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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title> La violence politique dans la France d'aujourd'hui</title>
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		<dc:date>2026-05-10T15:56:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Violence politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude sur la mont&#233;e de la violence politique dans la France d'aujourd'hui a pris un tour nouveau avec la mort de Quentin Deranque. L'adversaire est alors consid&#233;r&#233; comme indigne de vivre du seul fait de son positionnement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il y a une violence end&#233;mique &#224; l'extr&#234;me droite, elle y reste sporadique et le fait de groupuscules rejet&#233;s par les dirigeants politiques class&#233;s de ce c&#244;t&#233;. En revanche un climat de violence potentielle est entretenu &#224; gauche par l'id&#233;ologie dominante et sa dialectique : on divise le monde en bons et m&#233;chants, et cela permet de d&#233;valoriser un adversaire en le mettant dans la colonne du mal, o&#249; on le regroupe avec des personnages infr&#233;quentables, cens&#233;ment fascistes ou nazis. La conclusion est qu'ils ne m&#233;ritent aucune forme de respect. Les Insoumis y excellent, comme toue la mouvance woke et l'&#233;cologisme radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combin&#233; avec la baisse g&#233;n&#233;rale du respect envers les institutions et avec l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante de la population, cela laisse mal augurer de la paix civile &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Violence-politique-+.html" rel="tag"&gt;Violence politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mont&#233;e pr&#233;occupante mais encore contenue &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude sur la mont&#233;e de la violence politique dans la France d'aujourd'hui a pris un tour nouveau avec la mort de Quentin Deranque le 14 f&#233;vrier dernier. Il ne s'agissait en effet plus d'une bagarre ayant mal tourn&#233;, mais de l'acharnement d'une meute contre un homme tomb&#233; &#224; terre. L'adversaire est alors consid&#233;r&#233; comme indigne de vivre du seul fait de son positionnement politique. Qu'on ait d&#233;couvert ensuite des textes choquants de la victime n'y change rien. Plus largement, les enqu&#234;tes paraissent confirmer une r&#233;elle croissance de la violence politique dans la p&#233;riode r&#233;cente, encore en &#233;vidence avec les municipales. La longue suite de manifestations des Gilets jaunes avait &#233;t&#233; elle aussi &#233;maill&#233;e de violences prenant un tour in&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition en varie selon les cas, allant de la violence physique (ou de la mort) &#224; une pression plus ou moins marqu&#233;e. Certes, les cas de brutalit&#233; extr&#234;me restent encore limit&#233;es, morts notamment. Si on en croit les &#233;tudes disponibles ici ou l&#224;, elles paraissent mettre plus fr&#233;quemment en cause les extr&#233;mismes de droite, mais de fa&#231;on sporadique du fait de petits groupes diss&#233;min&#233;s sur le territoire : un risque r&#233;el mais bien d&#233;limit&#233;. En revanche, l'extr&#234;me gauche se signale par la fr&#233;quence de la violence dans la vie politique elle-m&#234;me. Depuis des ann&#233;es, on a vu r&#233;guli&#232;rement des manifestations d&#233;g&#233;n&#233;rer du fait de black-blocks ou d'antifas, d&#233;truisant ou pillant magasins ou mobilier urbain. S'y est ajout&#233;e une vague additionnelle &#224; motivation ou pr&#233;texte &#233;cologique. Longtemps end&#233;mique &#224; Notre Dame des Landes, elle a pass&#233; un palier nouveau avec les bassines de Sainte-Soline ou l'autoroute Toulouse-Castres. Plus les menaces de troubles, visant &#224; emp&#234;cher une personnalit&#233;, m&#234;me de gauche, de parler, notamment &#224; l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on la compare avec bien des &#233;pisodes de notre histoire, cette mont&#233;e incontestable de la violence ne frappe cependant pas par son ampleur et sa radicalit&#233;. Mais elle pr&#233;sente plusieurs traits originaux et pr&#233;occupants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une dissym&#233;trie significative entre droite et gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les politiques, m&#233;dias ou plus g&#233;n&#233;ralement tous ceux qui prennent la parole, condamnent la violence politique dans son principe, et n'en font pas le moyen d'une action politique l&#233;gitime. Toutefois, une dissym&#233;trie appara&#238;t ici : alors que le RN affiche une condamnation sans appel de tels actes et de tout propos paraissant l'approuver, le discours des Insoumis est consid&#233;rablement plus agressif, et de plus en plus, en commen&#231;ant par Jean-Luc M&#233;lanchon. Le soutien apport&#233; &#224; l'antifa Rapha&#235;l Arnaud, fondateur de la Jeune garde impliqu&#233;e &#224; Lyon, t&#233;moigne de cette attitude. Et certains intellectuels proches du courant vont loin dans la mise en cause de leurs adversaires. Pour ne prendre qu'un exemple, un Geoffroy de Lagasnerie remet en cause le principe de la d&#233;mocratie, justifiant le pouvoir exerc&#233; par des minorit&#233;s &#171; avanc&#233;es &#187; sur des majorit&#233;s suppos&#233;es conservatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la diff&#233;rence de strat&#233;gie verbale, d&#233;diabolisation d'un c&#244;t&#233; et provocation de l'autre, cette dissym&#233;trie est r&#233;v&#233;latrice d'une dissym&#233;trie plus large, depuis longtemps manifeste dans le discours politique, selon laquelle aucun accord politique n'est possible avec ce qu'on qualifie d'extr&#234;me-droite, alors que cela reste licite avec l'extr&#234;me-gauche, m&#234;me apr&#232;s les &#233;v&#233;nements r&#233;cents. Cette dissym&#233;trie refl&#232;te le maintien de l'h&#233;g&#233;monie du discours de gauche, qu'on peut dater pour simplifier de 1945. Mais la th&#233;matique est largement reprise au centre ou m&#234;me &#224; droite. Cela permet d'utiliser un vieux ressort dialectique, selon la strat&#233;gie ancienne de l'antifascisme : on divise le monde en bons et m&#233;chants, et cela permet de d&#233;valoriser un adversaire en le mettant dans la colonne du mal, o&#249; on le regroupe avec des personnages infr&#233;quentables, cens&#233;ment fascistes ou nazis. La conclusion est qu'ils ne m&#233;ritent aucune forme de respect ni droit &#224; la parole ; cela peut conduire &#224; justifier l'exercice de la violence &#224; leur &#233;gard. Y compris d&#233;sormais la r&#233;pression judiciaire, notamment au nom de l'antiracisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu on peut aussi rep&#233;rer une d&#233;shumanisation de l'adversaire dans certaines sous-cultures de ce qu'on appelle extr&#234;me-droite, d&#233;bouchant sur des violences. Mais c'est sporadique et reste le fait de groupuscules marginalis&#233;s, et ils sont reni&#233;s par ceux qui sont suppos&#233;s &#234;tre repr&#233;sentatifs de ce bord politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signification nouvelle de cette violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une telle situation, une telle dissym&#233;trie, remonte &#224; longtemps, les modalit&#233;s qu'elle prend sont nouvelles. A gauche, le r&#244;le central &#233;tait autrefois celui du Parti communiste, li&#233; certes &#224; une tradition d'une grande violence, mais en m&#234;me temps disciplin&#233;. Aujourd'hui dominent d'un c&#244;t&#233; la n&#233;buleuse des Insoumis, qui rel&#232;ve d'un tradition anarcho-gauchiste, et de l'autre un &#233;cologisme contestataire, anarchisant et &#224; pr&#233;tention moralisante. On peut ajouter &#224; cela la th&#233;matique soci&#233;tale, notamment la th&#233;orie du genre, avec son potentiel disruptif. Plus largement, &#224; la base du wokisme ou de ce qu'on appelle l'intersectionnalit&#233; se trouve une perception de la soci&#233;t&#233; comme divis&#233;e en groupes irr&#233;ductibles, dont certains sont des victimes de ladite soci&#233;t&#233;, ce qui leur donne un droit &#224; la revanche, et disqualifie a priori la parole des autres. La pr&#233;tention moralisante et la suppos&#233;e urgence sont alors mis en avant pour justifier une action directe, &#233;ventuellement brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre pays, selon un sondage YouGov pour The Economist de septembre 2025, 20 % des Am&#233;ricains politiquement &#224; gauche pensent que la violence politique peut &#234;tre justifi&#233;e, contre 7 % des Am&#233;ricains politiquement &#224; droite ou au centre. Ce chiffre monte &#224; pr&#232;s de 30% pour les Am&#233;ricains de gauche &#226;g&#233;s entre 18 et 39 ans (source Wikip&#233;dia).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoutent deux faits nouveaux majeurs. L'un est la croissance d'une forme de dissidence d'une partie du pays &#224; l'&#233;gard des institutions, et donc de l'id&#233;e m&#234;me d'ordre. M&#234;me, comme on l'a vu avec les municipales, s'il s'agit d'&#233;lus locaux : les exigences et le m&#233;pris &#224; leur &#233;gard croissent simultan&#233;ment. L'autre fait nouveau est l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante du pays du fait des migrations. Certes, le terrorisme islamiste reste marginal, m&#234;me si le sens de la solidarit&#233; musulmane est fort chez bien des musulmans. Mais les &#233;meutes de banlieues sont r&#233;v&#233;latrices d'une violence latente ; et le fait est qu'au moins un parti, les Insoumis, joue agressivement la carte ethnique, remettant en cause les r&#233;f&#233;rences communes de la communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; droit, le renouveau des id&#233;es conservatrices reste limit&#233;. Une partie croissante de la population adh&#232;re &#224; l'id&#233;e qu'il y a un exc&#232;s de migrants, mais cela n'implique pas en soi d&#233;shumanisation de ces migrants. Les groupes violents restent &#224; ce stade minoritaires, contrairement au discours de bien des m&#233;dias. Sur le plan politique, l'absence de reprise du discours violent, et la domination du RN, parti centralis&#233;, rendent improbable un d&#233;bordement significatif. Reste que la vigilance &#224; l'&#233;gard des activistes est, de ce c&#244;t&#233; aussi, plus que jamais un imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question : sommes-nous sur le point de basculer dans un r&#233;gime g&#233;n&#233;ral d'affrontements politiques violents ? Une r&#233;ponse claire ne peut &#234;tre donn&#233;e ; historiquement, il n'a jamais &#233;t&#233; ais&#233; de pr&#233;voir des troubles, &#224; commencer par 1789. Ce qui peut &#234;tre reconnu de fa&#231;on peu contestable est d'une part la mont&#233;e d'antagonismes de plus en plus irr&#233;ductibles, conduisant &#224; d&#233;moniser l'adversaire. Et d'autre part, le fait que le degr&#233; d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de la population va encore s'accentuer avec l'immigration, s'ajoutant &#224; la d&#233;composition des r&#233;f&#233;rences communes. Ce sont les ingr&#233;dients d'une mont&#233;e sensible de la violence. Cela dit, l'histoire montre que la pr&#233;sence d'ingr&#233;dients ne suffit pas pour d&#233;clencher un processus r&#233;el d'affrontements. D'autres facteurs jouent un r&#244;le important, comme la situation socio-&#233;conomique, notamment une &#233;ventuelle crise, ou une pouss&#233;e terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui importera alors est dans quelle mesure un certain sens de la communaut&#233; aura pu &#234;tre restaur&#233;, malgr&#233; les d&#233;rives disruptives. Mais &#224; terme, dans une soci&#233;t&#233; multiculturelle et multiethnique, en outre travaill&#233;e par des syst&#232;me de valeurs incompatibles, le risque de violences peut devenir incontr&#244;lable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur La Nef, mai 2026&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La France ingouvernable : le&#231;ons d'un m&#233;lodrame navrant</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-France-ingouvernable-lecons-d-un-melodrame-navrant.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Syst&#232;me majoritaire</dc:subject>
		<dc:subject>Pays ingouvernable</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La pr&#233;sente assembl&#233;e est manifestement ingouvernable. Pourtant le syst&#232;me m&#234;me pr&#233;tendait avoir &#233;t&#233; construit justement pour &#234;tre gouvernable, et il l'a &#233;t&#233; pendant plus de 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles ressources institutionnelles seraient envisageables ? La moins &#233;loign&#233;e de notre syst&#232;me serait le scrutin &#224; l'anglaise, qui donne des majorit&#233;s fortes, m&#234;me si c'est brutal et un peu artificiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me cela ne r&#233;soudrait pas les profondes divergences de fond. Dont la seule issue est une r&#233;organisation en profondeur des droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/istockphoto-451017213-2048x2048.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;sente assembl&#233;e est manifestement ingouvernable : tr&#232;s fragment&#233;e, elle ne permet pas de regroupement conduisant &#224; une v&#233;ritable majorit&#233;, m&#234;me de coalition l&#226;che. Un bloc tr&#232;s &#224; droite (RN et alli&#233;s), un bloc tr&#232;s &#224; gauche (LFI, Ecolos et PC), un bloc au centre (Renaissance et alli&#233;s plus ou moins fiables) ; et entre ce dernier et les deux bords, le PS d'un c&#244;t&#233; et LR de l'autre, parfois proches, parfois hostiles. On insiste avec raison sur l'absurdit&#233; de la dissolution de 2024 du point de vue m&#234;me de Macron. Mais ce n'est pas elle qui explique l'ingouvernabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le syst&#232;me m&#234;me pr&#233;tendait avoir &#233;t&#233; construit pour &#234;tre gouvernable, et il l'a &#233;t&#233; pendant plus de 50 ans. Ce qui ne veut pas dire qu'on gouvernait bien : la d&#233;rive a &#233;t&#233; presque constante, en tout cas &#224; partir de 1974. Mais on gouvernait, alors qu'on ne peut plus. Comment le comprendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu de cuisine politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de base est bien s&#251;r le fait majoritaire. Pendant l'essentiel de l'histoire de la Ve, il y a eu une majorit&#233; claire &#224; l'Assembl&#233;e, normalement dans la ligne du Pr&#233;sident, parfois en cohabitation. La majorit&#233; a pu &#234;tre divis&#233;e, mais le syst&#232;me fonctionnait. Au pire, on a utilis&#233; des m&#233;canismes brutaux comme le 49.3, notamment sous le gouvernement Rocard. Cela ne marche plus. Malgr&#233; le maintien du syst&#232;me &#233;lectoral majoritaire (&#224; deux tours), suppos&#233; conduire &#224; ces majorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des forces politiques, les changements visibles sont de deux types. L'un est l'&#233;mergence de forces dites extr&#234;mes : LFI et RN, le second surtout car il est d&#233;sormais &#224; m&#234;me d'&#233;lire une grand nombre de d&#233;put&#233;s avec le scrutin existant. LFI en revanche resterait marginal sans l'alliance avec les autres partis de gauche ; cela dit, il g&#234;ne consid&#233;rablement la gauche de gouvernement par sa surench&#232;re. L'autre nouveaut&#233; est l'&#233;trange construction macroniste, qui a suffisamment r&#233;ussi pour affaiblir fortement les deux anciens partis de gouvernement, mais pas assez pour les tuer et prendre le contr&#244;le de tout le terrain central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il de ce point de vue ailleurs en Europe ? La pouss&#233;e de ce qu'on appelle extr&#234;me droite est fr&#233;quente sans &#234;tre g&#233;n&#233;rale. Mais le traitement en est tr&#232;s variable, avec en gros trois situations : ostracisme, en Allemagne ; entr&#233;e possible dans des coalitions aux Pays Bas et surtout en Italie, faiblesse relative en Espagne mais coalitions r&#233;gionales ; ou enfin marginalit&#233; mais possibilit&#233; de victoire &#224; l'avenir avec l'aide du mode de scrutin (Royaume -Uni).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, on ne voit nulle part l'&#233;quivalent m&#234;me approximatif du macronisme. Le cas le moins &#233;loign&#233; est l'Allemagne, o&#249; l'AFD est clairement ostracis&#233;e, au moins autant que le RN en France : le syst&#232;me s'en tire (au moins formellement) parce que les partis de gouvernement forment alors des coalitions, facilit&#233;es par le syst&#232;me &#233;lectoral &#224; la proportionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise doit beaucoup &#224; une particularit&#233; institutionnelle : le Pr&#233;sident &#233;lu au suffrage universel, surtout avec le quinquennat. C'&#233;tait moins visible auparavant, car ledit pr&#233;sident &#233;tait clairement rang&#233; dans un des deux camps qui alternaient. Mais l'institution a permis le hapax de Macron : son &#233;lection d'abord, la constitution de son bloc ensuite, malgr&#233; les forces allant en sens inverse (lesquelles ont permis le maintien des moignons PS et LR). Et dans la p&#233;riode actuelle cela p&#232;se sur toute la vie politique : d'abord par r&#233;action &#224; Macron, tr&#232;s affaibli mais toujours l&#224; ; ensuite en vue de la prochaine pr&#233;sidentielle, o&#249; une seule personne sera &#233;lue (et non une coalition), laquelle peut esp&#233;rer ensuite une majorit&#233; &#224; la Chambre. En sens contraire, d'ici l&#224;, se mouiller dans une coalition est doublement dangereux : compromission avec un Macron d&#233;valu&#233;, et brouillage du message en vue de la pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des sorties techniques ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me est donc tr&#232;s gripp&#233;. Bien entendu il pourrait se d&#233;bloquer apr&#232;s la pr&#233;sidentielle : si on en croit les sondages, ce serait avec un pr&#233;sident RN, qui obtiendrait une majorit&#233; ensuite. Mais ce dernier point est loin d'&#234;tre s&#251;r. Sans parler de sa capacit&#233; &#224; gouverner, compte tenu de l'hostilit&#233; farouche du gros de l'appareil politique et m&#233;diatique. Quant &#224; un &#233;ventuel pr&#233;sident centriste ou de gauche, il risque plus encore de ne pas avoir de majorit&#233;. Le d&#233;faut du syst&#232;me actuel a donc bien des chances de se maintenir, ou de r&#233;&#233;merger t&#244;t ou tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortir en modifiant le m&#233;canisme est alors tentant. Les exemples &#233;trangers montrent que deux voies diff&#233;rentes sont envisageables. Dans l'une, on cherche &#224; favoriser les coalitions ; c'est la voie allemande ; cela imposerait l'instauration de la proportionnelle. Mais il n'est pas &#233;vident que cela d&#233;boucherait sur une solution. Sans parler du peu de go&#251;t des politiques fran&#231;ais pour les coalitions, cela se heurte &#224; nouveau au principe pr&#233;sidentiel : si le pr&#233;sident reste ce qu'il est, une fois &#233;lu il cherchera une majorit&#233;, mais la proportionnelle ne le lui donnera pas ; on risque alors de retrouver la situation actuelle. Il faudrait donc aussi r&#233;former la pr&#233;sidence, pour la rendre moins centrale. En outre, en Allemagne m&#234;me le succ&#232;s n'est pas garanti : outre que les coalitions actuelles y sont peu convaincantes, l'hypoth&#232;se d'une poursuite de la mont&#233;e de l'AFD rendra le syst&#232;me ing&#233;rable, sauf coalition avec elle. Moindre pr&#233;sidence, proportionnelle, disparition du cordon sanitaire autour du RN : la voie allemande supposerait des changements tr&#232;s profonds, sans garantie de r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre voie est la voie anglosaxonne : le vote majoritaire &#224; un tour, &#224; l'anglaise. Elle ne donne pas &#224; coup s&#251;r une majorit&#233;, mais elle agit puissamment dans ce sens. Avec ce syst&#232;me, les &#233;lections fran&#231;aises de 2024 auraient connu un raz-de-mar&#233;e du RN : on peut ne pas aimer, mais ce serait clair. Cela peut se combiner avec un pr&#233;sident &#224; la fran&#231;aise : il aurait selon les cas une bonne majorit&#233;, en tout cas plus facilement, ou il devrait endurer une cohabitation. Dit autrement, c'est un syst&#232;me plus compatible avec les oppositions politiques frontales que nous connaissons. La voie am&#233;ricaine est plus &#233;loign&#233;e, car si les Chambres sont d&#233;favorables au pr&#233;sident, le syst&#232;me se grippe, et il n'y a pas de premier ministre pour permettre une cohabitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, la voie anglaise, brutale et un peu artificielle, para&#238;t la plus coh&#233;rente avec le syst&#232;me de la Ve. Mais bien entendu, les chances qu'elle soit adopt&#233;e en France paraissent &#224; ce stade n&#233;gligeables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prenons du recul&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le risque parait &#233;lev&#233; que le syst&#232;me fran&#231;ais soit durablement gripp&#233;, la dimension institutionnelle, technique, que nous venons d'&#233;voquer n'est pas seule en cause. Car elle ne sert qu'&#224; canaliser adroitement les pulsions diverses qui agitent la population d'un c&#244;t&#233;, la classe politique et m&#233;diatique de l'autre. Or manifestement de ce c&#244;t&#233; cela bouillonne, et dans des directions vari&#233;es. Et pas qu'en France : voir les &#171; guerres de cultures &#187; am&#233;ricaines, Reform au Royaume Uni ; l'AFD allemande etc. Cela ne rend pas facile une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on extrapole l'exp&#233;rience r&#233;cente, ce qui a le mieux march&#233; c'est le mod&#232;le Giorgia Meloni en Italie : une orientation franche vers la droite, en coalition. M&#234;me si la permanence n'en est pas assur&#233;e, et en mettant &#224; part toute appr&#233;ciation sur la politique suivie, c'est encore ce qui est le plus performant. Cela dit, la transposition en France supposerait de s&#233;rieuses &#233;volutions : la fin du cordon sanitaire autour du RN &#233;videmment, mais aussi une mutation profonde de ce dernier, ou plut&#244;t un r&#233;&#233;quilibrage par d'autres forces &#224; droite. Car sinon son monolithisme h&#233;g&#233;monique le conduirait rapidement &#224; l'&#233;chec. Ce n'est donc pas gagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;ficits irr&#233;ductibles, d&#233;sindustrialisation, immigration, natalit&#233; effondr&#233;e, bruits de bottes etc., les probl&#232;mes ne manquent pas. Mais nous n'avons manifestement pas achev&#233; la d&#233;gustation des fruits acerbes de la d&#233;mocratie postmoderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans &lt;/i&gt; Politique magazine : &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/la-france-ingouvernable-lecons-dun-melodrame-navrant/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le d&#233;sordre politique fran&#231;ais et sa source profonde : l'h&#233;g&#233;monie culturelle d'une gauche pourtant &#224; la d&#233;rive</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-desordre-politique-francais-et-sa-source-profonde-l-hegemonie-culturelle-de.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Blocage politique</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;g&#233;monie</dc:subject>
		<dc:subject>Macron</dc:subject>
		<dc:subject>Gauche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le lamentable &#233;pisode politique en cours conduit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses causes profondes, au-del&#224; de l'imp&#233;ritie et de la m&#233;diocrit&#233;, par ailleurs &#233;videntes, du gros du personnel politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pathologie Macron On ne va donc pas &#233;piloguer sur les d&#233;fauts personnels bien connus de Macron, accroch&#233; d&#232;s le d&#233;but et &#224; un niveau pathologique &#224; la d&#233;tention directe de la totalit&#233; du pouvoir, et sur son absence totale d'&#233;coute et de sensibilit&#233; politique, ce qui fait qu'il serait inapte &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/prison-370111_640.jpg?1787417303' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lamentable &#233;pisode politique en cours conduit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses causes profondes, au-del&#224; de l'imp&#233;ritie et de la m&#233;diocrit&#233;, par ailleurs &#233;videntes, du gros du personnel politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pathologie Macron &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne va donc pas &#233;piloguer sur les d&#233;fauts personnels bien connus de Macron, accroch&#233; d&#232;s le d&#233;but et &#224; un niveau pathologique &#224; la d&#233;tention directe de la totalit&#233; du pouvoir, et sur son absence totale d'&#233;coute et de sensibilit&#233; politique, ce qui fait qu'il serait inapte &#224; la fonction, m&#234;me ind&#233;pendamment de ses id&#233;es et orientations. D&#233;fauts qui ont pris depuis un tour catastrophique : la dissolution et le cirque que nous subissons depuis un an en t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa d&#233;charge tr&#232;s partielle, il subit ce que j'appelle la maladie de l'Elys&#233;e. Cet endroit rend fou, entre isolement, exaltation, et perte de contact avec le r&#233;el. Seuls des caract&#232;res tr&#232;s tremp&#233;s y ont r&#233;sist&#233; : de Gaulle, sans doute Pompidou, et pour notre malheur, Mitterrand (qui habitait chez lui). Mais la d&#233;rive est encore pire avec Macron. Alors que les effectifs de la pr&#233;sidence restent minuscules, il fait tout remonter &#224; lui. Un esprit normal n'y r&#233;sisterait pas, a fortiori quelqu'un qui donne des signes clairs de d&#233;s&#233;quilibre, et qui n'a jamais g&#233;r&#233; que sa secr&#233;taire (comme ministre il n'avait aucun autonomie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le blocus du RN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IIl ne peut pas &#234;tre sain dans un r&#233;gime dit d&#233;mocratique d'organiser un cordon sanitaire prophylactique autour d'un parti majeur, d&#233;sormais et de loin le premier de France. Ce faisant, on ignore toute une partie de l'opinion, et on restreint massivement les solutions politiques possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, l'issue possible de ce qu'on appelle populisme est double. Soit devenir un parti de gouvernement nouveau. Soit s'effilocher et se fondre dans le paysage. Mais dans les deux cas, il ne sert &#224; rien de l'isoler dans un ghetto. Quant &#224; une possible d&#233;rive autoritaire, elle peut toucher tous les partis ; et le r&#233;gime sait l'&#234;tre quand il s'agit d'imposer ses lubies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le RN &#233;tait vraiment un parti subversif, il faudrait l'interdire &#8211; et donc faire une entorse &#224; la d&#233;mocratie. Mais l'ostraciser n'a pas de sens, sauf que cela permet de faire &#233;lire par contraste des gens qui ne le m&#233;ritent pas. Y compris (&#224; Avignon) un antifa fich&#233; S !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que le programme de ce parti, notamment &#233;conomique, est en partie irr&#233;aliste ou dangereux, et que sa capacit&#233; &#224; gouverner n'est pas d&#233;montr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;rive de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patrimoine id&#233;ologique de la gauche est multiple, mais deux dimensions majeures le caract&#233;risaient autrefois : d'un c&#244;t&#233; la tradition r&#233;volutionnaire, progressiste, la suppos&#233;e &#233;mancipation, ce qu'on peut appeler l'id&#233;ologie d&#233;mocratique ; et d'un autre c&#244;t&#233;, la tradition socialiste, au sens ouvrier et populaire du terme. La premi&#232;re est n&#233;faste. La deuxi&#232;me a pu &#234;tre dangereuse, mais elle avait un aspect l&#233;gitime et b&#233;n&#233;fique. Malheureusement, c'est elle que la nouvelle gauche a liquid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la premi&#232;re ligne, dans sa forme actuelle, est particuli&#232;rement aberrante, avec d&#233;rive woke, passion pour l'immigration (et pour l'&#233;lectorat correspondant), et d&#233;lires multiples (caricature d'&#233;cologie, mesures soci&#233;tales de plus en plus inhumaines etc.).Ce faisant, elle ne propose aucune r&#233;ponse aux probl&#232;mes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement cette gauche, d&#233;sormais politiquement minoritaire, continue dans une large mesure &#224; donner le ton au d&#233;bat public (malgr&#233; la pr&#233;tendue presse Bollor&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une droite toujours pas &#233;mancip&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#171; droite &#187;, la mal&#233;diction que symbolise le nom de Chirac est toujours l&#224; : elle reste en suj&#233;tion morale par rapport aux diktats de la gauche. Des signes d'&#233;mancipation apparaissent, mais ils restent tr&#232;s insuffisants. Car ce que ses &#233;lus veulent pour la plupart, c'est &#234;tre dans le syst&#232;me. Or c'est encore la gauche qui y donne le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total donc, cette h&#233;g&#233;monie de la gauche (au sens de Gramsci) dans l'expression publique des id&#233;es, dans sa forme actuelle d&#233;connect&#233;e de la population, appara&#238;t comme un point n&#233;vralgique. C'est au fond elle qui a permis l'&#233;lection et la r&#233;&#233;lection de Macron, le blocage du RN, l'inhibition de la droite ; et plus largement l'oubli du peuple. Alors qu'elle n'apporte aucune solution, m&#234;me illusoire. Tant qu'elle ne sera pas surmont&#233;e (m&#233;dias, associations, enseignement, magistrature&#8230;), rien de substantiel ne sera vraiment possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans &lt;/i&gt; Politique magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/le-desordre-politique-francais-et-lhegemonie-culturelle-de-la-gauche/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Blocage politique momentan&#233;, ou d&#233;composition du syst&#232;me ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Blocage-politique-momentane-ou-decomposition-du-systeme.html</link>
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		<dc:date>2024-08-23T12:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Blocage politique</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Macron et le Parlement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quoi que feront Macron et les autres dans les mois &#224; venir, l'&#233;volution de la situation politique fran&#231;aise est particuli&#232;rement pr&#233;occupante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce blocage est-il conjoncturel, ou le signe d'une d&#233;composition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la d&#233;rive vient de loin. Un facteur majeur en est l'emprise de l'id&#233;ologie dominante, plus que jamais d&#233;l&#233;t&#232;re : capable de bloquer, de diviser ou de heurter, mais pas de construire. Le boycott du RN par exemple ne parvient pas &#224; le faire dispara&#238;tre, mais bloque le fonctionnement des institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, plus largement, c'est la synth&#232;se &#224; la base de notre syst&#232;me politique qui para&#238;t se d&#233;composer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;volution de la situation politique fran&#231;aise est tr&#232;s pr&#233;occupante. Mais est-ce conjoncturel, ou le signe d'une d&#233;composition profonde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un blocage d&#233;sormais av&#233;r&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on sait, on se trouve face &#224; trois ensembles plus LR, eux-m&#234;mes plus ou moins divis&#233;s, et se pr&#233;sentant comme incompatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gauche disposant de deux atouts majeurs : sa capacit&#233; &#224; se rassembler &#233;lectoralement, et son h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique maintenue sur les m&#233;dias, l'&#233;ducation etc. Mais elle est travers&#233;e de divisions profondes, notamment faute d'une mission claire comme l'avaient autrefois dans leur optique radicaux ou socialistes. Ni le wokisme, ni les revendications soci&#233;tales, ni l'immigration, ni la fr&#233;n&#233;sie de d&#233;penses et d'imp&#244;ts n'y suppl&#233;ent au niveau voulu. Ne reste alors que l'opposition : le refus du &#8216;syst&#232;me', et surtout de &#8216;l'extr&#234;me droite'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un centre macroniste, h&#233;t&#233;rog&#232;ne au d&#233;part, sans &#233;quivalent dans aucun pays, r&#233;uni par certains th&#232;mes comme l'europ&#233;isme et le pilotage du syst&#232;me existant, ce qu'on appelle culture de gouvernement. Mais cela ne suffit pas et ce qui en a fait le ciment est un homme d&#233;sormais d&#233;mon&#233;tis&#233;. D'o&#249; une fragilit&#233; intrins&#232;que de la base politique, et une peur bleue de tous les mouvements populaires, la paix sociale ayant &#233;t&#233; achet&#233;e pendant sept ans &#224; coups d'endettement. Ce centre est &#224; bout de souffle mais subsiste faute de mieux au milieu du syst&#232;me. A droite, il est flanqu&#233; d'un parti r&#233;siduel LR, incapable de se d&#233;gager de sa suj&#233;tion historique aux id&#233;es dominantes et qui peine &#224; survivre de fa&#231;on autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une droite nationale particuli&#232;rement paradoxale : domin&#233;e par un parti populiste qui ne se veut pas de droite, sans base doctrinale v&#233;ritable, mal arm&#233; pour gouverner ou rassembler parce que trop monolithique, mais en phase avec une part appr&#233;ciable et croissante de la population. Il est surtout plac&#233; dans une position d'exclusion sans &#233;quivalent dans l'histoire de la r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologiquement, ceci refl&#232;te un pays balkanis&#233;, en archipel comme dit J&#233;r&#244;me Fourquet, et cela avant m&#234;me prise en compte d'une immigration qui s'acc&#233;l&#232;re. Il y a bien s&#251;r l&#224; derri&#232;re l'opposition ch&#232;re &#224; Christophe Guilluy entre centre et p&#233;riph&#233;rie, deux mondes qui s'ignorent et ne se font pas confiance ; mais si cela correspond &#224; une r&#233;alit&#233;, cela ne suffit pas comme grille d'analyse, car cela n&#233;glige le niveau id&#233;ologique et la m&#233;diation du politique. Sinon il y aurait deux blocs et non plusieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays s'av&#232;re d&#232;s lors difficile &#224; gouverner ; et il peine &#224; susciter des hommes d'envergure pour faire face &#224; cette situation. Et la dette file, donc la crise &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le clef de la marginalisation du RN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la marginalisation du RN joue un r&#244;le essentiel. La martingale macronienne &#233;tait simple : jouer sur la faiblesse politique de la gauche (malgr&#233; son h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique) pour camper une opposition entre un camp de la raison et du bien (eux), et un extr&#233;misme dangereux et immoral (le RN). Mais avec la dissolution la gauche a montr&#233; une r&#233;silience qu'il n'attendait pas. Le sch&#233;ma a &#233;t&#233; d&#232;s lors r&#233;activ&#233; en juillet mais sous une forme modifi&#233;e, par une alliance &#233;lectorale de fait avec la gauche. Cela a march&#233; face au RN, mais pour un r&#233;sultat illisible et difficilement utilisable. Concr&#232;tement, il est absurde d'&#233;chafauder des hypoth&#232;ses de gouvernements compatibles avec l'Assembl&#233;e actuelle sans aborder la question du comportement du RN, qui peut notamment voter ou non les motions de censure visant des gouvernements par d&#233;finition minoritaires ou tr&#232;s fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des cons&#233;quences de cet anath&#232;me est en effet de d&#233;traquer la logique m&#234;me du syst&#232;me repr&#233;sentatif. C'est ce qu'a bien analys&#233; Pierre Manent (Figaro du 18 juillet 2024). &#171; Ne sont plus en pr&#233;sence deux partis repr&#233;sentant deux parties du corps politique, mais s'opposent les membres l&#233;gitimes du corps civique et ceux qui en sont exclus. Ce n'est plus un d&#233;bat dont l'enjeu est la d&#233;finition de la chose commune, c'est la mise en &#233;vidence d'une s&#233;paration ontologique ou religieuse entre les &#233;lus et les r&#233;prouv&#233;s. &#187; Or &#171; quand la r&#233;publique repr&#233;sentative remplissait sa finalit&#233;, elle a accommod&#233; &#8230;des oppositions bien plus vives, puissantes et mena&#231;antes que celle occasionn&#233;e par le Rassemblement national. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constat indiscutable. Mais pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;rive qui vient de loin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre, il faut prendre un angle large. J'avais soulign&#233; dans &lt;i&gt;L'Avenir de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, que, loin d'entre un ensemble coh&#233;rent, celle-ci &#233;tait bas&#233;e sur trois fondements h&#233;t&#233;rog&#232;nes : l'&#233;tat de droit ; le syst&#232;me repr&#233;sentatif (d&#233;mocratie au sens propre) ; et l'id&#233;ologie d&#233;mocratique, relativiste mais promettant l'&#233;mancipation. Ces trois &#233;l&#233;ments ont assez d'affinit&#233; pour se combiner, mais ils sont distincts et ont une &#233;volution propre, qui peut les faire entrer en collision. La r&#233;union des trois, ou syst&#232;me d&#233;mocratique, est en outre incapable de fonctionner sans deux &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs, qui se sont d&#233;velopp&#233;s en m&#234;me temps : la nation et le capitalisme, l'un fondant la communaut&#233;, l'autre lui donnant un horizon de progr&#232;s mat&#233;riel inesp&#233;r&#233; ; sachant qu'eux peuvent se passer de la d&#233;mocratie (voir la Chine). La d&#233;mocratie moderne, loin d'&#234;tre la fin de l'histoire, est donc un r&#233;gime fragile et rapidement &#233;volutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce qui caract&#233;rise la phase actuelle, en France et au niveau europ&#233;en, est que d&#233;sormais l'id&#233;ologie ronge les deux autres composantes. C'est ainsi que l'&#233;tat de droit est gangr&#233;n&#233; par le militantisme des juges, et cela remet en question la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me du politique, outre son efficacit&#233;. Parall&#232;lement, la d&#233;mocratie repr&#233;sentative est bloqu&#233;e par l'ostracisme id&#233;ologique portant sur plus d'un tiers des &#233;lecteurs ; or si cela a un effet &#233;lectoral r&#233;el, cela ne donne pas de solution de gouvernement stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que l'h&#233;g&#233;monie, au sens de Gramsci, de l'id&#233;ologie d&#233;mocratique est plus que jamais envahissante. D&#233;j&#224;, les conceptions alternatives sont bien plus faibles qu'auparavant. Ensuite, cette id&#233;ologie a pris une forme nouvelle : elle est d&#233;sormais multiforme, &#233;clat&#233;e, et descend au niveau personnel voire intime (m&#339;urs). Enfin, un autre &#233;l&#233;ment essentiel de la synth&#232;se r&#233;publicaine est affaibli : l'attachement &#224; une communaut&#233; nationale dot&#233;e d'une histoire et d'un patrimoine communs. On cherche &#224; y substituer une conception purement id&#233;ologique, mais loin de r&#233;unir, elle divise, et ne fonde pas une vie commune. On a vu cela &#224; l'ouverture des Jeux Olympiques : l'agitation LGBT et pansexuelle n'est &#233;videmment pas un projet politique pour un pays. Ne reste alors d'un tel spectacle que l'id&#233;e de m&#233;tissage et une juxtaposition relativiste de styles de vie ou de communautarismes, qui trouve par ailleurs son expression concr&#232;te dans une immigration d&#233;brid&#233;e. Mais cela remet par nature en cause le patriotisme : qu'est-ce qu'une communaut&#233; s'il n'y a rien de commun hors ce programme de confusion ? Le tout est aggrav&#233; comme on sait par l'autonomisation du capitalisme mondialis&#233;, qui ronge les solidarit&#233;s. La synth&#232;se &#224; la base de notre syst&#232;me politique depuis un si&#232;cle et demi para&#238;t donc se d&#233;composer, et par l&#224;, la base de vie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte pr&#233;occupant, on ne peut que souligner la faiblesse des alternatives &#224; cette h&#233;g&#233;monie destructrice : l'influence de la pens&#233;e classique, ou conservatrice au bon sens du terme, reste marginale ; ce qui domine dans l'opposition id&#233;ologique est un populisme au fond un peu simpliste, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t qu'il pr&#233;sente comme r&#233;action instinctive &#224; la d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons cependant que le monde en dehors de l'Europe, qui compte de plus en plus, suit de tout autres voies, bonnes ou mauvaises. Le patriotisme y est fort. Et m&#234;me le paysage am&#233;ricain est diff&#233;rent : plus heurt&#233;, mais moins bloqu&#233;. En outre, des blocages ne durent pas ind&#233;finiment, notamment en cas de crise. Cela conforte dans l'espoir qu'il y a une marge d'&#233;volution, m&#234;me si le chemin sera rude et al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine n&#176; 239.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jeux olympiques et unit&#233; nationale : la grande illusion</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Jeux-olympiques-et-unite-nationale-la-grande-illusion.html</link>
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		<dc:date>2024-08-12T12:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Identit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Jeux olympiques</dc:subject>
		<dc:subject>Unit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Faisons un bilan rapide de l'exp&#233;rience des JO de Paris 2024. Le plus frappant et le plus r&#233;jouissant est le remarquable succ&#232;s sportif des &#233;quipes fran&#231;aises. On peut mentionner aussi l'ind&#233;niable r&#233;ussite technique de l'organisation et du spectacle. Mais quelle en sera la port&#233;e r&#233;elle pour le pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit dans bien des commentaires que cela a montr&#233; la possibilit&#233; d'une forme renouvel&#233;e d'unit&#233; nationale, au-del&#224; de la crise politique du pays, toujours pr&#233;sente. Certes, les gens ont bien souvent vibr&#233; ensemble. Mais de l&#224; &#224; parler d'unit&#233; ou de projet commun, il y a un grand pas. Quant &#224; relier cela avec l'id&#233;ologie qui a trop souvent impr&#233;gn&#233; les c&#233;r&#233;monies d'ouverture et m&#234;me de cl&#244;ture, l&#224; on tombe dans l'affabulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans jouer les rabat-joie, rappelons les limites de l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faisons un bilan rapide de l'exp&#233;rience des JO de Paris 2024. Le plus frappant et le plus r&#233;jouissant est le remarquable succ&#232;s sportif des &#233;quipes fran&#231;aises. On peut mentionner aussi l'ind&#233;niable r&#233;ussite technique de l'organisation et du spectacle. Le souvenir en restera. Mais quelle en sera la port&#233;e r&#233;elle pour le pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit dans bien des commentaires, surtout de gauche mais aussi parfois du centre et de la droite &#8216;consensuels', que cela a montr&#233; la possibilit&#233; d'une forme renouvel&#233;e d'unit&#233; nationale - et m&#234;me d'un projet commun, voire pour certains &#8216;d'esp&#233;rance' et de &#8216;communion', au-del&#224; de la crise politique du pays, toujours pr&#233;sente. Certes, les gens ont bien souvent vibr&#233; ensemble, et en soi c'est bon ; ils ont v&#233;cu ensemble quelque chose de globalement r&#233;ussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de l&#224; &#224; parler d'unit&#233; ou de projet commun, il y a un grand pas. Quant &#224; relier cela avec l'id&#233;ologie qui a trop souvent impr&#233;gn&#233; les c&#233;r&#233;monies d'ouverture et de cl&#244;ture, l&#224; on tombe dans l'affabulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans jouer les rabat-joie, rappelons les limites de l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un exploit sportif m&#234;me remarquable n'est pas un projet collectif&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, l'image donn&#233;e par un sportif ou une &#233;quipe rattach&#233; &#224; son origine nationale n'est pas en soi porteuse d'un projet collectif, ni ne se rattache &#224; une sp&#233;cificit&#233; nationale. Je peux tr&#232;s l&#233;gitimement &#234;tre fier d'un sportif fran&#231;ais, mais au fond son exploit ne dit rien de moi ni de ma vie ; l'identification reste donc passive et &#233;motionnelle, au niveau de l'image et du drapeau. Et comme telle elle ne f&#233;d&#232;re pas un projet, m&#234;me si elle peut contribuer &#224; le mettre en sc&#232;ne. Comparons-la par exemple avec un r&#233;sultat &#233;conomique, ou dans un autre genre avec une action militaire : dans ces cas, on peut avoir un vrai enjeu collectif, qui peut potentiellement affecter, en bien ou en mal, le devenir de chacun. Pas avec le sport, quels que soient ses m&#233;rites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;ologie sous-tendant les spectacles n'a rien &#224; voir ni avec le sport ni avec ce qu'&#233;voque la France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, un &#233;v&#232;nement sportif est autre chose qu'un projet politique et a fortiori qu'une id&#233;ologie. Certes, dans le pass&#233; voire r&#233;cemment, des r&#233;gimes autoritaires ont pu vouloir mobiliser le sport (jeux de 1936 &#224; Berlin, etc.), en jouant avec un certain effet sur des affinit&#233;s entre leurs th&#232;mes et le sport, ainsi sur l'effort et sur la comp&#233;tition, vus comme un combat. M&#234;me si en soi, bien s&#251;r, le sport est tout autre chose, comportant notamment le respect de l'autre. En revanche, la tentative de r&#233;cup&#233;ration du sport est particuli&#232;rement absurde dans le cas de l'h&#233;donisme relativiste et mou, m&#234;l&#233; de provocations, qui impr&#233;gnait une partie appr&#233;ciable des spectacles d'ouverture et de cl&#244;ture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on analogue, le spectacle d'ouverture et surtout plus g&#233;n&#233;ralement les jeux ont massivement utilis&#233; Paris comme d&#233;cor, non sans succ&#232;s en termes de mise en sc&#232;ne. Mais aucun lien v&#233;ritable n'&#233;tait &#233;tabli avec l'histoire nationale, encore moins ne sugg&#233;rait en quoi ces monuments se reliaient &#224; un quelconque patrimoine ou pouvaient &#234;tre compris comme ins&#233;r&#233;s dans un projet commun de type patriotique. Bien s&#251;r, &#234;tre propri&#233;taire d'un monument et l'utiliser comme cadre pour des f&#234;tes est tout &#224; fait l&#233;gitime, mais cela ne fait pas un projet, ni m&#234;me un message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La juxtaposition de styles contradictoires n'est pas un projet commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a assez insist&#233; par ailleurs sur les aspects choquants du spectacle d'ouverture. Contrairement aux discours convenus des organisateurs, la recherche du scandale y affleurait r&#233;guli&#232;rement, et elle est aux antipodes de toute recherche d'unit&#233;. Ainsi avec la t&#234;te d&#233;capit&#233;e de Marie-Antoinette, ou l'&#233;vocation de la C&#232;ne au d&#233;but de la sc&#232;ne correspondante - tellement manifeste par rapport &#224; ce tableau si connu que nier tout lien est d'une rare malhonn&#234;tet&#233; intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de ces piques, le point central est que s'il y a un projet, le seul v&#233;hicul&#233; par la c&#233;r&#233;monie d'ouverture est le vivre ensemble, compris comme exaltation du relativisme (m&#234;l&#233; au th&#232;me du sport dans le spectacle de cl&#244;ture). Le tableau embl&#233;matique est ici celui d'Aya Nakamura sortant de l'Institut et donc visuellement de l'Acad&#233;mie pour prof&#233;rer ses chansons intellectuellement ineptes et faire se tr&#233;mousser la garde r&#233;publicaine. A nouveau, on a eu l&#224; une simple juxtaposition d'&#233;l&#233;ments contradictoires &#8211; rappelant le c&#233;l&#232;bre &#171; beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine &#224; coudre et d'un parapluie &#187;. On peut discuter de l'effet esth&#233;tique de ce genre de rapprochement ; m&#234;me si en l'esp&#232;ce, on ne le voit franchement pas. Mais en tout cas, ce n'est en rien la base ou l'image d'un projet &#8211; sans parler de culture ou de fiert&#233; collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a en effet dans tout cela aucune proposition positive, en dehors d'une id&#233;e de &#8216;tol&#233;rance' qui n'est &#224; nouveau qu'une juxtaposition. Et qui au fond met en sc&#232;ne une forme de d&#233;composition individualiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le seul message concret du d&#233;tournement id&#233;ologique &#233;tait finalement l'exaltation d'un m&#233;lange anarchique, qui est ruineux &#224; terme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, si on cherche plus avant un contenu dans cette juxtaposition, et mis &#224; part des th&#232;mes bateau comme l'hymne &#224; l'amour de Piaf, on rencontre deux &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, le sexuel marginal : les drag-queens, l'excitation LGBT, les trouples etc. ; ce qui ne concerne qu'une faible minorit&#233; de gens et en choque beaucoup d'autres : ce n'est pas un programme collectif, ni la promesse d'une f&#233;condit&#233;, encore moins un th&#232;me rassembleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'autre part, &#224; nouveau, ce relativisme qui est en d&#233;finitive le seul th&#232;me politiquement effectif qui reste de tout ce message, traduit en l'esp&#232;ce par une juxtaposition h&#233;t&#233;roclite, une fois retomb&#233;es les paillettes de la communication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la diversit&#233; qui pose probl&#232;me comme telle. Mais elle n'est vivable sur la dur&#233;e que dans le cadre d'une vraie communaut&#233;, partageant des r&#233;f&#233;rences communes propres, une vraie culture et une vraie m&#233;moire collective, porteurs de fiert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut en trouver un &#233;cho r&#233;el dans le sport, m&#234;me si cela reste limit&#233; par nature : le respect mutuel y concerne des personnes qui, m&#234;me venant d'horizons diff&#233;rents, pratiquent une m&#234;me discipline dans tous les sens du terme, et donc ont &#224; leur fa&#231;on et sur ce point pr&#233;cis des objectifs, des valeurs, une culture et des r&#232;gles de vie communes porteuses de sens. Mais au niveau de la vie r&#233;elle dans la soci&#233;t&#233;, une culture positive commune, c'est justement ce que le relativisme d&#233;construit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Vivre-ensemble-ou-se-supporter.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Vivre...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Censure de la loi immigration : un tournant dans le r&#233;gime</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Censure-de-la-loi-immigration-un-tournant-dans-le-regime.html</link>
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		<dc:date>2024-01-26T16:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conseil constitutionnel</dc:subject>
		<dc:subject>Loi immigration</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cette censure, venant apr&#232;s un d&#233;bat d&#233;lirant, est un tournant majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le fond, les juges s'asseyant sur le processus d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la vie politique, puisqu'aucune majorit&#233; m&#234;me cas par cas n'est plus possible au Parlement pendant 3 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Loi-immigration-+.html" rel="tag"&gt;Loi immigration&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette censure, venant apr&#232;s un d&#233;bat d&#233;lirant, est un tournant majeur. Ind&#233;pendamment m&#234;me du sujet, qui est l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essentiel des dispositions issues de la n&#233;gociation entre les macroniens et LR, vot&#233;s par le RN sont censur&#233;es. Pour la plupart pour des raisons de forme : ce seraient des &#8216;cavaliers' budg&#233;taires ; mais la d&#233;finition qui en est retenue en est la plus stricte qui soit : est un cavalier et par l&#224; est exclu tout amendement significatif au texte gouvernemental et notamment toute innovation - m&#234;me s'ils sont manifestement dans le champ de la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tournant majeur &#224; deux titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, sur le fond, le pouvoir des juges devient &#233;touffant, voire d&#233;lirant en r&#233;gime d&#233;mocratique, puisque la traduction par le Parlement par un vote nettement majoritaire de la volont&#233; ind&#233;niable des Fran&#231;ais se trouve censur&#233;e. En outre, la d&#233;cision tue pour l'avenir toute initiative parlementaire, tout d&#233;bat r&#233;el constructif au Parlement, qui ne pourra d&#233;sormais que voter le texte du gouvernement &#224; peine amend&#233;, ou le refuser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : il faut d&#233;sormais de fa&#231;on urgente une r&#233;forme constitutionnelle pour s'affranchir du pouvoir des juges. Et mettre des professionnels du droit au Conseil constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, sur la plan de la vie politique, c'est une victoire &#224; la Pyrrhus pour Macron. Plus aucun accord n'est possible sur un texte significatif avec LR ou avec qui que ce soit. Il nous reste donc 3 ans avant les pr&#233;sidentielles sans majorit&#233; possible, m&#234;me cas par cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je retrouve ici les conclusions de mon article de l'an dernier &lt;i&gt;Macron, le Parlement et la Constitution&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Macron-le-Parlement-et-la-Constitution.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Macro...&lt;/a&gt; : le mode de gouvernement personnel de Macron conduit &#224; une impasse totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'immigration, il est d&#233;sormais clair que toute actions efficace dans ce domaine suppose l&#224; aussi une modification constitutionnelle. Presque un autre r&#233;gime&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Macron, le Parlement et la Constitution</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Macron-le-Parlement-et-la-Constitution.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Macron-le-Parlement-et-la-Constitution.html</guid>
		<dc:date>2023-09-24T15:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Censure</dc:subject>
		<dc:subject>Macron et le Parlement</dc:subject>
		<dc:subject>Constitution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le blocage actuel de la vie politique fran&#231;aise aboutit &#224; une cons&#233;quence grave dans un syst&#232;me d&#233;mocratique : l'effacement du parlement et par l&#224; de la repr&#233;sentation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation sans &#233;quivalent dans aucun autre pays tient aux sp&#233;cificit&#233;s du syst&#232;me Macron, mais aussi aux limites de la Constitution, surtout apr&#232;s la d&#233;sastreuse mise en place du quinquennat. Voyons comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Macron-et-le-Parlement-+.html" rel="tag"&gt;Macron et le Parlement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Constitution-+.html" rel="tag"&gt;Constitution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me le Fran&#231;ais le moins passionn&#233; par la vie politique n'a pas pu ne pas noter le style de gouvernement extr&#234;mement personnel qui caract&#233;rise Emmanuel Macron, d'o&#249; d&#233;coule la r&#233;duction du r&#244;le du Parlement, encore accentu&#233;e avec l'absence de majorit&#233; parlementaire et l'usage immod&#233;r&#233; du 49-3. Et ce qui en r&#233;sulte : l'effacement total de la r&#233;f&#233;rence populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation s'explique par la convergence de trois s&#233;ries de facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le style Macron : un pouvoir centralis&#233; comme jamais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est le style personnel de Macron : l'extr&#234;me centralisation du pouvoir, qui touche en r&#233;alit&#233; la totalit&#233; de l'appareil d'Etat, et qui s'est affirm&#233; d&#232;s apr&#232;s sa premi&#232;re &#233;lection en 2017. Elle intervient d&#232;s le niveau de l'ex&#233;cutif. Un indice : le r&#233;seau des cabinets minist&#233;riels, qui sont au moins autant les relais de l'Elys&#233;e que des outils pour leur ministre, sans qu'il y ait un pr&#233;c&#233;dent &#224; cette pratique &#233;trange. Corollaire : le r&#244;le politique extr&#234;mement effac&#233; de la plupart des ministres, qu'ils soient (comme c'est le cas de la plupart) des personnalit&#233;s sans visibilit&#233; ni exp&#233;rience politique v&#233;ritable ; ou qu'ils aient connu une certaine activit&#233; politique mais ont &#233;t&#233; confin&#233;s dans un r&#244;le effac&#233; : Le Drian en son temps, Le Maire, et d'autres. Cela s'&#233;tend aux premiers ministres ; seul Edouard Philippe peut &#234;tre consid&#233;r&#233; ayant &#233;t&#233; comme politiquement visible, et il n'est pas s&#251;r que cela ait &#233;t&#233; voulu, car Philippe &#233;tait au d&#233;part un politicien assez p&#233;riph&#233;rique, et cela peut expliquer ce choix. Or il suffit de se rappeler les ministres et premiers ministres des pr&#233;sidents pr&#233;c&#233;dents pour noter le contraste : il y avait bien plus de personnalit&#233;s politiques, et elles jouaient un r&#233;el r&#244;le politique au gouvernement. Ce facteur est donc sp&#233;cifique &#224; Macron. Il est encore aggrav&#233; par la centralisation massive des d&#233;cisions sur l'Elys&#233;e et non sur Matignon, et par la manie du pr&#233;sident de parler de tous les sujets en premi&#232;re ligne et en d&#233;tail, comme on le voit encore aujourd'hui sur l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'absence de parti pr&#233;sidentiel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me facteur est la nature m&#234;me du mouvement politique cens&#233; soutenir ledit pr&#233;sident. A un degr&#233; jusque-l&#224; inconnu, ce mouvement n'a pas de consistance &#224; la base et ne s'est constitu&#233; que pour soutenir et vendre le programme du leader. L'origine en est l'&#233;mergence de Macron comme candidat cr&#233;dible en d&#233;but 2017, appuy&#233; sur une ligne du &#8216;en m&#234;me temps' qui a permis de r&#233;unir une bonne partie des deux partis de gouvernement jusque-l&#224; rivaux (PS et LR), mais &#233;videmment pas sur des options pr&#233;cises et articul&#233;es, sans parler d'une quelconque &#8216;doctrine'. Dans un premier temps, en 2017, la dynamique &#233;lectorale traditionnelle a permis au nouveau pr&#233;sident d'avoir une forte majorit&#233; parlementaire, permettant de r&#233;duire le r&#244;le du Parlement &#224; celui de chambre d'enregistrement, mais sans accroc majeur, malgr&#233; la fonte relativement marqu&#233;e de cette majorit&#233; au fil du temps. Ce n'est qu'au second quinquennat que la machine s'est gripp&#233;e. D&#233;j&#224;, en soi, l'effet de confirmation de la pr&#233;sidentielle aux l&#233;gislatives apr&#232;s une r&#233;&#233;lection est a priori bien plus faible que pour une premi&#232;re &#233;lection, et plus encore si la pr&#233;sidentielle a &#233;t&#233; gagn&#233;e n&#233;gativement, par opposition &#224; Marine Le Pen. Mais en outre le pr&#233;sident d&#233;miurge a montr&#233; une singuli&#232;re inertie pendant la campagne l&#233;gislative : panne d'inspiration ? lassitude ? confiance excessive ? Il y a &#233;videmment aussi ce m&#233;pris du peuple qui transpara&#238;t r&#233;guli&#232;rement dans son comportement. Mais il est fortement aggrav&#233; par ce que j'appelle la maladie de l'Elys&#233;e, qui a affect&#233; chacun &#224; sa fa&#231;on tous les locataires de ce lieu auguste apr&#232;s quelque temps de pr&#233;sence : le d&#233;tachement des r&#233;alit&#233;s de base, l'exacerbation des manies et tics personnels, et l'absorption dans un r&#244;le international suppos&#233; prioritaire (en l'esp&#232;ce men&#233; avec un amateurisme d&#233;sastreux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat &#224; ce jour est cette situation sans pr&#233;c&#233;dent : une vraie absence de majorit&#233; parlementaire. Les cohabitations, elles, r&#233;sultaient d'une majorit&#233; autre que celle du pr&#233;sident, mais qui &#233;tait r&#233;elle et permettait de gouverner ; et en 1988 on &#233;tait &#224; la limite. Une telle situation d'absence de majorit&#233; impliquerait dans un syst&#232;me parlementaire normal une forme ou une autre de gouvernement de coalition. Mais cette voie est bouch&#233;e du fait des caract&#233;ristiques m&#234;me du syst&#232;me macronien : le m&#233;lange de gauche et de droite de la base du parti majoritaire rend difficile tout alliance &#224; gauche comme &#224; droite sauf &#224; remettre en cause un &#233;quilibre d&#233;licat &#8211; on le voit notamment sur l'immigration. Et le style de gouvernement du pr&#233;sident l'exclut : on voit mal Macron nommer une personnalit&#233; politique forte pour constituer un tel gouvernement de coalition, en prendre la t&#234;te, et ensuite gouverner r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le Parlement refl&#232;te, en partie r&#233;ellement par sa diversit&#233;, en tout cas l&#233;galement, la volont&#233; populaire, et cela tout autant que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Quant aux majorit&#233;s cas par cas, elles sont dans un tel contexte compromettantes pour l'opposition et ne peuvent donc pas fonctionner de fa&#231;on fiable &#8211; d'autant que ces oppositions sont elles-m&#234;mes domin&#233;es par des partis jug&#233;s extr&#234;mes et ostracis&#233;s, selon une strat&#233;gie et une pratique essentielles &#224; la survie du r&#233;gime. Reste donc le 49-3, r&#233;guli&#232;rement d&#233;gain&#233; mais qui ne peut tout faire, et qui passe de plus en plus mal dans l'opinion. En d'autres termes, un tel Parlement ne peut pas fonctionner, en tout cas pas avec un tel pr&#233;sident. Et donc on vit d'exp&#233;dients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sp&#233;cificit&#233;s de la constitution apr&#232;s l'erreur du quinquennat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux facteurs majeurs sont pour l'essentiel propres &#224; Emmanuel Macron. Mais il s'y ajoute un troisi&#232;me facteur majeur, qui a rendu possibles les pr&#233;c&#233;dents : les sp&#233;cificit&#233;s de la constitution de 1958, surtout apr&#232;s la mutilation du quinquennat. Il est ind&#233;niable que cette constitution a bien mieux fonctionn&#233; que les pr&#233;c&#233;dentes si on raisonne en termes de stabilit&#233; gouvernementale (c'est moins convaincant si regarde les r&#233;sultats) ; il n'en est pas moins manifeste qu'une constitution n'est pas une panac&#233;e, mais tout au plus un outil utile, quoique partiel. D'une part, le r&#233;gime de 1958, avec sa panoplie assez large de dispositifs, peut fonctionner de fa&#231;on tr&#232;s variable. On l'a vu avec les cohabitations, non pr&#233;vues au d&#233;part et qui ont beaucoup agac&#233; ceux qui ont d&#251; les animer. Mais la constitution les permettait, car si elle favorise le pouvoir pr&#233;sidentiel, elle laisse un r&#244;le majeur au Parlement, encore une fois tout aussi repr&#233;sentatif de la volont&#233; populaire que la pr&#233;sidentielle, voire plus &#224; partir du moment o&#249; la pr&#233;sidentielle est domin&#233;e par les consid&#233;rations de personnes. Il y a donc deux l&#233;gitimit&#233;s populaires face &#224; face, situation tr&#232;s rare dans les d&#233;mocraties. La seul exception est aux Etats-Unis, mais c'est dans une logique de contrepoids qui laisse &#224; chaque partie la pl&#233;nitude de son r&#244;le, et ne les fait pas se rencontrer dans la formation du gouvernement, lequel ne d&#233;pend l&#224;-bas que du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quinquennat, lui, a rompu un point majeur d'&#233;quilibre du syst&#232;me ant&#233;rieur, transformant le pr&#233;sident en vrai chef du gouvernement, mais sans qu'un lien organique existe entre lui et une majorit&#233; parlementaire. Il ne peut plus se pr&#233;senter comme avant comme un arbitre ext&#233;rieur, ou le gardien d'&#233;quilibres fondamentaux, mais son pouvoir n'est pas non plus construit pour qu'il soit le chef du gouvernement, car il n'a pas de lien naturel avec le pouvoir l&#233;gislatif dont il a pourtant besoin pour gouverner. En un mot, la dualit&#233; des l&#233;gitimit&#233;s, qui est sp&#233;cifique &#224; cette constitution, n'a plus son fondement dans la diff&#233;renciation des horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat aujourd'hui est en un sens bien pire qu'une cohabitation. En outre, cette situation peut s'&#233;tendre sur 5 ans : avec un septennat, Macron n'aurait eu encore que deux ann&#233;es &#224; tirer, avant une nouvelle &#233;lection qui aurait rendu possible une clarification. Bien s&#251;r, on l'a dit, m&#234;me en quinquennat une solution de coalition e&#251;t &#233;t&#233; possible en principe, du moins avec un autre pr&#233;sident, et donc la constitution n'est pas sans ressources. Cela dit, la cohabitation d'un gouvernement de coalition avec le pr&#233;sident n'est pas dans la logique du fonctionnement de fait de la constitution, m&#234;me sans Macron, car tout le d&#233;bat politique y est polaris&#233; par la pr&#233;sidentielle. Quoi qu'il en soit, l'absurdit&#233; actuelle de 5 ans sans majorit&#233; parlementaire est certainement l'une des pires hypoth&#232;ses possibles ; et la constitution le permet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques le&#231;ons d&#233;sabus&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons en tirer plusieurs le&#231;ons. Je passe sur celles d&#233;j&#224; &#233;labor&#233;es ci-dessus qui soulignent l'extr&#234;me bizarrerie du syst&#232;me macronien. Mais la v&#233;ritable question est au fond la suivante : comment ce ph&#233;nom&#232;ne a-t-il pu se produire ? Et on en vient de nouveau &#224; la Constitution. On l'a dit, nulle part ailleurs on n'a le r&#233;gime bancal actuel, d&#233;mocratie pr&#233;sidentielle mais en partie appr&#233;ciable parlementaire, mais o&#249; le parlement peut &#234;tre neutralis&#233; &#8211; hors le bouton nucl&#233;aire de la motion de censure. Il faudrait donc sans doute au minimum revenir sur le quinquennat, entre autres r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en tout cas, cela nous confirme qu'une constitution n'est pas une panac&#233;e : elle ne peut pr&#233;voir tous les cas ; elle offre une bo&#238;te &#224; outil ou des r&#232;gles du jeu, mais les outils servent &#224; tout, et les sportifs savent que des r&#232;gles du jeu m&#234;me bien faites peuvent conduire &#224; des situations impr&#233;visibles. Mettre sa confiance dans une constitution est donc une grande na&#239;vet&#233;, m&#234;me si bien s&#251;r elle peut contribuer au bien commun. La force r&#233;elle d'un r&#233;gime politique est ailleurs. Et celui-ci n'en a plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;i&gt;n&#176; 228&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/macron-le-parlement-et-la-constitution/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>D&#233;bloquer un syst&#232;me politique aussi bloqu&#233; suppose de le transformer en profondeur </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Debloquer-un-systeme-politique-aussi-bloque-suppose-de-le-transformer-en.html</link>
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		<dc:date>2023-04-27T15:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Blocage politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le blocage actuel de la situation politique fran&#231;aise nous frappe et consterne tous. Une part appr&#233;ciable de la responsabilit&#233; tient &#233;videmment au style et &#224; la personnalit&#233; d'Emmanuel Macron : personnalisation extr&#234;me, pouvoir totalement centr&#233; sur une personne, &#233;loignement de la population, arrogance et amateurisme etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela va plus loin, et concerne plus largement le jeu politique tel qu'il a &#233;volu&#233; en France. Jeu tripartite qui n'offre aucune solution d'avenir, ni dans l'hypercentre macronien, ni c&#244;t&#233; gauche, ni c&#244;t&#233; RN. Le d&#233;blocage suppose donc des transformations en profondeur de tout l'&#233;ventail politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Blocage-politique-+.html" rel="tag"&gt;Blocage politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le blocage actuel de la situation politique fran&#231;aise nous frappe et consterne tous. Une part appr&#233;ciable de la responsabilit&#233; tient &#233;videmment au style et &#224; la personnalit&#233; d'Emmanuel Macron : personnalisation extr&#234;me, pouvoir totalement centr&#233; sur une personne, &#233;loignement de la population, arrogance et amateurisme etc. Mais cela va plus loin, et concerne aussi plus largement le jeu politique tel qu'il a &#233;volu&#233; en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une comparaison avec les Etats-Unis, autre pays &#224; pouvoir pr&#233;sidentiel affirm&#233;, peut &#234;tre ici &#233;clairante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on sait, le point premier est la bipolarit&#233; du fonctionnement politique am&#233;ricain, les deux grands partis maintenant leur r&#244;le dans l'alternance (malgr&#233; de profondes &#233;volutions de chacun dans le temps). En sens contraire, la France est au minimum tripolaire (hypercentre macroniste, gauche dure et RN), voire plus si on tient compte de ce qui reste des anciens partis de gouvernement, et d'autres. Ce qui veut dire que les multiples fractures des deux soci&#233;t&#233;s se r&#233;solvent aux Etats-Unis par rassemblement en deux camps, mais pas en France. De ce fait, les deux camps sont l&#224;-bas potentiellement en mesure de gouverner, alors qu'ici la situation se bloque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut en rien dire que les Am&#233;ricains sont moins divis&#233;s que les Fran&#231;ais, bien au contraire : les oppositions politiques y sont d&#233;sormais farouches et radicales, plus que depuis longtemps dans leur histoire, et cela d&#233;passe largement le ph&#233;nom&#232;ne Trump. De plus, dans les deux pays le syst&#232;me &#233;lectoral favorise la bipolarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'originalit&#233; fran&#231;aise consiste avant tout, d'&#233;vidence, dans l'opposition entre un hypercentre (macroniste actuellement) et deux partis class&#233;s &#8216;extr&#234;mes' forts. Ce qui veut dire d'une part qu'il n'y a pas une grande fracture dans laquelle les diff&#233;rentes fractures finissent en gros par se fondre, mais au moins deux fractures : entre la droite et la gauche (n'en d&#233;plaise &#224; Marine Le Pen), et entre les &#8216;mondialistes' et les &#8216;populistes'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fracture droite-gauche est commune avec les Etats Unis. L&#224;-bas elle est particuli&#232;rement nette sur les questions de m&#339;urs et de soci&#233;t&#233;, qui est le marqueur le plus puissant de l'opposition droite-gauche, suivie par les questions de migration et dans une certaine mesure celles de la loi et de l'ordre. Pourtant sur toutes ces questions une opposition existe en France, et selon les m&#234;mes lignes droite-gauche. Mais la traduction pratique en est bien diff&#233;rente. Sur le th&#232;me culture et m&#339;urs, l'expression publique et politique en France est massivement domin&#233;e par les vues progressistes, et peu de politiques se hasardent &#224; la contester sur ce terrain, m&#234;me s'ils sont tr&#232;s &#224; droite, et souvent m&#234;me s'en repentent ensuite (mariage pour tous). Sur l'immigration, en France le discours est un peu plus visible, mais la sc&#232;ne politico-m&#233;diatique reste globalement hostile &#224; tous ce qui para&#238;t ressembler &#224; une remise en cause volontariste des migrations. D&#232;s lors, m&#234;me la partie droite est assez timide sur ce plan ; le RN y insiste bien moins que ne faisait le FN. Et sur la loi et l'ordre on ne peut pas dire que le d&#233;bat soit politiquement tr&#232;s structurant. En r&#233;sum&#233;, la coupure droite-gauche sur ces th&#232;mes est centrale aux Etats Unis, mais att&#233;nu&#233;e en France, et faiblement reprise sur la droite ; ce qui veut dire a contrario que les id&#233;es de gauche dominent largement dans les discours publics et les m&#233;dias ; elles sont d'ailleurs largement reprises par l'hypercentre, au moins dans le discours. Et ces th&#232;mes servent &#224; stigmatiser la droite et l'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est diff&#233;rente sur des questions comme le r&#244;le de l'Etat ou le mod&#232;le &#233;conomique et social. Aux Etats-Unis, l'ancienne opposition entre des r&#233;publicains tr&#232;s attach&#233;s &#224; la libert&#233; &#233;conomique (et plus encore avec le Tea Party) et des d&#233;mocrates plus redistributifs (et parfois sociaux-d&#233;mocrates) s'est nuanc&#233;e de fa&#231;on non-n&#233;gligeable : du fait de Trump d'un c&#244;t&#233;, qui est plus sensible au populisme et moins favorable au libre-&#233;change, et au contraire de par l'h&#233;g&#233;monie croissante chez les d&#233;mocrates des th&#232;mes de soci&#233;t&#233; d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;s. Mais cette &#233;volution relative ne nuit pas au maintien de l'opposition politique droite-gauche dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France en revanche, une opposition entre populisme (ou p&#233;riph&#233;ries) et hypercentre est devenue fortement structurante ; mais elle ne recouvre pas l'opposition ancienne droite-gauche, puisqu'au contraire le populisme le plus ancr&#233; est &#224; droite, au RN qui en a fait son cheval de bataille principal, sans pour autant qu'il ait pu reprendre tous les th&#232;mes et outils de la gauche en la mati&#232;re (les syndicats par exemple sont tous &#224; gauche). R&#233;sultat : cette opposition ne se traduit pas par une opposition binaire, mais ternaire. Elle est m&#234;me suffisamment forte pour que l'hypercentre ait &#233;t&#233; conduit &#224; l&#226;cher du lest, comme on a vu avec son invraisemblable &#8216;quoi qu'il en co&#251;te'. M&#234;me remarque pour la question europ&#233;enne, qui oppose elle aussi l'hypercentre aux populistes mais sans &#234;tre un sujet d'opposition majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand aux autres questions, par exemple internationales, leur capacit&#233; &#224; structurer le d&#233;bat politique est faible, surtout en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, en r&#233;sum&#233;, la structure &lt;i&gt;grosso modo&lt;/i&gt; ternaire qui pr&#233;vaut actuellement en France s'explique par la rencontre de deux polarisations qui ne convergent pas : celle entre droite et gauche sert &#224; tenir la droite en respect et exclut la convergence des populismes ; celle entre des populismes fractionn&#233;s et un hypercentre emp&#234;che toute v&#233;ritable alternance et d&#233;sormais la capacit&#233; m&#234;me &#224; gouverner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que ce r&#244;le original de l'hypercentre n'a pas non plus son r&#233;pondant dans les autres pays europ&#233;ens, sachant que la logique politique y est diff&#233;rente du fait que ce sont des r&#233;gimes parlementaires, en g&#233;n&#233;ral avec un mode de scrutin proportionnel. C'est donc une bizarrerie absolue de la situation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or si Emmanuel Macron a jou&#233; un r&#244;le central dans le ph&#233;nom&#232;ne, il n'est pas certain qu'il dispara&#238;tra avec lui, car les oppositions comme on les a d&#233;crites sont d&#233;sormais structur&#233;es sur cette base. En d'autres termes, pour sortir de cette situation il faut plus que cela : il faut que les forces politiques se structurent autrement. La ligne de l'hypercentre aboutit comme on l'a vu &#224; monopoliser le pouvoir ou ce qu'il en reste, mais pour finalement se faire paralyser ; la ligne de l'extr&#234;me gauche (LFI) est &#224; l'in&#233;vidence efficace pour s'opposer mais ne saurait en aucun cas gouverner, pas plus que des Verts inconsistants et bien trop id&#233;ologiques ; au RN, la ligne de Marine Le Pen, qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e tr&#232;s habile pour passer entre les gouttes, pourrait peut &#234;tre la conduire &#224; &#234;tre &#233;lue, mais certainement pas &#224; gouverner avec une vraie majorit&#233; et sans rencontrer une opposition radicale dans le pays. Car le populisme pur, qui est son cheval de bataille principal, d'une part ne permet pas de gouverner sans d&#233;cevoir sur la dur&#233;e, et d'autre part ne permet pas non plus de f&#233;d&#233;rer, du fait de la persistance du crit&#232;re droite-gauche qui fait que la r&#233;union des deux populismes (droite et gauche) est illusoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait donc que se r&#233;v&#232;le une vraie gauche, f&#233;d&#233;rant les durs avec d'autres capables de gouverner ; et une vraie droite, s'affirmant comme telle, et donc sur des th&#232;mes de droite, rejetant le joug du progressisme m&#233;diatique et du politiquement correct, mais sans s'enfermer dans un populisme pur comme le RN actuellement., donc par ouverture au reste de la droite. C'est ce que j'avais &#233;voqu&#233; dans&lt;i&gt; Perspectives-politiques apr&#232;s les &#233;lections de 2022 ; les dilemmes de la droite&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Perspectives-politiques-apres-les.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Perspectives...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est loin. Et donc, &#224; nouveau, on peut se demander si une voie de sortie, ou plut&#244;t de d&#233;blocage sans garantie, ne serait pas, en attendant une vraie recomposition de la droite, la voie institutionnelle que j'avais &#233;voqu&#233;e dans &lt;i&gt;La 5e r&#233;publique dans l'impasse&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/La-5e-republique-dans-l-impasse.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/La-5e-republ...&lt;/a&gt; : le retour au septennat et une dose de proportionnelle. Apr&#232;s tout, au point o&#249; on en est&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Perspectives politiques apr&#232;s les &#233;lections de 2022 ; les dilemmes de la &#8216;droite'</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Perspectives-politiques-apres-les-elections-de-2022-les-dilemmes-de-la-droite.html</link>
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		<dc:date>2022-08-22T16:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Droite</dc:subject>
		<dc:subject>Zemmour</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La saison des jeux &#233;lectoraux s'&#233;tant termin&#233;e, un bilan para&#238;t utile, offrant un &#233;clairage sur la suite, notamment &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233; est bien s&#251;r dans la structuration de l'offre politique en 3- 4 blocs, eux-m&#234;mes polaris&#233;s par l'identification de chacun &#224; un chef. Et cons&#233;quemment par la pr&#233;dominance de ce qu'on appelle le vote utile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'est pas de bonne augure pour ce qu'on appelle la droite (au sens &#233;lectoral du terme), malgr&#233; les apparences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Zemmour-+.html" rel="tag"&gt;Zemmour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La saison des jeux &#233;lectoraux s'&#233;tant termin&#233;e, un bilan para&#238;t utile, offrant en outre un &#233;clairage sur la suite, notamment &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jeu &#224; 3 ou 4 blocs, nouveaut&#233; structurante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233; est bien s&#251;r dans la structuration de l'offre politique en 3 blocs (4 si on ajoute ce qui reste de LR) eux-m&#234;mes polaris&#233;s par l'identification de chacun &#224; un chef, et cons&#233;quemment par le vote utile. Ce dernier a toujours exist&#233; ; il est logique dans un syst&#232;me &#233;lectoral majoritaire, que nous avons aux pr&#233;sidentielles comme aux l&#233;gislatives avec des modalit&#233;s un peu diff&#233;rentes. Ce syst&#232;me (contrairement &#224; la proportionnelle) s&#233;lectionne une seule personne, celle qui est en t&#234;te au second tour, avec une premi&#232;re s&#233;lection pour y &#234;tre pr&#233;sent. Vouloir exprimer un point de vue sp&#233;cifique au premier tour peut &#234;tre d&#232;s lors contreproductif, si ce faisant on divise les voix de ce qu'on consid&#232;re son camp au sens large, et ne lui permet pas d'&#234;tre pr&#233;sent au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant ce n'est que r&#233;cemment que la question est devenue aigu&#235;. De 1974 &#224; 2017, la vie politique de la Ve R&#233;publique &#233;tait largement bipolaire. Aux pr&#233;sidentielles, il y avait une quasi-certitude qu'au second tour il y aurait un candidat de &#8216;droite' et un de &#8216;gauche'. D&#232;s lors, &#224; droite et au centre notamment, on pouvait se permettre d'avoir deux candidats de poids relatif appr&#233;ciable (ainsi en 1969, 1974, 1981, 1988, 1995, 2007, moins nettement en 2002 et 2012). La gauche &#233;tait moins &#224; l'aise et a tendu &#224; miser plus souvent sur un candidat dominant (sauf &#224; l'occasion, ainsi en 1981 et 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a d'ailleurs appris en 2002 qu'il pouvait &#234;tre d&#233;sastreux d'op&#233;rer autrement, cette &#233;lection anticipant la situation actuelle puisqu'un troisi&#232;me bloc (FN) y &#233;tait apparu &#8211; mais &#224; l'&#233;poque on ne l'avait pas vu venir. Montant ensuite en puissance en 2007 et 2012 avec la progression du FN, ce n'est qu'&#224; partir de 2017 que la situation nouvelle a v&#233;ritablement &#233;merg&#233;. Cette fois, il est devenu clair qu'on avait un jeu &#224; 3 ou 4 blocs et non plus &#224; 2. D&#232;s lors le vote utile a commenc&#233; &#224; jouer un r&#244;le important. En effet, si on a 3 ou 4 candidats comparables, capables de d&#233;passer les 20%, mais dans un mouchoir de poche, chaque vote compte et comme on l'a dit, exprimer votre pr&#233;f&#233;rence pour un candidat plus petit risque de co&#251;ter la qualification pour le second tour de votre candidat de second choix. Et le vote utile des uns entra&#238;ne le vote utile des autres : si M&#233;lenchon monte dans les sondages, on va encore plus vers Le Pen et r&#233;ciproquement, ou pour d'autres vers Macron. Le ph&#233;nom&#232;ne a atteint son plein d&#233;veloppement en 2022, impliquant la marginalisation de Zemmour, P&#233;cresse, Jadot, Hidalgo et autres, dont les r&#233;sultats sont tr&#232;s en de&#231;&#224; de l'audience v&#233;ritable de leurs positionnements (au-del&#224; des d&#233;fauts propres de ces personnes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le ph&#233;nom&#232;ne a essaim&#233; aux l&#233;gislatives. Il avait &#233;t&#233; occult&#233; en 2017 par la permanence d'un vote de l&#233;gitimit&#233; en faveur du pr&#233;sident &#233;lu, Macron, repr&#233;sentant de plus en l'occurrence une offre politique apparemment nouvelle. En 2022 au contraire, bien qu'&#233;lu, ce m&#234;me Macron a essuy&#233; une vague protestataire. Il reste que dans ce cadre le vote utile a de nouveau jou&#233; &#224; plein, sur la base des t&#234;tes de file aux pr&#233;sidentielles. On pourrait objecter &#224; cela le cas de LR, certes tr&#232;s amoindri, mais qui a surv&#233;cu. Mais cela reste en fait conforme &#224; la r&#232;gle : en effet aux l&#233;gislatives on raisonne sur la circonscription, et gr&#226;ce &#224; son implantation LR a pu cas par cas appara&#238;tre de fa&#231;on subsidiaire comme un vote utile, ou qu'on pouvait se permettre. Mais cela reste fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce syst&#232;me &#224; 3 ou 4 blocs a plusieurs autres effets ; l'un est bien s&#251;r la faible base &#233;lectorale de l'&#233;lu et donc sa faible l&#233;gitimit&#233; pour agir ensuite. Un second, la probabilit&#233; d'une absence de majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e : avoir pass&#233; la course d'obstacle de la pr&#233;sidentielle sur une base aussi faible ne donne pas au gagnant de garantie pour les l&#233;gislatives qui suivent, comme on l'a vu. Un autre tropisme nouveau, qu'on oublie souvent, est le monolithisme plus grand des 3 blocs (LR mis &#224; part). Les nuances ou diversit&#233;s internes sont broy&#233;es ou relativis&#233;es, et le r&#244;le du chef de file devient d&#233;cisif. Il y a d&#232;s lors un appauvrissement sensible du d&#233;bat et de la diversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, chacun a en t&#234;te l'&#233;lection suivante. Or, en dehors des europ&#233;ennes de 2024, &#233;lection sans effet, la prochaine &#233;ch&#233;ance en 2027 sera &#224; nouveau le m&#234;me cycle des pr&#233;sidentielles et l&#233;gislatives. Et a priori les m&#234;mes m&#233;canismes ont toute chance de se reproduire, m&#234;me si naturellement chaque bloc &#233;voluera, et son leader aussi. Ce sera notamment le cas de Macron qui ne pourra pas se repr&#233;senter ; mais il y aura une incitation forte pour les divers aspirants &#224; sa suite &#224; &#233;merger comme le seul candidat significatif de ce courant - sinon ce sera l'&#233;limination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel avenir pour la droite ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci n'est pas de bonne augure pour ce qu'on appelle la droite (au sens impliqu&#233; par le syst&#232;me &#233;lectoral), malgr&#233; les apparences. Regardons en effet de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point important de ce c&#244;t&#233; a &#233;t&#233; la candidature surprise d'E. Zemmour, puis son &#233;chec final. Son succ&#232;s initial (dont t&#233;moignent les adh&#233;sions &#224; son parti pourtant tout neuf, et pendant un temps les sondages) confirme qu'il y a dans l'opinion un espace politique appr&#233;ciable entre le RN et les LR fa&#231;on UMP. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, son &#233;chec final montre la puissance de la m&#233;canique des blocs d&#233;crite ci-dessus, au-del&#224; des d&#233;fauts &#233;vidents du candidat (trop pol&#233;miste, pas assez politique) et des circonstances (Ukraine). Sa seule chance (et c'&#233;tait son pari) e&#251;t &#233;t&#233; un effondrement du socle du RN. Mais ce socle a au contraire montr&#233; sa solidit&#233; depuis de nombreuses ann&#233;es. D&#232;s lors un candidat comme lui, m&#234;me s'il avait fait un sans-faute, ne pouvait r&#233;colter tout au plus que 15 &#224; 17 % des voix, Marine Le Pen &#233;tant alors au pire rel&#233;gu&#233;e autour de 15%. Il n'y aurait alors pas eu de second tour, ni pour l'un ni pour l'autre. Le mouvement r&#233;el, qui a donn&#233; un avantage d&#233;cisif &#224; Marine, a donc &#233;t&#233; assez rationnel &#233;lectoralement parlant ; d'o&#249; pour Zemmour ce r&#233;sultat de 7 %, pas si ridicule finalement, mais suivi par l'&#233;limination totale aux l&#233;gislatives. Quant &#224; l'id&#233;e zemmourienne d'union des droites, en th&#233;orie assez rationnelle, elle se heurtait non seulement au refus du RN et de LR, mais aussi &#224; la contradiction entre l'affichage de cet objectif et ses attaques contre Marine Le Pen, elles-m&#234;mes in&#233;vitables du fait de la comp&#233;tition entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de cet &#233;pisode, le fait de base est que nous avons une &#8216;droite' (au sens de la logique &#233;lectorale) divis&#233;e en plusieurs courants politiques hors d'&#233;tat de combiner leurs forces. Et sans doute aussi de l'emporter seuls. Bien entendu, la situation peut &#233;voluer, mais les points de d&#233;part sont peu favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le RN d'abord r&#233;cuse l'id&#233;e m&#234;me de droite, pr&#233;f&#233;rant celle de patriote &#8211; m&#234;me si tout le monde le classe &#224; &#8216;droite'. Corr&#233;lativement il a mis une sourdine aux th&#232;mes marqu&#233;s &#224; droite (soci&#233;taux notamment), voire &#224; l'immigration, dans la recherche d'une d&#233;diabolisation ; tout en accentuant fortement la dimension populiste au sens propre du terme, notamment en &#233;conomie. Or le populisme &#224; lui seul n'est pas une alternative v&#233;ritable, faute de contenu viable, et il pousse &#224; faire des promesses intenables sur lesquelles il sera rappel&#233; &#224; l'ordre par les r&#233;alit&#233;s. Construit en outre de mani&#232;re monolithique autour de son chef et candidate, ce parti ne tol&#232;re pas les diversit&#233;s de courants, ce qui n'est pas tr&#232;s rassembleur. Cependant, m&#234;me s'il ne s'y attendait pas, il a b&#233;n&#233;fici&#233; pleinement de son positionnement dans le contexte &#233;lectoral &#224; 3-4 blocs que nous avons d&#233;crit, et son succ&#232;s aux l&#233;gislatives va &#233;videmment le conforter dans ces options. Mais comme sa possibilit&#233; de s'&#233;tendre sur la gauche est nulle, et qu'il refuse &#224; ce stade l'ouverture &#224; droite, son potentiel de progression sur la base de sa position actuelle reste relativement limit&#233;. Et tant qu'il restera sur cette ligne, il bloquera toute perspective c&#244;t&#233; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; LR, c'est l'absence de choix qui domine. La tendance orl&#233;aniste et centriste l'a en g&#233;n&#233;ral dirig&#233; jusqu'&#224; maintenant, mais elle n'offre pas de ligne de r&#233;sistance au macronisme et se d&#233;sagr&#232;ge lentement. Le maintien tr&#232;s relatif de ses &#233;lus, d&#251; surtout &#224; son implantation et au rejet de Macron, reste fragile ; par ailleurs sa capacit&#233; &#224; faire &#233;merger un candidat aux pr&#233;sidentielles reste peu &#233;vidente. Parall&#232;lement, le macronisme met son c&#244;t&#233; centriste et mod&#233;r&#233; dans une plus grande d&#233;pendance culturelle &#224; l'&#233;gard du progressisme, bien au-del&#224; de ce que faisait le chiraquisme en son temps. Il va donc falloir choisir. On peut imaginer un glissement plus affirm&#233; de LR vers la droite, qui serait logique. S'il ne se produit pas, on voit en effet mal quelle peut &#234;tre la base de r&#233;sistance au macronisme ou &#224; ses successeurs ; &#224; moins que le hasard de le vie politique ne donne naissance &#224; une r&#233;surgence du chiraquisme, ce qui ne nous avancerait pas beaucoup. Si en revanche ce glissement &#224; droite se produisait, on peut concevoir que cela lui permette de capter une partie des forces mises en &#233;vidence par le zemmourisme, et peut &#234;tre au-del&#224;. Mais il resterait &#224; trouver une figure de proue, et &#224; &#233;toffer la pens&#233;e sous-jacente. Et ensuite le succ&#232;s supposerait une &#233;volution du RN. C'est donc concevable, mais &#224; ce stade plut&#244;t improbable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; Reconqu&#234;te, le risque est &#233;videmment de dispara&#238;tre, d'autant que les seules &#233;lections d'ici 2027 sont les europ&#233;ennes. La perspective d'une transformation en mouvement consistant et durable n'est pas &#233;vidente (m&#234;me si l'espace politique existe dans l'opinion) ; et cela supposerait des r&#233;visions importantes de style, de m&#233;thodes, et de corpus d'id&#233;es. Certes il pourrait &#233;ventuellement profiter de la d&#233;ception &#224; l'&#233;gard des deux pr&#233;c&#233;dents - s'ils collaborent trop avec le macronisme ou se montrent sans contenu. Mais cela reste hasardeux ; et la t&#234;te de proue qu'est E. Zemmour n'est a priori pas id&#233;ale pour vraiment percer, avec ses exc&#232;s et ses tics intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la ligne politique classique ou conservatrice, qui est au niveau des id&#233;es le vrai c&#339;ur de la &#8216;droite', elle est peu ou mal repr&#233;sent&#233;e aujourd'hui. Le RN populiste et bonapartiste en est assez loin ; LR aussi dans une autre genre. Reconqu&#234;te pouvait appara&#238;tre un peu moins &#233;loign&#233;, notamment par son insistance sur la r&#233;forme intellectuelle &#224; mener. Mais outre ses limites propres, il est lui aussi assez bonapartiste - comme Zemmour le dit lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, ce qui frappe donc est la faiblesse de l'alternative r&#233;elle &#224; droite, tant en termes de cr&#233;dibilit&#233; politique que, plus encore, de contenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, rien ne dure &#233;ternellement et la roue tourne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/perspectives-politiques-apres-les-elections-les-dilemmes-de-la-droite/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La 5e r&#233;publique dans l'impasse ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-5e-republique-dans-l-impasse.html</link>
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		<dc:date>2022-04-16T16:40:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Constitution</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Cinqui&#232;me r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;forme institutionnelle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;lections en cours laissent bien des &#233;lecteurs tr&#232;s insatisfaits. Ils le seraient plus encore s'ils prenaient pleinement conscience de l'impasse qui appara&#238;t dans le fonctionnement m&#234;me de la 5e r&#233;publique, que les &#233;lections l&#233;gislatives qui suivent mettront plus nettement en lumi&#232;re. D'o&#249; le besoin d'une r&#233;flexion sur les institutions, m&#234;me si le probl&#232;me est bien plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections en cours laissent bien des &#233;lecteurs tr&#232;s insatisfaits. Ils le seraient plus encore s'ils prenaient pleinement conscience de l'impasse qui appara&#238;t dans le fonctionnement m&#234;me de la 5e r&#233;publique, que les &#233;lections l&#233;gislatives qui suivent mettront plus nettement en lumi&#232;re. D'o&#249; le besoin d'une r&#233;flexion sur les institutions, m&#234;me si le probl&#232;me est bien plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord rappeler l'importance centrale du parlement dans la constitution. On ne le voit pas, car le r&#244;le essentiel donn&#233; au pr&#233;sident, encore renforc&#233; par le quinquennat, a donn&#233; l'impression que seule l'&#233;lection pr&#233;sidentielle comptait. Mais l'exemple pass&#233; des trois cohabitations montre que si le parlement est dans un camp oppos&#233; au pr&#233;sident, c'est lui, le parlement, qui l'emporte. Car on ne peut pas gouverner contre lui, mais lui peut pour l'essentiel (s'il y a une majorit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a cru que le quinquennat r&#233;pondait au probl&#232;me. Mais cela suppose que, comme en 2007, 2012 et 2017, les &#233;lecteurs envoient au pr&#233;sident &#233;lu la majorit&#233; qu'il souhaite. Cela pouvait para&#238;tre assez logique dans le syst&#232;me d'avant 2017, avec deux grands partis de gouvernement en alternance &#8211; m&#234;me si ce n'&#233;tait pas garanti. Cela a encore march&#233; en 2017 au profit d'E. Macron, mais rien ne prouve que l'op&#233;ration se r&#233;p&#233;tera. Marcon n'a pas su cr&#233;er de parti qui le soutienne, c'est le moins qu'on puisse dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre on constate m&#234;me une &#233;volution en sens inverse : les trois candidats arriv&#233;s en t&#234;te au premier tour ont en commun de ne pas disposer d'un parti &#233;toff&#233;, avec de nombreux &#233;lus, et par l&#224; de candidats potentiels implant&#233;s localement, ce qui est dans la logique de notre mode de scrutin. Il semble m&#234;me que la recette du succ&#232;s, au moins sur cette &#233;lection, soit de n'avoir qu'une plateforme pr&#233;sidentielle totalement personnalis&#233;e. Mais outre que cela donne &#224; une majorit&#233; de Fran&#231;ais une profond sentiment d'insatisfaction, c'est contradictoire avec l'&#233;lection qui suit, les l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles cons&#233;quences peut-on en escompter ? Si on prend les deux finalistes, la possibilit&#233; que Marine Le Pen, suppos&#233;e &#233;lue, ait une majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e est pratiquement nulle ; en revanche il y a toute chance que se constitue alors une majorit&#233; qui lui soit hostile. Au mieux, cohabitation, au pire, blocage. Quant &#224; Emmanuel Macron, il est relativement improbable qu'il dispose d'un majorit&#233; du type de celle de 2017. En revanche, comme on sait, il dispose d'une r&#233;serve potentielle du c&#244;t&#233; de ce qui restera de LR : soit parce qu'il ralliera une fraction &#233;ventuellement importante de ce parti dans une nouvelle majorit&#233; ; soit que LR se maintient mais entre dans un sch&#233;ma de coalition. Cela peut donc marcher encore une fois. Mais la base de ce nouveau quinquennat resterait tr&#232;s fragile. En outre et surtout cela perp&#233;tuerait de fa&#231;on encore aggrav&#233;e la coupure du pays en trois blocs dont un seul peut parvenir au pouvoir. De plus la formule ne survivrait sans doute pas &#224; Macron (non r&#233;&#233;ligible en 2027). Par ailleurs bien s&#251;r, la man&#339;uvre peut ne pas marcher et l'Assembl&#233;e de 2022 se r&#233;v&#233;ler ingouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'hypoth&#232;se d'un pr&#233;sident gouvernant par r&#233;f&#233;rendum, outre qu'elle peut &#234;tre bloqu&#233;e juridiquement, elle ne serait viable au mieux que provisoirement comme coup de force permettant de renverser la table, mais on ne peut pas gouverner sur cette base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons donc plus de syst&#232;me politique raisonnablement stable et permettant un d&#233;bat et une alternance lisible et cr&#233;dible. Il est donc logique de r&#233;fl&#233;chir aux modifications institutionnelles possibles &#8211; tout en &#233;tant conscient des limites d'un tel exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer &#224; la proportionnelle est-il une r&#233;ponse ? Spontan&#233;ment j'aurais &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment tr&#232;s hostile &#224; cette formule. M&#234;me si c'est celle qu'on trouve dans la plupart des pays europ&#233;ens (en fait, tous &#224; un degr&#233; ou un autre depuis le d&#233;part des Britanniques), car elle est contraire &#224; la logique des institutions telles qu'elles fonctionnaient. Mais justement on n'est plus dans ce contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sens contraire, les &#233;lections de 2022 ont montr&#233; la tendance &#224; la division du pays en trois blocs tr&#232;s diff&#233;rents. Si on suppose que cela se confirme et dure, une vraie proportionnelle donnerait un parlement ingouvernable. Cette solution, qui est celle de bien des pays europ&#233;ens, est donc risqu&#233;e dans notre contexte ; il faut donc mitiger la proportionnelle. Par ailleurs la logique de la 5e r&#233;publique avec un pr&#233;sident fort a montr&#233; des avantages r&#233;els, et personne ne propose de revenir dessus. En revanche le quinquennat a r&#233;v&#233;l&#233; ses limites : non seulement il ne r&#233;sout rien, mais il fait dispara&#238;tre l'int&#233;r&#234;t du r&#244;le du pr&#233;sident, pr&#233;vu par la constitution, qui est notamment d'avoir un certain recul. Recul qui peut &#234;tre pr&#233;cieux dans un pays divis&#233;, &#224; condition que le pr&#233;sident cesse d'intervenir dans la gestion quotidienne (ce qui serait d'ailleurs plus conforme &#224; la constitution). .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; les propositions qui sont dans l'air du temps : restauration du septennat et injection d'une formule &#233;lectorale avec proportionnelle mais de fa&#231;on permettant l'&#233;mergence d'un majorit&#233; (prime au mieux plac&#233;, mixte avec le syst&#232;me &#224; circonscription etc.). Cela semble plut&#244;t rationnel. Mais naturellement comme on l'a dit ce n'est pas une panac&#233;e. Aucune solution institutionnelle ne l'est d'ailleurs. Mais on pourrait esp&#233;rer sortir en partie au moins de cette impasse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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