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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Peu importe Bayrou : la menace de la dette est bien r&#233;elle.</title>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Crise fran&#231;aise</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le gouvernement Bayrou aux abois dramatise encore son message sur la menace de la dette fran&#231;aise. Par r&#233;action politiques et journalistes, de plus en plus nombreux, vous expliquent qu'il n'y a pas de probl&#232;me ou qu'il reste interne, purement entre Fran&#231;ais. Mauvaise pioche. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que le gouvernement Bayrou ait &#233;chou&#233; est un fait ; qu'Emmanuel Macron ait une &#233;crasante responsabilit&#233;, de m&#234;me. D'o&#249; un crise politique majeure. Mais dire que la dette ne repr&#233;sente pas une menace croissante et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Crise-francaise-+.html" rel="tag"&gt;Crise fran&#231;aise&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/deadline-6575676_640.webp?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le gouvernement Bayrou aux abois dramatise encore son message sur la menace de la dette fran&#231;aise. Par r&#233;action politiques et journalistes, de plus en plus nombreux, vous expliquent qu'il n'y a pas de probl&#232;me ou qu'il reste interne, purement entre Fran&#231;ais. Mauvaise pioche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le gouvernement Bayrou ait &#233;chou&#233; est un fait ; qu'Emmanuel Macron ait une &#233;crasante responsabilit&#233;, de m&#234;me. D'o&#249; un crise politique majeure. Mais dire que la dette ne repr&#233;sente pas une menace croissante et potentiellement d&#233;vastatrice est un signe de c&#233;cit&#233; grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Club de Paris, qui traite justement les questions de dette, j'ai &#233;voqu&#233; la question depuis longtemps (comme bien d'autres) et notamment encore en fin 2024 &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/Dette publique fran&#231;aise : le sympt&#244;me d'un mal politique - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;Dette publique fran&#231;aise : le symp...&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/La dette fran&#231;aise, risque g&#233;opolitique - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;La dette fran&#231;aise, risque g&#233;opol...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord fondamentalement, hors crise grave ou guerre, il n'y a aucun sens &#224; financer par la dette des d&#233;penses courantes, comme nous le faisons depuis 50 ans. Les autres aussi, mais nous plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite nous nous endettons en grande partie &#224; l'&#233;tranger, bien plus que les autres. Nous nous sommes mis dans la d&#233;pendance des march&#233;s. Et d'autant plus que nous ne contr&#244;lons pas notre monnaie, l'euro, qui est g&#233;r&#233;e au niveau de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin parce que l'Etat est en d&#233;ficit m&#234;me avant paiement des int&#233;r&#234;ts et emprunte donc chaque fois plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi alors ce petit jeu continue-t-il ? Parce que nous parvenons &#224; emprunter chaque ann&#233;e plus aupr&#232;s des march&#233;s, d'abord pour payer le d&#233;ficit de l'ann&#233;e, ensuite et surtout pour rembourser les emprunts tombant &#224; &#233;ch&#233;ance cette ann&#233;e-l&#224;. Comment est-ce possible ? Pour deux raisons principales. D'abord &#233;videmment du fait du maintien d'une richesse relative du pays. Ensuite et surtout gr&#226;ce au parapluie europ&#233;en : un avantage apparent, qui se r&#233;v&#232;le &#234;tre en r&#233;alit&#233; une calamit&#233;, puisqu'il aveugle &#224; la fois les Fran&#231;ais et les march&#233;s, comme il l'avait fait avant 2010 notamment pour la Gr&#232;ce. Voir ici &lt;a href='https://www.pierredelauzun.fr/L'Euro ensorceleur - Pierre de Lauzun | Le blog officiel' class=&#034;spip_url&#034;&gt;L'Euro ensorceleur - Pierre de La...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les arbres ne montent pas jusqu'au ciel. Et un enfant de 10 ans comprendrait qu'en demandant chaque ann&#233;e plus sans am&#233;liorer sa situation, un jour la branche cassera. Quand ? On ne sait pas. Les march&#233;s ne sont rationnels au mieux qu'&#224; long terme. Mais sans changement de cap cela arrivera, et ce sera d&#233;vastateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il est triste de voir un chroniqueur de talent des Echos, en g&#233;n&#233;ral mieux inspir&#233;, vous expliquer doctement (le 29 ao&#251;t 2025) que le FMI n'interviendra pas, avec tout ce que cela signifie d'aust&#233;rit&#233;, parce que la France n'a pas de probl&#232;me de balance des paiements courants, contrairement aux pays qui y ont eu recours. Car &#224; c&#244;t&#233; de cette balance, il y a celle des capitaux. Et si la France n'arrive plus &#224; emprunter pour payer les dettes qui tombent &#224; &#233;ch&#233;ance, elle aura un probl&#232;me majeur et devra trouver de l'argent. Soit aupr&#232;s du FMI - avec d'autres, soit sans argent FMI mais avec un programme d'ajustement de type FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc l&#224; o&#249; par le pass&#233; le d&#233;s&#233;quilibre venait en g&#233;n&#233;ral de la balance des paiements courants (celle des biens et services) , la France inaugurerait une formule nouvelle, fruit de l'accumulation d&#233;mentielle de dette publique qui caract&#233;rise la plupart des pays, mais o&#249; elle est champion : la crise de solvabilit&#233; pure d'un joueur qui ne sait pas s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La dette fran&#231;aise, risque g&#233;opolitique</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-dette-francaise-risque-geopolitique.html</link>
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		<dc:date>2024-12-23T17:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>G&#233;opolitique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;J'ai &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment la question de l'endettement public de la France. Voyons comment cela s'inscrit dans le jeu des relations g&#233;opolitiques, et quel est le risque possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de consensus politique et la c&#233;cit&#233; collective &#224; l'&#233;gard de la dette fran&#231;aise ne montrent aucun signe d'am&#233;lioration. Cela ne peut donc pas durer ind&#233;finiment, m&#234;me si on ne sait pas quand la branche cassera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dette est pour l'essentiel libell&#233;e en euros. Mais la France ne contr&#244;le pas sa monnaie, qui est g&#233;r&#233;e en commun par des pays aux int&#233;r&#234;ts et situations financi&#232;res tr&#232;s diff&#233;rents. En cas de crise, la solution ne va donc pas de soi. Et elle impliquerait un grave affaissement, non seulement de la position de la France, mais de l'Europe en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;G&#233;opolitique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'ai &#233;voqu&#233; pr&#233;c&#233;demment la question de l'endettement public, notamment de la France. Sujet maintenant bien familier &#224; tous. Voyons comment cela s'inscrit dans le jeu des relations g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des dettes de nature profond&#233;ment nouvelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord qu'il y a eu une expansion g&#233;n&#233;rale de la dette des pays d&#233;velopp&#233;s depuis 40 ans, m&#234;me si les situations varient selon les cas. Mais presque partout il ne s'agissait pas principalement de financer des investissements, mais des d&#233;penses courantes. C'est le signe d'une incapacit&#233; &#224; faire des choix collectifs rationnels. Ce qui n'est jamais de bon augure en termes de puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous cet angle, le facteur majeur est le fait que la plupart de ces pays se financent pour l'essentiel sur les march&#233;s financiers, qui sont volatils et capables de se retourner rapidement. Trop recourir &#224; leurs services comporte donc un risque r&#233;el. Cela dit, dans un premier temps c'est l'inverse qui se produit. En effet il est bien plus facile d'y avoir recours qu'&#224; tout autre source, et beaucoup moins cher. En outre, ils se r&#233;v&#232;lent d'une grande patience, et m&#234;me d'une certaine c&#233;cit&#233; pendant de longues p&#233;riodes. De ce fait, ils n'envoient pas les signaux avertisseurs en temps utile. Mais quand finalement ils per&#231;oivent qu'il y a un probl&#232;me, ils se retournent, et c'est la crise. On l'a vu avec la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des situations tr&#232;s variables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours en termes de pouvoir, la question est tr&#232;s diff&#233;rente selon la monnaie et les cr&#233;anciers. Les pays endett&#233;s dans une autre monnaie que la leur, principalement les pays en d&#233;veloppement, ont connu r&#233;guli&#232;rement des crises de la dette depuis plus de 40 ans. Et cela s'est traduit par des restructurations humiliantes et co&#251;teuses. Pour une souverainet&#233;, c'est une rude &#233;preuve. A l'inverse, on a les pays endett&#233;s dans leur propre monnaie. On passera sur les d&#233;tails, mais comme ils contr&#244;lent leur monnaie, qui sont d&#233;sormais de pure convention, ils ne peuvent en principe pas avoir de vraie crise des paiements, puisqu'ils pourront toujours faire des dollars, yens, livre ou autres pour payer. Quitte &#224; subir une hyper inflation et une crise des changes : ce serait &#233;videmment un &#233;v&#233;nement majeur, mais cela leur laisserait un contr&#244;le relatif de leurs d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a enfin un cas tr&#232;s particulier, celui des pays de l'Union europ&#233;enne. Ils ne sont pas endett&#233;s &#224; proprement parler dans leur monnaie nationale, car l'euro est commun et g&#233;r&#233; par la BCE. Or les d&#233;cisions de celle-ci r&#233;sultent d'un &#233;quilibre entre des positions diverses ; les politiques internes de ces pays sont tr&#232;s diff&#233;rentes et leur niveau d'endettement tr&#232;s variable ; leurs int&#233;r&#234;ts divergent donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A proprement parler, on ne sait donc pas d&#233;terminer &#224; l'avance comment une crise significative se r&#232;glera en zone euro. De plus, en principe, la BCE ne finance pas les Etats ; m&#234;me si en pratique elle l'a fait indirectement, par achats sur le march&#233; secondaire, mais avec des limites. C'est donc une situation sans &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas de la France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la dette de la France est un cas particulier. Sa dette cro&#238;t sans cesse, en valeur absolue et relative, du fait de d&#233;ficits constamment sup&#233;rieurs &#224; la croissance du PNB. Cela fait des ann&#233;es que de nombreuses voix autoris&#233;es avertissent du risque croissant que cela repr&#233;sente. Mais sans &#233;cho r&#233;el, ni des politiques, ni sur les march&#233;s. Ce n'est que tout r&#233;cemment qu'on commence, et encore, ce n'est pas &#224; la mesure du probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les causes, deux principales. D'un c&#244;t&#233;, une incapacit&#233; toute particuli&#232;re &#224; mettre de l'ordre dans ses affaires et &#224; se r&#233;former, qui ne date pas d'hier. D'un autre c&#244;t&#233;, d'une situation favorable sur les march&#233;s, car la France a longtemps &#233;t&#233; per&#231;ue comme un brillant second de l'Allemagne. Or dans le syst&#232;me financier mondial des sommes colossales doivent &#234;tre plac&#233;es, et dans une proportion appr&#233;ciable sans risque ; les professionnels ont donc besoin d'une dette publique jug&#233;e telle. Mais l'Allemagne n'emprunte pas assez et sa p&#233;riph&#233;rie non plus. Restait donc la France, qui en a bien profit&#233; et abus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, et on ne peut continuer &#224; emprunter ind&#233;finiment, de fa&#231;on de plus en plus &#233;lev&#233;e. Cela casse forc&#233;ment un jour, m&#234;me si on ne peut le pr&#233;voir avec pr&#233;cision. Un enfant de 10 ans peut le comprendre. Et quand, en plus, on se r&#233;v&#232;le politiquement ingouvernable, on tente le diable. Surtout si on est en Europe la seule &#224; continuer dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut-il se passer maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se placera ici dans l'hypoth&#232;se o&#249; la situation politique ne permet pas de redressement v&#233;ritable &#224; court terme. Dans ce cas, la crise est in&#233;vitable m&#234;me si &#224; nouveau on ne sait pas quand, surtout si comme la France on part d'une image favorable. Bien entendu, une rupture &#233;ventuelle serait pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une p&#233;riode plus ou moins longue de d&#233;gradation, d&#233;j&#224; entam&#233;e, notamment avec hausse du spread (diff&#233;rentiel par rapport &#224; la dette allemande), puis difficult&#233; &#224; lever les capitaux voulus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une hypoth&#232;se concevable mais optimiste, cette d&#233;gradation conduirait &#224; une forme de sursaut, permettant une stabilisation relative, quoiqu'&#224; un tr&#232;s haut niveau de dette, comme en Italie ou en Belgique. Cela resterait une situation risqu&#233;e, mais peut-&#234;tre tenable sur une certaine dur&#233;e, quoique tr&#232;s co&#251;teux ; cela impliquerait aussi qu'on resterait sous la surveillance des march&#233;s. Mais m&#234;me cela supposerait l'arr&#234;t des d&#233;ficits, du moins l'apparition d'un exc&#233;dent primaire du budget, avant service de la dette. Concevable, cette &#233;volution est &#224; ce stade peu probable, au vu de la situation politique fran&#231;aise. Et si cela se faisait en accroissant encore la fiscalit&#233; fran&#231;aise, cela signerait l'&#233;touffement du pays. D&#233;j&#224; d'ailleurs le poids des int&#233;r&#234;ts sera un handicap consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste alors le risque majeur, celui de la crise. On l'a dit, la difficult&#233; des march&#233;s est qu'on ne peut pr&#233;voir avec assurance le moment et les modalit&#233;s d'une crise. Cela d&#233;pend de leur tendance du moment, des histoires qui y circulent (&#8216;stories'), du reste de la situation mondiale etc. Ce n'est donc pas n&#233;cessairement &#224; court terme ; cela peut prendre un temps sensiblement plus long. Mais sauf redressement vigoureux, &#224; un moment donn&#233; il devient impossible de financer les sommes demand&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que la crise en question serait majeure et d&#233;passerait largement le cadre de la France. On l'a vu, elle ne contr&#244;le pas sa monnaie, qui est cog&#233;r&#233;e. En m&#234;me temps, on ne voit pas comment traiter la question sans un volet mon&#233;taire. Il y aura donc ici une question difficile pour ses partenaires dans la BCE, les Allemands en premier lieu. Leur ligne politique exclut en th&#233;orie ce genre d'intervention massive, surtout au profit d'un seul pays, et alors m&#234;me qu'ils se consid&#232;rent, non sans motif de leur point de vue, comme bien mieux g&#233;r&#233;s et plus &#8216;vertueux'. En outre, leurs &#233;lecteurs sont terrifi&#233;s par le spectre, qui est loin d'&#234;tre irr&#233;aliste, d'une forte reprise d'inflation. De plus, les stocks de dettes sont tr&#232;s diff&#233;rents de pays &#224; pays, et donc mon&#233;tiser la dette n'aurait pas du tout le m&#234;me impact partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais restera l'ampleur de la d&#233;flagration. Une action au profit de la France, au vu de son poids en Europe, serait par nature une op&#233;ration &#233;norme, sans pr&#233;c&#233;dent. Outre ce que pourrait faire la BCE, il faudrait jouer sur toute une panoplie : des restructurations de dette, l'action du FMI, peut-&#234;tre d'autres m&#233;canismes &#224; inventer, etc. A cela s'ajouterait surtout ce qu'on appelle une conditionnalit&#233; : une politique de rigueur et d'&#233;conomies, qui dans ces cas est presque n&#233;cessairement grossi&#232;re et brutale &#8211; avec pas mal de casse, non seulement sociale, &#233;videmment, mais aussi par ses effets sur le tissu productif. Compte tenu de ce que l'on sait de la situation sociopolitique fran&#231;aise, cela risque de ne pas &#234;tre &#233;vident du tout et pourrait d&#233;raper gravement. Et d'ailleurs, quel gouvernement assumerait cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue g&#233;opolitique, une question majeure sera celle de la suite, des effets ult&#233;rieur d'une telle d&#233;rive puis crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France d'abord. On a ici un banc d'essai int&#233;ressant, celui des pays d'Am&#233;rique latine apr&#232;s la crise des ann&#233;es 80. Au Br&#233;sil ou au Mexique, on a eu une stabilisation relative, m&#234;me si on peut en discuter la pertinence. Mais pas en Argentine. Car la culture politique, marqu&#233;e par le p&#233;ronisme, n'a pas v&#233;ritablement chang&#233; (du moins jusqu'&#224; l'exp&#233;rience Milei, en cours). Et le pays a connu crise sur crise, sur tr&#232;s longue dur&#233;e. Dans quelle rubrique la France se situerait-elle ? On craint que ce ne soit pas dans la meilleure case.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe ensuite. Pourquoi la France est-elle un cas, en outre symptomatique ? Il y a bien s&#251;r les causes internes qu'on a cit&#233;es, qui ont jou&#233; un r&#244;le majeur. Mais il y a aussi un lien avec son r&#234;ve europ&#233;en, plus pr&#233;cis&#233;ment avec la mani&#232;re particuli&#232;re dont la classe politique fran&#231;aise a vu l'Europe : elle a gard&#233; en un certain sens des ambitions internationales, bien plus que la plupart des autres pays europ&#233;ens, mais elles les a transf&#233;r&#233;es sur l'Europe. Elle n'a donc pas eu les r&#233;flexes d'un pays ind&#233;pendant, qui sait ne pouvoir compter que sur lui-m&#234;me, et qui d'ailleurs est averti plus t&#244;t de ses errements &#233;ventuels (par des crises de change, par une difficult&#233; &#224; emprunter etc.). Elle a au contraire b&#233;n&#233;fici&#233; d'une monnaie plus forte que ce dont elle est capable, et comme on l'a dit, d'un positionnement avantageux mais artificiel sur les march&#233;s. Et, bien trop introvertie politiquement, elle n'a pas eu non plus le sens de ses responsabilit&#233;s au sein de cette Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or une crise du type de celle qu'on peut craindre remettrait radicalement en cause ce positionnement. Le brillant second deviendrait l'homme malade, pesant sur tous ; ce qui reste &#233;ventuellement de couple franco-allemand serait d&#233;finitivement enterr&#233; ; les ambitions de puissance, s'il en reste, prendraient un coup tr&#232;s rude. On n'est donc pas dans le cas d'une Gr&#232;ce qui serait simplement d&#233;multipli&#233;e par la taille. En supposant m&#234;me que cela n'aboutirait pas &#224; une dislocation des institutions europ&#233;ennes, cela impliquerait un redimensionnement majeur des relations en Europe. Au risque, bien s&#251;r, de voir celle-ci s'affaisser encore un peu plus dans la vuln&#233;rabilit&#233;, l'absence d'ambition et la vassalit&#233; &#224; l'&#233;gard de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma. &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/la-dette-francaise-risque-geopolitique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/la-dette-franc...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dette publique fran&#231;aise : le sympt&#244;me d'un mal politique</title>
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		<dc:date>2024-11-22T16:58:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme les Fran&#231;ais commencent de le percevoir, la dette fran&#231;aise entre dans une zone de turbulence. La France doit chaque ann&#233;e emprunter des sommes sans cesse plus &#233;lev&#233;es, du fait d'un d&#233;ficit bien sup&#233;rieur &#224; la croissance de l'&#233;conomie. Il tombe sous le sens que ce petit jeu ne peut durer ind&#233;finiment, d'autant qu'il contraste avec l'&#233;volution des autres pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, d&#233;sormais, le maillon faible, c'est la France. Mais elle ne l'a pas encore compris, ni le changement radical que cela implique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons ici une forme de &#171; politique d'abord &#187; : sur ce plan comme sur d'autres, la France ne s'en sortira pas sans une mutation politique majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme les Fran&#231;ais commencent par le percevoir, la dette fran&#231;aise entre dans une zone de turbulence. La France doit chaque ann&#233;e emprunter des sommes sans cesse plus &#233;lev&#233;es, du fait d'un d&#233;ficit bien sup&#233;rieur &#224; la croissance de l'&#233;conomie cens&#233;e permettre le service de la dette. Il tombe sous le sens que ce petit jeu ne peut durer ind&#233;finiment, d'autant qu'il contraste avec l'&#233;volution des autres pays europ&#233;ens. En effet, en termes simples, dans tous les cas de figure, un d&#233;ficit d&#233;bouchant sur un poids croissant de la dette par rapport &#224; l'&#233;conomie n'est pas durable avec une monnaie stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette publique et la drogue des march&#233;s financiers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que la France se finance pour l'essentiel sur les march&#233;s financiers. On sait aussi que la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des march&#233;s financiers, l'addiction, peut devenir une terrible menace. Mais en r&#233;alit&#233;, quels que soient les cr&#233;anciers, un telle d&#233;rive n'est pas tenable sur la dur&#233;e. On peut m&#234;me dire que le plus gros d&#233;faut des march&#233;s financiers est leur extraordinaire facilit&#233; d'utilisation, l'abondance de leurs ressources, leur faible co&#251;t, et leur formidable patience. C'est un gros inconv&#233;nient pour la dette publique : ils sont trop faciles d'utilisation, et n'envoient pas les signaux en temps utile. En revanche, quand finalement ils se rendent compte d'un probl&#232;me, ils se retournent d'un coup, et c'est la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 1983 et l'adoption sous B&#233;r&#233;govoy et Mitterrand de ces techniques am&#233;ricaines, la dette publique &#233;tait bien plus difficile &#224; financer. R&#233;guli&#232;rement il fallait recourir &#224; l'humiliation des grands emprunts publics, en outre co&#251;teux. Ce qui d'ailleurs nous rappelle qu'il est illusoire d'imaginer, comme le font certains, un temps o&#249; une bonne fille, la Banque de France, aurait financ&#233; n'importe quel d&#233;ficit, sans inconv&#233;nient majeur. La seule p&#233;riode o&#249; cela a pu se faire sur large &#233;chelle &#233;tait celle des guerres mondiales, et cela a &#233;t&#233; pay&#233; d'un terrible inflation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette nouvelle m&#233;thode de financement a suppos&#233; d'importantes innovations : un peu techniques, mais consistant surtout dans le d&#233;veloppement d'une &#233;pargne gigantesque, g&#233;r&#233;e par des professionnels : fonds de pension, assurances, fonds etc. ; plus l'&#233;pargne de pays exc&#233;dentaires (p&#233;troliers, Asie). Cette facilit&#233; a &#233;t&#233; utilis&#233;e massivement par les politiciens de tous les pays avanc&#233;s, quoique &#224; des degr&#233;s divers. D'o&#249; ces &#233;normes dettes publiques. Rarement consacr&#233;es &#224; de vrais investissements, les d&#233;ficits correspondants ont &#233;t&#233; un pur report sur l'avenir de consommations courantes, signe des graves d&#233;s&#233;quilibres socio-politiques des soci&#233;t&#233;s en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des menaces variables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;lires collectifs laissent donc partout un h&#233;ritage pesant. Mais la gravit&#233; de la situation varie selon les cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Japon par exemple, on est en circuit court : la dette est &#233;norme, mais due pour l'essentiel &#224; des Japonais ou &#224; des institutions publiques. La monnaie est entre des mains nationales. L'inflation est faible. Les taux d'int&#233;r&#234;t n&#233;gligeables. C'est bizarre, mais peut-&#234;tre tenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite des pays endett&#233;s dans leur monnaie. Pour les Etats-Unis, c'est m&#234;me une monnaie mondiale. Ils en profitent massivement, et s'endettent de plus en plus, avec Biden et maintenant Trump. Le d&#233;s&#233;quilibre est donc r&#233;el. Mais contr&#244;lant leur monnaie, ils ne peuvent avoir de crise des paiements, en th&#233;orie au moins, puisqu'il y aura toujours des dollars pour payer ; tout au plus une hyper inflation et une crise du dollar. Ce ne serait pas rien, mais cela les laisserait en position de contr&#244;le relatif de leurs d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a inversement les pays endett&#233;s dans une autre monnaie : les pays en d&#233;veloppement ; d'o&#249; les crises de la dette depuis 40 ans. Ils n'&#233;chappent pas &#224; des restructurations humiliantes et co&#251;teuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il y a enfin les pays europ&#233;ens. Ils ne sont pas endett&#233;s dans une monnaie nationale, car l'euro est commun et g&#233;r&#233; par la BCE. Or la politique de celle-ci r&#233;sulte d'un &#233;quilibre entre des positions diverses. Mais parall&#232;lement, leurs politiques internes sont tr&#232;s diff&#233;rentes et leur niveau d'endettement tr&#232;s variable ; leurs int&#233;r&#234;ts divergent donc. C'est donc une situation sans &#233;quivalent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La France en Europe : une situation &#224; grand risque, sans issue en vue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais dans cet ensemble, le maillon faible, c'est la France, deuxi&#232;me &#233;conomie de l'ensemble, de plus en plus l'homme malade en Europe. Car dans son cas, aux charmes et facilit&#233;s offerts par les march&#233;s s'est ajout&#233;e une position apparemment confortable, celle d'une sorte d'Autriche-Hongrie, brillant second d'une Allemagne qui, elle, se veut restrictive et exemplaire. En effet, les g&#233;rants professionnels ont besoin d'une dette publique de r&#233;f&#233;rence, jug&#233;e sans risque, mais abondante, et l'Allemagne n'emprunte pas assez pour cela, les pays de sa p&#233;riph&#233;rie non plus. Restait donc la France. Elle en a bien abus&#233;. Mais avec le d&#233;rapage macronien, s'ajoutant aux errements ant&#233;rieurs, cette position est de plus en plus remise en cause, sans cependant que les march&#233;s aient franchi le pas de la crise ouverte. Que peut-il advenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait imaginer d'abord une stabilisation relative, &#224; un tr&#232;s haut niveau de dette, permettant de perp&#233;tuer une situation certes inconfortable et co&#251;teuse, mais tenable : &#224; l'italienne et ou la belge - pour le moment du moins. Mais cela supposerait un arr&#234;t des super-d&#233;ficits. Or la perp&#233;tuation de la crise politique et de l'incompr&#233;hension manifeste de la majorit&#233; de la classe politique, et des Fran&#231;ais, sur la gravit&#233; de la situation laissent craindre qu'on n'est pas sur cette trajectoire. Il y a donc un risque majeur de crise. Quand ? On ne sait pas. Cela d&#233;pend de l'humeur des march&#233;s, des histoires qui y circulent, de chocs divers etc. On peut imaginer ainsi une d&#233;gradation progressive de la notation, une augmentation des spreads, une fi&#232;vre qui monte. Et de toute fa&#231;on, un jour, l'impossibilit&#233; de financer les sommes demand&#233;es, devenues d&#233;mentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel serait alors le traitement ? On l'a dit, la France n'a plus le contr&#244;le de sa monnaie. Les solutions mon&#233;taires, par achats massifs de la banque centrale ne sont plus &#224; port&#233;e, sauf approbation de ses partenaires dans la BCE, Allemands en t&#234;te, N&#233;erlandais etc. Mais cela supposerait pour eux de renier toute leur ligne politique, et d'affoler leurs &#233;lecteurs devant le spectre, r&#233;aliste, d'une inflation carabin&#233;e, alors m&#234;me qu'ils ont &#233;t&#233; &#171; vertueux &#187;. Compte tenu de la taille &#233;norme de la France dans le contexte europ&#233;en, juste apr&#232;s l'Allemagne, un sauvetage &#233;ventuel serait en outre une op&#233;ration &#233;norme et sans pr&#233;c&#233;dent. Combinant &#233;ventuellement un effort de la BCE, des restructurations de dette, une intervention du FMI, des m&#233;canismes ad hoc &#224; inventer, etc., il supposerait en outre ce qu'on appelle dans le jargon une conditionnalit&#233; : une politique de rigueur et de redressement, n&#233;cessairement &#224; la louche et brutale, et d'ailleurs partiellement contre-productive. En tout cas diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; la culture politique locale. Encore faudrait-il en outre qu'il y ait un gouvernement pour l'assumer. Cela ne se ferait donc pas tout seul. Avec politiquement le risque d'un d&#233;rapage collectif majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s ? A terme encore plus long, deux d&#233;bouch&#233;s sont possibles. La premi&#232;re serait une r&#233;orientation du pays, permettant un red&#233;marrage. C'est ce qui s'est pass&#233;, clopin-clopant, au Br&#233;sil ou au Mexique apr&#232;s les ann&#233;es 80 : il s'agissait au fond de corriger un d&#233;rapage momentan&#233;, et on l'a fait. Mais pas en Argentine. Avec elle, cela demandait la modification en profondeur de la culture politique ; elle ne s'est pas produite, et le pays est retomb&#233; dans les m&#234;mes errements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons donc ici une forme de &#171; politique d'abord &#187; : sur ce plan comme sur d'autres, tant avant, pendant, qu'apr&#232;s la crise, la France ne s'en sortira pas sans une mutation politique majeure. Mais &#224; ce stade, elle n'est pas dans les cartes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine. &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/dette-publique-francaise-le-symptome-dun-mal-politique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dette et souverainet&#233; financi&#232;re</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Souverainet&#233; financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On parle beaucoup de la dette publique ces temps-ci, non sans motif vu les d&#233;penses d&#233;mentielles qu'a occasionn&#233;es l'&#233;pid&#233;mie. Un angle peu abord&#233; est toutefois celui de la souverainet&#233; financi&#232;re. On voit bien intuitivement que s'endetter, quel que soit le motif, ne peut pas &#234;tre neutre sur votre capacit&#233; d'autonomie et par l&#224; votre influence. C'est vrai, mais la question est un peu plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On parle beaucoup de la dette publique ces temps-ci, non sans motif vu les d&#233;penses d&#233;mentielles qu'a occasionn&#233;es l'&#233;pid&#233;mie. Un angle peu abord&#233; est toutefois celui de la souverainet&#233; financi&#232;re. On voit bien intuitivement que s'endetter, quel que soit le motif, ne peut pas &#234;tre neutre sur votre capacit&#233; d'autonomie et par l&#224; votre influence. C'est vrai, mais la question est un peu plus complexe. J'ai &#233;voqu&#233; dans un autre billet et dans le cas chinois le cas des financements publics &#224; signification g&#233;opolitique. Je parlerai essentiellement ici des financements priv&#233;s des Etats, des appels au &#171; march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondamentalement, outre les montants, le d&#233;terminant principal en termes de souverainet&#233; est la monnaie dans laquelle vous vous endettez. Et corr&#233;lativement, le droit sous lequel les contrats de pr&#234;t sont r&#233;dig&#233;s. Un autre d&#233;terminant important est la nature et la nationalit&#233; de vos cr&#233;anciers. Voyons en effet ce qui se passe en cas de crise des paiements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise des paiements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier cas : si vous &#234;tes endett&#233; dans une monnaie &#233;trang&#232;re, qui ne d&#233;pend en rien de vous, vous &#234;tes en risque &#233;lev&#233;, d'autant que vos cr&#233;anciers seront tr&#232;s certainement &#233;trangers, et le droit applicable aussi (Londres ou New York). Tout &#224;-coup violent sur la balance des paiements, toute crise de refinancement, toute campagne de pression si vous &#234;tes vuln&#233;rable, vont vous mettre dans les mains des cr&#233;anciers, avec programme FMI, r&#233;&#233;chelonnement etc. On l'a vu en grand en Am&#233;rique latine et Europe orientale dans les ann&#233;es 80, et souvent ailleurs depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me cas : si vous &#234;tes endett&#233; dans votre monnaie, et que les contrats sont sous votre droit, votre risque financier subsiste, mais vous gardez en vos mains les voies d'une solution. Ce ne sera pas sans effet pour vous, car le surendettement se paye toujours, mais c'est vous qui aurez sur ce plan les commandes en mains. Si en plus vos cr&#233;anciers sont nationaux, tout pourra se r&#233;gler en famille dans ce cadre national : de fa&#231;on plus ou moins facile &#233;videmment, mais sans perte appr&#233;ciable de souverainet&#233;, ou pas n&#233;cessairement. C'est le cas du Japon aujourd'hui : sa dette est &#233;norme mais libell&#233;e en yen, et d&#233;tenue par les Japonais (dont pour beaucoup la banque centrale). Ce sera plus compliqu&#233; si les cr&#233;anciers sont internationaux, et plus encore si le droit applicable est ext&#233;rieur. Il sera plus difficile de leur demander des ajustements, du moins pas sans donner certains gages. Mais vous garderez encore une certain marge de man&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me cas, cet hybride qu'est l'euro. Monnaie nationale en cela que c'est la monnaie des pays membres, mais monnaie g&#233;r&#233;e par la banque centrale, qui est d'une certaine fa&#231;on ext&#233;rieure &#224; chaque pays, g&#233;r&#233;e selon des choix propres et non principalement selon la situation et les exigences des autres pays membres. En soi, vu de chaque pays consid&#233;r&#233; seul, au premier abord cela ressemble beaucoup au cas pr&#233;c&#233;dent de la monnaie &#233;trang&#232;re. C'est m&#234;me plus grave sous un certain angle, comme on l'a vu dans le cas de la Gr&#232;ce et d'autres pays avant 2012, car la c&#233;cit&#233; des pr&#234;teurs leur a fait croire qu'ils pr&#234;taient &#224; un pays europ&#233;en avec qui les autres seraient solidaires, et cela ne s'est pas v&#233;rifi&#233; de la fa&#231;on qu'ils croyaient. Mais en m&#234;me temps le fait est que, moyennant un programme d'ajustement violent, et abandon d'une bonne part des cr&#233;ances priv&#233;es subsistantes, ce pays a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une aide europ&#233;enne appr&#233;ciable, et a pu retrouver le chemin des march&#233;s (m&#234;me si tr&#232;s franchement on peut se demander si ce retour est bien raisonnable, tant du c&#244;t&#233; des pr&#234;teurs que de l'emprunteur). En d'autres termes, vous &#234;tes d&#233;pendants, mais de pays avec qui vous avez des liens forts. La m&#234;me remarque vaut pour la banque centrale, la BCE : &#224; sa doctrine ancienne, rigide mais conforme aux trait&#233;s, a succ&#233;d&#233; le &#171; whatever it takes &#187; de Mario Draghi et un d&#233;luge de &#8216;quantitative easing', d'achats &#224; guichet ouvert sur les march&#233;s, qui facilite &#233;videmment les choses pour les d&#233;biteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici encore, on se trouve donc &#224; g&#233;rer les ambig&#252;it&#233;s du syst&#232;me europ&#233;en actuel, qui est au milieu du gu&#233; : alliance d'&#233;tats nations mais li&#233;s par des trait&#233;s et ayant organis&#233; (notamment avec l'euro) des traits quasi f&#233;d&#233;raux. Dans un tel contexte, le terme de souverainet&#233; devient un concept &#224; g&#233;om&#233;trie variable. Vous n'&#234;tes pas vraiment souverain, mais vous n'&#234;tes pas non plus compl&#233;tement d&#233;muni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;gime &#171; de croisi&#232;re &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la crise des paiements n'est pas le seul cas envisageable. Que se passe-t-il en r&#233;gime de croisi&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier cas (monnaie ext&#233;rieure), vous &#234;tes par d&#233;finition d&#233;pendant en permanence de l'avis de cr&#233;anciers ext&#233;rieurs, donc de l'humeur du march&#233;, dans une monnaie fluctuant par rapport &#224; la v&#244;tre, et des taux eux-m&#234;mes variables. Le co&#251;t est n&#233;cessairement &#233;lev&#233; en termes de souverainet&#233; (si l'appel au march&#233; est important). Pire, vous pouvez &#234;tes endormi pendant les p&#233;riodes d'euphorie pour vous r&#233;veiller dans une bien mauvaise situation. Parmi les d&#233;biteurs concern&#233;s, notons incidemment que, vue sous cet angle, la politique de M. Erdogan peut surprendre par son incoh&#233;rence, entre son nationalisme agressif et sa finance al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le deuxi&#232;me cas, si vos cr&#233;anciers sont nationaux, il n'y a pas de perte de souverainet&#233; appr&#233;ciable. Si vos cr&#233;anciers sont en partie significative ext&#233;rieurs, vous d&#233;pendez des march&#233;s, quoique moins que dans le cas pr&#233;c&#233;dent. Et si vous gardez une certaine prudence dans votre endettement, cela reste g&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le troisi&#232;me cas, de loin le plus complexe. Dans les phases de lune de miel de l'Europe avec les march&#233;s, pas de probl&#232;me. Les march&#233;s avalent tout. Il y a bien s&#251;r une conditionnalit&#233; europ&#233;enne, mais elle est d'un autre ordre, et finalement bien peu rigide d&#233;sormais. M&#234;me constatation dans la phase actuelle de &#8216;quantitative easing', puisque la banque centrale ach&#232;te tout. Mais la question changera de nature quand on en sortira. Certes les march&#233;s garderont le souvenir du &#171; whatever it takes &#187;. Mais d'un c&#244;t&#233; la conditionnalit&#233; europ&#233;enne est en lambeaux ; il faudrait donc &#234;tre na&#239;f pour pr&#234;ter sur cette base, croyant que cela met une certaine discipline. D'un autre c&#244;t&#233; les niveaux de dette se sont massivement accrus. Et la comp&#233;titivit&#233; des pays les plus vuln&#233;rables ne s'est pas am&#233;lior&#233;e, pour employer un euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ingr&#233;dients sont donc r&#233;unis pour une possible crise de confiance : concr&#232;tement, les difficult&#233;s croissantes d'un ou plusieurs pays pour se refinancer. Que feront les autres et notamment l'Allemagne ? On peut imaginer &#233;videmment une r&#233;&#233;dition de 2012, probable m&#234;me dans un premier temps. Mais pas ind&#233;finiment. Sinon, d'un point de vue allemand et nord-europ&#233;en, tout cela deviendra insupportable : pour l'opinion allemande moyenne, ces pays s'endettent &#224; tour de bras, sans se r&#233;former, et il faut les aider en permanence, en mettant en danger la monnaie. Sauf saut en avant massivement f&#233;d&#233;raliste, qui n'est pas dans les cartes aujourd'hui, le jour du jugement viendra donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se souviendra alors peut-&#234;tre de la crise du Covid, et du fait &#233;l&#233;mentaire que le principe de pr&#233;caution, qui est stupide lorsqu'il s'agit de bloquer des innovations utiles, est en revanche appropri&#233; s'il s'agit, en termes strat&#233;giques, de r&#233;fl&#233;chir aux menaces possibles, surtout lorsqu'elles sont cr&#233;dibles et dangereuses. Nous y sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;i&gt;le 19 avril 2021&lt;/i&gt;. &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/dette-et-souverainete-financiere/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/dette-et-souve...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Dette publique : que faire ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Dette-publique-que-faire.html</link>
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		<dc:date>2021-02-09T16:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Remise des dettes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A nouveau la dette inqui&#232;te et notamment la dette publique. Elle va d&#233;passer all&#233;grement les 120 % du PNB. Mais le plus inqui&#233;tant n'est pas le suppl&#233;ment Covid. C'est l'&#233;norme dette ant&#233;rieure et ce qu'elle r&#233;v&#232;le. La cause en est le d&#233;ficit, et il est permanent depuis 45 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? Sur le stock, rien en dehors de la banque centrale, et pas facile avec. Mais de toute fa&#231;on, en r&#233;gime de croisi&#232;re, on n'&#233;chappera pas &#224; l'assainissement des d&#233;ficits publics. Et donc la d&#233;marche essentielle alors, ce sera d'&#233;viter le d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site de&lt;i&gt; La S&#233;lection du Jour&lt;/i&gt; LSDJ&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A nouveau la dette inqui&#232;te et notamment la dette publique, suite aux faramineux d&#233;ficits occasionn&#233;s par le Covid. Elle va d&#233;passer all&#233;grement les 120 % du PNB, alors qu'il y a un an son passage &#224; 100% faisait d&#233;j&#224; peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus inqui&#233;tant n'est pas le suppl&#233;ment Covid. C'est une urgence, qu'on peut appr&#233;cier de fa&#231;on diverse mais ind&#233;niablement grave et exceptionnelle. Ce qui est pr&#233;occupant est l'&#233;norme dette ant&#233;rieure et ce qu'elle r&#233;v&#232;le. La cause en est le d&#233;ficit, et il est permanent depuis 45 ans. Et hors crise ces d&#233;ficits sont injustifi&#233;s, car ils financent des d&#233;penses courantes, report&#233;es sur les g&#233;n&#233;rations futures. Les d&#233;penses courantes doivent &#234;tre financ&#233;es par des revenus courants, des imp&#244;ts ; sinon on les r&#233;duit. On a des d&#233;ficits parce qu'on ne sait pas choisir. Une fois la crise pass&#233;e, il faudra donc revenir &#224; un exc&#233;dent. Et dans un pays qui a le record de pression fiscale, ce ne peut &#234;tre que par r&#233;orientation des d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui alt&#232;re notre perception de l'urgence, c'est que l'Etat se finance facilement sur les march&#233;s, &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faible voire n&#233;gatif. Mais comme on sait, ceci r&#233;sulte pour l'essentiel des achats massifs de dette publique par la banque centrale, la BCE. Cela ne fait pas dispara&#238;tre l'endettement, qui s'accumule toujours. Mais cela le facilite, puisqu'il y a un acheteur de dernier ressort ; en outre on maintient des taux tr&#232;s bas. On pourrait alors &#234;tre tent&#233; de dire qu'on peut continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne fait toutefois pas dispara&#238;tre les objections de fond, qui reprennent force d&#232;s qu'on envisage le r&#233;gime de croisi&#232;re. D&#233;j&#224; une politique de taux artificiellement bas facilite un endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'&#233;conomie, propice aux bulles sp&#233;culatives. Or l'endettement, et les bulles sur le prix des actifs sont la recette des grandes crises financi&#232;res ; ce fut une des causes majeures de celle de 2008. On ne sait pas quand elles se produisent, mais on sait qu'on en aura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite se pose la question de l'inflation. Une telle politique suppose une cr&#233;ation mon&#233;taire tr&#232;s forte. Et tant l'exp&#233;rience que le bon sens montrent que, m&#234;me si on ne sait pas quand, &#224; un moment une cr&#233;ation mon&#233;taire volontariste engendre une inflation rapidement incontr&#244;lable &#8211; sauf grand coup de frein et crise. De plus le monde d'apr&#232;s coronavirus pourra &#234;tre sensiblement diff&#233;rent du pr&#233;c&#233;dent, notamment le commerce international. C'est lui, surtout les usines chinoises, qui a jou&#233; un r&#244;le majeur dans la mod&#233;ration des prix dont le consommateur occidental a b&#233;n&#233;fici&#233; - tout en tuant bien des emplois. Mais il n'est pas acquis que cet effet durera ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, accumuler de la dette, c'est comme s'&#233;loigner du tronc en marchant sur une branche : on ne sait pas quand, mais on est s&#251;r qu'au bout d'un moment &#231;a va casser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors du stock de dette accumul&#233; ? Contrairement &#224; ce que beaucoup croient, cette dette est r&#233;elle et juridiquement exigible. La r&#233;pudier ou parier sur une inflation massive serait un d&#233;sastre financier et ruinerait beaucoup de gens. Les cr&#233;ances sur l'Etat ne sont en effet pas principalement d&#233;tenues par les banques, comme on le croit, mais par des institutions d'&#233;pargne, SICAV et assurance-vie, caisses de retraite etc., fran&#231;ais ou &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul moyen de r&#233;duire massivement les dettes sans chaos est la restructuration. Or comme personne ne veut pr&#234;ter &#224; perp&#233;tuit&#233; &#224; l'Etat pour un taux d'int&#233;r&#234;t n&#233;gligeable, le seul sauveur possible est la BCE. Plus que par annulation (qui d&#233;s&#233;quilibrerait son bilan) il faudrait transformer la dette en rente perp&#233;tuelle, &#224; taux 0 (mais peu importe, car les profits des banques centrales se traduisent en dividendes pour les Etats actionnaires). Ou au minimum les renouveler syst&#233;matiquement &#224; &#233;ch&#233;ance. Et pour vraiment r&#233;duire le niveau d'endettement, cela devrait aller bien au-del&#224; des cr&#233;ances qu'elle d&#233;tient d&#233;j&#224; sur la France. Ce serait donc une grosse op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le papier cela para&#238;t faisable. Mais cela pose de tr&#232;s gros probl&#232;mes juridiques et politiques. Le financement des Etats par les banques centrales est exclu par les trait&#233;s europ&#233;ens ; on ne peut pas les tourner &#224; ce point, et cela ne passerait pas les tribunaux, notamment allemands. Politiquement, il est tr&#232;s improbable que les durs de l'Europe du Nord, Pays Bas et Allemagne en t&#234;te, y consentent, d'autant que leur endettement est bien plus faible. Au mieux, on serait plafonn&#233; au niveau des plus prudents (60% du PNB). A cela s'ajouterait la perception des march&#233;s et du public. Car une telle cr&#233;ation mon&#233;taire massive ne peut qu'inqui&#233;ter ; notamment parce que le risque inflationniste deviendrait consid&#233;rable, voire de fuite devant la monnaie. Il faudrait donc qu'on soit aux abois pour que l'Europe y aille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre et surtout, il faut se rappeler qu'en r&#233;gime de croisi&#232;re, on n'&#233;chappera pas &#224; l'assainissement des d&#233;ficits publics. Et donc la d&#233;marche essentielle, une fois la crise pass&#233;e, c'est d'&#233;viter le d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site de&lt;i&gt; La S&#233;lection du Jour&lt;/i&gt; LSDJ, &lt;a href=&#034;https://www.laselectiondujour.com/dette-publique-que-faire-n1193/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.laselectiondujour.com/d...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La crise, la dette et la monnaie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-crise-la-dette-et-la-monnaie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-crise-la-dette-et-la-monnaie.html</guid>
		<dc:date>2020-05-07T15:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Monnaie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Interview dans l'Incorrect mai 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1/ Les mesures actuellement prises vont creuser le d&#233;ficit et donc la dette qui &#233;tait d&#233;j&#224; abyssale avant le confinement. Comment s'en sortir pour financer les d&#233;penses &#224; venir ? Faut-il privil&#233;gier l'imp&#244;t, la dette ou l'emprunt ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ Le quantitative easing cr&#233;e de la monnaie en rachetant des titres de dette publique. Croyez-vous &#224; cette solution sur le long terme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ On dit que la banque centrale europ&#233;enne, qui a rachet&#233; 400 milliards d'euros de titre de dette fran&#231;aise, pourrait tr&#232;s bien d&#233;cider de les d&#233;truire, mani&#232;re pour les Europ&#233;ens d'annuler cette dette vis-&#224;-vis d'eux-m&#234;mes. Que pensez-vous de cette solution ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponses ci-apr&#232;s&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Monnaie-+.html" rel="tag"&gt;Monnaie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ Les mesures actuellement prises par le gouvernement vont creuser le d&#233;ficit et donc la dette qui &#233;tait d&#233;j&#224; abyssale avant le confinement. Comment s'en sortir pour financer les d&#233;penses &#224; venir qui vont &#234;tre colossales ? Faut-il privil&#233;gier l'imp&#244;t, la dette ou l'emprunt ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord que s'il y a d&#233;ficit, c'est parce qu'on a fait certains choix. En l'esp&#232;ce on n'a pas pu ou pas voulu adopter la strat&#233;gie des pays d'Asie orientale libres, &#224; savoir la d&#233;tection g&#233;n&#233;ralis&#233;e par tests, le port pr&#233;coce du masque, et le pistage syst&#233;matique des contamin&#233;s. Ni investi auparavant en ce sens. Cela dit, &#224; partir du moment o&#249; on est accul&#233; au confinement, il est in&#233;vitable que l'Etat intervienne massivement car l'effet &#233;conomique est d&#233;sastreux. Et &#224; court terme, comme l'imp&#244;t aurait assomm&#233; le malade, la seule voie pour financer cela est l'emprunt, donc la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que ce faisant on va accro&#238;tre massivement une dette d&#233;j&#224; colossale. Or la cause de l'endettement, c'est le d&#233;ficit, et il est permanent depuis 45 ans. Et hors crise ces d&#233;ficits sont injustifi&#233;s, car ils financent des d&#233;penses courantes, report&#233;es sur les g&#233;n&#233;rations futures. Les d&#233;penses courantes doivent &#234;tre financ&#233;es par des revenus courants, donc des imp&#244;ts ; sinon on les r&#233;duit. On a donc des d&#233;ficits parce qu'on ne sait pas choisir : soit d&#233;penser moins, soit augmenter les imp&#244;ts. C'est facilit&#233; il est vrai par le march&#233;, qui met &#224; la disposition des d&#233;pensiers des sommes consid&#233;rables, avec tr&#232;s peu de conditions &#8211; jusqu'&#224; ce que le d&#233;faut arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois la crise pass&#233;e, il sera donc urgent de revenir &#224; un exc&#233;dent. Et dans un pays qui a le record de pression fiscale du monde d&#233;velopp&#233;, ce ne peut &#234;tre que par la r&#233;orientation des d&#233;penses. Le secteur public fran&#231;ais d&#233;pense mal, la crise l'a confirm&#233; : nos d&#233;penses de sant&#233; sur PNB sont presque le double de celles de la Cor&#233;e, qui a bien mieux prot&#233;g&#233; ses citoyens. L'Allemagne d&#233;pense autant que nous, mais son bilan est lui aussi bien meilleur. Avec un syst&#232;me bien moins &#233;tatis&#233; dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2/ &#192; c&#244;t&#233; de ces trois mesures, existe aussi le quantitative easing, mani&#232;re indirecte de cr&#233;er de la monnaie en rachetant des titres de dette publique. Croyez-vous &#224; cette solution sur le long terme ? On dit qu'elle pourrait g&#233;n&#233;rer de l'inflation mais depuis 2015, date o&#249; elle est mise en &#339;uvre au sein de la zone euro, on n'a pas vraiment vu de choc inflationniste...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quantitative easing est mis en &#339;uvre par la banque centrale, BCE, depuis 2015. Comme tel il ne fait pas dispara&#238;tre l'endettement, qui s'accumule toujours. Mais il le facilite, puisqu'il y a un acheteur de dernier ressort ; en outre il maintient les taux tr&#232;s bas. On l'a adopt&#233; parce que la BCE, jugeait l'activit&#233; et l'inflation insuffisantes ; elle aurait voulu faire monter celle-ci jusqu'&#224; 2 %, mais n'y est pas parvenu &#8211; ce qui t&#233;moigne de la puissance des forces d&#233;flationnistes dans nos &#233;conomies (avant crise sanitaire). On pourrait alors &#234;tre tent&#233; de dire qu'on peut continuer, et d'ailleurs c'est ce que fera la BCE dans l'imm&#233;diat, &#224; raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne fait toutefois pas dispara&#238;tre les objections de fond, qui reprennent force d&#232;s qu'on envisage le r&#233;gime de croisi&#232;re ensuite. D&#233;j&#224; une politique de taux artificiellement bas facilite un endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'&#233;conomie, propice aux bulles sp&#233;culatives. Or l'endettement, et les bulles sur le prix des actifs sont la recette des grandes crises financi&#232;res ; ce fut une des causes majeures de celle de 2008. On ne sait pas quand elles se produisent, mais on sait qu'on en aura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite se pose la question de l'inflation. Une telle politique suppose une cr&#233;ation mon&#233;taire tr&#232;s forte, sauf &#224; ass&#233;cher le reste de l'&#233;conomie. Et tant l'exp&#233;rience (notamment celle des deux guerres) que le bon sens montrent l&#224; aussi que, m&#234;me si on ne sait pas quand, &#224; un moment une cr&#233;ation mon&#233;taire volontariste engendre une inflation rapidement incontr&#244;lable &#8211; sauf grand coup de frein et crise. Et l'exp&#233;rience montre que ce n'est pas inoffensif sur le plan social et politique, pour rester dans l'euph&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que le monde d'apr&#232;s coronavirus pourra &#234;tre sensiblement diff&#233;rent du pr&#233;c&#233;dent, notamment le commerce international. C'est lui, et notamment les usines chinoises, qui a jou&#233; un r&#244;le majeur dans la mod&#233;ration des prix dont le consommateur occidental a b&#233;n&#233;fici&#233; - tout en tuant bien des emplois. Si ce commerce est plus restreint, si on rapatrie des activit&#233;s qu'on juge importantes ou au moins strat&#233;giques, les prix monteront. Certes, si on le fait intelligemment, c'est indispensable et pour bien des raisons ; mais il faut en mesurer les cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3/ L'&#233;conomiste Ga&#235;l Giraud a r&#233;cemment affirm&#233; dans Le Figaro que la banque centrale europ&#233;enne, qui a rachet&#233; 400 milliards d'euros de titre de dette fran&#231;aise depuis 2015 par le quantitative easing, pourrait tr&#232;s bien d&#233;cider de les d&#233;truire, mani&#232;re pour les Europ&#233;ens d'annuler cette dette vis-&#224;-vis d'eux-m&#234;mes. Que pensez-vous de cette solution ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que le stock de dette accumul&#233; pose un probl&#232;me majeur, et plus encore apr&#232;s cette crise. Or contrairement &#224; ce que beaucoup croient, cette dette est bien r&#233;elle, et juridiquement exigible. La r&#233;pudier serait un d&#233;sastre financier et ruinerait beaucoup de gens. Les cr&#233;ances sur l'Etat ne sont en effet pas principalement d&#233;tenues par les banques, comme on le croit souvent, mais par des institutions d'&#233;pargne, SICAV et assurance-vie, caisses de retraite etc., outre les &#233;trangers. Il est donc exact que le seul moyen de r&#233;duire massivement les dettes sans cr&#233;er automatiquement un chaos est la voie mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les quelques 400 milliards que d&#233;tient semble-t-il la BCE (en fait le syst&#232;me europ&#233;en de banques centrales, notamment la Banque de France) sur l'Etat fran&#231;ais repr&#233;sentaient en gros 20% de la dette de ce dernier, avant la crise actuelle. On peut esp&#233;rer que leur annulation, ainsi que celle des cr&#233;ances achet&#233;es depuis, ne cr&#233;erait pas d'effet massif sur les march&#233;s ou les prix, puisque ces cr&#233;ances sont d&#233;j&#224; achet&#233;es. Mais on toucherait un tabou majeur, envoyant une signal tr&#232;s inqui&#233;tant, et cela pour juste 20% de la dette. Le niveau de dette serait &#233;videmment plus bas ensuite, mais il resterait historiquement &#233;lev&#233;. Pour vraiment ramener les dettes &#224; des proportions plus maniables, il faudrait donc une op&#233;ration beaucoup plus vaste, des achats massifs sur le march&#233;. Et l&#224; le risque inflationniste deviendrait consid&#233;rable, voire de fuite devant la monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on devait agir en ce sens, comment faudrait-il faire ? Annuler les dettes n'est a priori pas la bonne voie, car cela mettrait la banque centrale en perte, d&#233;truirait ses fonds propres et inqui&#233;terait fortement les op&#233;rateurs. Il serait plus simple de les transformer en cr&#233;ances perp&#233;tuelles, &#233;ventuellement &#224; taux 0 - mais peu importe le taux, car les profits des banques centrales se traduisent en dividendes pour les Etats actionnaires. Ou au minimum de les renouveler syst&#233;matiquement &#224; &#233;ch&#233;ance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A hauteur des 400 milliards et quelques, cela para&#238;t techniquement faisable. En revanche cela pose de tr&#232;s gros probl&#232;mes juridiques et politiques. Juridiquement le financement des Etats par les banques centrales est exclu par les trait&#233;s europ&#233;ens ; on peut les tourner jusqu'&#224; un certain point, mais l&#224; ce serait caricatural et ne passerait pas les tribunaux, notamment allemands. Politiquement, surtout, il est tr&#232;s improbable que les durs de l'Europe du Nord, Pays Bas et Allemagne en t&#234;te, y consentent, d'autant que leur endettement est bien plus faible. Il faudrait donc vraiment qu'on soit aux abois pour que l'Europe y aille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre et surtout, il faut se rappeler qu'en r&#233;gime de croisi&#232;re, on n'&#233;chappera pas &#224; l'assainissement des d&#233;ficits publics. Et donc la d&#233;marche essentielle, une fois la crise pass&#233;e, c'est d'&#233;viter le d&#233;ficit. Pensons-y donc d&#232;s maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le num&#233;ro de mai 2020 de L'&lt;i&gt;Incorrect&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dette, la monnaie, les Etats</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/La-dette-la-monnaie-les-Etats.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/La-dette-la-monnaie-les-Etats.html</guid>
		<dc:date>2020-04-13T15:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Monnaie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En pleine crise sanitaire, l'Etat intervient r&#233;solument et &#224; juste titre pour soutenir l'&#233;conomie et conforter la solidarit&#233;. Ce faisant il risque de s'endetter encore plus, et massivement. On peut discuter les modalit&#233;s, l'urgence est l&#224;. Mais ce n'est pas mon propos ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est utile en effet de r&#233;fl&#233;chir parall&#232;lement aux questions de fond, sur la dur&#233;e, et notamment &#224; la question de la dette, qui est &#233;crasante et va s'accro&#238;tre encore massivement. Pourquoi l'endettement &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;norme avant, dans la plupart des pays dont la France ? Comment ensuite pourra-t-on sortir de cet engrenage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Politique magazine et revu&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Monnaie-+.html" rel="tag"&gt;Monnaie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En pleine crise sanitaire, l'Etat intervient r&#233;solument et &#224; juste titre pour soutenir l'&#233;conomie et conforter la solidarit&#233;. Ce faisant il risque de s'endetter encore plus, et massivement. On peut discuter les modalit&#233;s, l'urgence est l&#224;. Mais ce n'est pas mon propos ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est utile en effet de r&#233;fl&#233;chir parall&#232;lement aux questions de fond, sur la dur&#233;e, et notamment &#224; la question de la dette, qui est &#233;crasante et va s'accro&#238;tre encore massivement. Pourquoi l'endettement &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;norme avant, dans la plupart des pays dont la France ? Comment ensuite pourra-t-on sortir de cet engrenage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord les faits. On entend tellement parler de la pression des march&#233;s financiers sur les Etats qu'on finit par imaginer que ces pauvres Etats sont tomb&#233;s dans un grand pi&#232;ge orchestr&#233; il y a presque 50 ans par de m&#233;chantes banques et qu'ils s'y d&#233;battent depuis, prisonniers d'une id&#233;ologie mortif&#232;re. Et on se berce alors de grands plans de liquidation g&#233;n&#233;rale des dettes, au moins publiques. La r&#233;alit&#233; n'est pas plus gaie, mais assez diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le joug de la finance, vraiment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d'abord cette id&#233;e farfelue selon laquelle avant 1973 l'Etat pouvait &#234;tre en d&#233;ficit tant qu'il voulait, la Banque de France le finan&#231;ant par des avances gratuites. Il suffit pourtant d'ouvrir un livre d'histoire pour voir qu'il n'y a jamais eu d'&#233;poque magique o&#249; l'Etat pouvait d&#233;penser ce qu'il voulait, la banque centrale cr&#233;ant sans inconv&#233;nient de la monnaie pour couvrir le d&#233;ficit. Sans parler de l'&#233;poque des monnaies m&#233;talliques, qui excluaient par nature un tel m&#233;canisme, rappelons-nous au XIXe la rente, tr&#232;s co&#251;teuse (taux r&#233;el de 3 &#224; 5 %, bien plus qu'aujourd'hui). Rappelons-nous en sens inverse le d&#233;rapage des deux guerres avec la planche &#224; billets, qui a d&#233;bouch&#233; sur des inflations d&#233;mentielles. En dehors de cela, la Banque de France pouvait faire des avances de tr&#233;sorerie &#224; l'Etat, mais limit&#233;es, et le d&#233;ficit &#233;ventuel &#233;tait financ&#233; par emprunt public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a chang&#233; de monde en 1983 lorsqu'on a instaur&#233; en France le syst&#232;me de financement continu de l'Etat sur les march&#233;s, imit&#233; des Etats-Unis. Pour les politiques, cela a &#233;t&#233; une aubaine fabuleuse, car cela permet de se financer discr&#232;tement, sans passer par le th&#233;&#226;tre humiliant des grands emprunts type Pinay. En outre, cela r&#233;duit fortement les taux, car le march&#233; financier est bien moins cher que l'emprunt public. Et donc le d&#233;faut du syst&#232;me actuel est exactement l'inverse de ce qu'en disent ses d&#233;tracteurs : il donne aux irresponsables qui gouvernent depuis 40 ans la facult&#233; de d&#233;penser bien au-del&#224; du raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira : oui mais du coup on se met sous la coupe du march&#233; financier, et on ne peut plus mener la politique qu'on veut. Mais en temps &#8216;normal' le march&#233; est au contraire bonne fille ; la France a des d&#233;ficits d&#233;passant les 3% depuis des ann&#233;es, contrairement &#224; ses engagements les plus clairs, et elle paye des clopinettes en int&#233;r&#234;ts. La pression vient &#224; tout prendre plut&#244;t de Bruxelles, et encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, si le jeu d&#233;rape tout change. On l'a vu avec la Gr&#232;ce : du jour au lendemain le march&#233; devient m&#233;chant : le pays ne peut plus ni financer ses d&#233;ficits, ni refinancer la dette arrivant &#224; &#233;ch&#233;ance, ou &#224; des taux prohibitifs ; il tombe sous la coupe du FMI et subit une aust&#233;rit&#233; violente. Issue catastrophique donc. Moralit&#233; : si on continue &#224; accumuler chaque ann&#233;e des d&#233;ficits, la dette fait boule de neige, et un jour un bruit court sur le march&#233;, qui change d'avis, et pr&#233;cipite la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;ficit et dette, la recette du suicide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coupable, c'est l'endettement, et la cause de l'endettement, c'est le d&#233;ficit. Si on ne veut pas d&#233;pendre de cr&#233;anciers, on n'accumule pas les d&#233;ficits comme nous le faisons depuis 45 ans. Or sauf drame comme les guerres ou les grandes crises (comme celle que nous vivons ces jours-ci), nos d&#233;ficits sont injustifi&#233;s, car ils ne financent en g&#233;n&#233;ral pas des investissements, qui g&#233;n&#232;rent un produit &#224; terme permettant leur remboursement, mais des d&#233;penses courantes, report&#233;es sur les g&#233;n&#233;rations futures. Les d&#233;penses courantes doivent &#234;tre financ&#233;es par des revenus courants, imp&#244;ts et cotisations pour l'essentiel. Et si on a des d&#233;ficits, c'est parce qu'on ne sait pas choisir : d&#233;penser moins, ou augmenter les imp&#244;ts. La France tout particuli&#232;rement. Ce qui est un indice s&#251;r du dysfonctionnement politique de nos d&#233;mocraties : pas de consensus, pas de courage politique, donc fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on refuse cette r&#233;alit&#233;, on se lance dans le r&#234;ve. Ainsi le financement par la banque centrale. Mais si on emprunte &#224; la banque centrale, et qu'elle ne facture pas d'int&#233;r&#234;t, son b&#233;n&#233;fice est r&#233;duit d'autant et donc son dividende annuel &#224; l'Etat, qui est son seul actionnaire. En outre, &#224; masse mon&#233;taire inchang&#233;e, on r&#233;duit d'autant la capacit&#233; d'emprunt de l'&#233;conomie productive. Il ne reste alors qu'une solution : la cr&#233;ation mon&#233;taire suppl&#233;mentaire, c'est-&#224;-dire la planche &#224; billets ; mais alors l'inflation, elle, est garantie, au moins &#224; terme, une vraie inflation incontr&#244;l&#233;e. Et donc la ruine, notamment des plus vuln&#233;rables. Sachant que la planche &#224; billets nous est en principe ferm&#233;e puisque nous ne contr&#244;lons plus directement notre monnaie depuis l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir du pi&#232;ge actuel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que nous sommes bien dans un pi&#232;ge. L'endettement mondial est massivement plus &#233;lev&#233; qu'avant la crise de 2008. Or les grands drames financiers ont tous &#233;t&#233; des crises de la dette, car s'il y a crise, une dette massive cr&#233;e un effet domino, les faillites s'encha&#238;nant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? Fantasmer sur les &#233;volutions pass&#233;es n'emp&#234;chera pas la dette existante d'&#234;tre bien r&#233;elle, et juridiquement exigible. Si vous ne la payez pas, vous &#234;tes en d&#233;faut. Certes on peut l'&#233;taler dans le temps, mais cela ne change pas grand-chose, et on doit surtout fournir un effort lourd, sous le contr&#244;le &#233;troit des cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite la r&#233;pudiation. Mais croire qu'on peut r&#233;pudier sans risque notre gigantesque dette publique, d&#233;sormais &#233;gale &#224; plus de 100% du PNB, on r&#234;ve. D'autant que les cr&#233;ances sur l'Etat ne sont pas principalement d&#233;tenues par les banques, comme les gens le croient en lisant mal les statistiques, mais (outre les &#233;trangers) par des institutions d'&#233;pargne, SICAV et compagnies d'assurance-vie, caisses de retraite etc. Veut-on vraiment les spolier ? Bien s&#251;r, si on est accul&#233;, on ne peut pas faire autrement, mais c'est une op&#233;ration violente, et &#224; court terme tr&#232;s dure. Et qui dans le cas de la France d&#233;clencherait une crise financi&#232;re majeure, compte tenu de la masse concern&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul moyen de r&#233;duire massivement les dettes sans cr&#233;er un chaos entre d&#233;biteurs et cr&#233;anciers est &#224; nouveau de les mon&#233;tiser. C'est un peu ce que font les banques centrales avec ce qu'on appelle le &lt;i&gt;Quantitative easing&lt;/i&gt;, qu'elles pratiquent depuis 10 ans, qui est au fond, entre autres, un financement d&#233;tourn&#233; des Etats. Strat&#233;gie justifi&#233;e en cas de crise, mais pas en temps normal. Cela dit, reconnaissons que cela n'a pas d&#233;clench&#233; d'inflation pour le moment, contrairement &#224; l'objectif qu'elles recherchaient (inflation faible, &#224; 2%). On peut donc imaginer, en croisant les doigts, qu'il est possible de continuer &#224; dose mod&#233;r&#233;e ; cela all&#233;gera un peu les d&#233;biteurs. Mais pour vraiment &#233;liminer les dettes, il faudrait des doses bien plus fortes : la banque centrale ach&#232;terait par exemple en masse les obligations d'Etat (et &#233;ventuellement d'autres), et les transformerait ensuite en cr&#233;ances perp&#233;tuelles, de droit ou de fait, &#224; taux 0 ou tr&#232;s faible comme il l'est d'ailleurs souvent d&#232;s aujourd'hui. Elle pourrait ensuite les annuler &#224; un moment propice, ou non. Notons que tout cela est &#224; ce stade tr&#232;s improbable avec la Banque centrale europ&#233;enne, que la France ne contr&#244;le pas, d'autant que si certains pays europ&#233;ens sont tr&#232;s endett&#233;s, d'autres peu (notamment l'Allemagne) - sans compter le probl&#232;me juridique au vu des r&#232;gles actuelles de la BCE (mais qui pourraient changer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si cela se produisait, le risque est bien connu : que la cr&#233;ation mon&#233;taire massive, n&#233;cessaire pour racheter les cr&#233;ances avant de les geler, finisse par d&#233;clencher une hyper inflation et la fuite devant la monnaie. La m&#234;me strat&#233;gie pendant les deux guerres a induit une inflation ravageuse. Peut-&#234;tre y sera-t-on accul&#233; un jour. Mais peut-&#234;tre commence-t-on aussi &#224; y aller avec les mesures actuellement prises .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de toute fa&#231;on, ensuite, en r&#233;gime de croisi&#232;re, on n'&#233;chappera pas &#224; l'assainissement des d&#233;ficits publics. Et donc la d&#233;marche essentielle pour s'affranchir de la finance, c'est pas de d&#233;ficit. Hors crise grave, bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Politique magazine N&#176; 190 -Avril 2020 ; revu et adapt&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dette publique et planche &#224; billet</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Dette-publique-et-planche-a-billet.html</link>
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		<dc:date>2019-03-04T16:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me mon&#233;taire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une id&#233;e farfelue r&#233;appara&#238;t r&#233;guli&#232;rement sur Internet, selon laquelle avant 1973 l'Etat pouvait &#234;tre en d&#233;ficit tant qu'il voulait, la Banque de France le finan&#231;ait &#224; volont&#233; par des avances gratuites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire qu'&#224; l'avenir on pourrait r&#233;pudier la dette actuelle et laisser filer les d&#233;ficits comme on veut. C'est ce qu'on appelle un r&#234;ve &#233;veill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dette-publique-+.html" rel="tag"&gt;Dette publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Euro-+.html" rel="tag"&gt;Euro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Systeme-monetaire-+.html" rel="tag"&gt;Syst&#232;me mon&#233;taire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est comme le chiendent : vous pouvez l'arracher tant que vous voulez, cela repousse par-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je parle de cette id&#233;e farfelue qui r&#233;appara&#238;t r&#233;guli&#232;rement sur Internet, selon laquelle avant 1973 l'Etat pouvait &#234;tre en d&#233;ficit tant qu'il voulait, la Banque de France le finan&#231;ait &#224; volont&#233; par des avances gratuites. C'est ce qu'on appelle un r&#234;ve &#233;veill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident pour quiconque a ouvert un livre d'histoire qu'il n'y a jamais eu d'&#233;poque magique o&#249; l'Etat pouvait d&#233;penser ce qu'il voulait, la banque centrale cr&#233;ant obligeamment et sans inconv&#233;nient de la monnaie pour couvrir le d&#233;ficit en r&#233;sultant. Autrefois il y avait une monnaie objective, m&#233;tallique, et les Etats monarchiques empruntaient aupr&#232;s des banques pour financer leurs guerres. Ils trichaient &#224; l'occasion sur le contenu or de la monnaie mais marginalement, et les th&#233;ologiens comme Nicolas Oresme tonnaient avec raison, soulignant que c'&#233;tait du vol. Au XIXe avec le franc-or, quand l'Etat &#233;tait en d&#233;ficit il empruntait aupr&#232;s du public et cela s'appelait la rente. Elle &#233;tait tr&#232;s confortable pour les souscripteurs (taux r&#233;el de 4 &#224; 5 %, bien plus qu'aujourd'hui). Puis il y a eu le d&#233;rapage des deux guerres et la planche &#224; billet. R&#233;sultat : une inflation d&#233;mentielle. Encore dans les ann&#233;es 60 et 70 la Banque de France faisait en effet des avances de tr&#233;sorerie &#224; l'Etat, mais limit&#233;es, le reste &#233;tait financ&#233; par emprunt public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau syst&#232;me mis en place depuis 1983 &#224; l'imitation des Etats-Unis a &#233;t&#233; salu&#233; avec joie par les politiques, car il permet au gouvernement d'&#233;mettre au fil de l'eau aupr&#232;s des march&#233;s. Ce faisant il &#233;vite le pathos humiliant des grands emprunts type Pinay, et surtout il r&#233;duit fortement les taux pratiqu&#233;s. Le march&#233; financier est en effet bien moins cher que l'emprunt public. Aujourd'hui quels individus sens&#233;s pr&#234;teraient &#224; l'Etat fran&#231;ais &#224; 1 % sur 30 ans ? Or le march&#233; le fait. Et donc le d&#233;faut du syst&#232;me actuel est exactement l'inverse de ce qu'on dit sur Internet : il donne aux irresponsables qui gouvernent depuis 40 ans la facult&#233; de d&#233;penser bien au-del&#224; du raisonnable. Encore plus avec l'euro, monnaie forte dont les taux d'int&#233;r&#234;t sont bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de base est que sauf drame comme les guerres (et donc besoin massif d'un coup) la dette publique est intrins&#232;quement mauvaise, car les d&#233;ficits qui en sont &#224; l'origine ne financent en g&#233;n&#233;ral pas des investissements, qui g&#233;n&#232;rent un produit et permettent donc &#224; terme leur remboursement, mais des d&#233;penses courantes, qui sont simplement report&#233;es sur les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et croire qu'on &#233;conomise en empruntant &#224; la banque centrale, c'est absurde : si elle ne facture pas d'int&#233;r&#234;t &#224; l'Etat, son b&#233;n&#233;fice est r&#233;duit d'autant et donc son dividende annuel &#224; l'Etat, qui est son seul actionnaire. En revanche si un d&#233;ficit public est financ&#233; par de la cr&#233;ation mon&#233;taire, c'est-&#224;-dire la planche &#224; billet sans contrepartie dans l'&#233;conomie r&#233;elle, l'inflation elle est garantie. Et donc la ruine des plus pauvres (les riches eux savent se prot&#233;ger, car ils d&#233;tiennent des actifs r&#233;els qui s'appr&#233;cient).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; ceux qui croient qu'apr&#232;s &#234;tre sortis de l'euro on peut r&#233;pudier notre gigantesque dette publique, d&#233;sormais &#233;gale &#224; quasiment 100% de production (PNB),nils r&#234;vent encore plus. Phantasmer sur les &#233;volutions depuis 1973 n'emp&#234;chera pas la dette existante d'&#234;tre bien r&#233;elle, et juridiquement exigible selon tous les crit&#232;res disponibles. Si vous ne la payez pas vous &#234;tes en d&#233;faut. Demandez aux Grecs ce qu'ils en pensent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article paru dans France Catholique n&#176; 3622 du 1er mars 2019.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Crise grecque : o&#249; est la morale ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Crise-grecque-ou-est-la-morale.html</link>
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		<dc:date>2015-02-19T13:47:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise dette</dc:subject>
		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Dette</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La situation d&#233;sastreuse de la Gr&#232;ce est in&#233;dite sur la sc&#232;ne europ&#233;enne. Le nouveau gouvernement Ts&#237;pras a un m&#233;rite : poser en termes tranch&#233;s le dilemme de la Gr&#232;ce. Et un d&#233;faut : ne pas admettre l'ampleur des efforts &#224; fournir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette est due...mais il faut la remettre pour l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce a subi un choc sans pr&#233;c&#233;dent...mais il faut poursuivre les r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons de plus pr&#232;s ce qu'il en est, sous l'angle &#224; la fois de la r&#233;alit&#233; et de la morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dette-+.html" rel="tag"&gt;Dette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation d&#233;sastreuse de la Gr&#232;ce est in&#233;dite sur la sc&#232;ne europ&#233;enne. Le nouveau gouvernement Ts&#237;pras a un m&#233;rite : poser en termes tranch&#233;s le dilemme de la Gr&#232;ce. Et un d&#233;faut : ne pas admettre l'ampleur des efforts &#224; fournir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant la question est devenue essentiellement politique : il s'agit de d&#233;finir des responsabilit&#233;s, et de justifier aupr&#232;s des peuples les consid&#233;rables efforts que la situation exige de tous les c&#244;t&#233;s. On voit mal comment y proc&#233;der sans une analyse morale. Introduire des consid&#233;rations morales dans ce tohu-bohu peut para&#238;tre bizarre. Mais politiquement c'est incontournable. Encore faut-il garder &#224; l'esprit qu'il n'y a pas de jugement moral possible sans une analyse lucide des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue je r&#233;sumerai le constat comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Fallait-il que la Gr&#232;ce s'endette comme elle l'a fait ? Absolument pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Est-elle responsable de ses choix ? Bien s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.	La zone euro a-t-elle dysfonctionn&#233; ? &#201;videmment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.	L'Europe a-t-elle ferm&#233; les yeux trop longtemps ? Sans aucun doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.	La dette grecque est-elle due ? Certainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.	Faut-il &#224; nouveau la r&#233;duire fortement, voire l'annuler ? Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.	Est-ce que cela r&#232;glerait le probl&#232;me de la Gr&#232;ce ? Non et de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.	Sortir de la zone euro est-il faisable ? Difficilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9.	Cela r&#233;soudrait-il la question ? En partie seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10.	Une forme d'aust&#233;rit&#233; est-elle in&#233;vitable, avec de douloureuses r&#233;formes, le tout sur la dur&#233;e ? Oui h&#233;las et il faut le dire aux Grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons cela plus en d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passerai rapidement sur le pass&#233;. L'artifice de l'euro a cr&#233;&#233; une illusion collective : celle de la convergence sans responsabilit&#233;. Les Grecs ont pu s'endetter &#224; tour de bras, comme les autres Europ&#233;ens d'ailleurs, cr&#233;ant une prosp&#233;rit&#233; artificielle mais sans v&#233;ritablement investir et encore moins r&#233;former leur &#233;conomie et leur appareil public. Quand la bulle a &#233;clat&#233;, au lieu de reconna&#238;tre les faits et de proc&#233;der &#224; une r&#233;duction &#233;nergique de leur dette, au moins par r&#233;&#233;chelonnement, on a mis en place des pr&#234;ts publics massif. Plus une aust&#233;rit&#233; d'une s&#233;v&#233;rit&#233; rare, avec une r&#233;duction du PIB de l'ordre du quart. Et quand on s'est enfin d&#233;cid&#233; &#224; r&#233;duire la dette due aux cr&#233;anciers priv&#233;s, on n'a pas touch&#233; cette dette envers les cr&#233;anciers publics. R&#233;sultat : la Gr&#232;ce est toujours beaucoup trop endett&#233;e, mais le gros de sa dette est envers des cr&#233;anciers publics : les autres Etats europ&#233;ens, la BCE, le FMI. Ce qui est politiquement beaucoup plus sensible. Et l'aust&#233;rit&#233; continue, sans perspective de sortie. Comment s'&#233;tonner alors du r&#233;sultat des &#233;lections ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire avec cette dette ? Rappelons-le : elle a &#233;t&#233; contract&#233;e librement : personne n'y a oblig&#233; la Gr&#232;ce. Elle est donc due. Et pourtant il faut l'annuler, en tout ou en tr&#232;s grande partie. Techniquement, parce qu'elle p&#232;se tr&#232;s lourd et ne sera &#233;videmment jamais rembours&#233;e, ni m&#234;me ind&#233;finiment report&#233;e Garder cette dette qui maintient la Gr&#232;ce dans une situation intenable est une impasse, m&#234;me si le gouvernement actuel avalait la couleuvre. Les cr&#233;anciers priv&#233;s l'avaient compris, qui ont annul&#233; plus de 70 % de leur part. Moralement, parce que si une cr&#233;ance est due, ce ne peut &#234;tre au prix de la mort ou de la ruine du d&#233;biteur. Outre la loi naturelle, voire le bon sens, un message comme celui de la Bible nous le rappelle avec force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que c'est un pr&#233;c&#233;dent, que c'est la r&#233;compense du fautif. En fait ce n'est un pr&#233;c&#233;dent que si un autre pays descendait aux enfers comme la Gr&#232;ce. Mais qui peut envisager de s'engager volontairement dans la voie de la rupture, en arguant de ce pr&#233;c&#233;dent ? Juste pour effacer des dettes ? C'est peu cr&#233;dible. D'autant que cet effacement de dette &#233;ventuel ne suffira pas, et de loin. M&#234;me en repartant de z&#233;ro la Gr&#232;ce aurait terriblement besoin d'argent externe ; mais qui va pr&#234;ter dans ces conditions ? Et comme on sait elle a besoin de profondes r&#233;formes, forc&#233;ment dures pour le peuple grec. Il n'y est pas encore vraiment pr&#234;t. Le gouvernement Ts&#237;pras a raison sur la dette. Il est normal en outre qu'il demande de l'aide. Mais il erre compl&#232;tement sur les r&#233;formes et sur l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'euro ? Ce fut &#233;videmment une erreur pour la Gr&#232;ce d'entrer dans le m&#233;canisme. Un ajustement en monnaie nationale est beaucoup plus supportable politiquement, et plus s&#251;r &#224; terme. Mais il est tr&#232;s difficile de changer de monnaie, en pleine crise, sans administration digne de ce nom, et contre les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats de la population qui rappelons-le, quand elle a de l'argent aujourd'hui, a des euros et ne veut pas les voir se transformer en drachmes aussit&#244;t d&#233;valu&#233;es. Mais peut-&#234;tre cela sera-t-il in&#233;vitable &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que doivent donc faire les Europ&#233;ens ? Engager la discussion sur des bases lucides. Remettre la dette (de fa&#231;on avou&#233;e ou par des moyens &#233;quivalents), et aider la Gr&#232;ce, financi&#232;rement, en &#233;change des r&#233;formes r&#233;ellement drastiques qu'impose la situation. Voire accompagner de bonne gr&#226;ce la sortie de la zone. Le r&#233;alisme et la morale vont dans le m&#234;me sens. Autant donc y aller r&#233;solument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tribune publi&#233;e sur La Croix du 17 f&#233;vrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir sur le m&#234;me sujet les articles suivants, qui gardent leur valeur :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Crise de la dette : le laboratoire grec ou la descente aux enfers - du 30 mai 2012 ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une r&#233;duction de dettes in&#233;luctable en zone euro ? - du janvier 2012 &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Crise de la zone euro : il faut des proc&#233;dures collectives - du jeudi 6 octobre 2011.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment au 25 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il besoin d'ajouter que les accords r&#233;cents ne changent en rien le diagnostic ? Soit le gouvernement grec a capitul&#233;, soit il louvoie. Au mieux on a gagn&#233; du temps, mais la situation reste sans avenir. Le soulagement est nul ; et les r&#233;formes restent insuffisantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Lune de miel entre les march&#233;s et la France ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Lune-de-miel-entre-les-marches-et-la-France.html</link>
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		<dc:date>2012-11-20T14:12:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; financier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En baisse constante dans les sondages, Fran&#231;ois Hollande est aujourd'hui attaqu&#233; de toute part &#8230; sauf par les march&#233;s financiers &#8211; ceux qu'il avait d&#233;sign&#233;s comme son ennemi. Quel paradoxe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France n'a jamais emprunt&#233; &#224; des taux aussi bas peut-&#234;tre de toute son histoire. La baisse de notation -Moody's maintenant - n'y change rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne nouvelle me direz-vous. Eh bien non. Car une situation aussi irrationnelle, en pleine crise de dette dans la zone euro, est n&#233;cessairement la traduction d'un dysfonctionnement grave, lourd de menaces &#224; terme. Y compris pour les finances publiques du fait du poids de la dette publique sur le budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachons profiter du r&#233;pit qui nous est ainsi offert, et rapidement : sur les march&#233;s comme en montagne, la m&#233;t&#233;o peut &#233;voluer tr&#232;s rapidement sans signe pr&#233;curseur, et la lune de miel devenir beaucoup, beaucoup moins romantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Dette-publique-+.html" rel="tag"&gt;Dette publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Marche-financier-+.html" rel="tag"&gt;March&#233; financier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En baisse constante dans les sondages, Fran&#231;ois Hollande est aujourd'hui attaqu&#233; de toute part &#8230; sauf par les march&#233;s financiers &#8211; ceux qu'il avait d&#233;sign&#233;s comme son ennemi. Quel paradoxe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-nous ces fortes paroles : &#171; Mon v&#233;ritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne pr&#233;sentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas &#233;lu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance &#187; (Fran&#231;ois Hollande le 22 janvier 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas rancunier pour deux sous ce &#171; monde de la finance &#187; ! Et m&#234;me tr&#232;s gentil avec le pays d&#233;sormais dirig&#233; par celui qui l'a d&#233;sign&#233; comme ennemi, puisqu'il lui pr&#234;te aux taux les plus bas de l'histoire. Environ 2,20 % &#224; 10 ans. Mieux, cet &#233;t&#233;, la France a emprunt&#233; &#224; 3 mois et &#224; 6 mois &#224; des taux n&#233;gatifs. Concr&#232;tement, une fois l'inflation prise en compte, cela signifie que les investisseurs acceptent au mieux de pr&#234;ter sans r&#233;mun&#233;ration, quand ils ne perdent pas de l'argent &#8230;et m&#234;me si les agences de notation nous font lentement glisser vers le bas, nous empruntons toujours moins cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne nouvelle me direz-vous. Eh bien non. Car une situation aussi irrationnelle est n&#233;cessairement la traduction d'un dysfonctionnement grave, lourd de menaces &#224; terme. Pr&#233;misse d'une crise aggrav&#233;e des finances publiques, source d'une nouvelle dose d'aust&#233;rit&#233; et d'imp&#244;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? A la base, d'un exc&#232;s d'argent dans le syst&#232;me par rapport &#224; ses capacit&#233;s d'absorption. Les investisseurs internationaux, principalement asiatiques et moyen-orientaux, disposent d'&#233;normes masses de liquidit&#233;s dont une partie doit s'investir en euros, parce qu'il leur faut r&#233;partir leurs risques. Mais la crise au sud de l'Europe les conduit &#224; chercher des valeurs refuges. La dette publique allemande d'abord. Celle de la France ensuite, car il faut &#233;viter de mettre tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet d'aubaine, inesp&#233;r&#233; au regard de notre situation r&#233;elle. Mais effet d'aubaine qui a toute chance de n'&#234;tre que temporaire. Car notre d&#233;ficit serait bien plus &#233;lev&#233; si les choses se passaient comme la logique le voudrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons en effet les chiffres. Notre dette totale est de plus de 1.800 milliards d'euros, dont 1.400 milliards ont une dur&#233;e de vie de plus de sept ans. Cela signifie que pour 1 % d'int&#233;r&#234;ts en plus, nous paierons presque imm&#233;diatement 4 milliards suppl&#233;mentaires. Et &#224; terme 18 milliards. Notre &#233;quilibre budg&#233;taire est donc hypersensible au niveau des taux d'int&#233;r&#234;t demand&#233;s par les investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or quel est le prix que devrait en bonne logique demander quelqu'un qui pr&#234;te &#224; la France ? M&#234;me si le risque &#233;tait nul, il lui faudrait demander un minimum de r&#233;mun&#233;ration r&#233;elle au-del&#224; de l'inflation &#8211; minimum qui selon les &#233;conomistes devrait &#234;tre de l'ordre de grandeur de la croissance pr&#233;visible. Avec une inflation autour de 2 %, le taux sans risque devrait donc d&#233;j&#224; &#234;tre sensiblement sup&#233;rieur &#224; 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi s'ajoute le co&#251;t du risque. Mais qui peut croire que ce risque est nul ? D'une part, beaucoup s'inqui&#232;tent de notre d&#233;sindustrialisation, de l'absence de vraie r&#233;forme structurelle et du risque de contagion de l'Europe du Sud. Moody's ces jours-ci, parmi beaucoup d'autres. D'autre part personne ne peut nier que l'Europe traverse une zone de turbulence et que nos d&#233;ficits budg&#233;taires et commerciaux ne sont pas rassurants. Au minimum personne ne peut consid&#233;rer ce risque n&#233;gligeable. Et donc m&#234;me en restant optimiste on devrait emprunter bien au-del&#224; de 4 %, soit 2 % au minimum plus cher que ce que nous payons. Ce qui veut dire que notre d&#233;ficit &#171; logique &#187;, celui qui est coh&#233;rent avec notre situation, devrait toutes choses &#233;gales par ailleurs &#234;tre plus lourd d'au moins 40 milliards que dans l'hypoth&#232;se du maintien des taux actuels &#8211; et a toutes chances d'&#234;tre &#224; ce niveau un jour proche. Arithm&#233;tiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s prendront-ils cela en compte rapidement ? L'effort budg&#233;taire pr&#233;vu pour 2013 est de 30 milliards d'euros, dont 20 de recettes suppl&#233;mentaires et 10 seulement de baisses de d&#233;penses. Le fragile &#233;quilibre qui en r&#233;sulte peut &#234;tre rompu &#224; tout moment, si un mouvement de d&#233;fiance gagne les march&#233;s. Or les craintes &#233;voqu&#233;es ci-dessus, et notamment l'absence de r&#233;formes structurelles, la difficult&#233; &#224; tenir les promesses, sont un terrain propice pour que cela se produise, sans parler de la hausse pr&#233;visible du ch&#244;mage. Ce &#224; quoi s'ajoute la situation dramatique de la zone euro. Et les futures d&#233;gradations de notre notation, malheureusement &#224; craindre. Ne nous illusionnons pas. Les march&#233;s r&#233;agiraient dans un tel cas avec exc&#232;s, dans le sens inverse de celui d'aujourd'hui. C'est comme cela qu'ils fonctionnent ; il faut le savoir et l'accepter. Les vilipender &#224; nouveau demain ne servira &#224; rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une de nos nombreuses erreurs aujourd'hui est donc de vouloir b&#226;tir notre avenir en croyant qu'un tel dysfonctionnement est appel&#233; &#224; perdurer. Voir dans la &#171; cl&#233;mence &#187; actuelle des march&#233;s un blanc-seing durable pour le statu quo serait de l'inconscience. Sachons au contraire profiter du r&#233;pit qui nous est ainsi offert, et rapidement : sur les march&#233;s comme en montagne, la m&#233;t&#233;o peut &#233;voluer tr&#232;s rapidement sans signe pr&#233;curseur, et la lune de miel devenir beaucoup, beaucoup moins romantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Publi&#233; en partie en octobre sur les Echos.fr )&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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