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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Geostrategie-et-bien-commun.html</link>
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		<dc:date>2026-04-24T12:52:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Bien commun</dc:subject>
		<dc:subject>Relations internationales</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une interview dans l'Incorrect &#224; propos de mon livre r&#233;cent : Ni r&#232;gle de la loi, ni loi de la jungle, G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun chez Boleine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir aussi &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que la g&#233;ostrat&#233;gie, et quel rapport entretient-elle avec le bien commun ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Parler de g&#233;ostrat&#233;gie dans le cadre de la g&#233;opolitique, c'est mettre l'accent sur la dimension strat&#233;gique. Qui dit pens&#233;e strat&#233;gique dit opposition de deux volont&#233;s ou plus, luttant pour l'emporter - &#233;ventuellement par la destruction ou au moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;opolitique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Bien-commun-+.html" rel="tag"&gt;Bien commun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Relations-internationales-+.html" rel="tag"&gt;Relations internationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ideologie-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/ni-regne-de-la-loi-ni-loi-de-la-jungle--2.jpg?1787417301' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une interview dans l'Incorrect &#224; propos de mon livre r&#233;cent : Ni r&#232;gle de la loi, ni loi de la jungle, G&#233;ostrat&#233;gie et bien commun chez Boleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lincorrect.org/pierre-de-lauzun-on-ne-peut-considerer-la-guerre-en-iran-comme-une-guerre-juste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lincorrect.org/pierre-de-la...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ni-regne-de-la-loi-ni-loi-de-la-jungle-Geopolitique-et-bien-commun.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ni-re...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Qu'est-ce que la g&#233;ostrat&#233;gie, et quel rapport entretient-elle avec le bien commun ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler de g&#233;ostrat&#233;gie dans le cadre de la g&#233;opolitique, c'est mettre l'accent sur la dimension strat&#233;gique. Qui dit pens&#233;e strat&#233;gique dit opposition de deux volont&#233;s ou plus, luttant pour l'emporter - &#233;ventuellement par la destruction ou au moins la neutralisation de forces adverses. Une telle opposition est la cons&#233;quence presque in&#233;vitable de la multiplicit&#233; des pouvoirs en pr&#233;sence, chacun g&#233;rant sa position par rapport aux autres sans conna&#238;tre le fonds de sa pens&#233;e, et au risque d'&#234;tre domin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une difficult&#233; majeure dans la recherche du bien commun. Alors que, dans le cas d'une autorit&#233; commune (notamment un pouvoir politique jug&#233; l&#233;gitime), on tente de r&#233;soudre la question en confiant un r&#244;le ultime de recherche du bien commun &#224; cette autorit&#233;, ici, c'est par d&#233;finition impossible, puisqu'en g&#233;n&#233;ral, elle n'existe pas ou n'a pas de force. Ce sont donc les acteurs eux-m&#234;mes qui vont devoir chercher ce bien, au moins un certain bien, tout en tenant compte de l'incertitude cr&#233;&#233;e par la volont&#233; contraire qui leur fait face et qui peut &#234;tre gravement dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous montrez que la g&#233;ostrat&#233;gie se caract&#233;rise par son aspect paradoxal et impr&#233;visible. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de la confrontation de deux volont&#233;s humaines, raisonnablement intelligentes, mais poursuivant des buts oppos&#233;s, ignorantes de la pens&#233;e intime de l'autre, est intrins&#232;quement impr&#233;visible. D'o&#249; la nature paradoxale de la strat&#233;gie. S'y ajoute par ailleurs une impr&#233;visibilit&#233; pratique due &#224; l'&#233;volution des &#233;v&#233;nements, car, dans la majorit&#233; des cas la conduite des op&#233;rations, r&#233;sultat en partie de d&#233;cisions de l'adversaire, entra&#238;ne bien au-del&#224; de ce qu'on voudrait, ou voulait au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette impr&#233;visibilit&#233; intrins&#232;que est un scandale intellectuel ; car c'est le cas principal, dans l'ensemble des relations humaines, o&#249; l'exercice de la rationalit&#233; ne conduit intrins&#232;quement pas &#224; une connaissance, et donc &#224; une pr&#233;vision possible. Cette impr&#233;visibilit&#233; atteint un degr&#233; extr&#234;me dans le cas des op&#233;rations militaires, puisque la destruction r&#233;ciproque y est l'&#233;l&#233;ment central. Mais elle se retrouve &#233;videmment dans de multiples occasions de la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En quoi l'id&#233;ologie est-elle un obstacle &#224; la recherche du bien commun en mati&#232;re g&#233;ostrat&#233;gique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on appelle id&#233;ologie un syst&#232;me de pens&#233;e qui pr&#233;tend donner a priori une r&#233;ponse sur la bonne solution &#224; apporter, cela pr&#233;sente en mati&#232;re g&#233;opolitique un double inconv&#233;nient. D'une part elle suppose par d&#233;finition une simplification relative de situations complexes et court ce faisant le risque de conduire &#224; des solutions soit inefficaces, soit inadapt&#233;es. C'est particuli&#232;rement vrai en mati&#232;re de g&#233;ostrat&#233;gie puisque l'ind&#233;termination sur le r&#233;sultat possible ou souhaitable y est &#224; son comble. D'autre part, elle donne trop souvent &#224; ceux qui y adh&#232;rent un degr&#233; &#233;lev&#233; de conviction morale (ou d'hypocrisie) qui leur fait non seulement souvent n&#233;gliger la r&#233;alit&#233;, mais aussi user de violence pour imposer des solutions jug&#233;es bonnes a priori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus qu'&#224; un choc des civilisations, nous assisterions &#224; des conflits id&#233;ologiques dites-vous. Pourquoi ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs civilisations au sens large, et malgr&#233; la mondialisation et en r&#233;alit&#233; la sp&#233;cificit&#233; des diff&#233;rentes cultures s'affirme avec le d&#233;veloppement &#233;conomique et politique. Mais cela ne signifie pas que les rapports entre puissances se d&#233;finissent d'abord par les civilisations auxquels elles sont cens&#233;es appartenir. A l'int&#233;rieur d'une m&#234;me &#171; civilisation &#187; (notion d'ailleurs pas si d&#233;finie que cela) il peut y avoir des antagonismes intenses, et inversement des pays de cultures diverses peuvent avoir des rapports confiants ou des alliances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les id&#233;ologies sont en revanche un facteur important de conflit, y compris d'ailleurs une id&#233;ologie du conflit de civilisations. Mais le facteur essentiel reste la notion m&#234;me de puissance et leur rivalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans le cadre d'un conflit, comment bien agir quand l'ennemi se fiche pour sa part de la paix et du bien commun mondial (pensons aux islamistes) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute situation de conflit, la r&#233;alit&#233; du conflit des strat&#233;gies rend par d&#233;finition difficile la recherche du bien commun et notamment de la paix, m&#234;me si les adversaires sont, autant qu'on peut l'&#234;tre en ce monde, un tant soit peu soucieux de la recherche du bien. A fortiori si l'ennemi exclut clairement une telle recherche et toute paix autre que de pure domination de sa part. Prenons le cas d'Hitler : le passage &#224; la lutte arm&#233;e est alors difficilement &#233;vitable. Mais cela n'emp&#234;che pas une certaine flexibilit&#233;, par exemple pour jouer l'&#233;mergence chez l'adversaire d'un pouvoir orient&#233; diff&#233;remment (coup d'&#233;tat, jeu des factions etc.). Il est notamment dangereux pour le bien commun, hors cas extr&#234;mes comme le nazisme, de viser a priori la capitulation de l'adversaire comme le seul objectif possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des islamistes est complexe car il en existe de multiples vari&#233;t&#233;s. Si Daech para&#238;t relever d'un approche r&#233;solument confrontationnelle, dans d'autres cas on peut avoir &#224; parier sur une &#233;volution des r&#233;gimes concern&#233;s : toute l'histoire de l'Islam est faite de cet amollissement de pouvoirs &#224; l'origine implacablement guerriers et violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Votre ouvrage pr&#233;c&#233;dent s'int&#233;ressait &#224; la guerre juste. Comment, &#224; travers ce prisme, analysez-vous le conflit en Iran ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les crit&#232;res de la guerre juste, il y a entre autres la l&#233;gitimit&#233; du but et l'id&#233;e raisonnable qu'on peut obtenir par la guerre un r&#233;sultat meilleur, qui ne peut &#234;tre obtenu autrement ; plus l'usage de moyens strictement proportionn&#233;s. Or en l'esp&#232;ce la recherche d'un renversement du r&#233;gime ne respecte pas ces crit&#232;res : on ne change pas un r&#233;gime politique enracin&#233; par des bombardements. L'affaiblissement de l'Iran non plus : outre que le r&#233;gime pourrait en sortir renforc&#233;, les cons&#233;quences indirectes sont disproportionn&#233;es et contreproductives (par exemple la confirmation du pouvoir de l'Iran &#224; perturber le trafic dans le d&#233;troit d'Ormuz). Le seul objectif d&#233;fendable est la neutralisation de l'effort de l'Iran pour acqu&#233;rir l'arme nucl&#233;aire. Cela pourrait justifier des frappes chirurgicales comme en juin 2025, mais pas la guerre en cours, qui &#224; ce stade ne para&#238;t pas faire avancer la question du nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Suite &#224; la multiplication des interventions am&#233;ricaines, beaucoup se sont &#233;mu des violations r&#233;p&#233;t&#233;es du droit international. Que peut encore celui-ci pour le bien commun mondial ? L'ONU est-elle en &#233;tat de mort c&#233;r&#233;brale, pour paraphraser Emmanuel Macron ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beaucoup exag&#233;r&#233;, en Europe notamment, le r&#244;le du droit international ou de l'ONU depuis 1945 : il y a eu d'innombrables guerres et conflits et tr&#232;s peu ont &#233;t&#233; &#233;vit&#233;s ou canalis&#233;s par l'usage du droit. Mais il ne faut pas tomber dans le d&#233;faut inverse, comme cela para&#238;t &#234;tre le cas de Donald Trump, qui consiste &#224; consid&#233;rer que toute r&#233;f&#233;rence de ce type est sans valeur par rapport au pur jeu des int&#233;r&#234;ts. Disposer de balises comportementales communes orient&#233;es dans le sens de la paix et du bon voisinage est en soi bon ; m&#234;me si cela n'a rien &#224; voir avec la situation interne &#224; un pays, o&#249; la loi dispose en principe du monopole de la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pape L&#233;on XIV multiplie les appels &#224; la paix. Qu'en pensez-vous ? Plus largement, quel r&#244;le le Vatican peut-il jouer dans la recherche du bien commun mondial ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le pape multiplie les appels &#224; la paix est pour le moins une &#233;vidence. Cela retrouve une tradition ancienne dans l'Eglise, &#224; commencer par la Paix de Dieu au Moyen Age, pour continuer avec les appels poignants de Beno&#238;t XV face au carnage de 14-18. C'est notamment le cas avec la guerre d'Iran, dont j'ai rappel&#233; qu'on ne pouvait &#224; la consid&#233;rer comme une guerre juste. On notera cependant que le pape L&#233;on en reste &#224; une condamnation g&#233;n&#233;rale et absolue de toute guerre, sans appuyer son raisonnement sur une analyse de situation que la th&#233;orie de la guerre juste permettrai plus clairement, et notamment du probl&#232;me pos&#233; par le nucl&#233;aire iranien. Un discours plus ajust&#233; aurait permis &#224; mon sens un meilleur &#233;change sinon avec Trump, au moins avec Vance. Ce qui n'excuse pas leurs propos, notamment ceux de Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que l'Eglise ait son r&#244;le &#224; jouer dans la recherche de la paix et du bien commun est donc une &#233;vidence. En particulier, m&#234;me si la responsabilit&#233; des affaires de ce monde incombe aux dirigeants la&#239;cs, le rappel de principes moraux, domaine de comp&#233;tence du magist&#232;re, s'accompagne l&#233;gitimement de prises de positions sur des questions concr&#232;tes relevant du politique. Tout en &#233;vitant la tentation d'une approche dite proph&#233;tique si elle ne prend pas assez en compte les r&#233;alit&#233;s en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de l'Incorrect&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trump et sa Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale : changeons notre logiciel</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-Strategie-de-Securite-nationale-de-Trump-changeons-notre-logiciel.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-Strategie-de-Securite-nationale-de-Trump-changeons-notre-logiciel.html</guid>
		<dc:date>2026-01-12T08:05:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>
		<dc:subject>Ordre international</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre des d&#233;mocraties</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;curit&#233; nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La nouvelle Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale, qu'a sortie l'administration Trump en novembre dernier, a suscit&#233; une &#233;motion consid&#233;rable en Europe, et a &#233;t&#233; largement comment&#233;e. Mais il faut aller au-del&#224; de ces commentaires trop souvent convenus et plut&#244;t r&#233;v&#233;lateurs des a priori des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; c'est dans l'emballage id&#233;ologique que r&#233;side la principale nouveaut&#233;, et cela laisse les Europ&#233;ens bien isol&#233;s, entre pr&#233;tentions moralisantes et incapacit&#233; r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-des-democraties-+.html" rel="tag"&gt;Guerre des d&#233;mocraties&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Securite-nationale-+.html" rel="tag"&gt;S&#233;curit&#233; nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/geopolitics-9502437_1280.jpg?1787417298' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La nouvelle Strat&#233;gie de S&#233;curit&#233; Nationale, qu'a sortie l'administration Trump en novembre dernier, a suscit&#233; une &#233;motion consid&#233;rable en Europe, et a &#233;t&#233; largement comment&#233;e. Mais il faut aller au-del&#224; de ces commentaires trop souvent convenus et plut&#244;t r&#233;v&#233;lateurs des a priori des uns ou des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une vision d'ensemble nationale mais pragmatique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau du positionnement global, le fait majeur est bien s&#251;r l'abandon de tout pr&#233;tention id&#233;ologique d'ensemble, de la grande croisade des d&#233;mocraties, et du r&#244;le des Etats-Unis &#224; sa t&#234;te. L'id&#233;e est au contraire la priorit&#233; que chaque Etat doit &#224; ses int&#233;r&#234;ts nationaux, pr&#233;sent&#233;e m&#234;me comme la meilleure solution pour tous au niveau global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains en ont d&#233;duit que cela aboutirait &#224; une hausse de la conflictualit&#233; ainsi qu'au partage du monde en sph&#232;res d'influences. Or si on peut d&#233;battre des cons&#233;quences possibles, ce n'est pas ce que dit viser le texte. D'une part, cette conception nouvelle n'est pas n&#233;cessairement bellig&#232;ne par principe puisqu'elle proclame en m&#234;me temps l'importance de la paix. On sait l'attachement de Trump &#224; se pr&#233;senter comme faiseur de paix, ce que le document rappelle &#8211; m&#234;me si dans son optique cela n'exclut pas des op&#233;rations militaires ponctuelles mais muscl&#233;es (Iran, Venezuela). D'autre part, le comportement de ce m&#234;me Trump est fondamentalement transactionnel, et domin&#233; par les consid&#233;rations &#233;conomiques &#8211; vues sous un angle brutal. D'o&#249; l'importance centrale dans tout le document de la s&#233;curit&#233; des approvisionnements (hydrocarbures notamment), et de la libert&#233; des mers. C'est en partie cet accent mis sur ces divers aspects qui explique l'absence de d&#233;signation explicite de la Russie ou de la Chine comme adversaires strat&#233;giques ou comme menace radicale, qu'on attendait naturellement dans un tel document. C'est n'est qu'en creux qu'une telle menace appara&#238;t, ainsi en mer de Chine, et trait&#233;e sous l'angle de la libert&#233; des mers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne voit pas non plus se dessiner une id&#233;e de partage du monde en v&#233;ritables zones d'influence h&#233;g&#233;moniques. Certes, en Am&#233;rique latine, le texte propose une version durcie de la doctrine Monroe et exclut toute pr&#233;sence jug&#233;e dangereuse d'une puissance autre. Mais ce n'est pas parce qu'un partage global du monde en sph&#232;res serait explicitement promu ; c'est la cons&#233;quence logique du primat national, visant &#224; assurer une d&#233;fense renforc&#233;e des int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains, tant en termes d'approvisionnement, de s&#233;curit&#233; que de lutte contre des menaces diverses (drogues, migrants). On ne voit d&#232;s lors pas dans le texte que les Etats-Unis s'interdisent d'intervenir o&#249; que ce soit, m&#234;me si ce n'est plus par id&#233;ologie : aucune zone d'influence n'est reconnue &#224; qui que ce soit d'autre. D'ailleurs, quant aux autres zones, la relativisation du Moyen Orient n'est qu'apparente, et l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique reste fort ; et l'importance de l'Asie, notamment c&#244;ti&#232;re, est maintenue. Il ne s'agit pas non plus d'assumer une h&#233;g&#233;monie globale, d'autant que cette derni&#232;re impliquerait une certaine responsabilit&#233; de l'h&#233;g&#233;mon envers ses vassaux : or ce n'est pas l'id&#233;e du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les aspects g&#233;ographiques et id&#233;ologiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Europe, le traitement tr&#232;s particulier qui lui est fait est justifi&#233; par la proximit&#233; culturelle et politique, plus que comme l'appartenance de celle-ci &#224; une zone d'influence. Il n'y a pas non plus dans le texte le d&#233;sengagement pur et simple que beaucoup y ont vu &#8211; m&#234;me si le soutien devient plus conditionnel. Ni de vassalisation au sens propre, du moins pas plus qu'auparavant m&#234;me si l&#224; aussi le rapport est plus brutal ; encore moins l'id&#233;e que l'Europe serait un ennemi. Bien entendu, on retrouve le couplet d&#233;sormais central sur le partage des frais et de l'effort de d&#233;fense ; mais il n'est pas nouveau, m&#234;me s'il est mani&#233; plus agressivement. Plus nouveau est le fait que la mention de l'affinit&#233; culturelle et politique reconnue entre elle et les Etats-Unis tende &#224; d&#233;placer la motivation g&#233;opolitique : si on suit le texte, l'Europe est toujours une cousine, mais moins un enjeu strat&#233;gique. Corr&#233;lativement, le texte insiste comme on sait avec force sur ce qui est per&#231;u comme sa d&#233;cadence sur bien des points : &#233;conomie, migrants, wokisme, patriotisme etc. Il y a l&#224; un clair m&#233;pris, mais aussi &#224; sa fa&#231;on, une demande de redressement. Cela explique d&#233;j&#224; en partie le d&#233;couplage relatif sur des dossiers comme l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le d&#233;couplage le plus marqu&#233; avec l'Europe est id&#233;ologique ; il y a rupture du consensus relatif auparavant affich&#233; des deux c&#244;t&#233;s. Le message est : 1. Nous nous redressons, faites de m&#234;me. 2. Vous &#234;tes plus atteints que nous, avec votre machin bruxellois, votre go&#251;t pour les grandes phrases, et votre irresponsabilit&#233;. 3. Nous aiderons ceux chez vous qui vont dans le bon sens, les vrais patriotes (ce qu'on comprend comme d&#233;bouchant sur un soutien aux populistes ou &#224; &#171; l'extr&#234;me-droite &#187; - m&#234;me si les modalit&#233;s n'en sont pas claires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons cependant encore qu'en r&#233;alit&#233;, cette opposition id&#233;ologique traverse les Etats-Unis autant que l'Europe. Apr&#232;s tout, le wokisme et l'id&#233;ologie DEI ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es l&#224;-bas (quelles qu'en soient les sources intellectuelles europ&#233;ennes) avant d'&#234;tre r&#233;export&#233;s en Europe. De ce point de vue, la rupture id&#233;ologique entre les partenaires ne serait confirm&#233;e par la suite que si chacun d'eux persistait dans sa voie actuelle sur la dur&#233;e, ce qui ne va de soi ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre. Mais ceci &#233;tant not&#233;, la divergence en cours ne peut &#234;tre sous-estim&#233;e, car elle n'a pas de pr&#233;c&#233;dent. Et les r&#233;actions europ&#233;ennes, plut&#244;t r&#233;serv&#233;es c&#244;t&#233; officiel, effarouch&#233;es c&#244;t&#233; commentateurs, sont symptomatiques de la sid&#233;ration qu'elles r&#233;v&#232;lent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un sens, ce discours nouveau, quelque peu agressif, met &#224; sa fa&#231;on en &#233;vidence les pr&#233;suppos&#233;s progressistes en Europe, politiquement corrects et pr&#233;tendument unanimes. Pourtant l'&#233;vidence &#233;lectorale de la mont&#233;e de ce qu'on y appelle populisme montre que cette unanimit&#233; vaut surtout pour l'Europe officielle. Inversement la sc&#232;ne am&#233;ricaine est de son c&#244;t&#233; loin d'&#234;tre acquise au trumpisme, et peut donc encore changer d'orientation. Mais dans ce cas, il est peu probable que l'avenir d&#233;bouchera sur un retour aux relations euro-am&#233;ricaines ant&#233;rieures : l'id&#233;e que l'Europe est d&#233;sormais hors du coup est r&#233;pandue l&#224;-bas, non sans motifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques remarques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'insistera pas ici sur les d&#233;fauts du trumpisme, que ce texte met aussi en &#233;vidence : la brutalit&#233; et le ton peu diplomatique voire cynique, peu propre &#224; pr&#233;parer un monde apais&#233; ; l'obsession de la transaction et du commerce ; l'assurance pr&#233;matur&#233;e qu'on entrerait dans une nouvelle phase d'Am&#233;rique &#171; great again &#187; ; et peut-&#234;tre surtout l'absence de strat&#233;gie structurelle (de politique industrielle notamment, mais aussi de suivi dans les op&#233;rations) etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux points sont en revanche &#224; souligner plus particuli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est la question d&#233;sormais centrale des nouveaux principes sur lesquels se construira l'&#233;quilibre international de demain. L'insistance trumpienne sur l'int&#233;r&#234;t national, m&#234;me temp&#233;r&#233;e par le souci affich&#233; de la paix, exprime au fond une r&#233;alit&#233; permanente qui n'avait jamais disparu. Ce qui est plus nouveau est de le mettre en avant de fa&#231;on aussi nue et froide ; m&#234;me si c'est entre autres pour &#233;liminer l'emballage id&#233;ologique ou juridique qui &#233;tait de mise auparavant. Or un tel changement n'est pas neutre, s'il devient permanent. D'un c&#244;t&#233;, comme beaucoup l'ont not&#233;, il peut justifier chez d'autres puissances un degr&#233; plus &#233;lev&#233; d'agressivit&#233; et de cynisme &#8211; m&#234;me si en r&#233;alit&#233; agressivit&#233; et cynisme sont d&#233;j&#224; bien r&#233;pandus : la Russie n'a pas attendu cela pour intervenir sur sa p&#233;riph&#233;rie, sans parler des comportements am&#233;ricains. D'autre part, il s'accompagne en l'esp&#232;ce d'un usage excessif du pur rapport de forces pour obtenir des avantages dissym&#233;triques et pour certains manifestement iniques, ainsi en mati&#232;re douani&#232;re entre Am&#233;rique et Europe. M&#234;me l'accent mis sur le commerce est vu sur le mode agressif et confrontationnel. De ce point de vue, autant le fait de balayer la vision ant&#233;rieure, pseudo-bienveillante et en r&#233;alit&#233; agressive voire hypocrite, de la d&#233;mocratie et des droits de l'homme, est en soi plut&#244;t bienvenu, autant on ne peut que d&#233;plorer que ce n'est pas remplac&#233; par une perspective satisfaisante, offrant une vraie perspective de paix : en un mot, le r&#233;alisme n'implique pas de renoncer &#224; toute id&#233;e de bien commun. Je publierai d'ailleurs dans les mois qui viennent un petit livre sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second point vise justement l'id&#233;ologie, et ici la balle est dans le camp europ&#233;en : va-t-il se raidir dans son attachement &#224; la suppos&#233;e grande croisade du bien contre le mal &#8211; dont il n'a d'ailleurs les moyens ni militaires, ni technologiques, ni industriels ? Ce qui va dans ce sens est le discours r&#233;pandu en Europe selon lequel l'Am&#233;rique de Trump rejoindrait le camp des m&#233;chants, autoritaires et agressifs, avec en leur centre la Russie et la Chine. D'o&#249; la tentation, face &#224; cette &#171; coalition &#187; mena&#231;ante, de la mutation de l'Europe en un &#233;trange &#171; Camp des Saints &#187;. Mais en r&#233;alit&#233;, les id&#233;ologues sont les Europ&#233;ens. Russes et Chinois peuvent &#234;tre de r&#233;elles menaces, &#233;videmment, surtout les seconds - notamment en &#233;conomie ; mais c'est par une politique de puissance &#224; l'ancienne, pas &#224; la fa&#231;on id&#233;ologique de l'URSS. De ce point de vue, le trumpisme est plus r&#233;aliste, m&#234;me si on peut douter de son succ&#232;s &#224; terme, qui demanderait un tout autre effort sur la dur&#233;e, notamment en &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;duit de ces deux points que la t&#226;che d'un pays comme la France est de se red&#233;finir, sur la base d'une mutation mentale majeure, en sortant du cadre de pens&#233;e actuel, lequel n'a jamais &#233;t&#233; v&#233;ritablement justifi&#233;, mais qui est d&#233;sormais compl&#233;tement d&#233;cal&#233; de la r&#233;alit&#233;. C'est la voie d'un patriotisme renouvel&#233;, lucide et exigeant, qui s'attache &#224; retrouver une place digne sur la sc&#232;ne actuelle, sans que cela sacrifie aucun id&#233;al v&#233;ritable - car l'id&#233;al n'a de sens que fond&#233; sur le r&#233;el. Et le r&#233;el commence par la capacit&#233; &#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma : &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/trump-et-sa-strategie-de-securite-nationale-changeons-notre-logiciel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/trump-et-sa-st...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Trump face &#224; la logique de la guerre</title>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


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&lt;p&gt;Donald Trump a beaucoup insist&#233; sur une dimension de son programme : la recherche de la paix, la fin des guerres id&#233;ologiques, et le terme mis aux guerres existantes, en premier lieu l'Ukraine et Gaza. On lui pr&#234;te m&#234;me le d&#233;sir d'obtenir le Prix Nobel de la Paix, comme avant lui Barack Obama (m&#234;me si avec le recul ce dernier n'est pas tr&#232;s convaincant). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a pu mettre en avant plusieurs interventions qui pourraient avoir eu une influence r&#233;elle dans le sens de la paix, entre Tha&#239;s et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Guerre-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Logique-de-la-guerre-+.html" rel="tag"&gt;Logique de la guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Recherche-de-la-paix-+.html" rel="tag"&gt;Recherche de la paix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/istockphoto-182187699-612x612.webp?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Donald Trump a beaucoup insist&#233; sur une dimension de son programme : la recherche de la paix, la fin des guerres id&#233;ologiques, et le terme mis aux guerres existantes, en premier lieu l'Ukraine et Gaza. On lui pr&#234;te m&#234;me le d&#233;sir d'obtenir le Prix Nobel de la Paix, comme avant lui Barack Obama (m&#234;me si avec le recul ce dernier n'est pas tr&#232;s convaincant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a pu mettre en avant plusieurs interventions qui pourraient avoir eu une influence r&#233;elle dans le sens de la paix, entre Tha&#239;s et Cambodgiens, entre Indiens et Pakistanais, etc. Mais ce sont l&#224; des dossiers mineurs par rapports aux deux o&#249; il est vraiment attendu, l'Ukraine et Gaza. Sur ceux-l&#224; il a donn&#233; longtemps et donne encore souvent l'impression de patiner, loin de ses promesses initiales de r&#233;gler tout cela facilement et rapidement. M&#234;me s'il vient de marquer un point sur Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut, semble-t-il, admettre que sa volont&#233; de chercher la paix est r&#233;elle &#8211; m&#234;me s'il a un faible pour les solutions de force. On sait en outre que la connaissance intime de la vie internationale n'est pas son fort. Mais cela n'explique pas tout ce qui se passe. On a en effet l'impression qu'il explore successivement plusieurs hypoth&#232;ses sur tel ou tel aspect de ces conflits, pour ensuite d&#233;couvrir d'autres dimensions qui lui montrent que l'&#233;quation est plus complexe qu'il n'apparaissait. Ce faisant il progresse ; mais les probl&#232;mes r&#233;sistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme ukrainien &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; est particuli&#232;rement nette dans le cas de l'Ukraine. Tant&#244;t il fait un geste en faveur de Poutine, voit des possibilit&#233;s de coop&#233;ration fructueuse avec la Russie, comprend que Poutine ne fera jamais la paix en l&#226;chant les territoires conquis ou en laissant les troupes occidentales s'installer en Ukraine. Tant&#244;t au contraire il menace la Russie de sanctions terribles, livre des armes &#224; Kiev, d&#233;clare la victoire de ce dernier possible, et se brouille avec l'Inde pour la punir d'acheter du p&#233;trole russe. Tant&#244;t il insulte publiquement Zelenski, lui reprochant son ingratitude et son irr&#233;alisme, tant&#244;t il s'entretient cordialement avec lui. Tant&#244;t il court-circuite les Europ&#233;ens, tant&#244;t il les remet dans le jeu en vue de garanties &#224; donner &#224; l'Ukraine, et surtout pour payer les frais de le guerre en achetant du mat&#233;riel am&#233;ricain. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; du processus d'apprentissage, d'une m&#233;thode bizarre de n&#233;gociation, ou du jeu normal de l'exploration des options, il semble qu'il y ait un autre facteur plus profond, une certaine ignorance ou sous-estimation de la logique de la guerre. Je l'avais not&#233; dans une pr&#233;c&#233;dent article sur ce m&#234;me site, en juin 2022 : &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ukrai...&lt;/a&gt; (paix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties, qui obtient un r&#233;sultat la conduisant &#224; cesser les op&#233;rations une fois son but atteint, ou conduisant l'autre &#224; jeter l'&#233;ponge. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent, et le statu quo a des chances de se stabiliser au moins pour un temps. Bien entendu, un tel arr&#234;t des op&#233;rations n'est pas n&#233;cessairement d&#233;finitif. En effet apr&#232;s un moment de cessation des hostilit&#233;s, si le choc des volont&#233;s subsiste, la reconstruction des forces rend possible une reprise des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans tous les cas, tant que ces facteurs de terminaison n'ont pas op&#233;r&#233; suffisamment, la guerre continue, car les motifs qui y ont conduit restent, et le sort des armes auxquels les deux parties ont eu recours n'a pas donn&#233; sa r&#233;ponse. Arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment signifierait en effet pour celui qui va dans ce sens non seulement que tous ses efforts ant&#233;rieurs ont &#233;t&#233; vains, pertes humaines et co&#251;ts mat&#233;riels en premier lieu, mais surtout cela reviendrait &#224; accepter une forme de d&#233;faite avant qu'elle soit acquise ; or il avait par hypoth&#232;se d&#233;cid&#233; de se battre. D&#232;s lors il continue, et l'adversaire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le notais d&#233;j&#224;, la guerre en cours entre la Russie ou l'Ukraine en fournit une bonne illustration. La Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien ; elle a une relative sup&#233;riorit&#233; mat&#233;rielle ; elle n'est pas &#224; genoux &#233;conomiquement ; elle n'a donc a priori aucune raison de s'arr&#234;ter. L'Ukraine vise &#233;videmment &#224; r&#233;cup&#233;rer son territoire ant&#233;rieur ; elle a bien mieux r&#233;sist&#233; que ce que les experts pensaient, et re&#231;oit une aide cons&#233;quente des Occidentaux. Elle continue donc la lutte. Tant que ces facteurs seront &#224; l'&#339;uvre (donc tant qu'il n'y a pas selon les cas perc&#233;e militaire, effondrement &#233;conomique, &#233;puisement des perspectives etc.), la guerre continuera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'ext&#233;rieur, seule une action tr&#232;s puissante pourrait &#233;ventuellement changer cet &#233;tat des choses. Mais pour Trump, cela supposerait une toute autre strat&#233;gie que celle qu'il a suivi : soit intensifier tr&#232;s brutalement les sanctions et surarmer l'Ukraine, avec de gros risques et sans &#234;tre s&#251;r que cela marche, loin de l&#224; ; surtout quand on voit, comme Trump l'a fait remarquer, les h&#233;sitations des Europ&#233;ens &#224; aller au bout de la logique des sanctions, en frappant avec d&#233;termination l'Inde et la Chine &#8211; excusez du peu. Soit, au contraire, tordre le bras de Zelenski et des Europ&#233;ens, mais dans ce qui pourrait appara&#238;tre comme une capitulation &#8211; et l&#224; encore, en supposant que cela marche. D'o&#249; l'h&#233;sitation : il a jou&#233; successivement avec ces id&#233;es diverses. Il apprend en cours de route, mais cela ne donne pas la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres le&#231;ons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un point qui n'est pas assez soulign&#233; est le r&#244;le innovateur des guerres r&#233;elles, particuli&#232;rement &#233;vident ici en Ukraine avec l'usage des drones et autres syst&#232;mes qui ont radicalement remis en cause ou en tout cas redimensionn&#233; dans un certain usage le r&#244;le d'armes autrefois centrales comme les chars, les h&#233;licopt&#232;res de combat ou m&#234;me les avions. Le fait est clairement per&#231;u par tous mais on est loin d'en tenir toutes les cons&#233;quences, notamment aux &#201;tats-Unis et en Europe. Car ce sont pratiquement des arm&#233;es nouvelles qu'il faudrait mettre sur pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, cela conduit &#224; revoir en profondeur le rapport de force r&#233;el sur le continent europ&#233;en. Car les deux seules arm&#233;es qui ont une exp&#233;rience intense et compl&#232;te de ces nouvelles r&#233;alit&#233;s du combat sont l'ukrainienne et la russe. Actuellement elles se battent. Mais lorsque la guerre sera finie, elles seront sous une certain angle surpuissantes par rapport aux arm&#233;es occidentales. Et donc la Russie, &#224; mon sens peu dangereuse avant 2022 contrairement &#224; l'id&#233;e re&#231;ue, peut le devenir une fois les hostilit&#233;s termin&#233;es. En tout cas, elle aura les moyens d'autres ambitions. Mais l'Ukraine, &#233;videmment non mena&#231;ante, totalement ravag&#233;e, aura &#224; ce moment-l&#224; d&#233;velopp&#233; une sp&#233;cialit&#233; rare et recherch&#233;e : la conduite de la guerre moderne, et l'armement correspondant. Il ne faudra oublier ni l'un ni l'autre lorsqu'on consid&#233;rera les conditions de la paix. Mais d'ici l&#224;, cela colore les positions des uns et des autres ; et ni c&#244;t&#233; russe ni c&#244;t&#233; ukrainien, cela ne pousse &#224; la paix, tant qu'un certain seuil n'est pas atteint, contraignant &#224; s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gu&#234;pier moyen-oriental et Gaza &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage est diff&#233;rent, mais plus prometteur &#224; Gaza. Au d&#233;part, la m&#234;me logique est &#224; l'&#339;uvre. Laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, &#224; court terme, d'un c&#244;t&#233; Netanyahou et derri&#232;re lui une partie appr&#233;ciable d'Isra&#235;l excluait d'arr&#234;ter les op&#233;rations tant que le Hamas subsistait et gardait des otages. D'un autre c&#244;t&#233;, le Hamas n'avait pas de raisons de capituler, malgr&#233; la sup&#233;riorit&#233; militaire &#233;crasante d'Isra&#235;l, d'autant que les souffrances des Gazaouis ne le g&#234;nent pas (c'est son bouclier humain), et le servaient diplomatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Trump, cela se compliquait du tiraillement entre ses liens avec Isra&#235;l d'un c&#244;t&#233;, ses amiti&#233;s arabes de l'autre, notamment dans la P&#233;ninsule arabique. Mais il a ind&#233;niablement l&#224; aussi appris en cours de route, notamment &#224; &#233;couter un peu plus. Et surtout il a ici des moyens de pression bien plus substantiels qu'en Ukraine. D&#232;s lors, un accord de cessez-le-feu a pu appara&#238;tre possible, d'o&#249; son plan. On verra ce que l'op&#233;ration donnera finalement, mais cela peut permettre, dans le meilleur des cas, d'arr&#234;ter les hostilit&#233;s actuelles &#224; Gaza m&#234;me. Ce qui est une excellente chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, plus profond&#233;ment, les vrais objectifs strat&#233;giques des deux c&#244;t&#233;s restent non seulement radicalement incompatibles, mais chacun structurel : pour Isra&#235;l, sauf pour une minorit&#233;, c'est le refus d'un Etat palestinien et la poursuite de la colonisation, au moins en Cisjordanie, avec &#224; l'horizon au moins implicite un &#233;tat juif sur l'essentiel de la Palestine. Pour le Hamas (ou, s'il dispara&#238;t, un autre mouvement du m&#234;me type), c'est la destruction d'Isra&#235;l. M&#234;me un observateur ext&#233;rieur bienveillant a du mal &#224; discerner une solution &#233;quitable, dans ce conflit sans bonne solution, deux peuples se disputant une seule terre. Voir ici &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;. D'autant que la logique de l'antagonisme fait que chacune des parties voit l'autre, et de plus en plus, comme une menace existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, si Trump peut &#233;ventuellement r&#233;ellement imposer une forme de paix relative, un arr&#234;t momentan&#233; des combats en cours, cela ne r&#233;soudra pas la question de fond - m&#234;me si une telle pause serait &#233;videmment bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas donc, en conclusion, les p&#233;rip&#233;ties n'ont rien pour surprendre. Cela ne veut pas dire que les conflits dureront ind&#233;finiment, la logique m&#234;me de la guerre s'y oppose. Mais cela peut durer longtemps encore. Et surtout, tout arr&#234;t des combats peut n'&#234;tre qu'une &#233;tape dans un conflit s&#233;culaire plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nobel attendra ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/trump-face-a-la-logique-de-la-guerre/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/trump-face-a-l...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conflits arm&#233;s et bases &#233;conomiques : changer notre regard</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Conflits-armes-et-bases-economiques-changer-notre-regard.html</link>
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		<dc:date>2025-07-14T07:26:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Base &#233;conomique des conflits</dc:subject>
		<dc:subject>Puissance industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On conna&#238;t l'importance de la base &#233;conomique de la puissance. Mais plusieurs d&#233;veloppements nouveaux conduisent &#224; prendre du recul et &#224; remettre en cause certains sch&#233;mas &#233;tablis. Notamment on a eu tendance &#224; oublier que les facteurs &#233;conomiques de puissance du temps de paix ne sont pas les m&#234;mes en cas de conflit. Cela vaut notamment pour la vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos, ou pour la capacit&#233; industrielle &#8211; armement ou construction navale. Inversement la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Base-economique-des-conflits-+.html" rel="tag"&gt;Base &#233;conomique des conflits&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Puissance-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Puissance industrielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/industrial-plant-7527766_640.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On conna&#238;t l'importance de la base &#233;conomique de la puissance. Mais plusieurs d&#233;veloppements nouveaux conduisent &#224; prendre du recul et &#224; remettre en cause certains sch&#233;mas &#233;tablis. Notamment on a eu tendance &#224; oublier que les facteurs &#233;conomiques de puissance du temps de paix ne sont pas les m&#234;mes en cas de conflit. Cela vaut notamment pour la vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos, ou pour la capacit&#233; industrielle &#8211; armement ou construction navale. Inversement la puissance financi&#232;re ou la pr&#233;sence de multinationales s'av&#232;rent alors moins d&#233;cisives qu'en temps de paix. Et donc la position des diff&#233;rentes puissances n'est pas la m&#234;me. Cela concerne en outre plus sp&#233;cifiquement la France, qui est dans une situation assez diff&#233;rente de celle des autres pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La vuln&#233;rabilit&#233; aux ruptures d'approvisionnement et embargos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; le Covid avait mis en &#233;vidence les graves probl&#232;mes que posait la d&#233;pendance d'une &#233;conomie &#224; l'&#233;gard du reste du monde, s'agissant notamment des mati&#232;res premi&#232;res et des cha&#238;nes mondiales de production. Une strat&#233;gie d'approvisionnement rationnelle dans un contexte de circulation assur&#233;e des biens peut se trouver mise en d&#233;faut si un obstacle intervient : une d&#233;cision politique, un embargo, une priorit&#233; donn&#233;e par une puissance exportatrice &#224; ses besoins internes, un nouvel antagonisme, une interruption physique des approvisionnements maritimes. Deux &#233;v&#233;nements de la p&#233;riode r&#233;cente rappellent cependant que les effets de ces ruptures peuvent &#234;tre variables selon les cas : les sanctions contre la Russie d'un c&#244;t&#233;, les &#233;preuves de force quelque peu chaotiques auxquelles se livre Donald Trump de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette derni&#232;re affaire, les Etats-Unis de Trump ont pu mesurer plus que jamais leur degr&#233; &#233;lev&#233; de d&#233;pendance industrielle &#224; l'&#233;gard de la Chine. Les droits de douane envisag&#233;s touchent des flux consid&#233;rables d'approvisionnements non rempla&#231;ables facilement. Et la Chine r&#233;siste &#224; la pression, m&#234;me si elle peut perdre des march&#233;s importants. Cela s'ajoute &#224; la question &#233;galement bien connue des mati&#232;res premi&#232;res, notamment des minerais technologiquement vitaux. La conclusion qui s'en d&#233;duit des deux c&#244;t&#233;s est l'int&#233;r&#234;t de r&#233;duire cette d&#233;pendance r&#233;ciproque. Cela ne para&#238;t pas insurmontable, au moins sur la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, les sanctions contre la Russie n'ont pas &#233;t&#233; sans effet, mais pas ceux escompt&#233;s, et l'Europe (qui les a d&#233;cid&#233;es) en a souffert elle aussi, tant sur le co&#251;t de l'&#233;nergie qu'en bradant l'&#233;norme portefeuille d'entreprises qu'elle contr&#244;lait en Russie. L'effet sur la Russie a &#233;t&#233; une massive r&#233;orientation de ses &#233;changes, qui n'&#233;tait certainement pas dans l'int&#233;r&#234;t des Occidentaux. Il est vrai qu'elle a par nature une capacit&#233; d'autarcie importante, encore renforc&#233;e par le fait que c'est un des tr&#232;s rares pays &#224; technologie militaire relativement compl&#232;te et autonome &#8211; n'&#233;tant d&#233;pendante que pour certains composants et produits &#233;labor&#233;s, qu'elle a pu en l'esp&#232;ce trouver en bonne partie ailleurs (contrebande, Chine etc.). Quant aux sanctions financi&#232;res, elles ont rencontr&#233; leurs limites, et en r&#233;alit&#233; minent la cr&#233;dibilit&#233; du syst&#232;me financier global, contr&#244;l&#233; par les Occidentaux : si vous gelez les actifs que vous ont confi&#233;s quelqu'un, la confiance en vous diminue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on voit dans ces exemples, c'est que tout le monde n'est pas log&#233; &#224; la m&#234;me enseigne. Les grands pays construits pour une relative autonomie comme Chine et Russie partent avec un avantage relatif. Ce pourra &#234;tre &#224; terme et &#224; nouveau le cas d'autres qui ont quelque peu n&#233;glig&#233; ce souci, mais qui ont un consid&#233;rable potentiel de r&#233;silience, comme les Etats-Unis. Les pays d'Europe, eux, en sont loin &#8211; m&#234;me si la France se distingue par une certaine capacit&#233; d'autonomie, dans ses syst&#232;mes d'armement et potentiellement ses ressources maritimes. Tr&#232;s vuln&#233;rables sont en revanche d'autres pays, m&#234;me de taille appr&#233;ciable ; comme on l'a vu avec l'Iran, tr&#232;s affaibli par les embargos dans sa capacit&#233; de r&#233;silience - m&#234;me s'il a r&#233;sist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La capacit&#233; industrielle et la technologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance de la dimension industrielle et notamment de l'industrie d'armement avait &#233;t&#233; elle aussi un peu perdue de vue ; elle est revenue au premier plan avec la guerre d'Ukraine, &#233;norme consommatrice de ressources, y compris sous la forme la plus simple (munitions). Ce qui suppose une industrie d'armement &#224; tr&#232;s grosse capacit&#233;, permanente ou pouvant monter en r&#233;gime tr&#232;s rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vrai dire, l'histoire avait montr&#233; le r&#244;le d&#233;cisif de ce facteur industriel : la d&#233;faite de la marine imp&#233;riale japonaise face aux Am&#233;ricains &#233;tait dans une mesure importante la r&#233;sultante de l'&#233;crasante sup&#233;riorit&#233; industrielle de ces derniers &#224; l'&#233;poque, y compris dans la construction navale. Or la d&#233;sindustrialisation galopante du monde occidental, y compris des Etats-Unis, change radicalement ces donn&#233;es, notamment face &#224; la Chine : celle-ci est d&#233;sormais bien plus puissante industriellement qu'eux, y compris dans la construction navale. Une &#233;ventuelle guerre &#224; propos de Taiwan pourrait donc r&#233;v&#233;ler des surprises : outre le fait que les Am&#233;ricains devraient op&#233;rer tr&#232;s loin de chez eux, ils risqueraient de ne pas tenir sur la dur&#233;e et de se r&#233;v&#233;ler moins puissants qu'on le croit habituellement. Ce &#224; quoi s'ajoutent leurs difficult&#233;s &#224; trouver des marins et le vieillissement de leur flotte. Certes, la marine chinoise n'a pas d'exp&#233;rience de guerre, mais la japonaise n'en avait pas non plus lorsqu'elle a &#233;cras&#233; la marine russe &#224; Tsushima ; et surtout elle peut supporter des pertes bien plus importantes en reconstituant ses forces. Le d&#233;bat fait d'ailleurs rage aux Etats-Unis sur les moyens de reconstituer des chantiers navals moins &#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me est la dimension technologique. Autant il est illusoire de ne compter que sur la technologie dans des conflits o&#249; le facteur humain reste crucial, autant elle a montr&#233; sa capacit&#233; &#224; faire la diff&#233;rence sur des points essentiels, par exemple la couverture satellitaire pour surveiller les mouvements et guider les tirs de tout type. De m&#234;me quand des technologies nouvelles changent en profondeur les modalit&#233;s des affrontements ; elles peuvent d'ailleurs parfois &#234;tre accessibles &#224; des pays de d&#233;veloppement moyen : ainsi les drones ont jou&#233; et jouent un r&#244;le majeur en Ukraine, m&#234;me d&#233;velopp&#233;s en Iran ou en Turquie. Inversement, Isra&#235;l a montr&#233; l'usage qui pouvait &#234;tre fait de technologies de pointe dans sa lutte contre le Hezbollah et l'Iran. La guerre d'Ukraine a en outre boulevers&#233; toute la probl&#233;matique militaire, rendant partiellement obsol&#232;tes, en tout cas d'usage bien plus dos&#233;, les instruments co&#251;teux qui dominaient autrefois sans conteste (chars, avions, grands navires). Il ne suffit donc pas d'&#234;tre avanc&#233; technologiquement, il faut aussi avoir un appareil de recherche et de production tr&#232;s mobile, et &#234;tre en permanence sur les bons cr&#233;neaux du moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les transports maritimes enfin : on y pense moins, mais ils pourraient &#234;tre &#224; l'origine de crises, ou de mutations importantes, notamment d'un recul de la mondialisation. Jusqu'&#224; la p&#233;riode r&#233;cente la libert&#233; de la navigation &#233;tait tr&#232;s largement assur&#233;e, du fait notamment de la domination des Etats-Unis et de leur marine. La situation &#233;volue, par un relatif d&#233;sengagement des Am&#233;ricains, par d&#233;veloppement d'alternatives &#224; commencer par la Chine, et par la mont&#233;e de menaces multiples, dont les Houthis donnent un avant-go&#251;t. La possibilit&#233; d'une r&#233;duction du transport maritime, par ins&#233;curit&#233; ou co&#251;t &#233;lev&#233;, est concevable. D'o&#249; l'importance clef de la dimension navale, pour ceux qui peuvent se le permettre. La marine devrait justement &#234;tre une priorit&#233; nationale majeure en France, compte tenu de l'immensit&#233; de son domaine maritime, &#233;tendu sur toute la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des facteurs sur&#233;valu&#233;s en cas de conflit &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, d'autres facteurs, importants voire d&#233;cisifs en temps de paix, se voient fortement relativis&#233;s en cas de conflit latent ou ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est la puissance financi&#232;re. Elle est &#233;videmment appr&#233;ciable : un conflit ouvert est effroyablement co&#251;teux, et m&#234;me une politique de d&#233;fense ambitieuse ; les pays de la p&#233;ninsule arabique n'auraient pas le poids qu'ils ont sans l'extraordinaire rente p&#233;troli&#232;re dont ils disposent. Et la Chine n'aurait pu devenir la deuxi&#232;me puissance militaire de la plan&#232;te, et renforcer son influence &#224; travers les &#171; routes de la soie &#187;, sans son impressionnant succ&#232;s industriel et technique. Ni les Etats-Unis maintenir leur rang sans le r&#244;le du dollar et leur finance dominante, malgr&#233; un endettement pathologique et la d&#233;sindustrialisation. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, comme on l'a vu avec la Russie, l'arme des embargos financiers s'est av&#233;r&#233;e &#224; double tranchant. Ajoutons qu'en cas de guerre ouverte les m&#233;canismes financiers sont tr&#232;s gravement remis en cause : la finance n'est donc pas un puissant outil en cas de vrai conflit. Par ailleurs, la tendance r&#233;currente &#224; des crises financi&#232;res est une faiblesse structurelle des soci&#233;t&#233;s occidentales ; avec &#233;ventuellement, &#224; terme, une dislocation progressive d'outils devenus internationaux sous leur contr&#244;le, comme le r&#244;le du dollar, et la mont&#233;e d'autres m&#233;canismes, d'ailleurs amorc&#233;s d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second facteur &#224; relativiser est le r&#244;le des acteurs non-&#233;tatiques, les entreprises multinationales. Leur puissance &#233;conomique est r&#233;elle et n'est pas un fait nouveau. Les GAFAM structurent &#224; leur fa&#231;on la culture commune de la plupart des pays (hors Chine et Russie). Le m&#234;me effet peut appara&#238;tre en mati&#232;re d'Intelligence Artificielle, actuellement domin&#233;e par les Etats-Unis et dans une bonne mesure la Chine. Cela dit, il n'est pas &#233;vident que ces influences jouent en dehors du cadre des pays supports de ces soci&#233;t&#233;s (essentiellement Etats-Unis et Chine aujourd'hui, d'autres peut-&#234;tre demain). Les multinationales sont vuln&#233;rables aux vraies puissances et notamment &#224; leurs pays d'origine, comme on le voit avec Musk face &#224; Trump. Le jeu de tels acteurs, important pour comprendre la probl&#233;matique internationale actuelle, ne remet donc pas en cause le fait que le d&#233;terminant principal reste les rapports entre les puissances souveraines elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pays par pays, on tend plut&#244;t &#224; conclure sur ces diff&#233;rents plans que pour affronter une conflit un tant soit peu s&#233;rieux les Etats-Unis pourraient partir dans des conditions plut&#244;t robustes, moyennant un important effort de redressement (qui peut &#234;tre rendu difficile par leurs profondes divisions internes et leurs blocages, et le besoin d'agir sur la dur&#233;e). La Russie probablement aussi sauf crise interne, mais sur un mode rustique et dans la d&#233;pendance de la Chine. La Chine enfin a une puissance industrielle dominante et n'est gu&#232;re vuln&#233;rable que dans l'&#233;nergie et quelques mati&#232;res premi&#232;res et dans des techniques tr&#232;s avanc&#233;es &#8211; dans lesquelles elle investit massivement pour les dominer ; m&#234;me si elle peut aussi conna&#238;tre des crises internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'Europe, tr&#232;s h&#233;t&#233;rog&#232;ne, est beaucoup plus expos&#233;e, et le serait gravement en cas de conflit ouvert. Quant &#224; la France, sa double sp&#233;cificit&#233; dans l'armement et dans le domaine maritime la met &#224; part des autres pays europ&#233;ens. Si elle a int&#233;r&#234;t &#224; coop&#233;rer avec eux, cette sp&#233;cificit&#233; est trop forte pour qu'elle abandonne son autonomie dans une d&#233;fense europ&#233;enne pr&#233;tendument int&#233;gr&#233;e, et en r&#233;alit&#233; &#224; la fois molle, limit&#233;e au champ europ&#233;en et incapable de prendre son autonomie &#224; l'&#233;gard des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, la diversit&#233; des situations para&#238;t a priori consid&#233;rable. Et donc la multipolarit&#233; &#224; venir se r&#233;v&#233;lera pleine de surprises &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de Geopragma&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/conflits-armes-et-bases-economiques-changer-notre-regard/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/conflits-armes...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Nucl&#233;aire fran&#231;ais et d&#233;fense europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Nucleaire-francais-et-defense-europeenne.html</link>
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		<dc:date>2025-03-08T17:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;fense europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Dissuasion nucl&#233;aire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Emmanuel Macron a ouvert un d&#233;bat sur l'utilisation de l'arme nucl&#233;aire fran&#231;aise comme arme de dissuasion couvrant les autres pays europ&#233;ens, proposition qui a re&#231;u un certain &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gravit&#233; de cette perspective a &#233;t&#233; peu soulign&#233;e. Pour la France, sauf &#224; &#234;tre une pure d&#233;claration et encore, ce serait un acte mettant gravement en danger la s&#233;curit&#233; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, la notion de d&#233;fense europ&#233;enne int&#233;gr&#233;e ne peut &#234;tre qu'une coordination intensifi&#233;e de moyens de d&#233;fense dont le choix d'emploi reste national : il y a trop d'int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais sp&#233;cifiques, notamment outre-mer, pour qu'une d&#233;fense europ&#233;enne vraiment int&#233;gr&#233;e puisse prendre le relais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/submarine-168884_1280.jpg?1787417305' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Devant les d&#233;veloppements spectaculaires de la sc&#232;ne internationale et notamment l'&#233;volution des Etats-Unis, les dirigeants europ&#233;ens cherchent fr&#233;n&#233;tiquement &#224; afficher la perspective d'une d&#233;fense europ&#233;enne commune autonome par rapport &#224; ces derniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s&#233;rieusement douter du r&#233;alisme de ce projet, et plus encore de la possibilit&#233; qu'il ait la moindre influence sur les &#233;v&#233;nements de terrain avant 15-20 ans. Ne serait-ce que du fait de leurs divergences profondes d'int&#233;r&#234;ts et de priorit&#233;s, de leur retard technique, de leur peu de go&#251;t pour le combat, ou encore de leur exp&#233;rience pass&#233;e et pr&#233;sente, o&#249; l'achat d'armements am&#233;ricains a constamment eu la priorit&#233; sur l'achat de mat&#233;riels europ&#233;ens concurrents, notamment fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point d'achoppement clef, qui se pr&#233;sente d&#232;s maintenant : l'armement nucl&#233;aire, essentiellement celui fran&#231;ais (le britannique est en r&#233;alit&#233; dans les mains des Am&#233;ricains, au moins sur le plan technique). Emmanuel Macron avait d&#233;clar&#233; en mai 2024, puis r&#233;cemment r&#233;affirm&#233;, &#234;tre ouvert au d&#233;bat sur son inclusion dans une d&#233;fense nucl&#233;aire europ&#233;enne, suscitant &#224; l'&#233;poque une r&#233;action largement n&#233;gative dans la classe politique. Il a r&#233;cidiv&#233; depuis, avec une proposition qui a re&#231;u un certain &#233;cho.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me gravit&#233; de cette perspective a &#233;t&#233; peu soulign&#233;e. Pour la d&#233;fense de la France ce serait pourtant un acte mettant gravement en danger la s&#233;curit&#233; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n s'agit en effet pas l&#224; de nucl&#233;aire tactique, mais du strat&#233;gique. L'arme nucl&#233;aire fran&#231;aise est uniquement strat&#233;gique ; elle est &#224; m&#234;me d'infliger des dommages tr&#232;s graves &#224; un assaillant &#233;ventuel ; elle est cens&#233;e par-l&#224; &#234;tre &#224; m&#234;me de le dissuader d'attaquer la France. Mais si cet assaillant est lui-m&#234;me une puissance nucl&#233;aire, cela implique le risque en retour de dommages d&#233;vastateurs pour la France. La menace d'utilisation de cette arme n'a donc de sens que par rapport &#224; une attaque contre des int&#233;r&#234;ts non seulement vitaux pour la France, mais impliquant sa survie m&#234;me. Il est donc non seulement absurde mais criminel d'envisager explicitement de l'utiliser pour prot&#233;ger un pays voisin, m&#234;me ami, m&#234;me europ&#233;en. Certes, il est de la nature de cette dissuasion de ne pas &#234;tre pr&#233;cise dans son mode d'emploi : il est donc compr&#233;hensible qu'on &#233;vite de se prononcer sur ce point. Mais sur le fond, ceux qui courent le risque, c'est-&#224;-dire les Fran&#231;ais, doivent savoir qu'elle ne peut &#234;tre mobilis&#233;e que pour les d&#233;fendre, parce que ce sont eux seuls qui courent le risque de riposte. Tout autre d&#233;cision d'emploi mettrait en risque les Fran&#231;ais de fa&#231;on gravissime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de cette consid&#233;ration majeure et d&#233;cisive, on peut rappeler qu'une telle dissuasion n'a de sens que si elle d&#233;pend de la capacit&#233; de r&#233;action rapide et imm&#233;diate du d&#233;cideur. Ce ne peut donc &#234;tre le fait d'une concertation &#224; l'europ&#233;enne. De fait, on nous explique que la d&#233;cision resterait fran&#231;aise. Mais en supposant qu'on fasse confiance aux macronistes sur ce point, cela implique que la dissuasion resterait en r&#233;alit&#233; fran&#231;aise. La seule diff&#233;rence par rapport &#224; la situation actuelle serait que la France d&#233;clarerait que les autres pays europ&#233;ens seraient couverts par elle. Et on retombe alors sur la remarque pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que du point de vue des autres pays europ&#233;ens, la protection nucl&#233;aire offerte par un autre Europ&#233;en ne saurait &#234;tre rassurante. Certains par exemple s'inqui&#233;taient de l'&#233;lection de Marine Le Pen (ou &#233;quivalent) en 2027 ou apr&#232;s. La question n'est pas ici de ce que ferait Marine le Pen ou un autre, mais de la perception que les autres en ont. Et m&#234;me avec une pr&#233;sident plus classique, il n'est en rien &#233;vident qu'il mettra en risque la France pour prot&#233;ger Vilnius. En outre, est-il envisageable que les seuls Fran&#231;ais d&#233;cident de mettre en risque un autre pays europ&#233;en en l'exposant aux repr&#233;sailles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'on appelle parapluie am&#233;ricain n'est pas non plus garanti au niveau du nucl&#233;aire strat&#233;gique : croire que les Am&#233;ricains accepteraient le risque de voir New York ras&#233; pour prot&#233;ger Vilnius est d'une rare na&#239;vet&#233;. Mais la diff&#233;rence avec la France est le nucl&#233;aire tactique, dont ils disposent, eux, qui est d&#233;j&#224; pr&#233;positionn&#233; en Europe, et qui offre une &#233;tape interm&#233;diaire, rendant beaucoup plus cr&#233;dible la dissuasion au profit des Europ&#233;ens. Sachant, cela dit, que la mise en &#339;uvre du nucl&#233;aire tactique am&#233;ricain en Europe ferait courir un risque appr&#233;ciable &#224; ces m&#234;mes Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, du fait de l'importance centrale de la dissuasion nucl&#233;aire pour celui qui en dispose, si inversement la d&#233;fense nucl&#233;aire fran&#231;aise reste fran&#231;aise et ne couvre que la France, la d&#233;fense fran&#231;aise ne peut pas se noyer dans une d&#233;fense europ&#233;enne. Et donc la notion de d&#233;fense europ&#233;enne int&#233;gr&#233;e ne peut &#234;tre qu'une coordination intensifi&#233;e de moyens de d&#233;fense ; dont le choix d'emploi reste national &#8211; ce que d'ailleurs elle devrait &#234;tre de toute fa&#231;on. Apr&#232;s tout, en outre, il y a trop d'int&#233;r&#234;ts fran&#231;ais sp&#233;cifiques, notamment outre-mer, pour qu'une d&#233;fense europ&#233;enne vraiment int&#233;gr&#233;e puisse prendre le relais. Et il n'y a pas de raison pour que cela change, sauf &#224; sacrifier pr&#233;cis&#233;ment ces int&#233;r&#234;ts majeurs. En revanche bien s&#251;r, le besoin d'accro&#238;tre massivement l'effort de d&#233;fense de tous est un imp&#233;ratif urgent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, le champ que peut couvrir (tout au plus) une coop&#233;ration militaire europ&#233;enne est r&#233;el mais d&#233;limit&#233;, excluant les int&#233;r&#234;ts vitaux d'un c&#244;t&#233; (couverts par le nucl&#233;aire) et les int&#233;r&#234;ts sp&#233;cifiques de l'autre (outre-mer et marine notamment), et laissant la libert&#233; de l'emploi. Ce champ est r&#233;el et majeur, mais il a ses limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru le 7 avril sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma. &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/nucleaire-francais-et-defense-europeenne/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/nucleaire-fran...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ukraine : il est temps de conclure</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Ukraine-il-est-temps-de-conclure.html</link>
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		<dc:date>2025-03-03T17:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il faut savoir terminer une guerre, m&#234;me juste au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste au d&#233;part, la guerre d&#233;fensive men&#233;e par les Ukrainiens ne peut &#234;tre gagn&#233;e, et la prolonger n'aboutit qu'&#224; la destruction de ce pays courageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que Trump le dit que c'est automatiquement faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et expliquer que l'Ukraine doit continuer &#224; se battre pour prot&#233;ger l'Europe, est choquant, erron&#233; et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nous qu'il incombe d'&#234;tre capable de nous d&#233;fendre. Avec des alli&#233;s, mais d'abord soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/winter-7045730_1920.jpg?1787417306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut savoir terminer une guerre, m&#234;me juste au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une guerre juste, jusqu'&#224; quand ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que j'&#233;crivais d&#232;s mars 2022 dans un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/La-guerre-en-Ukraine-et-la-notion.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre en Ukraine et la notion de guerre juste&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;). Apr&#232;s avoir montr&#233; que, selon cette notion, la guerre men&#233;e alors par les Russes ne pouvait &#234;tre qualifi&#233;e de juste - m&#234;me si les torts sont bien plus partag&#233;s qu'on le dit -, car ils ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment agress&#233; l'Ukraine sans besoin d&#233;montrable. Mais celle des Ukrainiens &#233;tait juste au d&#233;part. Je concluais toutefois : &#171; le crit&#232;re tr&#232;s pragmatique de la guerre juste ne s'applique pas une fois pour toutes au d&#233;but de la guerre. On peut donc &#234;tre conduit &#224; changer son appr&#233;ciation en fonction du d&#233;roul&#233; des &#233;v&#233;nements : r&#233;sultats militaires sur le terrain, degr&#233; de mont&#233;e aux extr&#234;mes de la guerre, ou encore position de n&#233;gociation de l'autre partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il est tr&#232;s improbable que la guerre c&#244;t&#233; russe trouve une justification &#224; l'avenir. Mais la remarque vaut c&#244;t&#233; ukrainien... Supposons d'abord, &#224; un bout, que les Russes s'enlisent, mais sans interrompre leur effort de guerre et leurs bombardements, et qu'ils limitent leurs pr&#233;tentions &#224; la non-entr&#233;e dans l'Otan et &#224; l'ind&#233;pendance du Donbass : on peut concevoir qu'une paix sur cette base apparaisse pr&#233;f&#233;rable aux Ukrainiens &#224; la destruction continue du pays... Supposons maintenant inversement que les Russes basculent dans une guerre totale, y compris nucl&#233;aire : dans ce cas l'Ukraine pourrait avoir &#224; envisager de cesser le combat, qui resterait l&#233;gitime dans son principe mais qu'elle pourrait estimer trop co&#251;teux humainement pour que l'obstination se justifie. Supposons enfin que la Russie n'arrive pas &#224; achever sa conqu&#234;te, et qu'il paraisse envisageable qu'elle finisse par l&#226;cher prise : alors la poursuite du combat se justifierait pleinement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation actuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons maintenant la r&#233;ponse &#224; ces questions. L'Ukraine a essay&#233; de l'emporter, comptant notamment sur la faiblesse &#233;tonnante qu'a montr&#233;e au d&#233;part l'arm&#233;e russe, sur des sanctions occidentales exceptionnelles, sur le courage de ses soldats et l'aide re&#231;ue. C'&#233;tait peut-&#234;tre jouable. Mais au plus tard &#224; l'&#233;t&#233; 2023 cela s'est av&#233;r&#233; hors de port&#233;e. Pendant ce temps le pays &#233;tait ravag&#233;, sa jeunesse d&#233;cim&#233;e, ou en exil. Il n'est d&#232;s lors plus justifi&#233; de continuer ind&#233;finiment. Et &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; aujourd'hui, en mars 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cela soit d&#233;fendu par Donald Trump, aux m&#233;thodes brutales et volontiers cyniques, n'enl&#232;ve rien &#224; ces constatations. Que Trump admette que les torts sont plus partag&#233;s qu'on le dit et qu'il faut accepter ce sans quoi il ne peut y avoir de paix (perte de territoires par l'Ukraine, et non-entr&#233;e dans l'Otan), n'en fait pas &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; un agent de Poutine : il ne fait que d&#233;crire la r&#233;alit&#233;. M&#234;me si, bien s&#251;r, il pourrait s'y prendre autrement et montrer plus de sensibilit&#233; &#224; l'&#233;gard d'un peuple ukrainien martyre. M&#234;me si, aussi, on peut se demander si son mode de n&#233;gociation conduira au meilleur r&#233;sultat possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;sormais la trajectoire finale est claire. Dans l'int&#233;r&#234;t m&#234;me de la survie de l'Ukraine, il faut arr&#234;ter les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; expliquer que l'Ukraine doit continuer &#224; se battre pour prot&#233;ger l'Europe, c'est choquant, erron&#233; et dangereux. Choquant de demander aux Ukrainiens de se suicider pour nous pr&#233;server. Erron&#233; parce que cette guerre a d&#233;montr&#233; les limites de l'arm&#233;e russe, en supposant m&#234;me qu'elle ait des vell&#233;it&#233;s d'aller plus loin. Dangereux parce que si cela d&#233;bouche sur l'effondrement de l'arm&#233;e ukrainienne, on aura fait un beau cadeau &#224; Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, une conclusion s'impose, qui est, elle, indiscutable : pour exister dans le monde r&#233;el, il faut &#234;tre capable de se d&#233;fendre. Et ne compter ni sur un grand fr&#232;re (am&#233;ricain), ni sur la mort de ses amis. Il faut des alli&#233;s, mais toute d&#233;fense est d'abord nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir aussi mon livre tout r&#233;cent : &lt;i&gt;La guerre juste, apr&#232;s l'Ukraine et Gaza&lt;/i&gt; (chez Boleine) &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-guerre-juste.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-gu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les modifications de fronti&#232;res par la force : une question de morale ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Les-modifications-de-frontieres-par-la-force-une-question-de-morale.html</link>
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		<dc:date>2024-07-02T12:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Modification de fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Fronti&#232;res</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un des enjeux de la guerre russo-ukrainienne est &#233;videmment la question des fronti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain de l'offensive russe en Ukraine, le Conseil europ&#233;en a fait part de son indignation : &#171; l'usage de la force pour changer les fronti&#232;res n'a pas sa place au XXIe si&#232;cle &#187;. Vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regardant de plus pr&#232;s, on constate alors que si ce principe est souvent utile pour contribuer &#224; assurer la paix, il est loin d'&#234;tre toujours efficace et pose parfois de redoutables probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Frontieres-et-guerres-+.html" rel="tag"&gt;Fronti&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un des enjeux de la guerre russo-ukrainienne est &#233;videmment la question des fronti&#232;res. Au lendemain de l'offensive russe en Ukraine, le Conseil europ&#233;en a d'ailleurs fait part de son indignation : &#171; l'usage de la force pour changer les fronti&#232;res n'a pas sa place au XXIe si&#232;cle &#187;. Que peut-on en penser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous passerons sur le progressisme na&#239;f &#224; la base de cette formulation, laissant entendre que l'humanit&#233; irait sans cesse vers un plus haut niveau d'exigence morale et un comportement plus vertueux ou plus humain. On pouvait peut-&#234;tre raconter cela en 1890. Mais les innombrables barbaries du si&#232;cle qui a suivi devraient semble-t-il avoir balay&#233; une telle na&#239;vet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il peut &#234;tre l&#233;gitime de vouloir poser le principe d'un respect des fronti&#232;res existantes, qui ne seraient pas modifiables sauf accord mutuel, et cela au nom de la paix. Changer les fronti&#232;res est en effet une des motivations les plus fortes des guerres, et en amont, des conflits au sens large. Cela dit, l'exemple m&#234;me de la guerre russo-ukrainienne montre que m&#234;me sur cette base, on ne ferait nullement dispara&#238;tre la possibilit&#233; de guerres. En l'esp&#232;ce, au d&#233;part, la Russie a mis en avant des motivations d'un autre type pour son invasion : la menace pour sa s&#233;curit&#233; que repr&#233;senterait le passage de l'Ukraine dans le camp occidental, le caract&#232;re suppos&#233; &#8216;nazi' du r&#233;gime de Kiev, ou le traitement des russophones. Elle ne parlait pas d'annexion avant, et cela n'est venu qu'apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il reste que poser le principe de l'inviolabilit&#233; des fronti&#232;res fait peser sur l'agresseur la menace d'une r&#233;probation large et d'un statut juridique flou et d&#233;savantageux. Cela joue donc sans doute un r&#244;le utile, y compris dans des zones comme l'Afrique o&#249; la plupart des fronti&#232;res sont tr&#232;s artificielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, l'examen des pr&#233;c&#233;dents depuis 1945 montre que m&#234;me s'il a servi de r&#232;gle de base, le principe a connu une existence souvent chaotique. On a pu r&#233;guli&#232;rement s'assoir dessus, et m&#234;me justifier son exact contraire, parfois par de grands arguments moralisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dissolution des empires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le changement de souverainet&#233; le plus massif et le plus &#233;vident a &#233;t&#233; l'explosion des empires coloniaux, qui &#233;taient apr&#232;s tout des r&#233;alit&#233;s juridiques reconnues (avec parfois int&#233;gration dans la m&#233;tropole comme en Alg&#233;rie), et leurs fronti&#232;res aussi. Dans ce processus, la violence a souvent jou&#233; un r&#244;le important, parfois d&#233;cisif, au moins comme menace contre le colonisateur (guerres dites de lib&#233;ration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a alors tent&#233; de maintenir le principe du respect des fronti&#232;res h&#233;rit&#233;es de la dislocation de ces empires, et cela a en g&#233;n&#233;ral plut&#244;t fonctionn&#233; jusqu'ici, m&#234;me si elles &#233;taient et restent artificielles. Cela dit, la violence est r&#233;guli&#232;rement intervenue ici ou l&#224; pour les red&#233;finir : pour imposer une partition (Empire des Indes, puis Pakistan et Bengladesh, Soudan), ou au contraire pour l'emp&#234;cher (r&#233;unification du Vietnam), ou encore pour annexer un territoire (Rio de Oro, Nouvelle-Guin&#233;e occidentale). En Somalie, successivement on a rassembl&#233; deux colonies, puis elles se sont s&#233;par&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre cas, celui des empires communistes, sovi&#233;tique et yougoslave, le principe n'a pas emp&#234;ch&#233; la terrible guerre qui a d&#233;chir&#233; une Bosnie Herz&#233;govine artificielle, avec son issue bancale. Et surtout on a joyeusement promu l'ind&#233;pendance du Kosovo, pourtant partie int&#233;grante de la Serbie. Certes, en ex-URSS, la reprise des fronti&#232;res intra-sovi&#233;tiques s'&#233;tait faite dans l'ensemble sans guerre. Mais c'&#233;tait sur des bases assez friables, notamment au vu des importantes minorit&#233;s notamment russophones, comme la guerre en cours le rappelle (apr&#232;s le pr&#233;c&#233;dent en Oss&#233;tie et Abkhazie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un principe qui reste imparfait&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs la mise en &#339;uvre du principe peut aboutir &#224; des r&#233;sultats embarrassants. Prenons le cas de Taiwan, reconnue comme partie int&#233;grante de la Chine par la plupart des Etats. Le respect des fronti&#232;res reconnues, compris litt&#233;ralement, va ici manifestement dans le sens de P&#233;kin. Ce qui choque. Et donc on cherche &#224; moduler le principe. Mais on ne peut prendre une position contraire que de deux mani&#232;res, qui posent toutes deux probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit en consid&#233;rant qu'une fronti&#232;re m&#234;me contestable au d&#233;part devient l&#233;gitime avec le temps, ce qu'en pratique on fait assez largement, et c'est apr&#232;s tout en g&#233;n&#233;ral prudent. Mais aller dans ce sens donne une prime &#224; la modification de fait d'une fronti&#232;re, si celui qui l'op&#232;re arrive &#224; la tenir assez longtemps : d'o&#249; nagu&#232;re le nettoyage ethnique dans le nord de Chypre. Sauf obstacle militaire, le Venezuela pourra d&#232;s lors s'emparer de l'Essequibo et le peupler de V&#233;n&#233;zu&#233;liens : &#224; la longue, cela passera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit en se calant sur des proc&#233;dures d'autod&#233;termination ; et de fait il y aurait bien des motifs pour modifier des fronti&#232;res qui ici ou l&#224; sont contraires &#224; la r&#233;alit&#233; des populations. Mais si on retient ce crit&#232;re, on risque justement de conduire &#224; des remises en causes nombreuses des fronti&#232;res existantes par toutes sortes de s&#233;paratistes, ou d'intervenant ext&#233;rieur, du plus souple au plus violent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci met en lumi&#232;re une autre limite du principe, qui est qu'en un sens il repose, dans une majorit&#233; de cas, sur une tautologie : si en effet on est d'accord sur l'endroit o&#249; se situe la fronti&#232;re, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale elle n'est pas remise en cause, et le principe n'apporte rien. Il ne sert finalement que pour tenter de geler les situations contest&#233;es, mais existant de fait. Or en soi il n'y a pas de raison de choisir toujours le statu quo, et moralement cela peut m&#234;me &#234;tre choquant. En outre, par un paradoxe apparent, la f&#233;tichisation des fronti&#232;res peut parfois conduire &#224; ce que soient men&#233;es des op&#233;rations r&#233;voltantes afin d'aligner les populations sur les fronti&#232;res, comme les &#233;purations ethniques &#224; Chypre, en Yougoslavie, et encore r&#233;cemment au Haut Karabakh.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire enfin des fronti&#232;res maritimes, l&#224; o&#249; il n'y a pas de crit&#232;re de population et o&#249; les droits historiques sont bien plus flous ? O&#249; est la juste fronti&#232;re en Mer de Chine m&#233;ridionale, que la Chine occupe pour l'essentiel &#224; l'indignation des autres riverains ? Et que vaudront les autres droits historiques, actuellement respect&#233;s, lorsque les enjeux deviendront r&#233;ellement importants, soit en termes de s&#233;curit&#233; ou de contr&#244;le des routes maritimes, soit au vu des richesses sous-marines ? La France a peut-&#234;tre ici quelques soucis &#224; se faire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, ce &#8216;principe' a rendu de r&#233;els services ici ou l&#224;. C'est un moyen de calmer le jeu. Comme on l'a dit, ce n'est pas &#224; m&#233;priser. Mais &#224; condition de ne pas le voir comme le grand principe moral qu'on tend &#224; en faire ; c'est simplement une r&#232;gle pratique, pragmatique, permettant de maintenir la paix dans bien des cas. Ni plus, ni moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/les-modifications-de-frontieres-par-la-force-une-question-de-morale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/les-modificati...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaza, migrations : peut-on parler de conflits de civilisations ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Gaza-migrations-peut-on-parler-de-conflits-de-civilisations.html</link>
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		<dc:date>2023-12-10T16:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Conflit de civilisations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'actualit&#233; r&#233;cente a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une recrudescence de crimes gratuits li&#233;s &#224; l'immigration. Le milieu m&#233;diatique et politique tend &#224; les relativiser ; l'opinion publique est bien plus s&#233;v&#232;re et inqui&#232;te ; elle reconna&#238;t qu'il y a l&#224; un grave probl&#232;me. Ces incidents entrent en outre en r&#233;sonance avec la guerre en cours &#224; Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pour autant parler de conflit de civilisation ? de guerre civile potentielle ? C'est ce que font E. Zemmour et d'autres. Mais la r&#233;flexion montre qu'il y a danger &#224; appliquer cette grille de lecture sur le conflit &#224; Gaza et a fortiori sur la situation nationale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est imp&#233;ratif d'agir, et vite, mais sans jouer le conflit frontal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Migrations-+.html" rel="tag"&gt;Migrations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Conflit-de-civilisations-+.html" rel="tag"&gt;Conflit de civilisations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'actualit&#233; r&#233;cente a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une recrudescence de crimes gratuits li&#233;s &#224; l'immigration. Le milieu m&#233;diatique et politique tend &#224; les relativiser ; l'opinion publique est bien plus s&#233;v&#232;re et inqui&#232;te ; elle reconna&#238;t qu'il y a l&#224; un grave probl&#232;me. Ces incidents entrent en outre en r&#233;sonance avec la guerre en cours &#224; Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pour autant parler de conflit de civilisation ? de guerre civile potentielle ? C'est ce que font E. Zemmour et d'autres. Mais la r&#233;flexion montre qu'il y a danger &#224; appliquer cette grille de lecture sur le conflit &#224; Gaza et a fortiori sur la situation nationale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est imp&#233;ratif d'agir, et vite, mais sans jouer le conflit frontal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des conflits de civilisations au niveau international ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau international j'ai abord&#233; la question dans &#8216;&lt;i&gt;Des conflits de civilisations, ou des id&#233;ologies de combat ?&lt;/i&gt;' (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Des-conflits-de-civilisations-ou-des-ideologies-de-combat.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Des-c...&lt;/a&gt;). On conna&#238;t la th&#232;se de S. Huntington fond&#233;e sur la dominante future de &#8216;conflits de civilisation'. Elle suppose non seulement que plusieurs grandes civilisations garderont une forte sp&#233;cificit&#233;, mais surtout que c'est leur diff&#233;rence qui sera le facteur principal qui d&#233;terminera &#224; l'avenir la logique des conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;flexion montre que cela ne va pas de soi, m&#234;me s'il y a derri&#232;re une intuition int&#233;ressante. Le fait est que la sp&#233;cificit&#233; des nations et civilisations se maintiendra voire se renforcera, plus qu'on tend &#224; le penser. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, ce qui structurera les rapports de force entre pays, loin d'&#234;tre cette sp&#233;cificit&#233; des civilisations, sera comme de temps imm&#233;morial la rivalit&#233; des puissances, qui ne co&#239;ncident pas avec les civilisations, tant s'en faut. Et si la dimension culturelle contribuera certainement &#224; ces conflits, ce sera en g&#233;n&#233;ral sous une autre forme que la civilisation : celle de l'id&#233;ologie. En effet, pour qu'il y ait conflit opposant des pays de civilisation diff&#233;rentes, per&#231;u comme opposant deux visions du monde, il faut un support id&#233;ologique &#224; cette opposition, et le facteur d&#233;cisif sera alors cette id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela reste vrai notamment dans le cas de l'islam. D'une part, il est loin d'&#234;tre homog&#232;ne et est susceptible de lectures assez diverses. Les fractures entre musulmans sont importantes et irr&#233;ductibles. D'autre part, voir le monde comme r&#233;duit &#224; un antagonisme global entre Islam et Occident fait courir le risque pr&#233;cis&#233;ment de pousser le monde musulman dans la mauvaise direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne doit pas conduire &#224; ignorer deux faits. Le premier est le tr&#232;s puissant ressort id&#233;ologique, pr&#233;sent dans l'Islam d&#232;s les origines : une valorisation du combat et de la conqu&#234;te sous forme de guerre sainte qui en fait un facteur majeur de radicalisation des conflits quand il est &#224; l'&#339;uvre. Le deuxi&#232;me est la solidarit&#233; qui na&#238;t assez naturellement dans les foules musulmanes lorsqu'elles per&#231;oivent une attaque contre l'Ummah, la communaut&#233; cens&#233;e unir tous les musulmans du monde. Ces deux ressorts ne sont pas automatiques, mais ils sont r&#233;currents et puissants. Cela donne &#224; l'islam une place toute particuli&#232;re parmi les religions, dont aucune autre ne pr&#233;sente ces caract&#233;ristiques : la violence ou la solidarit&#233; peuvent &#233;videmment y appara&#238;tre, mais elles n'y sont pas structurantes ou constitutives. Ces traits sp&#233;cifiques de l'Islam ne doivent pas &#234;tre ignor&#233;s, mais ils ne sont pas automatiques : la majorit&#233; des musulmans est plut&#244;t paisible, et la solidarit&#233; atteint vite ses limites. Il faut donc &#233;viter de nourrir ce genre de d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous met sur la piste d'un autre risque, qui est celui de l'id&#233;ologisation de l'autre camp, le camp dit occidental, notamment sous h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, dans la mesure o&#249; elle se veut &#224; vocation universelle et apte &#224; discerner seule le camp du Bien du camp du Mal, tout en instrumentalisant ces ressorts. Ce qui conduit &#224; une forme de radicalisation ou d'antagonisation radicale, qui peut &#234;tre per&#231;ue par les autres comme conflit de civilisation. On voit cette mobilisation &#224; l'&#339;uvre dans le cas de la guerre en Ukraine ; pourtant la dimension id&#233;ologique y est pr&#233;pond&#233;rante et non le suppos&#233; conflit de civilisation, d'autant qu'Ukraine et Russie appartiennent d'&#233;vidence &#224; la m&#234;me aire de civilisation, comme Huntington le notait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on prend la situation &#224; Gaza, l'extraordinaire barbarie d&#233;ploy&#233;e par le Hamas le 7 octobre, analogue &#224; d'autres &#233;pisodes impliquant le monde arabo-musulman (comme les pratiques du FLN pendant la guerre d'Alg&#233;rie) a conduit certains &#224; identifier dans la guerre qui a suivi un conflit de civilisation. Ce qui est l&#224; aussi &#224; la fois abusif et dangereux. Certes, les deux adversaires appartiennent &#224; des ensembles civilisationnels diff&#233;rents, et leur opposition en porte les marques dans leurs comportements. Mais ce qui est en jeu en l'esp&#232;ce est d'abord un probl&#232;me tr&#232;s sp&#233;cifique, celui de la Palestine, avec un pays pour deux peuples sans rien de commun ; un rare exemple de conflit dont il est difficile d'esp&#233;rer la solution, comme je le rappelle dans mon article &lt;i&gt;Le conflit isra&#233;lo-palestinien : la frustration d'un conflit sans bonne solution&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;). En outre, le Hamas repr&#233;sente un courant islamiste sp&#233;cifique, celui des Fr&#232;res musulmans, nullement repr&#233;sentatif de la grande majorit&#233; des musulmans et moins encore de leurs gouvernements, m&#234;me si l'effet de solidarit&#233; au sein de l'Ummah y active les &#233;motions collectives. Et d'ailleurs, la guerre reste &#224; ce stade circonscrite, et ne para&#238;t pouvoir s'&#233;tendre que si l'Iran s'y r&#233;sout, mobilisant ses alli&#233;s dans la zone. Cons&#233;quemment, une des priorit&#233;s des pays tiers, notamment occidentaux, est ou devrait &#234;tre de souligner le besoin d'une solution &#233;quitable, et non pas de se mobiliser comme pour l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fracture majeure dans nos pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immigration massive et croissante que connaissent les pays d'Europe et notamment la France conduit &#224; la cohabitation de populations appartenant &#224; des civilisations diff&#233;rentes, ce qui a conduit l&#224; encore certains &#224; &#233;voquer le conflit de civilisations ou encore la guerre civile. Mais l&#224; encore, l'approche dans ces termes est abusive et dangereuse, m&#234;me si le probl&#232;me est r&#233;el et consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'abord important de rappeler que les divisions au sein de nos soci&#233;t&#233;s sont majeures et tr&#232;s pr&#233;occupantes, en dehors de la question des migrants : ce sont des divisions id&#233;ologiques tellement fortes qu'elles s'apparentent &#224; l'opposition de cultures diff&#233;rentes, comme je le souligne dans mon article &lt;i&gt;Vivre ensemble ou se supporter&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Vivre-ensemble-ou-se-supporter.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Vivre...&lt;/a&gt;), Notamment avec l'h&#233;g&#233;monie, croissante dans le milieu culturel et m&#233;diatique, d'une id&#233;ologie d&#233;sormais wokiste, intersectionnelle ou islamogauchiste, fonci&#232;rement destructive et au fond nihiliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des migrations, le risque majeur et extr&#234;mement inqui&#233;tant est celui d'une modification en profondeur de la composition de la population, accompagn&#233;e d'un assimilation faible et d'une tendance croissante des populations concern&#233;es &#224; ne pas s'identifier &#224; la communaut&#233; nationale d'accueil. De plus en plus d'observateurs comme J&#233;r&#244;me Fourquet ont confirm&#233; le ph&#233;nom&#232;ne. Or si on prolonge les courbes des chiffres, on aboutit &#224; de fortes minorit&#233;s allog&#232;nes, puis une majorit&#233; des naissances, puis une majorit&#233; tout court (voir mon article &lt;i&gt;Les migrations peuvent-elles d&#233;boucher sur un changement en profondeur de la population ?&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Les-migrations-peuvent-elles-deboucher-sur-un-changement-en-profondeur-de-la.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Les-m...&lt;/a&gt; ). Dans ces conditions, l'effet de masse rendra plus difficile que jamais l'assimilation et m&#234;me l'int&#233;gration. Au niveau politique, les &#233;meutes de juillet 2023 nous rappellent les effets d&#233;l&#233;t&#232;res de cette &#233;volution. S'y combine un autre ph&#233;nom&#232;ne r&#233;p&#233;t&#233;, celui des attentats islamistes, souvent au couteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cumul&#233; avec l'effet id&#233;ologique pr&#233;c&#233;dent, cela d&#233;bouche sur la d&#233;composition de la base m&#234;me de la vie commune, comme je le montre dans &lt;i&gt;Migrations, d&#233;constructions : quel avenir pour l'identit&#233; nationale ?&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Migrations-deconstructions-quel-avenir-pour-l-identite-nationale.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Migra...&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il pour autant l&#233;gitime de parler de conflit de civilisation ou de guerre civile ? A nouveau, le fait de la diff&#233;rence culturelle est bien r&#233;el, et sa persistance, voire sa radicalisation, sont des &#233;volutions dangereuses auxquelles on ne peut en aucun cas se r&#233;signer. Notons cependant qu'il faut bien analyser ces faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord bien comprendre le r&#244;le respectif de l'identification culturelle ou nationale, et de l'islam. Ce dernier est &#233;videmment directement impliqu&#233;, parce que revendiqu&#233; dans les attentats islamistes ; mais justement il s'agit de l'islamisme. Or si, comme on l'a vu, l'islam pr&#233;sente des caract&#233;ristiques fortes et notamment celle de nourrir &#224; l'occasion une exaltation du combat et de la conqu&#234;te, l'islamisme y reste un ph&#233;nom&#232;ne particulier et minoritaire :&lt;i&gt; il convient donc de viser la s&#233;paration entre cette minorit&#233; islamiste et les autres musulmans et certainement pas de les amalgamer dans un m&#234;me camp&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'identification nationale ou culturelle &#233;trang&#232;re, que mettent en &#233;vidence des &#233;v&#233;nements r&#233;currents comme r&#233;cemment les &#233;meutes de juillet ou l'attaque de Cr&#233;pol, n'est pas sans lien avec l'islam qui en est une dimension importante ; mais ce n'est pas directement l'islam qui para&#238;t &#234;tre &#224; l'origine de ces &#233;v&#233;nements-l&#224;. Cette identification au pays d'origine est donc un autre ph&#233;nom&#232;ne, qui r&#233;sulte directement de l'absence d'assimilation et d'identification &#224; la communaut&#233; nationale d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une conclusion partielle : il est important de ne pas nourrir l'identification entre religion et culture ou appartenance d'origine ; mais on ne peut pas pour autant traiter l'islam comme n'importe quelle autre religion, d'autant que l'islam contient un projet pour la soci&#233;t&#233;, une loi sp&#233;cifique (&lt;i&gt;charia&lt;/i&gt;). Ce qui veut dire en terme concrets que la la&#239;cit&#233; &#224; la fran&#231;aise n'est souvent pas le bon outil, car elle met toutes les religions sur le m&#234;me plan. Elle en fait donc selon les cas trop ou trop peu, et ne fournit pas les outils d'un traitement ad&#233;quat de l'islam. J'ai &#233;voqu&#233; en son temps cette question dans &lt;i&gt;Violence, religions et la&#239;cit&#233;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Violence-religions-et-laicite.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Viole...&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire, au niveau interne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc agir des deux c&#244;t&#233;s mais de fa&#231;on distincte. D'un c&#244;t&#233;, il faut reconna&#238;tre la sp&#233;cificit&#233; de l'islam, &#224; laquelle s'ajoute dans le cas du sunnisme l'absence de structuration et donc d'organisme repr&#233;sentatif naturel ainsi que la pr&#233;sence massive d'imams &#233;trangers plus ou moins radicaux. L'objectif est alors de donner aux musulmans paisibles un cadre &#224; l'expression l&#233;gitime de leur religion, tout en luttant activement contre les radicalismes divers, notamment les tendances islamistes, et les emprises ext&#233;rieures. Il faut donc une l&#233;gislation sp&#233;cifique &#224; l'islam. Les juristes devront s'y faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DD'un autre c&#244;t&#233;, la question centrale est &#224; la fois quantitative et culturelle. Pour faire rapide, l'urgence est &#233;videmment d'abord &#224; l'arr&#234;t &#233;nergique de l'immigration. Sans cet arr&#234;t, aucune perspective d'int&#233;gration et encore moins d'assimilation n'est cr&#233;dible. Le point suivant est justement l'assimilation des populations pr&#233;sentes, assimilation plus qu'int&#233;gration car cette derni&#232;re peut se comprendre comme la cohabitation de communaut&#233;s distinctes, du moment que cela reste dans l'ensemble paisible. Or cette perspective n'est pas cr&#233;dible sur la dur&#233;e. Inversement, assimilation ne signifie pas automatiquement &#233;limination radicale de toute sp&#233;cificit&#233; ; l'important est de nourrir les &#233;l&#233;ments essentiels de la culture commune d'une part, la loyaut&#233; et la fid&#233;lit&#233; &#224; l'&#233;gard de la communaut&#233; nationale de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est certainement pas en brandissant le spectre de la guerre civile qu'on peut y parvenir, mais par une s&#233;rie de mesures exigeantes : suppression du droit du sol, perte de nationalit&#233; dans le cas de comportements dissidents (terrorisme &#233;videmment, agitation nationaliste sur la base du pays d'origine etc.) et expulsion, contr&#244;le lors de l'octroi de la nationalit&#233; avec p&#233;riodes probatoires avant et apr&#232;s, etc. Plus &#233;videmment des mesures d'aide &#224; l'int&#233;gration puis &#224; l'assimilation, et notamment une r&#233;vision en profondeur des bases de l'&#233;ducation nationale, qui n'a plus rien de national bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est donc pas faux dans le diagnostic d'&#201;ric Zemmour, mais sa propension &#224; la radicalit&#233; du propos et ses p&#233;ch&#233;s mignons intellectuels le conduisent trop souvent &#224; des d&#233;clarations incendiaires. Encore une fois, il faut combiner la lucidit&#233; de la pens&#233;e et la vigueur dans l'action avec la conscience du fait qu'il ne faut en aucun cas radicaliser les antagonismes, et toujours ouvrir une porte &#224; ceux qui jouent le jeu de la solidarit&#233; nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'une guerre est juste ou pas s'appr&#233;cie dans le temps et cela peut changer avec les faits : Ukraine, Gaza </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Qu-une-guerre-est-juste-ou-pas-s-apprecie-dans-le-temps-et-cela-peut-changer.html</link>
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		<dc:date>2023-12-04T16:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Venant apr&#232;s la guerre d'Ukraine, la guerre &#224; Gaza a remis sur le devant de la sc&#232;ne la question de de la guerre juste. Mais la plupart des r&#233;actions se caract&#233;risent par une dominante extr&#234;mement &#233;motionnelle, certes compr&#233;hensible, mais qui envoie les uns et les autres dans des directions compl&#233;tement divergentes, et ne donne pas de rep&#232;res pour le jugement. Par ailleurs, il n'est que tr&#232;s rarement fait r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;flexion sur ce qu'on peut qualifier de guerre juste. Celle-ci est pourtant une aide pr&#233;cieuse pour le jugement et pour l'action. Et pour &#233;chapper aux manipulations &#224; pr&#233;texte moralisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point important qui est encore plus n&#233;glig&#233; : la possibilit&#233; que ce jugement puisse &#233;voluer dans le temps, en fonction du d&#233;roulement des op&#233;rations d'une part, de l'&#233;volution des buts de guerre r&#233;els de l'autre. Le fait qu'une guerre soit consid&#233;r&#233;e juste au d&#233;part, par exemple en r&#233;ponse &#224; une agression caract&#233;ris&#233;e, n'implique pas que les d&#233;cisions prises ult&#233;rieurement le soient aussi. Et il faut savoir reconna&#238;tre quand le d&#233;roul&#233; des combats et cons&#233;quemment l'&#233;volution des enjeux changent les donn&#233;es du raisonnement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Venant apr&#232;s la guerre d'Ukraine, la guerre &#224; Gaza a remis sur le devant de la sc&#232;ne la question de de la guerre juste. Mais la plupart des r&#233;actions se caract&#233;risent par une dominante extr&#234;mement &#233;motionnelle, certes compr&#233;hensible, mais qui envoie les uns et les autres dans des directions compl&#233;tement divergentes, et ne donne pas de rep&#232;res pour le jugement. Par ailleurs, il n'est que tr&#232;s rarement fait r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;flexion sur ce qu'on peut qualifier de guerre juste. Celle-ci est pourtant une aide pr&#233;cieuse pour le jugement et pour l'action. Et pour &#233;chapper aux manipulations &#224; pr&#233;texte moralisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point important qui est encore plus n&#233;glig&#233; : la possibilit&#233; que ce jugement puisse &#233;voluer dans le temps, en fonction du d&#233;roulement des op&#233;rations d'une part, de l'&#233;volution des buts de guerre r&#233;els de l'autre. Le fait qu'une guerre soit consid&#233;r&#233;e juste au d&#233;part, par exemple en r&#233;ponse &#224; une agression caract&#233;ris&#233;e, n'implique pas que les d&#233;cisions prises ult&#233;rieurement le soient aussi. Et il faut savoir reconna&#238;tre quand le d&#233;roul&#233; des combats et cons&#233;quemment l'&#233;volution des enjeux changent les donn&#233;es du raisonnement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les donn&#233;es du d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la justesse d'une guerre ne se limite pas &#224; la justesse de la cause d&#233;fendue, mais aussi &#224; la haute probabilit&#233; du succ&#232;s des op&#233;rations, et &#224; la conviction raisonnablement &#233;tablie que la situation r&#233;sultante sera sensiblement meilleure que ce qu'elle aurait &#233;t&#233; sinon. Tous facteurs de consid&#233;ration r&#233;aliste qui sont par nature &#233;volutifs. En ce sens donc, r&#233;alisme et moralit&#233; ne s'opposent pas : bien au contraire ils se combinent &#233;troitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, comme je l'ai soulign&#233; par ailleurs, la guerre une fois d&#233;clench&#233;e a sa logique (&lt;i&gt;Ukraine : la logique de la guerre ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e &#8211; m&#234;me par qui recherche la paix&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html)&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ukrai...&lt;/a&gt;. Comme je le disais dans cet article : qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment. Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent. Mais tant que ces facteurs de terminaison n'ont pas op&#233;r&#233; suffisamment, la guerre continue. Arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment signifierait en effet pour celui qui va dans ce sens non seulement que tous ses efforts ant&#233;rieurs ont &#233;t&#233; vains, pertes humaines et co&#251;ts mat&#233;riels en premier lieu, mais surtout cela reviendrait &#224; accepter une forme de d&#233;faite avant qu'elle soit acquise ; or il avait par hypoth&#232;se d&#233;cid&#233; de se battre. D&#232;s lors il continue, et l'adversaire de m&#234;me. C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre d'Ukraine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons la guerre en Ukraine. Sans remonter aux origines, il para&#238;t clair que la r&#233;sistance ukrainienne &#224; l'invasion russe &#233;tait une guerre juste. Corr&#233;lativement, il &#233;tait justifi&#233; pour les Europ&#233;ens et les Am&#233;ricains de vouloir &#233;viter une d&#233;ferlante russe qui aurait d&#233;s&#233;quilibr&#233; le continent, et donc d'aider les Ukrainiens, en particulier par des armes. En revanche, l'ampleur des sanctions &#233;conomiques &#233;tait totalement disproportionn&#233;e et courait un risque &#233;lev&#233; d'&#234;tre contreproductive. Sur ce dernier plan, les faits ont confirm&#233; cette analyse : la perte s&#232;che de plus de 100 milliards d'actifs europ&#233;ens en Russie a &#233;t&#233; une grave sottise, sans parler du co&#251;t de le guerre, direct ou indirect ; parall&#232;lement, la Russie a progressivement r&#233;orient&#233; son activit&#233; en la rendant bien plus autonome et surtout travaille &#224; ressusciter son complexe militaro-industriel, dans la tradition sovi&#233;tique, ce qui n'est certainement pas une &#233;volution souhait&#233;e par le c&#244;t&#233; europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au terrain principal, qui est la guerre elle-m&#234;me, la perspective d'une victoire ukrainienne est d&#233;sormais plus &#233;loign&#233;e que jamais. Si donc la r&#233;action initiale &#233;tait justifi&#233;e, le jugement &#224; porter n'est plus le m&#234;me. Ni les chances de gain, ni la perspective d'une situation meilleure ne sont favorables. Et une escalade occidentale, que certains appellent de leur v&#339;ux, serait d&#233;vastatrice. En termes clairs, pour les Ukrainiens la recherche d'une solution de paix devient de plus en plus seule pertinente, ou au moins de cessation des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre &#224; Gaza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant &#224; Gaza (voir ici mon article &lt;i&gt;Le conflit de Gaza est-il une guerre juste ?&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-de-Gaza-est-il-une-guerre-juste.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;. De la m&#234;me fa&#231;on, l'agresseur imm&#233;diat et caract&#233;ris&#233; le 7 octobre dernier est le Hamas, marqu&#233; en outre par une barbarie r&#233;v&#233;latrice. De plus, le programme du Hamas pr&#233;voit la destruction d'Isra&#235;l, et il para&#238;t cr&#233;dible que telle est bien leur but. D&#232;s lors l'attaque d'Isra&#235;l sur Gaza par para&#238;t justifi&#233;e en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse ici de c&#244;t&#233; une question pourtant importante : celle des modalit&#233;s de l'op&#233;ration, notamment &#224; l'&#233;gard des civils, car y r&#233;pondre suppose une information qui me para&#238;t actuellement trop parcellaire. Certes, &#224; partir du moment o&#249; un pouvoir politique utilise sa population comme bouclier, on voit mal comment l'&#233;radiquer sans des dommages sur celle-ci ; encore faut-il les r&#233;duire le plus possible, et pour cela il faut savoir dans quelle mesure la m&#233;thode suivie par Isra&#235;l le fait. Je laisse donc ce d&#233;bat ouvert &#224; ce stade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le point qui nous concerne plus directement ici est la suite des op&#233;rations. D'un c&#244;t&#233;, la guerre suscite des r&#233;actions &#233;motionnelles consid&#233;rables, notamment dans le monde arabo-musulman, mais aussi ailleurs dans le monde. On peut certes souligner qu'il y a l&#224; deux poids et deux mesures par rapport &#224; bien d'autres situations souvent plus douloureuses pour des populations elles aussi musulmanes, mais qui ne suscitent pas les m&#234;mes indignations bruyantes (Iraq contre Daech avec notamment la prise de Mossoul, Syrie, Y&#233;men, Ouigours etc.). Ce qui est vrai ; mais il faut n&#233;anmoins prendre en compte la r&#233;alit&#233; de cette diff&#233;rence de traitement, sans doute due en bonne partie au fait qu'ici l'autre protagoniste (Isra&#235;l) est per&#231;u comme occidental. Une telle r&#233;action peut avoir &#233;ventuellement des cons&#233;quences g&#233;opolitiques non n&#233;gligeables, et pourrait d&#233;raper en guerre &#233;largie dans la r&#233;gion &#8211; m&#234;me si ce n'est pas le plus probable &#224; ce stade. Sous un autre angle, on constate la m&#234;me pression &#233;motionnelle en Isra&#235;l, pays d&#233;mocratique obs&#233;d&#233; par la question des otages et par l&#224; vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, en soi la logique de l'op&#233;ration isra&#233;lienne est de finir ce qui a &#233;t&#233; commenc&#233; : si la guerre s'arr&#234;te demain sans &#233;limination de l'essentiel des forces du Hamas, d'une certaine mani&#232;re son effet sera limit&#233;, et par l&#224; sa justification &#233;ventuelle r&#233;duite. Toutes choses &#233;gales par ailleurs, au point o&#249; ils en sont, il peut &#234;tre alors l&#233;gitime pour Isra&#235;l de continuer. Cela dit, la pression, notamment externe, peut conduire &#224; une issue hybride, qui risque de ne rien clarifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il est une autre consid&#233;ration qui sera d&#233;cisive pour appr&#233;cier la justesse de cette guerre : ce que fera Isra&#235;l sur la question palestinienne. On ne peut en effet appr&#233;cier le juste fondement d'une guerre que dans une perspective longue, en consid&#233;rant l'ensemble de la situation. Et donc, comme je le disais &#224; ce sujet dans l'article en question, soit Isra&#235;l propose &#224; un moment appropri&#233; un plan de paix raisonnablement cr&#233;dible, donc avec une forme ou une autre d'Etat palestinien (hors Hamas &#233;videmment) ; mais cela suppose la viabilit&#233; des territoires palestiniens, et donc un abandon de la colonisation en Cisjordanie, y compris d'une part appr&#233;ciable de celle d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e. Soit Isra&#235;l &#233;carte cette hypoth&#232;se et poursuit sa politique de r&#233;duction progressive des territoires palestiniens. Mais cela signifie alors que le probl&#232;me subsistera int&#233;gralement ; la seule stabilisation possible de la situation impliquerait alors d'une mani&#232;re ou d'une autre le d&#233;part des Palestiniens, ce qui n'est ni juste, ni cr&#233;dible : ils ne partent pas, et leur natalit&#233; est forte. D'un point de vue de la guerre juste, dans cette deuxi&#232;me hypoth&#232;se l'objectif de la guerre devient contestable ; en tout cas elle ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de guerre juste. Dit autrement, en supposant m&#234;me que la conduite de la guerre soit acceptable, une op&#233;ration aussi violente et brutale que l'intervention chirurgicale en cours sur Gaza ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de juste, que si, par un paradoxe apparent, elle s'accompagne au moment appropri&#233; d'une offre de paix cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, &#224; nouveau, le d&#233;luge d'&#233;motions contradictoires que suscitent ces conflits, surtout le dernier, est sans commune mesure avec les consid&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Mais cela n'enl&#232;ve rien &#224; celles-ci : c'est en regardant les r&#233;alit&#233;s en face qu'on peut progresser. D'autant que l'utilisation abusive d'arguments moralisants par les divers camps en pr&#233;sence exige de prendre du recul. Plus que jamais, l'utilisation d'arguments moraux dans des conflits suppose une analyse lucide et attentive, en outre susceptible d'&#233;voluer dans le temps. La raisonnement prudentiel est une chose, la vengeance ou l'&#233;motion incontr&#244;l&#233;e une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru le 3 d&#233;cembre 2023 sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/quune-guerre-est-juste-ou-pas-sapprecie-dans-le-temps-et-cela-peut-changer-avec-les-faits-ukraine-gaza/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/quune-guerre-e...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le paradoxe du terrorisme : r&#233;voltant, inhumain, mais en d&#233;finitive inefficace</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Le-paradoxe-du-terrorisme-revoltant-inhumain-mais-en-definitive-inefficace.html</link>
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		<dc:date>2023-10-10T15:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Palestiniens</dc:subject>
		<dc:subject>Terrorisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous sommes tous marqu&#233;s par le terrible massacre en Isra&#235;l : un massacre de civils paisibles et sans d&#233;fense, et prise d'otages massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'&#233;voquerai ici un point plus sp&#233;cifique : y a-t-il dans certains cas au moins une l&#233;gitimit&#233; possible au terrorisme comme forme de lutte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est non, et plus g&#233;n&#233;ralement, le terrorisme se r&#233;v&#232;le presque toujours comme stupidement contre-productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes tous marqu&#233;s par le terrible massacre du 7 octobre en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait central est ce massacre de civils paisibles et sans d&#233;fense &#224; bout portant et de sang-froid, ces manifestations de m&#233;pris total des victimes ; et bien s&#251;r la prise d'otages, qui consiste &#224; sp&#233;culer cyniquement sur les sentiments humains de la partie adverse en ayant choisi soi-m&#234;me de n'avoir aucun sentiment humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant une telle situation, l'attention prioritaire se porte &#233;videmment d'un c&#244;t&#233; sur le drame humanitaire, et d'un autre c&#244;t&#233; sur la situation politico-militaire induite, sur place et plus largement au Proche Orient. Mais j'&#233;voquerai ici un point plus sp&#233;cifique : y a-t-il une l&#233;gitimit&#233; possible au terrorisme comme forme de lutte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'esp&#232;ce, certains tentent de justifier l'action qui a &#233;t&#233; men&#233;e par l'attitude d'Isra&#235;l : le grignotage r&#233;gulier des territoires palestiniens par la colonisation, et l'absence de perspective de paix. Ces arguments sont r&#233;els ; mais comme on le verra ils ne justifient pas le terrorisme. Plus encore, ce dernier ne pousse qu'&#224; l'aggravation de la situation, y compris du c&#244;t&#233; de la population palestinienne. Et plus g&#233;n&#233;ralement, le terrorisme se r&#233;v&#232;le presque toujours comme stupidement contre-productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terrorisme et th&#233;orie de la guerre juste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que le terrorisme est une forme de guerre. Regardons donc lieu ce que nous dit la tradition de la guerre juste. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, telle qu'elle est d&#233;velopp&#233;e par exemple par l'Eglise (Cat&#233;chisme au n&#176; 2307) elle s'inscrit dans le cadre d'un l&#233;gitime d&#233;fense et est soumise &#224; de &#171; strictes conditions &#187; : &#171; il faut &#224; la fois : que le dommage inflig&#233; par l'agresseur [&#8230;] soit durable, grave et certain ; que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces ; que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s ; que l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer &#187;. Cela para&#238;t de bon sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque du Hamas ne r&#233;pond pas &#224; ces conditions, et notamment certainement pas aux deux derni&#232;res. Non seulement du fait du rapport de forces, qui est tel qu'il n'y a aucune chance qu'Isra&#235;l recule sur quelque dimension que ce soit dans le contentieux qui l'oppose aux diff&#233;rentes parties palestiniennes ; mais du fait de la m&#233;thode : un terrorisme cynique, cruel et implacable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul but final acceptable est en effet une situation de paix au moins relative ; mais justement le terrorisme l'exclut : comment peut-on envisager une paix avec des gens qui pratiquent ce genre de m&#233;thodes sur des civils ? Des gens qui ne vous voient pas comme des &#234;tres humains, mais comme des jouets vivants dont il faut exploiter la souffrance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen des faits historiques confirme en outre que le terrorisme est une impasse, d&#232;s lors que le co&#251;t d'un abandon par l'adversaire ainsi attaqu&#233; appara&#238;t trop &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le terrorisme comme impasse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; les Palestiniens ont une longue histoire du caract&#232;re improductif de ces m&#233;thodes, compte tenu du rapport de forces. Prenons les Intifada ; elles sont intervenues alors que beaucoup de Palestiniens allaient r&#233;guli&#232;rement travailler en Isra&#235;l. Non seulement donc les populations se c&#244;toyaient, mais il pouvait assez naturellement se d&#233;velopper &#224; terme une situation inextricable, o&#249; toute s&#233;paration des populations allait devenir impraticable. Compte tenu de la d&#233;mographie palestinienne, cela signifiait, toujours &#224; terme, une majorit&#233; arabe dans cet ensemble. Et donc une possibilit&#233; forte pour le c&#244;t&#233; palestinien de finir soit par l'emporter, soit par peser lourd dans un ensemble mixte. L'intifada a conduit au contraire &#224; une s&#233;paration relativement stricte &#8211; sauvant de fait la vision d'un Isra&#235;l essentiellement juif. Certes, accepter cette situation paisiblement pouvait para&#238;tre beaucoup demander au c&#244;t&#233; palestinien. Mais quand on voit la situation o&#249; ils sont maintenant, c'&#233;tait certainement bien moins douloureux et d&#233;sesp&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera plus g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s peu de cas d'un terrorisme ayant obtenu un succ&#232;s quelconque, m&#234;me relatif (je parle de terrorisme, pas de gu&#233;rilla). Le seul qui vient naturellement &#224; l'esprit est celui du FLN, gr&#226;ce aux accords d'Evian, qui lui a donn&#233; le contr&#244;le de l'Alg&#233;rie alors m&#234;me que sur le terrain militaire il &#233;tait vaincu. Mais d'une part son adversaire, la France, pouvait envisager sans difficult&#233; de vivre sans l'Alg&#233;rie. D'autre part, le choix du g&#233;n&#233;ral de Gaulle non pas de donner l'ind&#233;pendance, mais de livrer ce pays au FLN, s'est r&#233;v&#233;l&#233; une tragique erreur, tant imm&#233;diatement que sur la dur&#233;e. S'est install&#233; &#224; Alger un pouvoir tyrannique, corrompu et inefficace, dont les Alg&#233;riens sont les premi&#232;res victimes, et qui cultive depuis 60 ans une haine morbide de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire face au terrorisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse varie n&#233;cessairement selon les situations, et il est &#233;videmment recommandable d'op&#233;rer le plus intelligemment possible, en gardant constamment &#224; l'esprit que le but final est la paix, et que la paix suppose aussi des gestes appropri&#233;s : la force par elle-m&#234;me ne la donne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il reste qu'avec les terroristes eux-m&#234;mes, le recours d&#233;termin&#233; &#224; la force s'impose : ce sont en r&#233;alit&#233; des assassins plus que des combattants, et avec eux, on ne n&#233;gocie pas. Encore moins avec les preneurs d'otages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS S'agissant de la question de la paix dans la r&#233;gion, pour faire simple il faudrait tr&#232;s probablement que coexistent deux Etats. Mais cela suppose au minimum d'un c&#244;t&#233; qu'Isra&#235;l renonce &#224; coloniser puis annexer la Cisjordanie ; et d'un autre c&#244;t&#233; que les Palestiniens renoncent &#224; la remise en cause d'Isra&#235;l. Le premier point vise l'actuelle direction isra&#233;lienne, clairement d&#233;termin&#233; &#224; la colonisation. Mais elle a un excellent alibi : tant qu'un groupe terroriste continuera &#224; agir et notamment contr&#244;lera un bout de Palestine, il est d&#233;sormais plus que jamais &#233;vident qu'aucun gouvernement isra&#233;lien ne pourra n&#233;gocier avec lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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