est ce qui pourra se passer fin octobre, si aucune autre solution n'&#233;merge : il y aura Brexit puisqu'il est notifi&#233;, mais sans accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la le&#231;on est claire : &lt;i&gt;le vote ne donne pas par lui-m&#234;me de solution rationnelle, d&#232;s qu'il y a plus de deux possibilit&#233;s divergentes en pr&#233;sence&lt;/i&gt;. Le pluralisme absolu ne marche pas. D&#232;s lors soit on polarise les opinions en deux camps ; &#231;a marche, mais au prix d'une grande simplification, &#233;ventuellement manipulatrice, et souvent de compromis qui trahissent les &#233;lecteurs. C'est ce qu'on fait en g&#233;n&#233;ral dans les d&#233;mocraties. Soit on est vertueux, et on cherche ensemble la v&#233;rit&#233; et le bien commun, mais cela suppose un certain accord sur cette recherche. Mais dans une soci&#233;t&#233; relativiste comme la n&#244;tre, tr&#232;s &#233;motionnelle, cela ne marche normalement pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend donc les attraits de la dialectique des deux camps : Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont d'ailleurs d'accord l&#224;-dessus. Mais cela ne dure que si on arrive &#224; canaliser sur la dur&#233;e les lecteurs sur ces deux camps, ou &#224; d&#233;gager en permanence des compromis. Pas &#233;tonnant d&#232;s lors que la base ne soit pas tr&#232;s satisfaite, et qu'elle remette en cause le syst&#232;me &#224; l'occasion, ou reste sceptique. Sauf &#224; se mettre d'accord sur un bien commun, la d&#233;mocratie ne marche que quand elle est simpliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Brexit : le&#231;ons provisoires</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Brexit-lecons-provisoires.html</link>
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		<dc:date>2018-11-30T15:02:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le feuilleton Brexit est loin d'&#234;tre termin&#233; ; au Royaume dit Uni, il tourne m&#234;me au psychodrame. Mais d&#232;s maintenant, quelques le&#231;ons peuvent cependant &#234;tre tir&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut par exemple &#234;tre tent&#233; de conclure qu'une sortie de l'Union europ&#233;enne s'av&#232;re irr&#233;alisable, ou proche du tour de force. Mais la r&#233;ponse me para&#238;t &#234;tre que non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut penser aussi que l'Europe sort gagnante de la n&#233;gociation. Mais il y a aussi des victoires &#224; la Pyrrhus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le feuilleton Brexit est loin d'&#234;tre termin&#233; ; au Royaume dit Uni il tourne au psychodrame. Mais d&#232;s maintenant, quelques le&#231;ons peuvent cependant &#234;tre tir&#233;es. On peut d&#233;j&#224; &#234;tre tent&#233; de conclure qu'une sortie de l'Union europ&#233;enne s'av&#232;re irr&#233;alisable, ou proche du tour de force. La r&#233;ponse me para&#238;t &#234;tre que non. Mais c'est s&#251;rement difficile, et il faut s'y prendre avec soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Britanniques avaient un atout majeur : ils n'&#233;taient pas dans la zone euro. Pas besoin de changement de monnaie. Et finalement leur n&#233;gociation avec l'Union europ&#233;enne a pu se d&#233;rouler presque sans encombre sur la plupart des points - sauf un, l'Irlande. Des probl&#232;mes apparemment intraitables comme le statut des personnes ou le sort du secteur financier ont fait l'objet de pistes d'accords. Des compromis certes, mais acceptables pour les deux parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le psychodrame a une seule cause, l'Irlande - dont l'enjeu est faible en regard des rapports futurs entre la Grande Bretagne et l'Europe &#224; 27. Mais la sortie implique une fronti&#232;re entre le Royaume et les 27. Les Europ&#233;ens l'excluaient entre les deux Irlande ; les Britanniques l'excluaient &#224; l'int&#233;rieur du Royaume-Uni. Deux positions inconciliables. L'accord obtenu est peu favorable pour les Britanniques, puisqu'ils se mettent &#224; la merci des 27 pour la sortie de la transition. Mme May a mal man&#339;uvr&#233;, et s'est fait pi&#233;ger en acceptant ce qu'on a appel&#233; le backstop ; elle aurait d&#251; rester plus ferme sur l'unit&#233; du Royaume Uni et la possibilit&#233; d'une fronti&#232;re entre les deux Irlande. M&#234;me s'il n'est pas s&#251;r qu'elle aurait pu &#233;viter le probl&#232;me par la suite, et qu'il se peut qu'aucun autre accord n'&#233;tait possible. Mais quoiqu'il en soit, une chose est claire : cette affaire irlandaise est tr&#232;s particuli&#232;re et n'a pas son &#233;quivalent ailleurs. Elle ne permet donc pas de conclure &#224; la difficult&#233; d'une sortie honorable de l'Union europ&#233;enne. La conclusion sur ce plan me para&#238;t au contraire claire : pour un pays hors zone euro, et hors un tel caillou dans la chaussure, la sortie est faisable. M&#234;me si elle est difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Economiquement on voit beaucoup de propagande pour montrer les risques du Brexit. Du Brexit dur, sans accord, qu'on nous d&#233;crit comme un effondrement. Mais aussi d'un Brexit avec l'accord qui a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;. Or dans ce dernier cas la baisse du PNB anticip&#233;e est de quelques pourcents de PNB sur 15 ans, ce qui est dans la marge d'erreur du calcul. Et pr&#233;visible, puisqu'un tel changement suppose un effort d'adaptation qui a forc&#233;ment un co&#251;t. Politiquement d'ailleurs, si certains des Brexiters ont fait miroiter des perspectives &#233;conomiques mirifiques, le vote Brexit ne s'est pas fait sur cette base. Les d&#233;terminants &#233;taient la souverainet&#233; nationale et l'immigration. Ils subsistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me grande question que cette affaire soul&#232;ve est celle de l'Europe elle-m&#234;me. Dans la n&#233;gociation les 27 sont rest&#233;s pour l'essentiel unis ; on dit que cela prouve la force de l'Europe. Non : outre l'habilit&#233; et la t&#233;nacit&#233; de Barnier (ind&#233;niables), et le fait que les 27 &#233;taient largement dans le m&#234;me camp dans une telle n&#233;gociation, cela confirme surtout l'emprise des trait&#233;s. La position des 27 a r&#233;sult&#233; d'une conformit&#233; stricte &#224; leur logique. C'est ce qui a conduit &#224; balayer tous les espoirs de r&#233;gime pr&#233;f&#233;rentiel d&#233;sir&#233; par Mme May. L'Europe de Bruxelles est comme chacun sait une construction formelle tr&#232;s rigide. En cas de consensus on peut se permettre des entorses. Mais dans le doute il y a une position de repli : la logique implacable des textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit tout n'est pas si rose. Notamment, il aurait &#233;t&#233; plus sage d'&#234;tre plus souple sur l'affaire irlandaise. La rigidit&#233; des principes a permis &#224; Barnier de gagner dans sa n&#233;gociation. Ce qui serait bel et bon si cette victoire n'apparaissait pas avec le recul comme trop favorable. Car si le r&#233;sultat est un Brexit sans accord, ce ne sera pas un succ&#232;s pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, pour le futur de l'Europe &#224; 27, le bilan pr&#233;visible est somme toute peu exaltant. Apr&#232;s tout c'est cette rigidit&#233; qui a &#233;t&#233; la cause du Brexit : une ambition f&#233;d&#233;raliste se traduisant &#224; chaque &#233;tape par un corset juridique passant par-dessus la t&#234;te des peuples. En rajouter une couche comme le d&#233;sire M. Macron est &#233;videmment l'erreur par excellence. Mais laisser le syst&#232;me en l'&#233;tat aussi. La le&#231;on du Brexit, c'est d'abord le besoin d'ouvrir les fen&#234;tres et de desserrer le corset. Au risque sinon d'appara&#238;tre comme la prison des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Publi&#233; sur le site de l'Incorrect&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lincorrect.org/brexit-lecons-provisoires/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lincorrect.org/brexit-lecon...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Petite analyse critique de l'Union bancaire europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Petite-analyse-critique-de-l-Union-bancaire-europeenne.html</link>
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		<dc:date>2018-07-16T13:50:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Union bancaire europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On reparle beaucoup de l'Union bancaire, et une fois de plus la propension europ&#233;iste &#224; l'utopie se fait jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un retour document&#233; &#224; ce que signifie l'Union bancaire s'impose donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera ci-apr&#232;s la r&#233;f&#233;rence &#224; un article que je viens de publier sur le sujet dans une revue am&#233;ricaine (et donc en anglais, sorry !).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Union-bancaire-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Union bancaire europ&#233;enne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On reparle beaucoup de l'Union bancaire, et une fois de plus la propension europ&#233;iste &#224; l'utopie se fait jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un retour document&#233; &#224; ce que signifie l'Union bancaire s'impose donc.&lt;br class='autobr' /&gt;
On trouvera ci-apr&#232;s la r&#233;f&#233;rence &#224; un article que je viens de publier sur le sujet dans une revue am&#233;ricaine (et donc en anglais, sorry !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la r&#233;f&#233;rence :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://americanaffairsjournal.org/2018/07/the-european-banking-union-intentions-and-reality&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://americanaffairsjournal.org/...&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la conclusion vous en donne un avant go&#251;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The banking union is eerily reminiscent of the usual process of European integration : as soon as a problem arises, no matter what the question is, the answer always is the same&#8212;more European integration. As with any secularized faith, no return is considered possible. Every part of the acquis communautaire, every past decision in the direction of more integration is permanent, and calling it into question would be considered a serious moral fault. The European faith is based on the conviction that history has a meaning, a single meaning of greater human unity, and that we know it : it is both a necessity and a duty. Even when a mistake has been committed, the answer is always the same : increase the doses. Indeed, crises are needed to accelerate integration, because normally governments, parliaments, and public opinion resist the further reduction of national sovereignty. Another feature of that complex process is that it always remains partial, lacking coherence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Before the banking union, Europe had a common currency but no common budget and no common management of the financial system. That will remain the case : after the banking union, there will still be major differences between the various national banking systems. Once again, European leaders are attempting to use complex but apolitical and thus &#8220;uncontroversial&#8221; methods to drive further integration. Once again, their methods will partially resolve some problems. But the banking union, as with other reforms, will leave in place the fundamental political disjunction at the heart of the European project.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le coup de semonce salutaire du Brexit</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-coup-de-semonce-salutaire-du-Brexit.html</link>
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		<dc:date>2016-06-28T16:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Brexit</dc:subject>

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