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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Migrations, d&#233;constructions : quel avenir pour l'identit&#233; nationale ?</title>
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		<dc:date>2023-04-11T15:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Identit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La forme politique d&#233;mocratique, au sens moderne du terme, suppose une base nationale ; c'est-&#224;-dire l'appartenance &#224; un peuple ayant ce qu'on appelle une &#8216;identit&#233;' &#8211; &#224; condition de bien comprendre ce terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce principe national se trouve d&#233;sormais remis en question dans nos pays, tant par la rupture de la transmission culturelle qui s&#233;vit en Europe depuis les ann&#233;es 60-70, que par l'immigration de peuples tr&#232;s diff&#233;rents et pour qui l'assimilation n'est pas un imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une situation in&#233;dite. En dehors d'un pouvoir autoritaire, on n'a pas dans l'histoire d'exemple d'entit&#233; politique plurinationale durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-il alors se passer, et que faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Migrations-+.html" rel="tag"&gt;Migrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; dans Les Nations et leur destin, la forme politique d&#233;mocratique, au sens moderne du terme, suppose une base nationale ; c'est-&#224;-dire l'appartenance &#224; un peuple ayant ce qu'on appelle une &#8216;identit&#233;'. Un mot &#233;quivoque, mais acceptable si on le comprend non pas comme un mod&#232;le rigide et immuable s'imposant &#224; chacun, mais comme un ensemble de r&#233;f&#233;rences communes, culturelles et historiques, permettant aux personnes composant un peuple de s'y identifier suffisamment pour en faire une part de leur propre identit&#233; et s'en reconna&#238;tre membre. Ce qui les conduit &#224; accepter la solidarit&#233; qu'implique le fait de vivre ensemble dans une m&#234;me entit&#233; politique exprimant cette identit&#233; commune, et de reconna&#238;tre l'autorit&#233; et la l&#233;gitimit&#233; des institutions politiques correspondantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indice majeur de cette &#8216;identit&#233;' est une langue commune, existant au d&#233;part ou unifi&#233;e ensuite, y compris par assimilation. Il y a bien s&#251;r des cas nombreux d'ensembles linguistiques divis&#233;s en plusieurs nations (anglophones, hispanophones etc.), car cela n'emp&#234;che en rien diverses identit&#233;s nationales de s'y former. Mais il n'y a pratiquement pas d'exemple de nation plus ou moins d&#233;mocratique regroupant plusieurs peuples au sens national du terme : la Belgique est fragile, le Canada domin&#233; par la culture anglosaxonne ; en Inde, c'est la civilisation commune avec sa puissance originalit&#233; qui joue le r&#244;le de liant. Reste en fait la Suisse, cas unique, d'ailleurs exceptionnellement d&#233;centralis&#233;. Inversement, l'absence d'une telle base de peuple ou nation explique la fragilit&#233; de la plupart des constructions politiques africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce principe national se trouve d&#233;sormais remis en question dans nos pays. D'un c&#244;t&#233;, c'est par la rupture de la transmission culturelle qui s&#233;vit en Europe depuis la r&#233;volution culturelle des ann&#233;es 60-70, aggrav&#233;e par un individualisme maladif mais revendicatif et par la domination d'id&#233;es dite progressistes de plus en plus d&#233;l&#233;t&#232;res (le th&#232;me de la d&#233;construction, qui est un aveu). Ce &#224; quoi s'ajoute la construction europ&#233;enne, tendanciellement f&#233;d&#233;rale, mais sans base nationale et rongeant &#224; sa fa&#231;on les nations existantes. D'un autre c&#244;t&#233;, et &#224; terme plus encore, c'est par une immigration sans cesse plus forte, de la part de peuples non seulement culturellement tr&#232;s diff&#233;rents, mais qui surtout dans une proportion importante n'&#233;prouvent ni d&#233;sir ni besoin de s'assimiler (contrairement &#224; leurs pr&#233;d&#233;cesseurs). Et qui d'ailleurs ne re&#231;oivent pas de la soci&#233;t&#233; d'accueil de message explicite fort en ce sens, du fait de la rupture culturelle qu'on a &#233;voqu&#233;e et de l'h&#233;g&#233;monie du cadre de pens&#233;e progressiste. Or, comme l'a rappel&#233; judicieusement Matthieu Bock C&#244;t&#233; dans un article r&#233;cent (Figaro du 1 avril 2023), cette pens&#233;e dominante cumule les d&#233;clarations contradictoires sur ce sujet de l'immigration : niant le fait, puis affirmant que cela s'est toujours produit ; expliquant que cela n'affecte pas l'identit&#233; nationale, puis que celle-ci n'a pas de consistance ; stigmatisant tout ce qui ressemble &#224; une affirmation de cette identit&#233;, mais exigeant le respect scrupuleux de celle des arrivants etc. Mais ces contradictions ne l'emp&#234;chent pas de continuer ses pr&#234;ches hallucin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une situation in&#233;dite. En dehors d'un pouvoir autoritaire, g&#233;n&#233;ralement celui d'un empire, on n'a pas dans l'histoire d'exemple d'entit&#233; politique pluriethnique (au sens de pluriculturelle) ou plurinationale - en tout cas pas durable au-del&#224; d'un rassemblement momentan&#233;. En outre, quand des m&#233;langes de peuples significatifs se produisent, outre le grand d&#233;sordre qui en r&#233;sulte, cela se r&#233;sout assez vite soit par une s&#233;paration soit par une assimilation, m&#234;me si elles peuvent &#234;tre &#233;ventuellement retard&#233;es par le pouvoir (tant qu'il le peut, c'est &#224; dire qu'il reste imp&#233;rial). D'o&#249; les terribles s&#233;parations avec nettoyage ethnique qui ont affect&#233; les pays effectuant une transition d&#233;mocratique au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-il se produire dans nos pays si on prolonge les courbes actuelles, &#224; savoir le maintien de l'h&#233;g&#233;monie progressiste, surtout sous sa forme woke ; et une immigration cumulative, sans assimilation d'une partie appr&#233;ciable et croissante des allog&#232;nes ? Logiquement il s'agira de plus en plus de vivre dans une entit&#233;, formellement d&#233;mocratique au d&#233;part, mais o&#249; ce qu'on appellera juridiquement le peuple sera de plus en plus compos&#233; de r&#233;alit&#233;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes, pesant sur le processus politique. La forme d&#233;mocratique pourra alors sans doute subsister un temps, au moins en apparence, mais avec un fonctionnement alt&#233;r&#233;, fond&#233; sur des rapports de force et des n&#233;gociations entre groupes (qui pourront eux m&#234;me &#234;tre divis&#233;s) - avec un risque croissant de basculement dans un r&#233;gime autoritaire, bien plus apte &#224; g&#233;rer une telle situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les populations arrivantes sont elles-m&#234;mes h&#233;t&#233;rog&#232;nes ; le point commun, du moins pour la majorit&#233;, est l'islam, mais pas la langue ni les cultures d'origine. On peut donc penser que le fran&#231;ais (sans doute appauvri et alt&#233;r&#233;) restera la langue v&#233;hiculaire. Mais on l'a dit, autant une nation suppose habituellement une seule langue, autant une langue commune ne signifie pas identit&#233; nationale, tant s'en faut. Et cela notamment si la religion introduit un facteur fort de diff&#233;renciation (comme on l'a vu entre Serbes, Croates et Bosniaques, qui parlent la m&#234;me langue). Surtout quand cette langue est per&#231;ue comme &#233;tant celle de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc imaginer de devoir vivre dans ce cas dans un ensemble h&#233;t&#233;rog&#232;ne et mouvant. Il n'est pas exclu d'ailleurs que la remont&#233;e de courants ou d'attitudes dites identitaires dans la population de souche aille aussi dans le m&#234;me sens &#8211; sauf &#233;videmment si elle devenait dominante politiquement - ces Fran&#231;ais de souche r&#233;sistants apparaissant alors comme une des sous-cultures du nouveau paysage. Cela dit, dans un tel contexte, le facteur rassembleur le plus puissant c&#244;t&#233; arrivant sera l'Islam, malgr&#233; les tensions entre les diff&#233;rents peuples musulmans ; d&#232;s lors c'est l'Islam qui pourrait finir par devenir dominant, surtout en cas de conversions importantes d'autochtones - apr&#232;s leur abandon du christianisme, qui est en cours. Neutre ethniquement, l'Islam pourrait fournir un &#233;l&#233;ment rassembleur pour cette nouvelle entit&#233;, qui serait culturellement bien diff&#233;rente de ce que nous connaissons, et qu'on h&#233;sitera &#233;videmment &#224; continuer &#224; appeler France. Ajoutons que la gauche pourrait en faire les frais, car l'alliance de circonstance entre elle et les migrants musulmans volerait en &#233;clat au vu de leurs profondes divergences. Notons en outre qu'une telle &#233;volution ne favoriserait pas comme telle la construction europ&#233;enne, car les diff&#233;rences entre les pays qui la composent subsisteraient, notamment linguistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors pour ceux qui pr&#233;cis&#233;ment pensent que l'abandon progressif de la r&#233;f&#233;rence fran&#231;aise, au sens ant&#233;rieur du terme, serait une perte immense et un drame ? Certainement ne pas c&#233;der. Avec deux objectifs : la lutte politique certes, malgr&#233; les vents contraires, pour conjurer le sc&#233;nario &#233;voqu&#233;, contr&#244;ler les entr&#233;es et imposer un objectif d'assimilation raisonnable mais d&#233;termin&#233;. Et en m&#234;me temps, sur le plan culturel et politique, lutter contre la rage destructionniste. Mais aussi assurer le maintien et l'affirmation des traditions culturelles nationales ant&#233;rieures, &#224; tous les niveaux o&#249; cela sera possible ; non pas sous la forme d'un ghetto (car il faut assimiler tous ceux qui y seront dispos&#233;s) ou d'une pens&#233;e &#233;triqu&#233;e, mais avec la tranquille conviction de sa valeur unique, de sa f&#233;condit&#233; et de son bienfait irrempla&#231;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela, m&#234;me quand l'appareil d'Etat ne va pas dans ce sens. En effet, l&#224; o&#249; le changement mental est le plus important, c'est dans le fait que par un paradoxe apparent, cette &#8216;identit&#233;' nationale qui se reliait naturellement &#224; la forme politique (l'Etat-nation) peut avoir d&#233;sormais &#224; &#234;tre prise en partie en charge en dehors de l'Etat, voire parfois contre lui ; l'exemple de l'&#233;ducation &#233;tant ici caract&#233;ristique. Autrement dit, la survie de la nation et de la culture fran&#231;aises ne se situe plus au seul niveau politique d'ensemble, mais dans les mains de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine n&#176; 225 &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/migrations-deconstructions-quel-avenir-pour-lidentite-nationale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les migrations peuvent-elles d&#233;boucher sur un changement en profondeur de la population ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Les-migrations-peuvent-elles-deboucher-sur-un-changement-en-profondeur-de-la.html</link>
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		<dc:date>2018-07-24T14:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'ampleur de l'immigration est-elle de nature &#224; changer &#224; terme la composition de la population fran&#231;aise (et europ&#233;enne) ? La question doit &#234;tre pos&#233;e en toute honn&#234;tet&#233;. Certains pourtant crient au complot &#224; son seul &#233;nonc&#233;. Le terme de remplacement est m&#234;me devenu tabou. Ou alors ils nient en bloc sans examiner les chiffres - parce qu'il serait choquant de se livrer &#224; ce genre de supputation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question n'est pas l&#224; : elle est de traiter la question de fa&#231;on lucide et adulte. Et donc d'essayer de savoir si une telle hypoth&#232;se est plausible, et &#224; quelles conditions. Ensuite chacun pourra tirer ses conclusions et faire ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que le petit calcul ci-apr&#232;s essaie de faire avec les moyens du bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'immigration a atteint une ampleur suffisante pour qu'on se doive d'en parler concr&#232;tement, sur la base des chiffres disponibles. La difficult&#233; pour cela est que les statistiques en France sont de par la loi et les habitudes construites pour ne pas donner explicitement les donn&#233;es qu'il faudrait. Il est quand m&#234;me possible sur la base des donn&#233;es disponibles de tirer certaines conclusions comme on va le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est la suivante : &lt;i&gt;est-il plausible et &#224; quelles conditions qu'un jour la majorit&#233; de la population en France soit issue de l'immigration relativement r&#233;cente et future, provenant de pays &#224; cultures non-europ&#233;ennes, donc profond&#233;ment diff&#233;rente (&#224; forte dominante arabo-musulmane et africaine) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que calculer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On raisonne souvent sur la population totale. Mais l'inertie d&#233;mographique est telle que m&#234;me si &#224; partir de 2050 par exemple une majorit&#233; d'arrivants (naissances plus immigration) &#233;tait d'origine &#233;trang&#232;re, et que la tendance se prolongeait, il se pourrait que la majorit&#233; de la population ne bascule que plus de 40 ans apr&#232;s. Et a fortiori si on vise une majorit&#233; de la population adulte. Il para&#238;t donc clair que le crit&#232;re pertinent &#224; prendre en compte est celui de ce qu'on appellera les arriv&#233;es : d'un c&#244;t&#233; l'immigration stable plus les naissances d'origine extra-europ&#233;enne ; et de l'autre c&#244;t&#233; les naissances issues de parents de souche europ&#233;enne (dont pour &#234;tre rigoureux il faudrait retirer l'&#233;migration nette). Car une fois que ce ratio a bascul&#233;, celui de la population n'est plus qu'une question de temps (long il est vrai, mais in&#233;luctable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposons donc &#224; titre de r&#233;flexion un calcul simple. Prenons le point de d&#233;part d&#233;j&#224; analys&#233; dans un autre article : la proportion des naissances d'origine extra-europ&#233;enne aujourd'hui, sur la base des chiffres de l'Insee (voir l'Incorrect N&#176; 7, ou &lt;a href=&#034;http://www.pierredelauzun.com/Migrations-Apres-l-equilibre.html)&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pierredelauzun.com/Migra...&lt;/a&gt;.Pour r&#233;sumer, en 2016 sur 783 640 naissances, 102 340 avaient un des deux parents n&#233; en dehors de l'Union europ&#233;enne, et 58 375 les deux parents. Soit 160 715 dont au moins un des parents &#233;taient n&#233;s hors d'Europe ; c'est-&#224;-dire 20,5 %, un enfant sur 5 d&#233;j&#224;. En 1998 la m&#234;me proportion &#233;tait de 11,5 % : un sur 9. On mesure l'acc&#233;l&#233;ration de l'&#233;volution. Mais il ne faut pas oublier que parmi les parents n&#233;s en France, une proportion non n&#233;gligeable est issue du m&#234;me processus. Si donc on veut calculer le nombre et la proportion d'enfants d'origine extra-europ&#233;enne proche, il faut ajouter une proportion non n&#233;gligeable des parents n&#233;s en France (ou en Europe). Prenons une proportion proche de celle de 1998, soit 10 %. Cela ajoute pour 2016 10% des enfants non compt&#233;s dans le calcul ci-dessus, soit 62 295. La proportion des naissances d'enfants &#224; ascendance non-europ&#233;enne proche (pour un parent sur deux, ou pour les deux) passe alors &#224; 28,5 % soit pr&#232;s de 30 % des naissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on alors faire des raisonnements sur l'&#233;volution future ? Il est clair que seuls des d&#233;mographes de m&#233;tier, disposant des donn&#233;es n&#233;cessaires, peuvent faire ce travail de fa&#231;on pr&#233;cise. Mon objectif ici n'est pas celui-l&#224;, mais de mesurer avec les donn&#233;es disponibles et moyennent des hypoth&#232;ses plausibles s'il est possible par exemple en 2050 (dans 30 ans) d'avoir une majorit&#233; d'arriv&#233;es (naissances plus immigration) qui soit d'ascendance extra-europ&#233;enne au moins en partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouver des donn&#233;es int&#233;ressantes et accessibles notamment chez Alexis Feertchak :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/06/19/01016-20180619ARTFIG00310-les-chiffres-de-l-immigration-en-france.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que donne le calcul&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant le calcul. Au d&#233;part nous avons aujourd'hui environ 223 000 naissances extra-europ&#233;ennes au moins en partie (ci-apr&#232;s EE) et 560 600 naissances d'origine europ&#233;enne (OE). Mais il y a aussi une immigration appr&#233;ciable. Sur la base de 171 900 premiers permis de s&#233;jours en 2017 dont 43 % du continent africain, on arriver &#224; 118 000 auxquels il faudrait ajouter les non-originaires d'Afrique. En comptant 120 000, on arrive donc &#224; un total d'arriv&#233;es EE (naissances + immigration) de 343 000 et un total OE de 560 000 environ soit environ 38 % contre 62%. Notons qu'on ne tient alors pas compte ni de l'&#233;migration europ&#233;enne (par exemple vers les Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, pas n&#233;gligeables), ni des retours d'immigr&#233;s quand ils se produisent (a priori pas massifs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;terminer ensuite comment cela peut &#233;voluer, il faut faire des hypoth&#232;ses sur la natalit&#233; et sur les flux futurs d'immigration. Quand on regarde les chiffres Insee sur la natalit&#233; par r&#233;gion d'origine et les chiffres analogues &#224; l'&#233;tranger, un taux de 2.8 enfants par femme EE serait assez plausible. Mais comme la descendance moyenne est d&#233;sormais de 1.88 cela voudrait dire que les femmes OE ont une descendance de l'ordre de 1.5&#8230; Nous prendrons donc des chiffres plus prudents, tenant en outre compte du fait qu'une partie des EE a une origine mixte. Soit une descendance de 2.5 pour les EE et de 1.7 pour les OE. Ce qui signifie sur une g&#233;n&#233;ration une multiplication de la classe d'&#226;ge resp. par 1.2 et par 0.8 (si le seuil de renouvellement est de 2.1 enfants par femme : 2.5/2.1 et 1.7/2.1). Prenons ensuite une immigration stable &#224; 120 000 par an. Supposons ensuite que ces trois chiffres ne bougent pas jusqu'en 2050, dans une g&#233;n&#233;ration. On supposera aussi pour simplifier que les deux populations restent distinctes. Les naissances EE passeraient alors &#224; 408 000 environ (le chiffre initial de 343 000 arriv&#233;es, multipli&#233; par 1.2), et celles OE &#224; 454 000, encore en tr&#232;s l&#233;g&#232;re majorit&#233;. Mais avec l'immigration suppos&#233;e toujours &#224; 120 000, on voit qu'il y aurait d&#233;sormais une majorit&#233; d'arriv&#233;es EE de 563 000 (soit 54%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu encore cela suppose permanence des taux de natalit&#233; des diverses populations, et une immigration stable. il ne s'agit donc que d'un projection. Mais en faisant varier ces hypoth&#232;ses, on constate qu'il n'y a des r&#233;sultats vraiment diff&#233;rents que si d'une part la natalit&#233; locale (OE) remonte fortement, que celle EE baisse, et l'immigration de m&#234;me. En prenant respectivement des descendances finales de 2.1 et 2.3 et une immigration ramen&#233;e &#224; 50 000, on trouve en 2050 les proportions actuelles (62% d'arriv&#233;es OE). En d'autres termes la stabilisation de la composition de la population suppose &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; le retour &#224; une natalit&#233; &#233;quilibr&#233;e OE, une bonne assimilation des EE sur les m&#339;urs des OE, et une r&#233;duction sensible de l'immigration. Ce qui est assez intuitif. Mais peu probable&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, une hypoth&#232;se o&#249; les OE verraient leur natalit&#233; se rapprocher du reste de l'Europe (1.5 de descendance finale) et l'immigration se relever &#224; 200 000 ou plus (pression d&#233;mographique galopante en Afrique) ferait passer la proportion d'arriv&#233;es OE &#224; moins du tiers en 2050&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signification&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement ce calcul simplifi&#233; a ses limites et devrait &#234;tre affin&#233;. En particulier il faudrait tenir compte plus pr&#233;cis&#233;ment de la pr&#233;sence d'un nombre important de couples mixtes, dont le comportement et l'appartenance peuvent aller dans les deux sens (mais nous en avons en partie tenu compte en prenant pour les EE un taux de natalit&#233; interm&#233;diaire). Mais sauf &#224; ce que ces estimations comportent des erreurs majeures (que dans ce cas on voudra bien nous signaler) qui en alt&#233;reraient significativement les conclusions, cela para&#238;t montrer clairement que l'id&#233;e de remplacement n'est pas du tout irr&#233;aliste, m&#234;me si dans ce calcul sommaire le basculement majoritaire de la population totale devrait sans doute attendre la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les facteurs signal&#233;s (f&#233;condit&#233;, poursuite de l'immigration) beaucoup de la signification de ce ph&#233;nom&#232;ne majeur va d&#233;pendre du degr&#233; d'assimilation des EE. Car si celle-ci &#233;tait parfaite et imm&#233;diate, ces calculs n'auraient pas beaucoup d'importance. Mais comme on sait on en est loin. La probabilit&#233; est une situation interm&#233;diaire, encore renforc&#233;e par le nombre de couples mixtes, mais dans laquelle la proportion EE sera sans cesse croissante, et l'assimilation d&#232;s lors de plus en plus faible, en tout cas assezpartielle. Et donc, &#224; terme long, si les facteurs d&#233;mographiques ne changent pas, d'une part l'assimilation deviendra arithm&#233;tiquement assez improbable, et d'autre part la base politique potentielle pour changer cette &#233;volution (par relance cibl&#233;e de la natalit&#233;, et arr&#234;t des migrations) dispara&#238;tra. Et dans ce cas le remplacement aura bien lieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Migrations : Apr&#232;s l'&#233;quilibre</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Migrations-Apres-l-equilibre.html</link>
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		<dc:date>2018-03-08T15:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi. D&#233;j&#224; l'arriv&#233;e massive de populations dans des zones civilis&#233;es et tr&#232;s peupl&#233;es est sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre bien s&#251;r la dimension &#233;motionnelle du sujet est consid&#233;rable. Raison de plus pour essayer de voir le probl&#232;me avec sang-froid, notamment en &#233;valuant la logique &#233;conomique et sociologique de ces migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans l'Incorrect N&#176; 7 mars 2018)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Migrations : pour garder la t&#234;te froide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi. D&#233;j&#224; l'arriv&#233;e massive de populations dans des zones civilis&#233;es et tr&#232;s peupl&#233;es est sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire. M&#234;me les Grandes invasions jouaient sur des populations beaucoup plus faibles. Contrairement &#224; ce que certains disent, la stabilit&#233; des populations europ&#233;ennes depuis des si&#232;cles est consid&#233;rable. Seule est comparable l'&#233;migration de millions d'Europ&#233;ens dans les Am&#233;riques, mais vers des zones non d&#233;velopp&#233;es et peu peupl&#233;es (apr&#232;s les &#233;pid&#233;mies qu'on sait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension &#233;motionnelle du sujet est consid&#233;rable. Raison de plus pour essayer de voir le probl&#232;me avec sang-froid, notamment en &#233;valuant la logique &#233;conomique et sociologique de ces migrations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un int&#233;r&#234;t massif pour les migrants eux-m&#234;mes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme l'ont montr&#233; bien des sp&#233;cialistes , l'&#233;migration se produit parce qu'elle a un sens pour les migrants, notamment un int&#233;r&#234;t &#233;conomique majeur. La vision m&#233;diatique de populations chass&#233;es par la faim ou les guerres ne touche qu'une proportion faible des migrants allant dans nos pays. Les gens vraiment dans la mis&#232;re n'ont normalement pas les moyens de migrer. Le migrant type est d'abord un migrant &#233;conomique, quelqu'un qui choisit d'investir (le passage est non seulement dur mais co&#251;teux pour lui ou sa famille) pour passer d'un environnement &#233;conomiquement d&#233;favorable &#224; un autre beaucoup plus riche ; o&#249;, s'il s'ins&#232;re, son niveau de vie sera au bout du compte massivement am&#233;lior&#233;, de fa&#231;on hors de port&#233;e dans son pays de d&#233;part. Rappelons que la productivit&#233; d'une personne d&#233;pend massivement de son environnement humain et &#233;conomique. Or celui des pays avanc&#233;s est bien plus performant. Bien s&#251;r notre migrant souffrira pendant tout un temps ; il peut aussi regretter son pays, peut-&#234;tre toute sa vie. Mais au-del&#224;, lui et ses enfants seront mat&#233;riellement beaucoup mieux. Sauf si les obstacles devenaient insurmontables ou l'insertion impossible, l'&#233;migration est donc &#233;conomiquement rationnelle. A fortiori bien s&#251;r si le migrant part avec une formation et un talent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, l'existence d'une communaut&#233; install&#233;e de personnes immigr&#233;es originaires d'un pays donn&#233;, est un facteur majeur dans la dynamique de l'immigration provenant de ce pays. Plus elle est importante, plus grand est l'appel d'air, car les migrants trouvent en elle un milieu d'accueil et un soutien. Et moindre est l'assimilation, puisqu'il y a moins de contact avec les autochtones. D'o&#249; un ph&#233;nom&#232;ne cumulatif, qui peut s'emballer au-del&#224; de tout &#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de tout ceci que l'&#233;migration serait bien plus &#233;lev&#233;e sans les barri&#232;res mises par les pays d'accueil. Si la migration &#233;tait libre, ce serait une avalanche. Et l'assimilation serait encore plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faible int&#233;r&#234;t et nombreux inconv&#233;nients pour les pays de d&#233;part comme d'accueil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du pays d'accueil l'avantage n'est pas &#233;vident. Le principal probl&#232;me est l'inadaptation &#224; la culture d'arriv&#233;e. La vie en soci&#233;t&#233; suppose un degr&#233; &#233;lev&#233; de confiance mutuelle, des r&#232;gles communes qu'on s'attend &#224; voir respect&#233;es. Or les cultures de d&#233;part des migrants sont diff&#233;rentes et mal adapt&#233;es. En juxtaposant des &#8216;communaut&#233;s' aux r&#232;gles de vie diff&#233;rentes on diminue la confiance mutuelle et accro&#238;t l'int&#233;r&#234;t pour chacune de jouer un jeu s&#233;par&#233;. Et donc plus il y a de migrants, moins il y a de confiance collective. Un petit nombre de migrants assimil&#233;s est un plus ; un grand nombre devient vite contre-productif, d'autant que les cultures sont diff&#233;rentes. Pr&#244;ner le respect des cultures de d&#233;part est donc une erreur puisque ces cultures sont mal adapt&#233;es et que la vie collective suppose une culture commune. Il faut favoriser au contraire l'assimilation maximale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce sujet, les migrations &#224; destination de l'Europe, musulmanes et africaines, culturellement tr&#232;s diff&#233;rentes, posent de tout autres probl&#232;mes que les migrations vers le reste du monde quand il y en a. Le vrai probl&#232;me des migrants au niveau mondial est pour l'essentiel un probl&#232;me europ&#233;en. Cet effet est aggrav&#233; par l'absence de s&#233;lection &#224; l'entr&#233;e (contrairement &#224; ce qui se passe hors d'Europe) et &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; du syst&#232;me social europ&#233;en. Celui-ci pratique de fait une contre-s&#233;lection, aggrav&#233;e par le r&#244;le majeur du regroupement familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux effets &#233;conomiques des migrations sur les pays d'accueil, ils sont limit&#233;s, mais peu positifs : les salaires les plus bas baissent, les plus hauts montent. L'effet n&#233;gatif principal est donc pour les milieux populaires autochtones. Le co&#251;t net des migrants n'est en revanche pas n&#233;cessairement un probl&#232;me majeur s'ils travaillent. Mais l'id&#233;e que l'immigration facilitera le paiement des retraites est fausse : c'est une aide tr&#232;s provisoire, ou alors il faudrait un flux continu, puisque le vieillissement est continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le pays de d&#233;part l'avantage n'est pas &#233;vident non plus. Le principal inconv&#233;nient est d'y r&#233;duire le nombre des personnes &#233;duqu&#233;es et entreprenantes, parfois de fa&#231;on catastrophique. Il n'y a de vraiment positif que les transferts d'argent : tr&#232;s variables, en moyenne ils repr&#233;sentent environ 6 % des revenus du pays d'origine. L'effet global n'est d&#232;s lors pas &#224; priori tr&#232;s significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;duit de tout ceci qu'une acc&#233;l&#233;ration des migrations sans assimilation a des effets &#224; terme destructeurs sur le tissu social des pays d'accueil, sans aider les pays de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; en sommes-nous ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La modification de la composition de notre population est d&#233;j&#224; bien avanc&#233;e. Selon l'Insee en France en 2016 dans plus d'une naissance sur 5 au moins un des deux parents &#233;tait n&#233; hors d'Europe. En 1998 cette proportion &#233;tait de un sur 9. On voit l'acc&#233;l&#233;ration. Si on y ajoute ceux dont les parents sont eux-m&#234;mes d'immigration r&#233;cente, on s'approche de 30%. Si l'&#233;volution continue dans le m&#234;me sens nous allons donc vers une mutation radicale de la composition de la population : en prolongeant la courbe, il est probable que dans 30 ans ce soit plus de la moiti&#233; des naissances dont un au moins ascendant proche sera non-europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les optimistes diront qu'il y aura assimilation. Mais l'&#233;vidence ne va pas dans ce sens. Certes les nouvelles g&#233;n&#233;rations perdent un part du contact avec la culture d'origine ; et elles n'ont pas de langue commune autre que le fran&#231;ais. Mais en grande partie ces populations ne sont culturellement et politiquement pas vraiment assimil&#233;es : une forte proportion s'identifie et de plus en plus au pays de d&#233;part, les autres gardent un lien avec. Et notamment cette religion fondamentalement politique qu'est l'Islam, qui cr&#233;e une sentiment intense de communaut&#233; entre ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probabilit&#233; est donc qu'&#224; terme le pays sera compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;ne. Ce qui veut dire entre autres que le syst&#232;me d&#233;mocratique sera totalement bloqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le quantitatif strict, s&#233;lection, assimilation, aide aux pays de d&#233;part : un effort important de reprise en main du processus s'impose donc (sans oublier l'aide aux autochtones les moins favoris&#233;s). Il ne s'agit pas d'&#233;go&#239;sme - car il faut au contraire &#234;tre r&#233;solument solidaire- mais d'un imp&#233;ratif collectif majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans l'Incorrect N&#176; 7 mars 2018)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Migrations : une analyse &#233;conomique et sociologique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Migrations-une-analyse-economique-et-sociologique.html</link>
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		<dc:date>2017-10-29T16:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur et sans pr&#233;c&#233;dent qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je propose ici de reprendre les principales donn&#233;es de ce probl&#232;me, sur la base d'une analyse remarquable et d&#233;passionn&#233;e de Paul Collier, universitaire britannique, sous l'angle &#233;conomique et sociologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'en d&#233;duit qu'une acc&#233;l&#233;ration des migrations sans assimilation a des effets destructeurs sur les pays d'accueil, sans v&#233;ritablement aider les pays de d&#233;part. Un effort important de reprise en main du processus s'impose donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Migrations : une analyse &#233;conomique et sociologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois n'est pas coutume je fais la recension d'un livre sur les migrations, en anglais, dont je recommande la lecture : Paul Collier &lt;i&gt;Exodus (How Migration Is Changing Our World)&lt;/i&gt; Oxford University Press 2013-2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un texte politique. C'est un livre d'universitaire, &#233;conomique et sociologique, mais de lecture ais&#233;e. Il accepte de sortir du politiquement correct lorsque l'analyse des faits l'y conduit. C'est donc une mine de donn&#233;es et d'analyses pour qui r&#233;fl&#233;chit &#224; cette question majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retenons quelques-unes des principales le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouveaut&#233; du ph&#233;nom&#232;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement en cours d'arriv&#233;e massive de populations dans des zones civilis&#233;es et d&#233;j&#224; peupl&#233;es est totalement sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire. M&#234;me les Grandes invasions jouaient sur des populations beaucoup plus faibles. Contrairement &#224; ce que certains pr&#233;tendent en effet, la stabilit&#233; des populations europ&#233;ennes depuis des si&#232;cles est consid&#233;rable : les &#233;tudes sur l'ADN montrent qu'en Grande Bretagne 70 % de la population actuelle descend directement de celle pr&#233;sente en 4000 avant JC ; ce qui veut dire que tous ont la plupart des anc&#234;tres en commun. Cela rejoint a fortiori les observations faites sur la stabilit&#233; presque totale de la population fran&#231;aise pendant un mill&#233;naire (jusqu'au XXe si&#232;cle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le mouvement des personnes est tout autre chose que le mouvement des marchandises ou du capital et r&#233;pond &#224; des logiques diff&#233;rentes. Les mettre ensemble sous le nom de mondialisation est de la paresse intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu central du fonctionnement collectif &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prosp&#233;rit&#233; des pays occidentaux est un fait rare voire unique dans l'histoire, qui suppose un fonctionnement collectif relativement efficace, au moins &#233;conomiquement. Les migrants eux proviennent par nature de syst&#232;me &#233;conomiquement dysfonctionnels &#8211; sinon ils ne migreraient pas. En changeant leur cadre culturel, leur productivit&#233; fait un grand bond vers le haut. Pr&#244;ner le respect de leur culture est donc une id&#233;e incoh&#233;rente puisque ces cultures sont par d&#233;finition imparfaites au moins sous cet angle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, pour fonctionner harmonieusement la vie en soci&#233;t&#233; suppose un degr&#233; &#233;lev&#233; de confiance mutuelle, ce qui implique &#224; la fois des r&#232;gles communes et une faible propension &#224; jouer les cavaliers seuls en trichant au d&#233;triment de la collectivit&#233;. Or confiance et coop&#233;ration ne vont pas de soi et sont une des raisons de base du succ&#232;s des soci&#233;t&#233;s avanc&#233;es, contrairement aux autres o&#249; la transmission de la m&#233;fiance r&#233;ciproque entre ethnies ou groupes peut se faire sur des si&#232;cles, sans lien avec la pauvret&#233;. Or les migrants apportent avec eux leurs codes moraux d'origine. Si donc ils ne s'adaptent pas au mode de vie commune du pays d'accueil, un probl&#232;me &#233;merge. Bien s&#251;r, une migration mod&#233;r&#233;e et limit&#233;e est porteuse d'avantages du fait que par-l&#224; la population se diversifie et incorpore des talents, si c'est sans alt&#233;rer son fonctionnement collectif. Mais les rendements sont rapidement d&#233;croissants : une personne de plus ajoute peu. En revanche l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante de la population, juxtaposant des &#8216;communaut&#233;s' avec des r&#232;gles de vie diff&#233;rentes et o&#249; les personnes s'identifient d'abord &#224; ces &#8216;communaut&#233;s' diminue la confiance mutuelle et accro&#238;t l'int&#233;r&#234;t pour chacun de jouer son propre jeu ou celui de sa &#8216;communaut&#233;'. S'il y a trop de gens non-coop&#233;ratifs, l'incitation pour les autres &#224; rester coop&#233;ratif diminue &#8211; m&#234;me dans la population d'origine. Et chaque &#8216;communaut&#233;' finit par voir la punition de tels comportements chez ses ressortissants comme une discrimination. Et donc plus il y a de migrants, moins il y a de confiance collective. Non seulement entre groupes, mais m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de ces groupes. Une migration forte et rapide a alors vite un co&#251;t &#233;lev&#233;. La difficult&#233; est en outre d'autant plus grande que les cultures de d&#233;part sont &#233;loign&#233;es : les &#233;tudes ont m&#234;me montr&#233; que plus les langues sont &#233;loign&#233;es, plus il y a tendance &#224; la violence mutuelle. Il y a de m&#234;me un lien observable entre l'homog&#233;n&#233;it&#233; de la population et l'acceptation de la redistribution par l'imp&#244;t ou la s&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue les migrations &#224; destination de l'Europe, arabes, turques et africaines, posent des probl&#232;mes radicalement diff&#233;rents des migrations nord-am&#233;ricaines, qui en nombre sont surtout latino-am&#233;ricaines. En fait le probl&#232;me des migrants au niveau mondial est pour l'essentiel un probl&#232;me europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre assimilation et multiculturalisme, le choix est alors clair. C'est le paradoxe des soci&#233;t&#233;s qui se veulent multiculturelles (notamment dans le monde anglosaxon) : on encourage les migrants &#224; rester entre eux ; mais on interdit cela &#224; la population autochtone car on qualifie ce comportement de discrimination. Inversement des mariages crois&#233;s signifient &#224; terme descendance commune, et donc anc&#234;tres communs. Il faut donc favoriser l'assimilation pleine sur la base de la culture du pays d'accueil (la fusion des cultures, th&#233;oriquement concevable, est plus difficile et plus al&#233;atoire, et suppose aussi une forme d'assimilation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des effets &#233;conomiques moins sensibles sur les pays d'accueil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparaison, les effets &#233;conomiques des migrations sont plus diffus. L'effet global est limit&#233;. Les salaires les plus bas baissent, les plus hauts montent. L'effet est plus important sur le logement car la concurrence pour le logement social s'intensifie. L'effet n&#233;gatif pour les milieux populaires autochtones est accru s'ils d&#233;sesp&#232;rent. Ainsi en Grande-Bretagne la classe ouvri&#232;re a traditionnellement de faibles aspirations sociales, contrairement aux migrants. Et donc les enfants de ces derniers l'emportent sur ceux des premiers. On peut avoir ce m&#234;me probl&#232;me dans les couches sup&#233;rieures, comme en t&#233;moigne le succ&#232;s des Asiatiques en Am&#233;rique du Nord ou en Australie, avec leur souci de l'&#233;ducation : ils dominent les meilleures &#233;coles. Au Canada ils sont la moiti&#233; des &#233;tudiants en droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'id&#233;e que l'immigration de jeunes facilitera le paiement des retraites est fausse : c'est une aide tr&#232;s provisoire, ou alors il faudrait un flux continu, puisque le vieillissement lui est continu. En outre ils ont plus d'enfants, ce qui accro&#238;t le nombre des personnes &#224; charge, ce &#224; quoi il faut ajouter le reste des familles (du fait que le rassemblement familial est la principale source d'immigration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, une faible immigration a peu d'effet &#233;conomique ; mais si elle est forte et continue elle fait baisser les salaires sauf les plus hauts et fait pression sur l'acc&#232;s au capital public. En sens contraire le Japon a montr&#233; qu'il y avait peu de co&#251;t &#224; rester un pays ferm&#233;. En fait la dimension &#233;conomique est bien moins importante que les co&#251;ts sociaux &#233;voqu&#233;s ci-dessus. C'est ce qui trompe les &#233;conomistes : ils raisonnent de fait sur des migrants sans droits et pr&#233;caires, comme des Gastarbeiter. C'est ce qu'on voit dans la p&#233;ninsule arabique. Mais c'est impensable dans les pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gains &#233;conomiques ne sont donc qu'&#224; court terme ; et les probl&#232;mes sociaux &#224; moyen terme. Or toutes les analyses sur le bonheur ressenti montrent que la qualit&#233; des relations sociales importe beaucoup plus que les revenus. Le bilan global d'une immigration forte est donc nettement n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les gagnants et les perdants, la dynamique de la migration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les migrants sont les grands gagnants &#233;conomiques de la migration. Le diff&#233;rentiel de salaire entre leur pays d'origine et le pays d'accueil, qui motive la migration, est d&#251; pour l'essentiel non aux int&#233;ress&#233;s mais &#224; l'environnement &#233;conomique. En migrant, ils voient leur productivit&#233; (mesur&#233;e par le revenu) faire un bond massif. C'est donc beaucoup plus attractif pour eux que d'essayer de faire bouger leur pays d'origine, ou d'attendre son d&#233;collage. Migrer est alors une forme d'investissement, souvent familial. De ce fait les migrants ne sont pas les plus pauvres du pays d'origine, car le co&#251;t de la migration est &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les migrants ont en outre int&#233;r&#234;t &#224; choisir le pays o&#249; ils vont, notamment selon le syst&#232;me social et fiscal : les moins qualifi&#233;s (et les moins actifs) iront d&#232;s lors dans les pays les plus &#233;galitaires (Europe) ; on le voit lorsqu'on compare l'Europe et l'Am&#233;rique du Nord. Par ailleurs, les exigences &#233;ducatives les plus hautes &#224; l'entr&#233;e sont au Canada et en Australie, un peu moindres aux Etats-Unis, mais bien plus basses en Europe. A nouveau, c'est elle qui a le probl&#232;me le plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence ou non d'une diaspora, c'est-&#224;-dire d'une communaut&#233; install&#233;e de personnes immigr&#233;es originaires d'un pays donn&#233; est un facteur majeur dans la dynamique de l'immigration. Plus la diaspora est importante, plus grand est l'appel d'air, car les migrants trouvent en elle un milieu d'accueil et un soutien. Et moindre est alors l'assimilation, puisqu'il y a moins de contact avec les autochtones (et moins besoin). D'o&#249; un ph&#233;nom&#232;ne cumulatif, qui peut s'emballer au-del&#224; de tout point d'&#233;quilibre. Et par un paradoxe apparent, plus la distance culturelle est grande entre pays de d&#233;part et d'arriv&#233;e, plus le taux de migration sera &#233;lev&#233;, du fait que les diasporas s'assimileront moins vite, resteront relativement plus grosses, attirant plus de nouveaux arrivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement l'&#233;l&#233;ment familial de la diaspora est le plus puissant. Lorsqu'il existe, le droit au rassemblement familial (ou le crit&#232;re de l'existence d'une relation avec un migrant install&#233;) devient le facteur dominant dans les migrations : certes l'int&#233;r&#234;t des migrants install&#233;s serait de fermer la porte derri&#232;re eux, mais l'effet solidarit&#233; et diaspora l'emporte collectivement. Tout ceci op&#232;re une mauvaise s&#233;lection des immigrants et n'aurait donc de sens que si ce droit &#233;tait peu utilis&#233;. Il faut donc logiquement le contr&#244;ler et le limiter (contrairement &#224; ce qui est fait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte en tout cas de tout ceci que l'&#233;migration d&#233;sir&#233;e serait bien plus &#233;lev&#233;e sans les barri&#232;res mises par les pays d'accueil, comme les sondages le confirment. Si la migration &#233;tait libre, ce serait une avalanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&#233;quences pour les pays de d&#233;part&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'effet politique sur le pays d'origine est r&#233;el mais limit&#233;. Il y a par exemple probablement une certaine absorption de valeurs d&#233;mocratiques, mais leur ampleur est discutable : on peut donner des exemples oppos&#233;s. Par ailleurs, la possibilit&#233; de migrer encourage sans doute l'effort en faveur de l'&#233;ducation car celle-ci facilite la migration. Mais son effet direct est de r&#233;duire le nombre des &#233;duqu&#233;s ; ceux qui restent sont moins bons et il y a une perte de r&#244;les mod&#232;les. La formation &#224; l'&#233;tranger n'a d'int&#233;r&#234;t que si les migrants retournent, comme en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux transferts d'argent, ils sont tr&#232;s variables en proportion du salaire. En moyenne cela fait environ 6 % des revenus du pays d'origine. Mais c'est tr&#232;s variable. Il faut en outre la comparer avec la perte de production. L'effet global n'est d&#232;s lors pas &#224; priori significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total l'effet semble plut&#244;t positif pour le pays d'origine, mais uniquement dans la mesure o&#249; la migration reste mod&#233;r&#233;e. D'ailleurs, si la migration est trop forte, m&#234;me les transferts peuvent se r&#233;duire : quand la famille est transf&#233;r&#233;e, ils ne sont plus augment&#233;s mais diminu&#233;s. Et le pays perd ses forces vives. L'impact est sans doute nettement plus n&#233;gatif sur les pays plus petits, mais plus positif sur les plus grands sur qui ces effets sont moindres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politique &#224; suivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total la question n'est sans doute pas de savoir si la migration est bonne ou mauvaise abstraitement, mais de mesurer le ph&#233;nom&#232;ne et de r&#233;agir en fonction. Rappelons en outre que l'argument de la compassion a ses limites : ce ne sont pas les plus pauvres qui partent. Et que la migration est mauvaise pour les pays de d&#233;part s'ils sont petits et plus pauvres. Ce qui appara&#238;t est que l'effet de l'immigration est faible si elle reste contenue et qu'il y a assimilation. Le premier principe est donc de bloquer l'effet d'acc&#233;l&#233;ration, qui est in&#233;vitable si on laisse l'immigration se faire toute seule. Il est important en outre de ne pas d&#233;valoriser les autochtones ni laisser aux seules migrants le monopole de l'expression nationale, et bien au contraire de maintenir et d'encourager la culture du pays d'accueil. On ne peut donc pas laisser la migration et l'assimilation &#224; la d&#233;cision des seuls migrants. Il faut des plafonds, des contr&#244;les et une politique active d'assimilation. Sinon le risque d'acc&#233;l&#233;ration est r&#233;el, et en cons&#233;quence des effets collectifs de plus en plus n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#8216;grand remplacement' &#224; l'&#233;preuve des chiffres </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-grand-remplacement-a-l-epreuve-des-chiffres.html</link>
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		<dc:date>2017-09-07T15:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'Insee a publi&#233; des chiffres extr&#234;mement int&#233;ressants (et pr&#233;occupants) sur l'origine des naissances en France. En 2016 sur 783 640 naissances plus d'une sur 5 avait au moins un des parents n&#233; hors d'Europe. Si on y ajoute ceux dont les parents sont eux m&#234;mes d'immigration r&#233;cente, on s'approche de 30%. Et le mouvement s'acc&#233;l&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc vers une mutation radicale de la composition de la population. Cela vaut la peine d'y r&#233;fl&#233;chir...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Insee a publi&#233; des chiffres extr&#234;mement int&#233;ressants (et pr&#233;occupants) sur l'origine des naissances en France. En 2016 sur 783 640 naissances, 102 340 avaient un des deux parents n&#233; en dehors de l'Union europ&#233;enne &#224; 28, et 58 375 les deux parents. Soit 160 715 dont au moins un des parents &#233;taient n&#233;s hors d'Europe ; c'est-&#224;-dire 20,5 %, un enfant sur 5 ! En 1998 la m&#234;me proportion &#233;tait de 11,5 % : un sur 9. On mesure l'acc&#233;l&#233;ration et l'ampleur de l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas oublier que parmi les parents n&#233;s en France, une proportion non n&#233;gligeable est issue du m&#234;me processus. Si donc on veut calculer le nombre et la proportion d'enfants d'origine extra-europ&#233;enne extr&#234;mement proche, il faut ajouter une proportion non n&#233;gligeable des parents n&#233;s en France (ou en Europe). Prenons une proportion proche de celle de 1998, soit 10 %. Cela ajoute pour 2016 10% des enfants non compt&#233;s dans le calcul ci-dessus, soit 62 295. La proportion des naissances d'enfants &#224; ascendance non-europ&#233;enne proche passe alors &#224; 28,5 % soit pr&#232;s de 30 % des naissances (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons bien s&#251;r en outre qu'en France non-europ&#233;en veut dire en tr&#232;s grande majorit&#233; musulman (Afrique du Nord, Afrique noire, Turquie etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres sont &#233;normes, et comme on le voit rapidement croissants. Comme on voit aussi, la proportion d'enfants dans les &#233;coles qui sont culturellement non fran&#231;ais repr&#233;sente d&#233;j&#224; en moyenne une forte minorit&#233;, et comme &#233;videmment la r&#233;partition sur le territoire est irr&#233;guli&#232;re, une majorit&#233; dans un grand nombre d'endroits. On le sait tous, mais les statistiques officielles le confirment. Dans ces conditions l'assimilation est improbable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, parler de tendance au remplacement n'est en rien excessif. On n'y est pas tout &#224; fait encore, mais sans le moindre doute, si la tendance se poursuit, on y va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En supposant que l'&#233;volution continue dans le m&#234;me sens, il suffit par exemple de prolonger la courbe m&#233;caniquement pour estimer que dans 30 ans ou moins ce sera plus de la moiti&#233; des naissances qui rel&#232;vera de cette analyse. Et donc &#224; terme le pays sera compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;ne, et en voie de basculement. Ce qui veut dire entre autres que le syst&#232;me d&#233;mocratique sera totalement bloqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce fait trois analyses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle de la pens&#233;e dominante selon laquelle ce n'est pas un probl&#232;me car la notion m&#234;me de culture nationale n'est pas jug&#233;e pertinente. Je passe sur cette ineptie m&#234;me si elle est r&#233;pandue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle assez fr&#233;quente selon laquelle il y aura assimilation. Mais l'&#233;vidence des banlieues ne va pas dans ce sens, et les chiffres confirment que c'est improbable. Certes les nouvelles g&#233;n&#233;rations perdent une partie du contact avec la culture d'origine ; mais en grande partie aussi elles ne sont pas assimil&#233;es : une forte proportion s'identifie (et de plus en plus) au pays de d&#233;part, les autres gardent un lien important avec lui ou avec la culture d'origine (et notamment cette religion politique qu'est l'Islam).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle selon laquelle c'est la base m&#234;me de la communaut&#233; nationale et donc incidemment de la paix civile qui est menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on se situe dans ce dernier cadre, et qu'on n'accepte pas ce destin, sur la base des chiffres pr&#233;c&#233;dents trois mesures urgentes s'imposent en m&#234;me temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'arr&#234;t des afflux, ce qui suppose des remises en cause assez profondes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une politique d'assimilation volontariste, avec &#233;limination du droit du sol automatique. Est citoyen celui qui le manifeste clairement dans son comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La relance de la natalit&#233; des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit, l'horloge tourne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Ces additions ne sont pas directement faites par l'Insee dans le tableau sur la base de ce crit&#232;re de naissance extra-europ&#233;en, mais elles sont faciles &#224; v&#233;rifier. L'Insee lui a communiqu&#233; sur la base des naissances de parents non fran&#231;ais. &lt;a href=&#034;https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381382&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.insee.fr/fr/statistique...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Communautarisme et immigration </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Communautarisme-et-immigration.html</link>
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		<dc:date>2014-09-10T16:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Communautarisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On brandit le risque du communautarisme et on a raison. De fait dans nos pays toute une partie de la population ne s'identifie plus &#224; la communaut&#233; nationale et privil&#233;gie ses r&#233;f&#233;rences d'origine, quitte bien s&#251;r &#224; profiter des droits associ&#233;s &#224; la nationalit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation n'est pas compatible &#224; terme avec le maintien d'une communaut&#233;, et notamment en l'esp&#232;ce avec un syst&#232;me d&#233;mocratique, lequel suppose qu'on s'identifie au peuple qui vote et d&#233;termine la majorit&#233;. S'identifier suppose de former avec lui une communaut&#233; de destin - ce qui suppose &#224; son tour un patrimoine de r&#233;f&#233;rences commun et un engagement dans la communaut&#233; nationale. Ce n'est d&#233;sormais plus un fait acquis, allant de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation est profond&#233;ment nouvelle et demande une r&#233;vision en profondeur de notre conception de la nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communautarisme et immigration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en France on appelle communautarisme est la formation au sein d'une nation de sous-communaut&#233;s ayant des r&#233;f&#233;rences sociales, culturelles, religieuses ou ethniques fortes et distinctes du reste de la communaut&#233; nationale, leur permettant d'&#234;tre une r&#233;f&#233;rence essentielle voire principale pour l'identit&#233; de leurs membres, et ordonnant de ce fait leur fonctionnement social et politique. Elles se mettent alors en concurrence avec la r&#233;f&#233;rence nationale, au moins dans certains domaines essentiels pour la vie commune. Dans la pratique, comme on sait la question du communautarisme se pose pour des populations originaires de cultures &#233;loign&#233;es de la nationale et pr&#233;sentant une forte sp&#233;cificit&#233; revendiqu&#233;e. Cela n'a rien &#224; voir avec ces communaut&#233;s que sont les familles, r&#233;gions, communes, professions etc., qui ne se situent pas sur le m&#234;me terrain. Cela ne vise pas non plus la sp&#233;cificit&#233; de parties de la population cultivant des affinit&#233;s d'origine mais sans en faire un &#233;l&#233;ment de structuration de leur vie collective et sans que cela remette en cause leur identification nationale. Ainsi les Irlandais ou Polonais aux Etats-Unis se sentent am&#233;ricains tout en cultivant sans inconv&#233;nient le sens de leurs origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tend en France &#224; faire une distinction majeure entre la situation fran&#231;aise et un communautarisme anglo-saxon, terme par lequel on vise une propension suppos&#233;e plus importante des autorit&#233;s de ces pays &#224; accepter une certaine reconnaissance de ces communaut&#233;s, en mati&#232;re juridique, scolaire, etc. Cette diff&#233;rence de traitement recouvre une certaine r&#233;alit&#233;. Mais ce qui est commun entre ces pays et des pays unitaires et formellement &#233;galitaires comme la France est bien plus important ; c'est le fait de base de l'existence m&#234;me de communaut&#233;s ayant ces sp&#233;cificit&#233;s et vivant cela, autant que possible dans le pays d'accueil comme dans le pays de d&#233;part et en r&#233;f&#233;rence &#224; lui, dans des sortes de ghettos volontaires. Elles tendent &#224; refuser l'assimilation et m&#234;me &#224; rejeter l'identification au pays d'accueil, alors m&#234;me que leurs membres en portent le passeport, votent et profitent de ses avantages. Ce sentiment est en outre fortement exacerb&#233; par la diffusion d'un victimisme, puissamment entretenu par le discours masochiste dominant selon lequel la France est responsable de tous leurs maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;volution pose un probl&#232;me de fond. L'existence de telles sous-communaut&#233;s est compatible avec des syst&#232;mes autoritaires ou imp&#233;riaux, qui ne supposent pas l'homog&#233;n&#233;it&#233; de la population qu'ils assujettissent, moyennant attitude paisible des personnes concern&#233;es. Mais c'est contradictoire avec le principe d'une d&#233;mocratie. Celle-ci suppose en effet que les &#233;lections se fassent sur la base d'options sur lesquelles on vote, et donc au sein d'une population suffisamment coh&#233;rente et homog&#232;ne pour que la minorit&#233; accepte la loi de la majorit&#233; comme repr&#233;sentative d'un peuple auquel tous s'identifient. Si ce n'est pas le cas, soit on appartient &#224; la communaut&#233; minoritaire en question et on tend &#224; ne pas tenir la majorit&#233; pour l&#233;gitime &#8211; puisqu'elle appartient &#224; un autre peuple ; soit on fait partie de ce peuple en soi majoritaire, et on jugera suspecte une majorit&#233; si elle est obtenue avec les votes de la communaut&#233; allog&#232;ne en question. D'autant que ladite communaut&#233; peut influer sur le vote sans se sentir li&#233;e par lui. Cela finira par bloquer le syst&#232;me. Et &#224; ce moment-l&#224; la d&#233;mocratie sera remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue l'&#233;volution est pr&#233;occupante. Si l'approche anglo-saxonne n'est pas convaincante, la fran&#231;aise ne l'est pas plus. Elle a m&#234;me plusieurs inconv&#233;nients propres. Le fait d'abord de ne pas poser clairement le principe qu'une communaut&#233; nationale suppose une minimum de r&#233;f&#233;rences communes aboutit &#224; accorder la nationalit&#233; de fa&#231;on indiscrimin&#233;e et sans v&#233;ritable exigence, notamment d'une volont&#233; claire et sinc&#232;re d'adh&#233;sion. Cela ne posait pas de probl&#232;mes autrefois avec des populations qui soit s'assimilaient, soit repartaient (rappelons que la majorit&#233; des migrants europ&#233;ens est retourn&#233;e chez elle, seule une minorit&#233; est rest&#233;e mais alors avec un choix clair d'assimilation). Mais on ne peut pas accepter que des gens profitent du syst&#232;me et votent sans se sentir solidaires, tout en s'identifiant avec un pays d'origine plus ou moins mythifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre erreur de perspective typiquement fran&#231;aise est de tout juger &#224; travers le prisme officiel consistant &#224; confondre l'identit&#233; nationale avec la R&#233;publique, les Droits de l'Homme, la la&#239;cit&#233; etc. Or, outre les limites de ces concepts, ce qui fait la France n'est pas ces principes, qui sont d'ailleurs revendiqu&#233;s par un tr&#232;s grand nombre d'autres pays ; c'est un peuple concret : une histoire, une culture, une langue, des m&#339;urs etc. En outre cela conduit &#224; mal poser les probl&#232;mes. On le voit notamment avec la question de la la&#239;cit&#233;, qu'on brandit alors qu'on ne veut lutter que contre certaines pratiques musulmanes, lesquelles posent probl&#232;me non parce que religieuses, mais parce qu'elles impliquent des attitudes jug&#233;es inacceptables dans la communaut&#233; nationale. L'exemple &#233;vident est celles visant le comportement public des femmes. Porter un voile complet n'a pas le m&#234;me sens que porter un signe vraiment religieux au sens &#233;troit du mot. C'est rappeler avec force qu'on appartient &#224; une communaut&#233; diff&#233;rente, et que cette communaut&#233; voit autrement la femme. Mais en s'en prenant aux signes religieux sans pr&#233;cision, on agresse les autres citoyens sur ce qui est un droit &#233;l&#233;mentaire : manifester sa religion, ce qui est aussi respectable que n'importe quelle manifestation d'opinion ; et on n'envoie pas le bon message ni ne pose les vraies questions. Celles-ci portent d'une part sur l'appartenance nationale, et d'autre part sur les questions sp&#233;cifiques que pose l'Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Islam est en effet une religion qui tend &#224; poser des probl&#232;mes politiques tout &#224; fait particuliers. C'est la seule religion qui dans son expression traditionnelle exalte la conqu&#234;te et l'a pratiqu&#233;e activement pendant toute son histoire. C'est aussi la seule religion qui incorpore dans la loi religieuse un v&#233;ritable code civil. C'est enfin la seule religion qui consid&#232;re que l'affiliation principale de quelqu'un est la communaut&#233;, musulmane. Il est donc l&#233;gitime de demander si elle est en l'&#233;tat compatible sur une &#233;chelle significative avec l'appartenance &#224; une autre communaut&#233; politique. Ou au minimum il est l&#233;gitime de demander des garanties sur ce plan &#224; ceux qui la pratiquent chez vous. D'o&#249; la question, pas facile il est vrai : comment l'Islam peut-il se r&#233;former pour &#234;tre compatible avec des pays occidentaux, qu'on comprenne ce terme au sens de leur tradition principalement chr&#233;tienne, ou au sens de leur r&#233;alit&#233; actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement il faudrait poser clairement le principe de l'assimilation des immigrants &#224; la communaut&#233; nationale. S'assimiler n'implique pas de reprendre telles quelles toutes les habitudes et dominantes locales, mais de s'int&#233;grer et s'identifier clairement et activement avec cette communaut&#233; et d'adopter des m&#339;urs compatibles avec cette int&#233;gration. En d'autres termes il faut qu'ils choisissent clairement. Ce choix doit &#234;tre celui des parents plus que des jeunes, certes plus ou moins agit&#233;s mais qui sont trop souvent &#233;duqu&#233;s par leurs parents dans cette culture du ghetto et du refus. Simultan&#233;ment il faut tirer les cons&#233;quences de cette exigence d'int&#233;gration, sur l'immigration, sur l'&#233;cole, et sur la politique &#224; l'&#233;gard de l'Islam. Mais aussi bien s&#251;r sur la nationalit&#233;, qui ne doit pas &#234;tre automatique mais assum&#233;e et comporter des exigences. Faute de quoi la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; s'impose. Ceci dit je vois bien les limites du terme d'identit&#233;, dont il ne faut pas abuser. La notion d'identit&#233;, relativement r&#233;cente, est impr&#233;cise et trompeuse. C'est une fa&#231;on parfois maladroite de d&#233;signer un patrimoine commun &#224; un groupe ou plut&#244;t une communaut&#233;, la solidarit&#233; que cela implique entre ses membres, et leur mission de poursuivre et d&#233;velopper ces &#233;l&#233;ments communs. Mais la connotation du mot &#8216;identit&#233;' est &#233;triqu&#233;e : en l'utilisant, on para&#238;t d&#233;finir normativement ce que sont en eux-m&#234;mes les membres de ce groupe. Ce qui est &#224; la fois trop ambitieux et trop r&#233;ducteur. La question est essentiellement de ce qu'on a &#224; dire et &#224; faire, &#233;tant entendu que parmi ces devoirs il y a le maintien et l'approfondissement d'un patrimoine commun et donc d'une tradition, et leur mise en &#339;uvre pratique. Dans le cas d'une nation, il s'agit &#224; la fois d'un ensemble d'&#233;l&#233;ments qui servent de rep&#232;res au vivre-ensemble de cette nation, l'explicitent et l'&#233;clairent, d'&#233;l&#233;ments culturels qui sont la contribution propre de cette nation &#224; l'universel, notamment la langue, la culture et la fa&#231;on dont elle int&#232;gre le patrimoine universel. Car contrairement &#224; ce que pense l'id&#233;ologie dominante, une communaut&#233; politique a un besoin vital de ces rep&#232;res communs, et une d&#233;mocratie plus que tout autre. Et pour en revenir &#224; nos immigr&#233;s, ce n'est que dans la reconstruction d'une r&#233;f&#233;rence positive et porteuse de sens que se trouve la possibilit&#233; de leur proposer une forme d'int&#233;gration. Pas en leur envoyant des soixante-huitards attard&#233;s ou les missionnaires de la th&#233;orie du gender.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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