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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Une souverainet&#233; fran&#231;aise est-elle encore pertinente ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Une-souverainete-francaise-est-elle-encore-pertinente.html</link>
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		<dc:date>2024-07-04T12:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La question de ce qui reste et de ce que peut devenir la souverainet&#233; fran&#231;aise est plus que jamais pertinente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de bilan , ce qui est d'embl&#233;e &#233;vident est un recul massif, ne serait-ce qu'en comparaison avec les ann&#233;es 1960-1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cet effarant recul doit &#234;tre analys&#233;. Trois facteurs pr&#233;dominent : le mythe europ&#233;en f&#233;d&#233;ral, le complexe irrationnel de la taille du pays, et la d&#233;rive de la culture politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pourtant les atouts subsistants sont nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Souverainete-nationale-.html" rel="directory"&gt;Nation, souverainet&#233; et d&#233;fense&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Europe-117-+.html" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Souverainete-nationale-118-+.html" rel="tag"&gt;Souverainet&#233; nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question de ce qui reste et de ce que peut devenir la souverainet&#233; fran&#231;aise est plus que jamais pertinente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un bilan consternant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de bilan , ce qui est d'embl&#233;e &#233;vident est un recul massif, ne serait-ce qu'en comparaison avec les ann&#233;es 1960-1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Finance : nous n'avons plus de monnaie propre, mais une dette &#233;norme, qui nous met dans la d&#233;pendance des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Militairement : nous n'avons plus qu'une arm&#233;e d'&#233;chantillon, de qualit&#233;, mais sans pertinence &#224; l'&#233;poque des guerres de masse &#224; la russo-ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Diplomatie : la n&#244;tre est r&#233;duite &#224; l'os et comme l'a &#233;crit un grand ambassadeur &#8216;d&#233;boussol&#233;e'. Elle est acquise aux atlantistes, donc d&#233;pourvue de boussole propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Industrie : la n&#244;tre est fondue. Le CAC est sous contr&#244;le &#233;tranger sauf dans le luxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Energie : c'est la lamentable histoire du nucl&#233;aire fran&#231;ais, atout majeur il y a 40 ans, reni&#233; puis rapi&#233;c&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Europe : l'&#233;largissement nous a dilu&#233; et ce qui l'emporte ce sont des projets tous plus f&#233;d&#233;ralistes les uns que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Culture populaire : c'est la d&#233;ferlante culturelle US, notamment sur les r&#233;seaux sociaux format&#233;s sur leur mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Langue : le repli est consid&#233;rable, internationalement, et en France m&#234;me o&#249; le sabir m&#233;lang&#233; est le dialecte &#224; la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Droit : nous sommes d&#233;sormais domin&#233;s par des normes juridiques extra territoriales, d&#233;finies par des juridictions apatrides &#224; la nomination opaque et al&#233;atoire (CEDH etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Contr&#244;le des fronti&#232;res : ce n'est plus qu'un souvenir. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois probl&#232;mes ou dilemmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cet effarant recul doit &#234;tre analys&#233;. On peut le voir comme la r&#233;sultante de trois probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Le culte de l'Europe d'abord. On y a fait un &#233;norme transfert, au sens psychanalytique, mais sans base de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique &#224; ce niveau et avec des partenaires qui ont d'autres priorit&#233;s : on a cru que ce que nous attendions d'une souverainet&#233; pouvait &#234;tre reconstitu&#233; &#224; ce niveau, avec bien plus de puissance. Or l'Europe de Bruxelles est b&#226;tie sur de tout autres bases et n'est donc pas en &#233;tat de satisfaire les r&#234;ves fran&#231;ais. Dans aucun des domaines &#233;voqu&#233;s ci-dessus elle n'apporte de r&#233;ponse v&#233;ritable - en mettant &#224; part la question sp&#233;cifique et complexe de la monnaie. Rappelons que la France est le seul grand pays de l'actuelle UE qui, &#224; la fois, &#233;tait encore r&#233;cemment une vraie puissance, et n'a pas &#233;t&#233; cass&#233;e en 1945. Sans oublier non plus que notre mode de fonctionnement est tr&#232;s diff&#233;rent de celui des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La question de la taille. On doit prendre en compte le rel&#232;vement du niveau de taille requis pour peser dans tous les domaines. Notamment au niveau technologique (arm&#233;e comprise). Ce qui implique un arbitrage judicieux entre les domaines o&#249; il est imp&#233;ratif de faire seul (nucl&#233;aire militaire) et ceux o&#249; la coop&#233;ration est n&#233;cessaire (mais cas par cas, et si on est vraiment sur la m&#234;me ligne avec nos partenaires). L'Europe peut &#234;tre un tel cadre de coop&#233;ration, privil&#233;gi&#233; mais non exclusif, si c'est en dehors du mythe irrationnel de &#171; l'union toujours plus &#233;troite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	La base de culture politique et les valeurs collectives ont consid&#233;rablement &#233;volu&#233;, en France comme ailleurs. La souverainet&#233; n'a pas toujours le vent en poupe, compar&#233;e au niveau de vie ou, dans un autre genre, &#224; l'&#233;cologie. On ne para&#238;t plus comprendre cette v&#233;rit&#233; &#233;l&#233;mentaire qui est, quand on la pose, &#233;vidente, que sans un minimum de souverainet&#233; on ne peut plus rien faire, dans quelque domaine que ce soit. Il faut donc restaurer cette prise de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De fortes sp&#233;cificit&#233;s subsistantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous reste pourtant de fortes sp&#233;cificit&#233;s et points d'appui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Un empire maritime exceptionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une arm&#233;e qui reste la plus cr&#233;dible du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Les outils d'une diplomatie possible, si&#232;ge au conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Quelques grandes entreprises et banques. Des entrepreneurs, notamment dans les nouvelles technologies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	De beaux morceaux dans l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une base de population souvent comp&#233;tente et d&#233;vou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Un parc nucl&#233;aire ab&#238;m&#233; mais encore fonctionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Une langue dont la place au niveau mondial est d&#233;sormais sous-estim&#233;e en France m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Probl&#233;matique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien que deux facteurs sont centraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un est &#224; nouveau le dilemme europ&#233;en. Si on s'inscrit dans le mythe d'un union toujours plus &#233;troite, il faut purement et simplement oublier l'id&#233;e de souverainet&#233;, la fran&#231;aise &#233;videmment, mais l'illusion de la souverainet&#233; europ&#233;enne aussi. Sauf &#224; devenir un empire, l'Europe, c'est la post-souverainet&#233;. Et donc la glissade sur la pente savonneuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre est la culture collective. Rien ne sera possible tant que r&#233;gnera le culte de mod&#232;les id&#233;ologiques, consensuels ou non, mais d&#233;connect&#233;s d'une v&#233;ritable probl&#233;matique politique et notamment d'une possibilit&#233; d'action collective, car celle-ci suppose la souverainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objectera la taille, non sans r&#233;els motifs. Nous ne sommes ni petits, ni tr&#232;s grands, certes. Mais en soi cela n'exclut pas une politique autonome. Aucun pays n'est parfaitement autonome, ni technologiquement, ni industriellement, ni &#233;videmment pour ses mati&#232;res premi&#232;res, ni en communication. La question est pour chaque pays, l&#224; o&#249; il est et comme il est, de d&#233;finir les domaines o&#249; il a de vrais atouts, et ceux o&#249; il doit composer ; quelles sont ses priorit&#233;s ; et avec qui il peut travailler, cas par cas. Nous sommes ici sous contrainte, comme tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sens inverse, la tentation populiste, &#233;videmment compr&#233;hensible politiquement, tend &#224; d&#233;placer l'attention du public vers des domaines o&#249; la capacit&#233; d'action est d&#233;sormais faible ou nulle (nouvelles d&#233;penses), et la vuln&#233;rabilit&#233; r&#233;elle. D'une certaine fa&#231;on d'ailleurs, nous venons de 30 ans de populisme, 18 en tout cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, apr&#232;s la d&#233;nonciation des entraves, &#224; commencer par la suppos&#233;e pr&#233;&#233;minence du droit europ&#233;en, la question de la souverainet&#233; se pose en termes de reconstruction : reconstruction mat&#233;rielle, et reconstruction intellectuelle et morale. Le chemin est long. Il comporte, &#233;tapes essentielles, la r&#233;orientation de l'Europe comme lieu de coop&#233;ration et non projet f&#233;d&#233;ral ; et la restauration de l'esprit public. Vaste programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Arm&#233;e nationale, esprit guerrier et stabilit&#233; politique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Armee-nationale-esprit-guerrier-et-stabilite-politique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Armee-nationale-esprit-guerrier-et-stabilite-politique.html</guid>
		<dc:date>2023-10-02T15:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Force guerri&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La th&#233;orie qui d&#233;finit l'Etat comme ayant le monopole de la force ne nous dit pas ce qu'est cette force. Dans toute entit&#233; politique, un enjeu essentiel est donc de savoir qui d&#233;tient la force effectivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, dans une soci&#233;t&#233; humaine la force pour &#234;tre force suppose la r&#233;union de deux &#233;l&#233;ments : des moyens mat&#233;riels ; mais aussi voire surtout un esprit de combat, en un sens un esprit guerrier, qui doit exister dans la soci&#233;t&#233; et &#234;tre entretenu puis mobilis&#233;. Normativement, cette force doit alors bien s&#251;r &#234;tre construite de fa&#231;on &#224; &#339;uvrer pour la soci&#233;t&#233; en question, en &#233;tant loyale au pouvoir politique l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela para&#238;t trivial, mais dans la r&#233;alit&#233; cela ne va pas de soi et l'histoire le prouve ; dans nos soci&#233;t&#233;s, c'est consid&#233;r&#233; comme automatiquement r&#233;alis&#233;, alors que rien ne le garantit sur la dur&#233;e longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru le 2 octobre 2023 sur le site de G&#233;opragma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Force-guerriere-+.html" rel="tag"&gt;Force guerri&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La th&#233;orie qui d&#233;finit l'Etat comme ayant le monopole de la force ne nous dit pas ce qu'est cette force. Dans toute entit&#233; politique, un enjeu essentiel est donc de savoir qui d&#233;tient la force effectivement, et donc qui la constitue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, dans une soci&#233;t&#233; humaine la force pour &#234;tre force suppose la r&#233;union de deux &#233;l&#233;ments : des moyens mat&#233;riels &#233;videmment, et donc entre autres financiers ; mais aussi voire surtout un esprit de combat, en un sens un esprit guerrier, qui doit pour cela exister quelque part dans la soci&#233;t&#233; et &#234;tre entretenu puis mobilis&#233;. Normativement, cette force doit alors bien s&#251;r &#234;tre construite de fa&#231;on &#224; &#339;uvrer pour la soci&#233;t&#233; en question, en &#233;tant loyale au pouvoir politique l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela para&#238;t trivial, mais dans la r&#233;alit&#233; cela ne va pas de soi et l'histoire le prouve ; dans nos soci&#233;t&#233;s, c'est consid&#233;r&#233; comme automatiquement r&#233;alis&#233;, alors que rien ne le garantit sur la dur&#233;e longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Force guerri&#232;re et soci&#233;t&#233; civile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire montre de tr&#232;s nombreux exemples de soci&#233;t&#233;s o&#249; la force appartient de fait &#224; un corps semi-&#233;tranger par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons les empires historiques. Selon Gabriel Martinez-Gros s'inspirant de l'analyse magistrale d'Ibn Khald&#251;n, le sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral du pouvoir &#233;tait le suivant : on avait d'un c&#244;t&#233; une arm&#233;e professionnelle, principalement constitu&#233;e de mercenaires et g&#233;n&#233;ralement issue d'une population ethniquement allog&#232;ne ; et d'un autre c&#244;t&#233;, un peuple plus d&#233;velopp&#233; et plus riche, mais d&#233;sarm&#233;, qui payait les imp&#244;ts, ce qui finan&#231;ait cette arm&#233;e et permettait la domination exerc&#233;e par le pouvoir politique. Pour Ibn Khald&#251;n, la d&#233;mobilisation de la population centrale &#233;tait le r&#233;sultat de la civilisation, qui amollit les esprits et les c&#339;urs et d&#233;courage de combattre. Ce sch&#233;ma est notamment repr&#233;sentatif des divers empires musulmans, y compris en Inde. De leur c&#244;t&#233;, les Ottomans ont longtemps utilis&#233;, avec les janissaires, une solution hybride : des enfants &#233;trangers mais enlev&#233;s &#224; leurs familles et &#233;lev&#233;s tr&#232;s t&#244;t dans des camps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les Romains, un tel sch&#233;ma a &#233;t&#233; vrai surtout &#224; la fin, car auparavant les soldats &#233;taient des citoyens romains. Quant &#224; la Chine imp&#233;riale, sa faiblesse &#233;tait l'int&#233;gration insuffisante de la culture militaire dans la culture de gouvernement ; d'o&#249; une fragilit&#233; par rapport &#224; des envahisseurs guerriers (Mongols puis Mandchous), militairement sup&#233;rieurs et qui ont donc pu s'emparer de l'empire et, pour ces derniers, le dominer pendant 3 si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre configuration, traditionnelle en Am&#233;rique latine et de plus en plus pr&#233;sente en Afrique, l'arm&#233;e, sans &#234;tre en g&#233;n&#233;ral ethniquement &#224; part, fonctionne de fait comme un corps politique s&#233;par&#233;. Or comme chacun sait, dans ces pays au moins, il suffit d'une faible troupe pour s'emparer d'un pays. D'o&#249; la fr&#233;quence ahurissante des coups d'&#233;tat militaires, un peu ralentie en Am&#233;rique latine, mais en plein expansion en Afrique. On retrouve des faits quelque peu analogues en Tha&#239;lande ou a fortiori en Birmanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exception de l'Europe traditionnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, d&#232;s le haut Moyen Age, l'Europe a &#233;chapp&#233; &#224; ce sch&#233;ma. A l'&#233;poque, puis dans tout l'Ancien r&#233;gime, une classe militaire (la noblesse) prenait en charge la direction du combat et fournissait une part appr&#233;ciable des troupes ; or non seulement elle n'&#233;tait pas marginalis&#233;e, mais elle jouait un r&#244;le central dans l'organisation du pays, tout en &#233;tant autochtone. Cette m&#234;me base sociologique est encore quelque peu pr&#233;sente aujourd'hui chez bien des officiers. En outre, &#224; partir du XIXe si&#232;cle, le patriotisme (voire le nationalisme) a permis et justifi&#233; la lev&#233;e en masse et la notion de peuple combattant, qui est encore plus &#224; l'oppos&#233; du sch&#233;ma imp&#233;rial d&#233;crit ci-dessus. Et donc, sauf exceptions, le pouvoir militaire en Europe n'est traditionnellement pas &#233;tranger &#224; la soci&#233;t&#233; et ne joue pas de r&#244;le sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce que l'on per&#231;oit ici est la n&#233;cessit&#233; pour ce mod&#232;le d'avoir simultan&#233;ment en place un esprit guerrier ou du moins combattant dans une fraction suffisante de la population, et la permanence d'un lien d'identification entre la force que cela permet de constituer et le reste de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;volution pr&#233;occupante en cours&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or nous sommes maintenant entr&#233;s dans une &#232;re nouvelle. Dans les pays dits occidentaux, la lev&#233;e en masse a &#233;t&#233; abandonn&#233;e, tant pour des motifs techniques que par lassitude populaire. De fait, le patriotisme, vibrant d'autrefois, n'est plus tr&#232;s perceptible, du moins en Europe ; on ne va pas en d&#233;duire trop vite qu'il a disparu, mais de fait sa capacit&#233; de mobilisation est faible. Corr&#233;lativement, les arm&#233;es occidentales, presque toutes professionnalis&#233;es, signalent une difficult&#233; appr&#233;ciable &#224; recruter, notamment mais pas seulement &#224; la base o&#249; la tendance &#224; la diversification ethnique est croissante, tant chez les Am&#233;ricains que chez les Europ&#233;ens. Au niveau des officiers, le maintien relatif d'une tradition militaire dans une partie minoritaire de la soci&#233;t&#233; aide &#224; corriger le processus, m&#234;me si des signes inqui&#233;tants d'affaiblissement apparaissent ; notamment, les arm&#233;es perdent souvent leurs cadres trop t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc discerner, &#224; l'&#233;tat certes de germe, les voies possibles d'une &#233;volution ult&#233;rieure vers une situation analogue aux types d&#233;crits ci-dessus. Il suffirait, si on peut dire, que la composition de la force publique la mette de plus en plus &#224; part de la soci&#233;t&#233;, par ailleurs de plus en plus h&#233;t&#233;rog&#232;ne, et que cela d&#233;bouche sur une moindre identification avec la population prise dans son ensemble ; parall&#232;lement la tradition militaire nourrissant le corps des officiers s'atrophierait. D'o&#249; une arm&#233;e dont la culture serait &#233;loign&#233;e de celle n&#233;cessaire &#224; la logique du syst&#232;me europ&#233;en traditionnel. Il se pourrait en outre que d'autres forces apparaissent petit &#224; petit ici ou l&#224;, dans des zones de non droit. Le r&#233;sultat en serait une autonomisation de la force arm&#233;e, militaire mais &#233;ventuellement polici&#232;re. Th&#233;oriquement en outre, l'Europe serait bien plus vuln&#233;rable &#224; une telle &#233;volution que les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas europ&#233;en et le r&#244;le des Am&#233;ricains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais justement ce rapprochement conduit &#224; un autre consid&#233;ration ; le rappel que, de fait et dans l'opinion d'une majorit&#233; des pays europ&#233;ens, leur d&#233;fense d&#233;pend en r&#233;alit&#233; plus des Etats-Unis que de leur arm&#233;e propre, m&#234;me si celle-ci y a son r&#244;le. Dans cette perspective, le risque pour l'Europe est donc l'approfondissement d'une forme plus accentu&#233;e encore de protectorat am&#233;ricain, cette force arm&#233;e &#233;trang&#232;re jouant de fait un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la d&#233;fense nationale. En un sens donc, il y a d&#233;j&#224; pr&#233;sents des &#233;l&#233;ments d'empire (au sens de l'analyse pr&#233;c&#233;dente), mais ils sont am&#233;ricains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, la limite de cette comparaison est le fait que l'arm&#233;e am&#233;ricaine ne joue pas de r&#244;le direct dans la vie politique interne des pays europ&#233;ens ; et on peut s'interroger sur ce que feraient les Am&#233;ricains en cas de vrai conflit arm&#233; interne dans un pays europ&#233;en. Mais tant qu'on n'en est pas l&#224;, la situation actuelle peut se perp&#233;tuer voire s'accentuer : dans la grande majorit&#233; des pays europ&#233;ens, de fait, le c&#339;ur de m&#233;tier du militaire s'appuie sur une structure ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contraste bien s&#251;r, on voit ce vers quoi o&#249; il faudrait s'engager : il s'agirait notamment de favoriser et faire rena&#238;tre l'esprit du combat, la capacit&#233; &#224; susciter des hommes loyaux qui acceptent le sacrifice ultime pour la communaut&#233;, en nombre suffisant. Mais on peut avoir les plus grands doutes que l'Union europ&#233;enne soit le cadre politique et culturel adapt&#233; pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru le 2 octobre 2023 sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma. &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/armee-nationale-esprit-guerrier-et-stabilite-politique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/armee-national...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title> Esprit de combat, esprit de sacrifice : au nom de quoi ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Esprit-de-combat-esprit-de-sacrifice-au-nom-de-quoi.html</link>
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		<dc:date>2019-06-25T12:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Patriotisme</dc:subject>
		<dc:subject>Sacrifice</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il y a quelques semaines deux fusiliers marins ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans une op&#233;ration commando pour lib&#233;rer des otages fran&#231;ais aux mains de djihadistes. Ils sont morts parce que tr&#232;s consciemment ils ont mis leur vie en danger grave, et cela uniquement pour accomplir leur mission.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment faire en sorte que le pays produise de tels hommes, dont l'&#233;thique est &#224; l'oppos&#233; des valeurs dominantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quelques r&#233;flexions&#8230;.&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Sacrifice-+.html" rel="tag"&gt;Sacrifice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://geopragma.fr/index.php/2019/06/24/p-de-lauzun-esprit-de-combat-esprit-de-sacrifice-au-nom-de-quoi/?fbclid=IwAR0gMr3rkigkh2MdI34vf97aikWU4OtN7dx1IKMxX9yC6cwfYlDF3GgVMzc&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://geopragma.fr/index.php/2019/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Billet G&#233;opragma P. de Lauzun &#171; Esprit de combat, esprit de sacrifice : au nom de quoi ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques semaines deux fusiliers marins ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans une op&#233;ration commando pour lib&#233;rer des otages fran&#231;ais aux mains de djihadistes. Ils ne sont pas morts du fait qu'il y a un quota in&#233;vitable de pertes, comme dans les accidents de la route. Ils sont morts parce que tr&#232;s consciemment ils ont mis leur vie en danger grave, et cela uniquement pour accomplir leur mission. De m&#234;me, le colonel Beltrame a mis tr&#232;s consciemment et sans ordre explicite sa vie en danger en se constituant lui-m&#234;me otage, pour permettre la lib&#233;ration d'autres otages, et il en est mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tels &#233;v&#233;nements soul&#232;vent beaucoup de questions, notamment philosophiques et existentielles. Mais je voudrais poser le probl&#232;me sous l'angle strat&#233;gique. Pour que le pouvoir politique en charge puisse donner &#224; un commando l'ordre de prendre des risques graves afin d'accomplir une mission, si noble soit celle-ci (et en l'esp&#232;ce on peut discuter de l'objectif), il faut par construction qu'il ait devant lui des gens qui acceptent de prendre ce risque. Il se trouve qu'il y en a encore, et beaucoup, dans l'arm&#233;e fran&#231;aise. Cela nous para&#238;t donc aller de soi. Ce ne l'est pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien comprendre en effet ce qui leur est demand&#233; : courir un risque &#233;lev&#233; de mourir dans l'op&#233;ration. C'est le m&#233;tier du soldat ou du militaire direz-vous. Oui, mais justement, l&#224; est bien la question : pourquoi des individus, de grande qualit&#233; personnelle, acceptent les risques d'un tel m&#233;tier ? Evidemment pas au vu de la r&#233;mun&#233;ration, compar&#233;e &#224; celle de la plupart des m&#233;tiers du civil ; et de toute fa&#231;on, comment une r&#233;mun&#233;ration mon&#233;taire pourrait-elle compenser un risque &#233;lev&#233; de mourir dans l'accomplissement de son travail ? Il y a bien des mercenaires direz-vous. Oui mais justement, ces personnes ne sont en rien des mercenaires. Et fort heureusement, car le mercenaire calcule, et n'h&#233;site pas &#224; se retourner en cas de besoin. Il n'a donc pas la fiabilit&#233; de ces soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons la r&#233;ponse bien s&#251;r : quelle que soit la fa&#231;on dont on la nomme ou la fonde, il y a une &#233;thique du soldat, fond&#233;e notamment sur ce qu'on doit bien appeler le patriotisme ; l'id&#233;e qu'il est juste et noble d'accepter le risque de mourir pour une cause qui le m&#233;rite, et notamment pour sa communaut&#233;. Il est manifeste que nous avons collectivement un besoin absolu de telles personnes. Car sans eux, pas d'arm&#233;e possible, pas m&#234;me de gendarmerie. Mais du coup la question se d&#233;place : qu'est-ce qui fait que dans un pays des personnes vivent ce patriotisme, ou cet esprit de sacrifice, jusqu'au bout s'il le faut ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un si&#232;cle la r&#233;ponse &#233;tait alors relativement simple, au moins en premi&#232;re analyse. Hors franges marginales, toute la soci&#233;t&#233; enseignait un tel patriotisme et l'esprit de sacrifice correspondant, et en &#233;tait p&#233;n&#233;tr&#233;e. Cela n'avait pas que des vertus : il y avait des hypocrites ; il y a eu aussi des trag&#233;dies comme 14-18. Mais quoi qu'il en soit, la question de la d&#233;fense, de la protection, avait sur ce plan une r&#233;ponse : des personnes, nombreuses, acceptaient cette exigence jusqu'au sacrifice de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en a encore aujourd'hui, la preuve en est donn&#233;e chaque jour, et les cas plus m&#233;diatiques &#233;voqu&#233;s ci-dessus nous le rappellent ; ils nous montrent aussi que le public y est sensible et reconnaissant. L'image de l'arm&#233;e est bonne. Fort bien. Mais la question demeure : justement, pourquoi y en a-t-il encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'esprit public a bien chang&#233; depuis un si&#232;cle. Peut-on s&#233;rieusement soutenir que le patriotisme et l'esprit de sacrifice sont parmi les piliers fondateurs de notre soci&#233;t&#233;, notamment dans la mani&#232;re dont elle se pr&#233;sente elle-m&#234;me, dans l'opinion, dans les m&#233;dias, &#224; l'&#233;cole ? Les programmes scolaires sont-ils con&#231;us pour susciter cet &#233;tat d'esprit chez les &#233;l&#232;ves ? La r&#233;volution culturelle soixante-huitarde est-elle adapt&#233;e &#224; la production de ce genre d'hommes ? Et l'&#233;ducation nationale, centr&#233;e sur l'id&#233;e de l'&#233;l&#232;ve qui s'&#233;duque lui-m&#234;me, qui cherche sa voie comme il l'entend, selon ses propres vues et int&#233;r&#234;ts ? Evidemment non. Encore moins, bien s&#251;r, l'&#233;tat d'esprit h&#233;doniste et calculateur qui imbibe notre vie commune, ou le relativisme affich&#233;, dans lequel chacun d&#233;finit sa voie comme il l'entend. Car dans une telle perspective, sauf t&#234;tes br&#251;l&#233;es, on serait fou de prendre le risque de se faire tuer ; surtout s'il s'agit d'ex&#233;cuter les ordres d'un pouvoir politique sur lequel on n'a qu'assez peu de prise, et qui peut poursuivre n'importe quel objectif, y compris m&#233;diatique ou id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion s'impose : des personnes ayant cet esprit de patriotisme et, si besoin est, de sacrifice ne sont normalement pas produits par la culture ambiante. Nous le savons tous, ils sont issus dans leur majorit&#233; de milieux sociologiquement bien d&#233;finis, passablement d&#233;cal&#233;s par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;. Et pour mettre les pieds dans le plat, des milieux en g&#233;n&#233;ral assez traditionnels, souvent croyants. Ce qui permet de maintenir un socle significatif, une masse critique, dans les arm&#233;es, et d'int&#233;grer ceux qui sont venus l&#224; sans provenir de tels arri&#232;re-plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant mieux dira-t-on, la R&#233;publique en profite. Mais il y a quelque paradoxe &#224; vivre sur une telle ressource, en faisant &#224; peu pr&#232;s tout par ailleurs pour qu'elle disparaisse. Car si cela se produit, on sera tr&#232;s &#224; court d'alternative. Croit-on qu'on va motiver des lyc&#233;ens quelconques &#224; la perspective exaltante de mourir pour le &#8216;patriotisme constitutionnel' d'Habermas ? Pour l'&#233;quilibre &#233;cologique ? Tout cela peut &#234;tre tout &#224; fait respectable &#224; son niveau, mais hors cas particuliers on ne meurt pas pour cela, encore moins si on n'a pas &#233;t&#233; &#233;duqu&#233; pour int&#233;rioriser une telle perspective. Ne resterait alors que le mercenariat : l'Empire romain s'y est adonn&#233; &#224; la fin, avec les r&#233;sultats qu'on conna&#238;t. Car celui qui accepte de mourir mais constate que ses ma&#238;tres ne s'y r&#233;solvent pas conclut assez vite qu'il a tout int&#233;r&#234;t &#224; prendre leur place, et qu'il le peut. Reste encore la technologie, &#224; l'am&#233;ricaine, mais elle ne r&#233;sout qu'une partie de la question. Nous n'avons pas de robots capables de jouer les commandos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons donc pas le choix : nous devons collectivement r&#233;fl&#233;chir aux voies et moyens permettant autant que cela sera possible de diffuser et encourager un esprit de sacrifice et de patriotisme dans la population. Ou au moins une partie d'entre elle. Quoiqu'en pensent les id&#233;ologues, car paradoxalement eux-m&#234;mes ont besoin de ces gens-l&#224; pour continuer &#224; propager leurs th&#233;ories sans &#234;tre personnellement menac&#233;s. Comme les touristes au B&#233;nin ont eu besoin des fusiliers marins. Qu'ils y r&#233;fl&#233;chissent !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Face &#224; la crise, la communaut&#233; nationale</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Face-a-la-crise-la-communaute-nationale-319.html</link>
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		<dc:date>2014-07-15T18:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Une nation est une communaut&#233; de destin. La solidarit&#233; qu'elle implique est un &#233;l&#233;ment essentiel pour ses membres, dont elle est un horizon d'appartenance, de sens et aussi de s&#233;curit&#233; essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sens de la communaut&#233; de destin s'&#233;rode rapidement en Europe, et de fa&#231;on particuli&#232;rement pr&#233;occupante en France, du moins au niveau public et visible. Notamment si on prend conscience de notre situation de crise larv&#233;e, appel&#233;e &#224; de nouvelles secousses un jour ou l'autre compte tenu des d&#233;s&#233;quilibres du syst&#232;me mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne fonde pas la solidit&#233; d'une soci&#233;t&#233; sur la seule &#233;conomie, de toute fa&#231;on trop fluctuante, trop vuln&#233;rable &#224; la conjoncture. Ni sa capacit&#233; &#224; r&#233;sister aux crises. Il faut des r&#233;f&#233;rences communes fondatrices, et notamment ce sentiment v&#233;cu d'une communaut&#233; de destin que donne la nation, ainsi que les communaut&#233;s de base, &#224; commencer par la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise et communaut&#233; nationale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une nation est une communaut&#233; de destin. La solidarit&#233; qu'elle implique est un &#233;l&#233;ment essentiel pour ses membres, dont elle est un horizon d'appartenance, de sens et aussi de s&#233;curit&#233; essentiel. Quand je parle de solidarit&#233; je ne vise pas principalement la redistribution fiscale et sociale massive qui caract&#233;rise nos soci&#233;t&#233;s : plus de 55% du PNB consacr&#233; &#224; la d&#233;pense publique dans un pays comme la France. C'est &#233;norme, d&#233;courageant et assez peu efficace m&#234;me sur le plan purement social. Je pense plut&#244;t &#224; l'agriculture de pays comme la Suisse ou le Japon, largement montagnards, mais que leur statut national pr&#233;f&#233;rentiel permet de maintenir, reconnaissant qu'elle est un &#233;l&#233;ment essentiel de la communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sens de la communaut&#233; de destin s'&#233;rode rapidement en Europe, et de fa&#231;on particuli&#232;rement pr&#233;occupante en France, du moins au niveau public et visible, ce qui est &#233;tonnant au vu de la profondeur du sentiment national subsistant dans la population. En se limitant au champ &#233;conomique, des sympt&#244;mes bien connus en sont les d&#233;parts nombreux de jeunes dipl&#244;m&#233;s &#224; l'&#233;tranger, les transferts de si&#232;ges sociaux de multinationales, la d&#233;sindustrialisation, ou encore l'indiff&#233;rence &#233;trange aux transferts de pouvoirs &#224; des autorit&#233;s europ&#233;ennes, m&#234;me totalement non &#233;lues et purement technocratiques, dont le transfert de la supervision des banques &#224; Francfort est un sympt&#244;me particuli&#232;rement &#233;clatant. Cette indiff&#233;rence relative du syst&#232;me fran&#231;ais officiel contraste avec l'attention extr&#234;me que de telles questions suscitent en Grande-Bretagne, l'autre grande nation ancienne d'Europe. Sans parler des pays non europ&#233;ens, qui restent partout fid&#232;les au patriotisme classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; des sympt&#244;mes de la d&#233;t&#233;rioration voire de la d&#233;sint&#233;gration mena&#231;ante du sens de la communaut&#233; que j'&#233;voquais. Or sans communaut&#233; l'homme est seul et inquiet. Pas besoin de chercher plus loin une explication au malaise diffus qui caract&#233;rise l'opinion fran&#231;aise, et dont de multiples sondages t&#233;moignent. Ce serait moindre mal si l'Europe pouvait &#224; terme jouer ce r&#244;le. Mais l'Europe n'est pas une communaut&#233; et ne le sera pas &#224; vue humaine : il n'y a en commun ni nation ni peuple europ&#233;en, seulement des &#233;l&#233;ments de civilisation : assez pour cr&#233;er des liens et des int&#233;r&#234;ts communs, pas pour faire une communaut&#233;. Plus une construction abstraite et technique, plus r&#233;pulsive qu'attirante : cette &#233;trange excroissance fruit des trait&#233;s bruxellois qu'on appelle l'Union europ&#233;enne. Le sentiment de manque est donc l&#224;, diffus, malsain et incontr&#244;lable. On le voit de plus en plus aux &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel &#233;tat de fait est particuli&#232;rement pr&#233;occupant si on consid&#232;re la probl&#233;matique maintenant obs&#233;dante de la crise. Il y a d'abord la crise sourde qui nous affecte d&#232;s aujourd'hui : d'un c&#244;t&#233;, l'absence de croissance est insupportable dans des soci&#233;t&#233;s qui sont construites sur elle (faute de quoi le ch&#244;mage s'accro&#238;t et les meilleurs partent) et pour qui elle est d&#233;sormais une forme de fuite en avant financ&#233;e &#224; cr&#233;dit. Or cette stagnation a toute chance de durer comme je l'ai montr&#233; par ailleurs, d'autant que la France ne veut pas se r&#233;former. Son d&#233;ficit persistant et la dette extravagante qui en r&#233;sulte sont un t&#233;moignage pr&#233;occupant de l'absence d'accord politique sur l'essentiel. Il y a ensuite et surtout la vraie grande crise, celle qui a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e de justesse en 2008 mais qui statistiquement est quasi certaine au moins un jour, en tout cas dans un syst&#232;me mondial aussi d&#233;s&#233;quilibr&#233; que le n&#244;tre. Face &#224; une telle &#233;ventualit&#233;, une soci&#233;t&#233; doit &#234;tre forte, assur&#233;e de ses fondements essentiels. Nous en sommes loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement on ne fonde pas la solidit&#233; d'une soci&#233;t&#233; sur la seule &#233;conomie, de toute fa&#231;on trop fluctuante, trop vuln&#233;rable &#224; la conjoncture. Il faut des r&#233;f&#233;rences communes fondatrices, et notamment ce sentiment v&#233;cu d'une communaut&#233; de destin active. Comme d'ailleurs, dans cette m&#234;me perspective on a besoin &#224; leur niveau de familles fortes et solidaires. Plus une soci&#233;t&#233; est individualiste, moins elle est &#224; m&#234;me de supporter une crise. On l'a vu avec l'Allemagne des ann&#233;es 20 et 30 : comme l'a montr&#233; E. Todd, l'effondrement de la foi protestante y a &#233;t&#233; pour beaucoup dans l'affolement moral du pays et la mont&#233;e d'Hitler, &#224; c&#244;t&#233; d'autres causes bien connues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre pays a un besoin vital de restaurer son sentiment d'&#234;tre une communaut&#233; de destin, comprise comme communaut&#233; de communaut&#233;s. Cela supposerait bien s&#251;r pour se r&#233;aliser pleinement un tournant majeur dans l'esprit public. Mais il d&#233;pend de chacun de nous d'&#339;uvrer en ce sens &#224; son niveau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La nation incontournable - m&#234;me si en Europe on ne veut pas l'admettre</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-nation-incontournable-meme-si-en-Europe-on-ne-veut-pas-l-admettre.html</link>
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		<dc:date>2013-12-05T14:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Identit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Autonomie nationale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s sont des faits, qui ne se d&#233;cr&#232;tent pas, et &#224; notre &#233;poque la communaut&#233; politique par excellence c'est la nation. C'est une &#233;vidence partout dans le monde, m&#234;me si ce n'est pas une id&#233;e tr&#232;s populaire en Europe. Et la d&#233;mocratie elle-m&#234;me suppose le cadre national. Les communaut&#233;s plus petites sont essentielles mais ne sauraient s'y substituer ; inversement le relai ne peut &#234;tre pris &#224; un niveau plus vaste, quoi qu'on dise de l'Europe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une telle communaut&#233; suppose un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Nation-+.html" rel="tag"&gt;Nation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Autonomie-nationale-+.html" rel="tag"&gt;Autonomie nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les communaut&#233;s sont des faits, qui ne se d&#233;cr&#232;tent pas, et &#224; notre &#233;poque la communaut&#233; politique par excellence c'est la nation. C'est une &#233;vidence partout dans le monde, m&#234;me si ce n'est pas une id&#233;e tr&#232;s populaire en Europe. Et la d&#233;mocratie elle-m&#234;me suppose le cadre national. Les communaut&#233;s plus petites sont essentielles mais ne sauraient s'y substituer ; inversement le relai ne peut &#234;tre pris &#224; un niveau plus vaste, quoi qu'on dise de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle communaut&#233; suppose un patrimoine commun, une langue, et une volont&#233; de vivre ensemble. Ce qui ne saurait se limiter &#224; des principes d&#233;mocratiques ou aux droits de l'homme &#8211; car ils sont &#224; vocation universelle et ne d&#233;finissent pas une communaut&#233; particuli&#232;re. Cela n'exclut pas m&#234;me une immigration, si celle-ci d&#233;bouche sur une int&#233;gration dans ce vouloir-vivre ensemble et cette culture commune ; cela n'exclut pas non plus une ouverture raisonn&#233;e et lucide sur la mondialisation ; et c'est compatible avec un respect des personnes et de leur diversit&#233; naturelle. Mais c'est incompatible avec le refus individualiste de la vie commune ou avec un relativisme g&#233;n&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Solidarit&#233; nationale et mondialisation</title>
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		<dc:date>2012-05-04T16:58:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Nation et mondialisation</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est la nationalit&#233; qui fait le statut &#233;conomique d'un personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le fait de base : la situation sociale et &#233;conomique de la majorit&#233; des gens d&#233;pend d&#233;sormais de leur nationalit&#233; bien plus que de leur comp&#233;titivit&#233; propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte politiquement que l'appartenance nationale est d&#233;sormais primordiale et que, dans l'ordre logique des facteurs, elle importe autant que l'appartenance sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui d&#233;finit l'horizon politique de nos soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;C'est la nationalit&#233; qui fait le statut &#233;conomique d'une personne.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le fait de base : la situation sociale et &#233;conomique de la majorit&#233; des gens d&#233;pend d&#233;sormais de leur nationalit&#233; bien plus que de leur comp&#233;titivit&#233; propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant nous sommes en &#233;conomie mondialis&#233;e, au moins en partie importante. Or si la concurrence &#233;tait pure et parfaite au niveau mondial, sans interf&#233;rence politique ou sociale, c'est-&#224;-dire sans facteur national, toutes les personnes effectuant la m&#234;me t&#226;che sur la plan&#232;te seraient r&#233;mun&#233;r&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. D&#232;s lors, l'huissier ou la femme de m&#233;nage fran&#231;ais, l'artisan, l'&#233;picier ou le coiffeur seraient pay&#233;s de fa&#231;on proche de leur homologue chinois ou indien. Or ils gagnent massivement plus, directement ou apr&#232;s redistribution publique. Certes ils peuvent avoir une formation ou un savoir-faire meilleurs que ceux de leur conf&#232;re &#233;mergent, mais cela n'explique pas la diff&#233;rence. Leur positionnement &#233;conomique r&#233;el, et donc, dans une soci&#233;t&#233; marchande, une bonne part de ce qui fait leur position sociale, d&#233;pend donc principalement de leur nationalit&#233;. Les canaux pour ce faire sont multiples : ce peut-&#234;tre le stock accumul&#233; de capital dans leur pays, la proximit&#233; physique de ces acteurs comp&#233;titifs, la redistribution fiscale ou sociale, des formes subsistantes de protectionnisme etc. Et naturellement cela suppose un noyau d'&#233;conomie comp&#233;titive dans le pays. Mais le r&#233;sultat est clair - et plus ou moins consciemment les gens le savent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on &#233;tait en &#233;conomie ferm&#233;e, en la supposant possible, la question serait diff&#233;rente. Il n'y aurait pas concurrence directe avec l'&#233;tranger ; et les politiques suivies en interne, notamment de redistribution des revenus, &#233;chapperaient en partie &#224; la contrainte ext&#233;rieure. On pourrait alors soutenir comme la gauche que la question de la classe sociale est pr&#233;pond&#233;rante. Comme il se trouve que nous avons v&#233;cu il y a encore une g&#233;n&#233;ration dans une situation proche de celle-l&#224;, l'impression r&#233;tinienne subsiste et conduit &#224; des raisonnements faux. Mais naturellement une telle fermeture herm&#233;tique est aujourd'hui plus que jamais impossible, ne serait-ce que du fait de tout ce qu'il nous faut acheter &#224; l'&#233;tranger, et si on suivait cette voie notre niveau de vie global serait consid&#233;rablement plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en r&#233;sulte politiquement que l'appartenance nationale est d&#233;sormais primordiale et que, dans l'ordre logique des facteurs, elle passe avant l'appartenance sociale. La vision marxiste (prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous) a moins de sens que jamais ; elle est m&#234;me devenue essentiellement fausse pour la plus grande partie des gens. Cela n'enl&#232;ve pas sa valeur &#224; la redistribution fiscale ou sociale, bien au contraire ; mais justement cette redistribution est nationale ; c'est le m&#233;canisme par lequel la solidarit&#233; nationale s'exprime. Mais elle suppose que la nation ait de quoi partager, et donc qu'elle cr&#233;e collectivement la richesse voulue. D'o&#249; &#224; nouveau une n&#233;cessaire insertion dans l'&#233;conomie mondiale, ce qui ne veut pas dire une foi na&#239;ve dans l'ouverture incontr&#244;l&#233;e des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement la mondialisation exerce une pression en sens inverse. D'une part gr&#226;ce &#224; elle une partie des nationaux (les mieux plac&#233;s ou les mieux dot&#233;s) gagne ou esp&#232;re gagner plus, et peut consid&#233;rer la redistribution nationale comme un co&#251;t. C'est vrai notamment pour les grandes entreprises, une partie du secteur financier, les secteurs de pointe etc. Ce qui peut les pousser &#224; se retirer de la communaut&#233;, par l'exil ou en poussant &#224; la r&#233;duction des charges de solidarit&#233;. Et d'autre part nombreux sont ceux parmi les autres qui sentent le poids de la concurrence, par une d&#233;gradation de leur situation, particuli&#232;rement visible lors des d&#233;localisations - ou si la solidarit&#233; est moins g&#233;n&#233;reuse. Entre les deux enfin, de nombreux autres profitent de facteurs non li&#233;s &#224; la comp&#233;titivit&#233;, par effet de proximit&#233; (du coiffeur ou du plombier &#224; la banque de d&#233;tail) ou par le jeu d'un pouvoir (secteur public). D'o&#249; des tensions permanentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait en conclure de fa&#231;on pessimiste sur la communaut&#233;. En m&#234;me temps pourtant elle subsiste et reste essentielle pour la plus grande partie des gens : l'int&#233;r&#234;t y pousse d'abord, m&#234;me pour les plus performants qui peuvent difficilement vivre sans pays de r&#233;f&#233;rence et de soutien ; le poids de l'Etat aussi ; mais autant, voire surtout, des motifs politiques, affectifs et culturels. Il en r&#233;sulte que de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, il est de l'int&#233;r&#234;t de tous que cette communaut&#233; maintienne ou d&#233;veloppe sa place dans le concert mondial, et donc que les comp&#233;titifs et les autres coop&#232;rent au mieux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle communaut&#233; nationale ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une question essentielle dans ce contexte porte alors sur ce qui fonde cette solidarit&#233; nationale, ce qui constitue cette communaut&#233;, et ce qui peut la remettre en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord la question de l'immigration. C'est l'aspect le plus visible et le plus significatif dans le d&#233;bat politique actuel : l'enjeu repr&#233;sent&#233; par la composition de la population elle-m&#234;me, nationale ou vivant sur son territoire. L'importance d&#233;cisive de l'appartenance &#224; une communaut&#233; &#8216;riche' encourage fortement les mouvements de population, mais en m&#234;me temps les rend malvenus pour la population d&#233;j&#224; install&#233;e. A cela s'ajoute le fait que ces populations appartiennent d&#233;sormais &#224; des ensembles culturels tr&#232;s diff&#233;rents de ceux du pays d'arriv&#233;e. D'o&#249; la pression pour restreindre ces mouvements ; ce qui explique que les restrictions soient plus grandes en Europe, o&#249; la redistribution est plus forte et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; avec les migrants plus grandes qu'ailleurs. D'o&#249; la mont&#233;e du Front national. D'o&#249; aussi l'incompr&#233;hension que manifeste la gauche &#224; l'&#233;gard de ces r&#233;alit&#233;s, car son logiciel est incapable de l'int&#233;grer. En m&#234;me temps, &#233;tant le parti de la redistribution, cette gauche peut arriver &#224; se maintenir &#233;lectoralement, mais c'est de fa&#231;on incoh&#233;rente avec son id&#233;ologie et sans possibilit&#233; d'action efficace .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique aussi une bonne partie des graves difficult&#233;s de l'Europe, notamment de la zone euro. Dans un tel contexte, elle n'aurait de sens que si elle &#233;tait le lieu d'une redistribution massive. Mais la base politique n'existe pas pour cela, qui est la solidarit&#233; nationale, qui suppose un peuple : or il n'y a pas de peuple europ&#233;en. Et m&#234;me si c'&#233;tait possible en th&#233;orie, la place est d&#233;j&#224; prise, par la nation justement ; et il n'y a pas place pour deux redistributions. Ce que les Allemands ou les Fran&#231;ais acceptent de redistribuer au sein de leur communaut&#233; nationale, ils ne le redistribueront pas au niveau de l'Europe. Ce qui ne retire pas tout r&#244;le &#224; l'Europe, mais le situe &#224; son v&#233;ritable niveau, qui est de coop&#233;ration entre peuples ou nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, r&#233;duire la communaut&#233; nationale et la solidarit&#233; correspondante au simple fait de la nationalit&#233; et &#224; l'int&#233;r&#234;t mat&#233;riel de la redistribution entre les nationaux n'est pas tr&#232;s r&#233;aliste. D'abord on l'a dit parce que la question centrale avant de distribuer est de disposer d'une base &#233;conomique suffisante, ce qui suppose d'&#234;tre comp&#233;titif en &#233;tant ins&#233;r&#233; dans une &#233;conomie au moins en partie mondialis&#233;e, m&#234;me si on red&#233;finit les modalit&#233;s de cette insertion. Ensuite parce qu'en d&#233;finitive ce qui fonde cette solidarit&#233; est le fait de partager des valeurs communes qui soient des r&#233;f&#233;rences porteuses de sens ; elles peuvent alors &#234;tre partag&#233;es &#224; l'occasion avec des immigr&#233;s acceptant de s'int&#233;grer dans une communaut&#233; qui vit ces valeurs et porte ce patrimoine. Mais pour v&#233;ritablement fonder une communaut&#233;, il faut que ces valeurs fassent r&#233;f&#233;rence &#224; un bien commun, reconnu objectivement comme bien, et rep&#233;rable gr&#226;ce &#224; l'&#233;clairage d'un patrimoine de r&#233;f&#233;rences commun, une tradition nationale. Le relativisme ambiant ne permet pas de l'assurer : une v&#233;ritable communaut&#233; ne peut &#234;tre compos&#233;e d'&#233;lecteurs-consommateurs constamment insatisfaits et soucieux exclusivement de mener &#224; leur gr&#233; un genre de vie jouissif et irresponsable - m&#234;me s'il se drape dans une rh&#233;torique d&#233;mocratique, car alors les divergences d'int&#233;r&#234;t &#233;voqu&#233;es ci-dessus l'emportent. Mais aucun des partis en lice n'a v&#233;ritablement r&#233;pondu &#224; ces questions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communaut&#233; nationale et insertion mondiale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La prise en compte de ces r&#233;alit&#233;s dessine l'horizon de la soci&#233;t&#233; : elle ne peut &#234;tre qu'&#224; la fois nationale et &#224; ouverture mondiale, elle doit aussi &#234;tre &#224; la recherche d'un vrai bien commun, moralement fond&#233;. Nationale, car c'est la seule forme de communaut&#233; solidaire viable aujourd'hui. A ouverture mondiale, car outre qu'une vraie civilisation est ouverte et rayonnante, c'est le seul moyen d'assurer de quoi maintenir cette coh&#233;sion, ne serait-ce que dans sa dimension mat&#233;rielle. Mais &#224; condition que cette solidarit&#233; soit orient&#233;e vers un bien commun objectif, sans quoi il n'y a plus de base pour une vie commune. La mesure dans laquelle sera r&#233;alis&#233;e la combinaison de ces trois dimensions est ce qui d&#233;terminera de fa&#231;on d&#233;cisive notre destin n&#233;cessairement commun. C'est donc l&#224; qu'est la t&#226;che prioritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En liaison avec Libert&#233; Politique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Mondialisation, nation et d&#233;mocratie </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Mondialisation-nation-et-democratie.html</link>
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		<dc:date>2010-05-02T17:21:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Nation et mondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le dilemme politique de notre temps &lt;br class='autobr' /&gt;
La cohabitation entre un syst&#232;me &#233;conomique capitaliste et la souverainet&#233; nationale d&#233;mocratique n'est jamais all&#233;e de soi . Et cela ne sert &#224; rien d'id&#233;aliser la p&#233;riode tr&#232;s particuli&#232;re de l'apr&#232;s-guerre, o&#249; les deux ont converg&#233;. La logique des march&#233;s et des affaires est diff&#233;rente de celle de la vie politique comme des priorit&#233;s d&#233;mocratiques. Et il faut &#234;tre conscient de l'incapacit&#233; des entreprises et des milieux patronaux &#224; comprendre la vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme politique de notre temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cohabitation entre un syst&#232;me &#233;conomique capitaliste et la souverainet&#233; nationale d&#233;mocratique n'est jamais all&#233;e de soi . Et cela ne sert &#224; rien d'id&#233;aliser la p&#233;riode tr&#232;s particuli&#232;re de l'apr&#232;s-guerre, o&#249; les deux ont converg&#233;. La logique des march&#233;s et des affaires est diff&#233;rente de celle de la vie politique comme des priorit&#233;s d&#233;mocratiques. Et il faut &#234;tre conscient de l'incapacit&#233; des entreprises et des milieux patronaux &#224; comprendre la vie politique, ses r&#233;alit&#233;s et ses contraintes : pour fonctionner, elle doit &#234;tre assum&#233;e par d'autres qu'eux, m&#234;me si les entreprises influencent le processus politique et social. Les deux syst&#232;mes peuvent donc diverger, ce qui entra&#238;ne une frustration des citoyens, dont les budgets portent la trace. Ceci dit la d&#233;mocratie peut difficilement fonctionner sans &#233;conomie de march&#233;, alors que l'inverse n'est pas &#233;vident : la Chine nous offre l'exemple d'un capitalisme florissant dans un pays non d&#233;mocratique. Bien qu'incapable par nature d'assumer la fonction politique, l'&#233;conomie capitaliste a une capacit&#233; d'autonomie et d'adaptation sup&#233;rieures &#224; la lourde m&#233;canique d&#233;mocratique. Mais &#224; vrai dire, dans le champ politique moderne, plus que la d&#233;mocratie, relativement fragile, le point fort est la nation, et a fortiori l'&#233;tat-nation lorsqu'il est constitu&#233;. La d&#233;mocratie a besoin d'une communaut&#233; nationale solide et coh&#233;rente car en commun se trouve la notion de peuple : toute vie collective suppose une identification mutuelle, des liens assurant une coh&#233;sion subjectivement v&#233;cue et assum&#233;e. Mais l'inverse est moins &#233;vident : le principe national peut &#234;tre fort sans qu'une d&#233;mocratie formelle existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat-nation d&#233;mocratique (ins&#233;r&#233; dans une &#233;conomie de march&#233;) a r&#233;sult&#233; de la combinaison de ces divers &#233;l&#233;ments, et a &#233;t&#233; le mod&#232;le indiscut&#233; de l'apr&#232;s-guerre. Mais la mondialisation &#233;conomique a remis en cause ce mod&#232;le de gestion de l'&#233;conomie et du social, per&#231;u depuis 1945 comme un facteur de coh&#233;sion majeur. Et l'&#233;conomie semble largement &#233;chapper &#224; l'emprise des Etats, au moment m&#234;me o&#249; ils s'emp&#234;trent dans de lourdes politiques de redistribution. L'ampleur des pr&#233;l&#232;vements finit par &#234;tre jug&#233;e insupportable dans la comp&#233;tition ; et le sentiment m&#234;me de solidarit&#233; est att&#233;nu&#233;. D'o&#249; des tensions &#224; l'int&#233;rieur des pays avanc&#233;s, qui sont d&#233;mocratiques. La probabilit&#233; est que tout ceci finisse par faire voler en &#233;clats le mod&#232;le social-d&#233;mocrate. Mais cela remet-il en cause le r&#244;le central de l'Etat nation ? Nous ne le pensons pas. Il faut &#233;carter d'abord l'id&#233;e que les entreprises puissent mettre en place un niveau de pouvoir quasi-politique qui d&#233;passe les Etats et leur &#233;chappe. Elles ne constituent pas en elles-m&#234;mes des communaut&#233;s v&#233;ritables, capables de se substituer au politique ; et sauf tr&#232;s rares exceptions elles ne s'emparent ni de l'usage de la force, ni de l'aptitude &#224; dire le droit, ni de la gestion d'un peuple ou d'un territoire. M&#234;me si par leur poids financier elles peuvent influencer la voix des m&#233;dia, l'essentiel leur &#233;chappe : en t&#233;moigne l'emprise dominante de la rh&#233;torique de gauche sur les m&#233;dias dans tous les pays, Etats-Unis compris. De leur c&#244;t&#233;, les organisations internationales peuvent &#224; l'occasion relativiser le pouvoir des Etats-nations. Mais elles n'ont pas de pouvoir par elles-m&#234;mes, au-del&#224; des Etats qui les mandatent. Le d&#233;passement de l'Etat national est donc &#224; vue d'&#339;il improbable. La mondialisation doit cohabiter de fa&#231;on durable avec le maintien d'entit&#233;s nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de l'autre c&#244;t&#233;, ces Etats, affaiblis par la mondialisation, voient les demandes de leurs citoyens s'accro&#238;tre, parfois de fa&#231;on impossible &#224; satisfaire, ce qui secoue le consensus national, au moment m&#234;me o&#249; les structures de solidarit&#233; s'affaiblissent, &#224; commencer par la famille ou l'identification culturelle. Ceci dit, si ces facteurs affaiblissent la capacit&#233; des Etats nations &#224; agir ils n'en diminuent pas le r&#244;le. Les Etats-nations sont seuls garants de la stabilit&#233; et de la solidarit&#233; des soci&#233;t&#233;s et plus encore de leur s&#233;curit&#233; (vitale dans une &#233;poque d'instabilit&#233;), de la sant&#233; &#224; la s&#233;curit&#233; physique et &#233;conomique &#224; la comp&#233;titivit&#233;, sans parler du droit (l'ex&#233;cution des contrats). La gestion de la force physique, militaire, polici&#232;re et judiciaire, normative et fiscale, est un monopole d'Etat. On peut m&#234;me dire que la mondialisation serait impossible, sans la s&#233;curit&#233; sous toutes ses formes que les Etats procurent. Partout hors Europe le sentiment national et la souverainet&#233; &#233;tatique restent forts, excluant toute tendance &#224; l'unification. Certes un pays domine le processus de mondialisation, les Etats-Unis. Mais Etat-nation par excellence, ils ne sortent pas de ce cadre. C'est m&#234;me parce qu'ils sont &#8216;d&#233;mocratiques' qu'ils r&#233;sistent &#224; toute construction supranationale d'ordre politique qui voudrait se surimposer &#224; ce processus. Et ce n'est un empire qu'au sens figur&#233; car ils n'assument pas la responsabilit&#233; politique d'autres pays, sauf exception. En outre il faut rappeler les limites de ce pouvoir : la pr&#233;dominance chez eux des facteurs internes, et une tendance &#224; poser les choix ext&#233;rieurs en blanc ou noir. Certes on discerne l'&#233;mergence d'autres formes de domination, largement am&#233;ricaines, qui ne se concentrent pas sur le politique, mais sur d'autres sph&#232;res, &#233;conomiques ou culturelles, non d&#233;mocratiques, et on peut imaginer une densification de ces r&#233;seaux internationaux qui ronge la r&#233;alit&#233; des autres pouvoirs. Les Etats-nations pourraient se maintenir, pr&#233;servant la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, mais troquant une partie de leur r&#244;le souverain contre celui de lobbyiste. On aurait alors un contournement relatif du pouvoir politique, en partie rationalis&#233; par la complexit&#233; des questions pos&#233;es, n&#233;cessitant des opinions d'experts difficiles &#224; &#233;valuer d&#233;mocratiquement. Une telle &#233;volution prolonge des traits constatables d&#232;s aujourd'hui. Mais sa faiblesse principale serait politique. En effet il n'y aurait pas de structure politique l&#233;gitime, au-del&#224; des apparences, et le seul cadre l&#233;gitime resterait &#233;tatique et national, quoique affaibli. Ce ne pourrait donc &#234;tre au plus qu'une situation de transition. En outre un tel syst&#232;me ne pourrait s'&#233;tendre &#224; toute la plan&#232;te, surtout pas en Asie, o&#249; le sentiment national est intense, et fort des r&#233;sultats obtenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc le r&#244;le du niveau politique reste irrempla&#231;able, et ne se situe &#224; vue humaine qu'au niveau de l'Etat-nation, il garde une capacit&#233; d'action appr&#233;ciable par rapport aux acteurs de la vie &#233;conomique et financi&#232;re mondialis&#233;e. Les entreprises multinationales, quelle que soit leur force, ne peuvent d&#233;finir les conditions de vie collective des hommes, les soci&#233;t&#233;s, qui rel&#232;vent du politique. Quant aux march&#233;s, notamment financiers, cela fait des si&#232;cles qu'ils existent, et sont une donn&#233;e exog&#232;ne pour les d&#233;cideurs politiques. Mais un march&#233; ne fait que refl&#233;ter un &#233;tat des rapports &#233;conomiques du moment ; il ne dicte pas &#224; lui seul une conduite. Il ne faut pas n&#233;gliger les indications qu'il donne, mais ce ne sont que des indications de prix, des param&#232;tres importants pour la faisabilit&#233; de telle ou telle action mais qui ne dictent pas le choix. Certes le poids des uns et des autres est plus important qu'il n'&#233;tait autrefois, du fait de la division du travail au niveau mondial et du jeu de la comp&#233;tition, et il serait vain de vouloir compl&#232;tement &#233;chapper &#224; cette contrainte comme telle. Mais ce n'est pas le diktat d'une conduite : c'est un environnement dont il faut tenir compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la vraie contrainte, la plus dure, pour un r&#233;gime politique, surtout d&#233;mocratique, est du c&#244;t&#233; de sa population : quelles sont les valeurs qui l'habitent, quelle est sa vision du monde et ses priorit&#233;s ? Au niveau plan&#233;taire, ce qu'on constate est que le patriotisme est le meilleur indice de la volont&#233; de d&#233;veloppement et de progr&#232;s d'un pays. Un pays conscient de lui-m&#234;me et d&#233;cid&#233; &#224; assurer sa survie et son d&#233;veloppement avec les meilleures chances, part avec un avantage majeur ; et les pays d'Europe ne font pas ici bonne figure, &#224; l'oppos&#233; de l'Asie ou des Am&#233;riques. Mais cela ne suffit pas. Il faut en outre une claire conscience des enjeux, notamment culturels. Et c'est l&#224; que la d&#233;faillance est g&#233;n&#233;rale : m&#234;me les pays d'Asie orientale qui ont montr&#233; l'efficacit&#233; d'un mod&#232;le culturel sur ce plan relativement traditionnel tendent &#224; adopter les c&#244;t&#233;s douteux de la sous-culture am&#233;ricaine. C'est a fortiori vrai si on se fixe des ambitions plus nobles, dans la tradition catholique, car alors on mesure l'insuffisance spirituelle qui est la n&#244;tre. C'est donc l&#224; que le b&#226;t blesse, et non dans les outils encore disponibles pour permettre de d&#233;velopper un vrai programme politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juin 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Publi&#233; &#224; l'origine dans Permanence)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour en lire plus : voir notre livre Les Nations et leur Destin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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