<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pierredelauzun.fr/spip.php?id_rubrique=41&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Taxer les riches ?</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Taxer-les-riches.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Taxer-les-riches.html</guid>
		<dc:date>2025-09-18T12:21:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Fortune</dc:subject>
		<dc:subject>Tr&#232;s riches</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Zucman</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La taxe Zucman fait beaucoup parler d'elle. Au motif que les tr&#232;s riches payeraient moins d'imp&#244;ts que les autres, il est propos&#233; de taxer 2 % de leurs actifs. Nous regarderons ici le fondement moral et politique de la question : est-il juste ou &#233;quitable de cr&#233;er un tel imp&#244;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distinguons d'embl&#233;e deux motivations totalement diff&#233;rentes : d'un c&#244;t&#233; le rabotage &#233;galitariste des grandes fortunes, et de l'autre la juste contribution &#224; l'effort fiscal. Le premier fait changer de soci&#233;t&#233;. Le second seul m&#233;rite examen, mais un fiscalit&#233; &#233;quitable doit rentrer dans le principe g&#233;n&#233;ral : on ne taxe que le v&#233;ritable revenu. Si des dispositifs permettent &#224; certains d'y &#233;chapper, il faut les contrer. Mais sauf cas particuliers, on ne taxe pas quelqu'un pour le d&#233;poss&#233;der d'une propri&#233;t&#233; l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Fortune-+.html" rel="tag"&gt;Fortune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Tres-riches-+.html" rel="tag"&gt;Tr&#232;s riches&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Fiscalite-+.html" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Zucman-+.html" rel="tag"&gt;Zucman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/shakedown-1340048_640.webp?1787417304' class='spip_logo spip_logo_right' width='138' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La taxe Zucman fait beaucoup parler d'elle. Au motif que les tr&#232;s riches (en l'esp&#232;ce plus de 100 millions d'euros d'actifs) payeraient moins d'imp&#244;ts que les autres et notamment sur le revenu, il est propos&#233; de taxer 2 % (annuels) de la totalit&#233; de leurs actifs, ou au minimum d'exiger un paiement minimal d'imp&#244;ts &#224; cette hauteur. Nous regarderons ici le fondement moral et politique de la question : est-il juste ou &#233;quitable de cr&#233;er un tel imp&#244;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distinguons d'embl&#233;e deux motivations totalement diff&#233;rentes : d'un c&#244;t&#233; le rabotage &#233;galitariste des grandes fortunes, et de l'autre la juste contribution &#224; l'effort fiscal. Ce que Zucman met en avant est le second motif, mais le premier est &#233;videmment pr&#233;sent dans bien des partisans de la taxe. Commen&#231;ons par le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La juste contribution &#224; l'effort fiscal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est que les tr&#232;s riches contribuent moins que les autres, alors qu'on s'attendrait en &#233;quit&#233; &#224; ce qu'ils contribuent plus, au moins en proportion (on n'&#233;voquera pas ici la question de la progressivit&#233; &#233;ventuelle de l'imp&#244;t).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyant d'abord ce qu'on peut appeler &#233;quit&#233;. Dans son principe, selon la d&#233;claration de droits de 1948 et selon d'ailleurs le bon sens, l'imp&#244;t doit se r&#233;f&#233;rer &#224; la capacit&#233; contributive des personnes concern&#233;es, leurs &#171; facult&#233;s &#187; selon le terme employ&#233;. Or cela peut concerner deux types de ressources au sens large : les revenus et le patrimoine d&#233;tenu. Les revenus sont &#233;videmment concern&#233;s : si une ann&#233;e donn&#233;e vous gagnez quelque chose, cette richesse n'avait pas &#233;t&#233; impos&#233;e auparavant ; elle est disponible pour vous et dans le principe il para&#238;t clair que cela entre dans vos &#171; facult&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est moins imm&#233;diate pour le patrimoine. D'embl&#233;e, qui dit patrimoine &#233;voque des biens qui ont normalement d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fiscalis&#233;s, au moins &#224; leur origine. En effet, le patrimoine a trois sources possibles. Soit les biens ont &#233;t&#233; gagn&#233;s et &#233;pargn&#233;s, &#224; partir de revenus qui ont donc &#233;t&#233; impos&#233;s ; soit ils ont &#233;t&#233; h&#233;rit&#233;s, et alors ils ont &#233;t&#233; doublement fiscalis&#233;s : ant&#233;rieurement, et au moment de la succession. Soit encore ils ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, et ce sont essentiellement des biens de production au sens large (plus des cas particuliers, comme des objets d'art par exemple). Mais alors ou ces biens sont la source de revenus, et alors l'imp&#244;t intervient en principe, ou ils ne produisent rien. Dans ce dernier cas peut-on consid&#233;rer qu'ils sont des ressources ou &#171; facult&#233;s &#187; et qu'on peut les ponctionner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine fiscale, et notamment celle du Conseil constitutionnel, consid&#232;re de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale que l'imp&#244;t doit &#234;tre pay&#233; au moyen des revenus. En effet, si les revenus ne permettent pas de le payer, ou si le pr&#233;l&#232;vement porte sur un pourcentage excessif de ceux-ci, l'imp&#244;t aboutit &#224; la confiscation d'une partie de la propri&#233;t&#233;. Or si celle-ci est l&#233;gale, elle ne peut &#234;tre confisqu&#233;e, tout au plus saisie et indemnis&#233;e dans des cas bien pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, cela n'emp&#234;che pas dans son principe que la base d'imposition soit autre que le revenu. Autrefois on utilisait plus largement le patrimoine comme base, car il &#233;tait plus visible (immobilier, terres etc.), alors que les revenus &#233;taient mal connus ; la taxe fonci&#232;re est un r&#233;sidu de cette &#233;poque. Mais encore faut-il qu'il y ait un motif pour taxer ainsi un actif : ainsi, dans le cas de la taxe fonci&#232;re, le lien entre ce foncier et une collectivit&#233; locale. Surtout, pour &#233;viter l'effet confiscation, cela impose de mettre un plafond fonction des revenus. C'est ce qu'on avait avec l'ISF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux familles de questions ont &#233;t&#233; soulev&#233;es &#224; ce propos. La premi&#232;re est celle des plus-values latentes : un actif entr&#233; dans votre patrimoine &#224; un certain prix s'est entretemps appr&#233;ci&#233; et vaut plus. Donc, dira-t-on, vous avez d&#233;sormais plus de ressources qu'auparavant, et ce surplus n'a, lui, jamais &#233;t&#233; impos&#233;. Ce qui est vrai ; mais en m&#234;me temps le bien, lui, n'a pas chang&#233;. Il n'y a donc lieu de l'imposer que s'ils se transforme en ressource effective, c'est-&#224;-dire est vendu, d'o&#249; l'imposition des plus-values. Sinon, ma maison vaut peut-&#234;tre plus cher, mais c'est la m&#234;me. L'entreprise a peut-&#234;tre grossi, ou a un potentiel tel qu'elle s'est appr&#233;ci&#233;e, mais son r&#233;sultat, lui, a pu rester limit&#233;. En outre, si on veut imposer la plus-value latente, cela a le grave inconv&#233;nient de taxer quelque chose d'hypoth&#233;tique : l'estimation n'est pas toujours facile, et les m&#234;mes raisons qui ont conduit &#224; un valorisation estimative sup&#233;rieure peuvent dans l'avenir conduire &#224; l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan pratique le d&#233;bat en cours l'a montr&#233; : la taxe indiscrimin&#233;e du patrimoine est notamment une menace grave pour les entreprises &#224; fort potentiel mais sans r&#233;sultat ou sans versement de dividende. A nouveau, on ne taxe l&#233;gitimement que sur la base d'un revenu constat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question est celle de revenus qui ont &#233;t&#233; dissimul&#233;s, parqu&#233;s, ou requalifi&#233;s de fa&#231;on &#224; &#233;chapper &#224; l'imposition des revenus. Cela veut dire que ce sont bien des revenus, c'est-&#224;-dire de l'argent effectivement gagn&#233; par une entit&#233; qu'un individu d&#233;tient, directement ou non ; mais des revenus qu'il n'a pas per&#231;us lui-m&#234;me. Par exemple des dividendes vers&#233;s par une entreprise productive (et qui ont donc pay&#233; l'IS, par exemple &#224; 25%), mais per&#231;us par une holding qu'il contr&#244;le. S'ils avaient &#233;t&#233; vers&#233;s &#224; la personne, celle-ci aurait pay&#233; dessus ce qu'on appelle la flat tax de 30% (soit un imp&#244;t total de 47.5%). La question est complexe, notamment selon le r&#233;gime fiscal de la holding, mais m&#233;rite examen ; en soi, sans entrer dans la technique, s'il appara&#238;t que la holding sert &#224; cagnotter sans payer l'imp&#244;t (ou bien moins), il y a incontestablement rupture d'&#233;quit&#233; par rapport &#224; celui qui reconna&#238;t avoir per&#231;u un revenu. Un m&#233;canisme correctif est alors justifi&#233;. Mais ce n'est a priori pas par un imp&#244;t g&#233;n&#233;ral sur le patrimoine : d'une part, il faut qu'il y ait un vrai revenu au d&#233;part, donc un dividende vers&#233; par la soci&#233;t&#233; fille, et d'autre part, il faut mettre en &#233;vidence un m&#233;canisme d'&#233;vitement de l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons enfin qu'une taxe de type Zucman, en regard des graves inconv&#233;nients soulign&#233;s, est d'un rendement comparativement m&#233;diocre. Les 20 milliards d'euros annonc&#233;s, qui seraient sans doute bien inf&#233;rieurs dans la r&#233;alit&#233;, sont &#224; comparer &#224; environ 170 milliards de d&#233;ficit budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rabotage &#233;galitariste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste donc la deuxi&#232;me motivation des partisans d'une telle taxe : le rabotage &#233;galitariste. De fait, un des motifs de ce type de taxe est qu'il y a des fortunes &#233;normes, et qu'elles ont massivement augment&#233; depuis 30 ans et notamment r&#233;cemment. J'ai &#233;voqu&#233; cette question dans un autre article &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-question-des-tres-riches.html&#034; class=&#034;spip_url&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-qu...&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rappelais d'abord &#224; ce sujet que ces nouveaux milliardaires n'avaient pas pris cet argent &#224; d'autres : ils avaient fond&#233; (ou h&#233;rit&#233; puis d&#233;velopp&#233;) des entreprises qui avaient pris une valeur &#233;norme, directement reflet de leur succ&#232;s ; sauf irr&#233;gularit&#233;, il n'est donc pas injuste de dire qu'ils l'ont gagn&#233; . Cela dit, le reste de la soci&#233;t&#233; n'est pas non plus pour rien dans ce succ&#232;s : apr&#232;s tout, l'Internet a &#233;t&#233; invent&#233; par l'arm&#233;e am&#233;ricaine&#8230;Il ont donc un devoir envers la collectivit&#233;. Par ailleurs, sauf &#224; &#233;tatiser enti&#232;rement la soci&#233;t&#233;, une partie pr&#233;pond&#233;rante des propri&#233;t&#233;s et notamment des entreprises est d&#233;tenue par des personnes, et in&#233;vitablement de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale. Leur fortune peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e potentiellement l&#233;gitime. Mais elle peut poser d'autres probl&#232;mes : d'une part, n'ont-ils pas trop de pouvoir ? D'autre part, quel usage en font-ils, et rendent-ils &#224; la soci&#233;t&#233; les services qu'ils doivent lui rendre ? En un mot, quelle est leur contribution au bien commun ? Selon la r&#233;ponse apport&#233;e, on peut envisager, dans des cas justifi&#233;s, une intervention publique. Mais ce sera pour un motif de cet ordre, pas par un a priori &#233;galitariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand donc certains, dont Thomas Piketty , proposent de taxer ces fortunes &#224; 5% par an puis de taxer &#224; 90% les grosses successions, le motif est &#233;galitariste ; il vise en fait &#224; faire dispara&#238;tre ces fortunes ou &#224; les pr&#233;cariser. Ce qui veut dire qu'on change de soci&#233;t&#233; pour basculer dans une forme d'&#233;tatisme. Or ce qui est remarquable est que l'effet fiscal, pour les budgets publics et donc potentiellement pour la collectivit&#233;, en serait bien maigre, en regard de l'extr&#234;me brutalit&#233; du syst&#232;me. Cela rapporterait dit-on 5 % du revenu national. Mais le budget public est dix fois plus gros ; et les diff&#233;rences de pression fiscale entre les divers pays d&#233;velopp&#233;s sont bien sup&#233;rieures &#224; ce chiffre : entre 45.6% en France et 40 % en moyenne europ&#233;enne, ou 35% en Grande Bretagne. En supposant m&#234;me qu'on r&#233;cup&#232;re bien ces 5 % par cette r&#233;volution et cette &#233;tatisation massive, ce qui est fort douteux, ce qu'on gagne pourrait donc l'&#234;tre avec un autre syst&#232;me fiscal classique, et sans r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La motivation n'est donc pas fiscale, elle est politique, et d'une politique de type r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion la question pos&#233;e par la premi&#232;re approche m&#233;rite examen, mais un fiscalit&#233; &#233;quitable doit rentrer dans le principe g&#233;n&#233;ral : on ne taxe que le v&#233;ritable revenu. Si des dispositifs permettent &#224; certains d'y &#233;chapper, il faut les contrer. Mais sauf cas particuliers, on ne taxe pas quelqu'un pour le d&#233;poss&#233;der d'une propri&#233;t&#233; l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma tribune analogue sur Aleteia &lt;a href=&#034;https://fr.aleteia.org/2025/09/19/la-taxe-zucman-est-elle-fiscalement-juste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://fr.aleteia.org/2025/09/19/l...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passage sur RCF 23 septembre 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
A la lumi&#232;re de l'Evangile, que penser de la taxe Zucman ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Invit&#233; de la Matinale 18 min&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.rcf.fr/articles/actualite/taxe-zucman-que-dit-levangile&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.rcf.fr/articles/actuali...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Concurrence fiscale et sociale : quel syst&#232;me international et europ&#233;en veut-on ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Concurrence-fiscale-et-sociale-quel-systeme-international-et-europeen-veut-on.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Concurrence-fiscale-et-sociale-quel-systeme-international-et-europeen-veut-on.html</guid>
		<dc:date>2025-08-27T14:47:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Solidarit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>
		<dc:subject>Syst&#232;me international</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La diversit&#233; des syst&#232;mes &#233;conomiques et sociaux au sein de la soci&#233;t&#233; internationale pose un probl&#232;me majeur, qui n'est que rarement &#233;voqu&#233; dans toute son ampleur et sa signification. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est d'abord &#233;videmment le cas bien connu des paradis fiscaux et juridictions non coop&#233;ratives, fa&#231;on &#238;les antillaises. Mais la question est plus g&#233;n&#233;rale. D&#233;j&#224; dans le fiscal pur, au sein de l'Europe on a les cas de l'Irlande et du Luxembourg. Le niveau de richesse atteint par ces divers pays est d&#251; en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Solidarite-nationale-+.html" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradis-fiscaux-+.html" rel="tag"&gt;Paradis fiscaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Systeme-international-+.html" rel="tag"&gt;Syst&#232;me international&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pierredelauzun.fr/IMG/logo/business-man-6640060_1280.webp?1787417294' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La diversit&#233; des syst&#232;mes &#233;conomiques et sociaux au sein de la soci&#233;t&#233; internationale pose un probl&#232;me majeur, qui n'est que rarement &#233;voqu&#233; dans toute son ampleur et sa signification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'abord &#233;videmment le cas bien connu des paradis fiscaux et juridictions non coop&#233;ratives, fa&#231;on &#238;les antillaises. Mais la question est plus g&#233;n&#233;rale. D&#233;j&#224; dans le fiscal pur, au sein de l'Europe on a les cas de l'Irlande et du Luxembourg. Le niveau de richesse atteint par ces divers pays est d&#251; en partie appr&#233;ciable &#224; une politique fiscale qu'on peut qualifier de pr&#233;datrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tol&#233;rance &#224; l'&#233;gard de telles pratiques est une aberration. Et &#224; un certain stade, c'est la reconnaissance m&#234;me de ces pays et de leurs pratiques qui doit &#234;tre remise en cause, y compris dans leur validit&#233; juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne doit pas emp&#234;cher inversement les pays &#224; fiscalit&#233; d&#233;lirante, comme la France &#224; revoir aussi leur copie, dans l'autre sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les paradis fiscaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#244;t peut-il &#234;tre dit juste, d&#232;s lors que le syst&#232;me politique et fiscal &#224; l'&#233;chelle mondiale tol&#232;re des paradis fiscaux, abondamment utilis&#233;s par les soci&#233;t&#233;s et les tr&#232;s gros revenus ? La question doit &#234;tre pos&#233;e, car on assiste &#224; de vrais scandales. Je l'avais &#233;voqu&#233;e d&#232;s mars 2013 dans un article publi&#233; sous le titre &#171; Paradis fiscaux : une hypocrisie bien commode &#187; (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les paradis fiscaux sont des boucs &#233;missaires bien commodes. D'autant plus commodes qu'on ne prend pas les mesures qui permettraient leur disparition&#8230;. Ce qui frappe c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend-on par paradis fiscaux ? Des pays dont l'activit&#233; principale est d'utiliser une l&#233;gislation extr&#234;mement accommodante, fiscale, juridique et autre, pour qu'on localise chez eux des op&#233;rations qui seraient sinon domicili&#233;es ailleurs. On vise au minimum quelques &#238;les plus ou moins exotiques qui vont d'Antigua, des Bermudes, des Ca&#239;mans ou de Nauru pour ne citer qu'elles, jusqu'&#224; Jersey et Guernesey. Mais le terme peut s'appliquer aussi &#224; quelques Etats moins n&#233;gligeables - dont certains sont au centre de l'Europe quand ils ne sont pas membres de l'Union europ&#233;enne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment est-il possible &#224; un pays d'&#234;tre un paradis fiscal ? Bien s&#251;r c'est d'abord par choix. Mais cela n'a d'effet que pour autant que les autres pays reconnaissent la validit&#233; des op&#233;rations qu'il abrite. Aucune entreprise &#233;tablie ailleurs n'effectuerait, directement ou via une filiale, une activit&#233; financi&#232;re ou autre dans un paradis fiscal si la validit&#233; des transactions ainsi domicili&#233;es n'&#233;tait pas reconnue dans son pays d'origine ou les autres pays &#8216;normaux'. On sait fort bien qu'il n'y a en r&#233;alit&#233; aucune activit&#233; bancaire ou financi&#232;re dans ces territoires. Les op&#233;rations qui y sont log&#233;es juridiquement et fiscalement sont enti&#232;rement mont&#233;es et d&#233;cid&#233;es ailleurs : les &#238;les Ca&#239;mans par exemple, o&#249; l'on trouvera tout au plus quelques juristes ou comptables, sont le r&#233;ceptacle d'op&#233;rations initi&#233;es &#224; New York. Si donc les &#201;tats-Unis ne reconnaissaient pas la validit&#233; juridique des op&#233;rations enregistr&#233;es aux &#238;les Ca&#239;mans, elles se videraient du jour au lendemain. L'enjeu est l&#224;... C'est d'abord aux gouvernements des pays industrialis&#233;s de prononcer leur jugement sur la situation de ces pays et cons&#233;quemment d'accepter ou non de reconna&#238;tre la validit&#233; juridique des transactions effectu&#233;es avec ou chez eux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans bien des cas, on peut remettre m&#234;me en cause le statut de pays qu'on a lib&#233;ralement reconnu &#224; des confettis insignifiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tol&#233;rance extraordinaire dont b&#233;n&#233;ficient ces entit&#233;s laisse planer un doute s&#233;rieux sur la volont&#233; des autres pays de vraiment lutter contre ces pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et plus encore quand on connait les facilit&#233;s extraordinaires que cela donne au blanchiment d'argent et aux trafics illicites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question plus g&#233;n&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces cas extr&#234;mes se pose en mati&#232;re &#233;conomique la question de la cohabitation sur la plan&#232;te de pays dont les r&#233;gimes l&#233;gaux, r&#232;glementaires, sociaux et fiscaux sont tr&#232;s diff&#233;rents, et qui cependant posent le principe de la libre circulation des capitaux et des biens et services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand des pays r&#232;glementent des activit&#233;s, autorisant certaines et interdisant d'autres, normalisant beaucoup d'entre elles, c'est pour certaines raisons. Elles peuvent &#234;tre contestables, mais beaucoup d'entre elles sont justifi&#233;es dans leur principe. Il est alors contradictoire d'admettre l'entr&#233;e de produits ou de services qui ne les respectent pas, soit par nature, soit selon les conditions de leur production. De m&#234;me, le syst&#232;me fiscal et le syst&#232;me social pr&#233;voient une certaine contribution des entreprises ou des personnes &#224; des d&#233;penses communes. Si on se place du point de vue des pays o&#249; ces syst&#232;mes sont en place, il y a une grande contradiction &#224; admettre l'entr&#233;e de produits ou de services qui n'ont pas pay&#233; cette contribution dans les lieux de production et sont donc bien moins chers. Ou qui se localisent dans ces pays pour r&#233;duire leur charge fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple parfaitement caricatural de cette situation est l'Union europ&#233;enne, qui a &#233;rig&#233; en dogme absolu la libre circulation des capitaux, mais n'assure que le degr&#233; minimum d'harmonisation fiscale (surtout sur la TVA, et encore). D'o&#249; une aberration comme l'Irlande, qui a des taux d'imposition sur les soci&#233;t&#233;s extr&#234;mement bas, et attire &#233;norm&#233;ment d'activit&#233;s et de si&#232;ges sociaux, notamment d'entreprises non europ&#233;ennes et en particulier am&#233;ricaines. Gr&#226;ce aux prix de transfert, elles concentrent leurs profits sur ce pays. Une telle situation est un scandale. Et le Luxembourg n'en est pas loin. R&#233;sultat : ces pays ont atteint en peu d'ann&#233;es un niveau de richesse par habitant massivement sup&#233;rieur &#224; celui des autres pays de l'Union. Il ne s'agit pas ici de dire que cela ne s'explique que par leur politique fiscale et autre ; mais il est ind&#233;niable qu'elle y a jou&#233; et joue une r&#244;le important, et parfaitement anormal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : la pharmacie. Selon les Echos, &#171; L'Irlande est responsable &#224; elle seule de 46 des 82 milliards de dollars de d&#233;ficit commercial des Etats-Unis avec l'Union europ&#233;enne dans le domaine pharmaceutique &#187;. Chaque ann&#233;e au niveau mondial, tous secteurs d'activit&#233; confondus, &#171; les multinationales am&#233;ricaines d&#233;clarent un b&#233;n&#233;fice de 325 milliards de dollars dans sept juridictions &#224; faible fiscalit&#233; (Bermudes, &#238;les Ca&#239;mans, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Singapour et Suisse) et de seulement 50 milliards dans sept des plus grandes &#233;conomies mondiales (Chine, France, Allemagne, Inde, Italie, Japon et Espagne) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;largir la question au cas de pays adoptant un mode de fonctionnement politique et social anormal, mais qui leur donne un avantage dans la comp&#233;tition internationale. Ainsi en mati&#232;re sociale ou environnementale. Un pays qui maintient sa force de travail dans une situation de mis&#232;re (en regard de son niveau de d&#233;veloppement), ou qui utilise une arm&#233;e de r&#233;serve industrielle, en tout cas une main d'&#339;uvre &#224; sa disposition, n'est pas seulement condamnable du point de vue interne ; c'est aussi un mauvais partenaire pour les autres pays, un sorte de tricheur. Que dire alors d'un Duba&#239; o&#249; l'essentiel de la main d'&#339;uvre est &#233;trang&#232;re et pr&#233;caire ? On peut b&#226;tir l&#224;-dessus une prosp&#233;rit&#233; insolente et attirer des cohortes de milliardaires ; on n'est pas un pays normal. Et il n'y a pas de raison que les autres vous traitent comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous pla&#231;ons ici du point de vue des autres pays, qui subissent ce genre de comportement. Bien entendu dans tous ces cas, il faut s'interroger d'abord sur sa propre r&#233;glementation, et par exemple sur sa pression fiscale. Notamment en France, champion des pr&#233;l&#232;vements dans tout le monde d&#233;velopp&#233; et ailleurs. C'est &#233;videmment une question majeure. Chacun doit commencer par balayer devant sa porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, qu'on appelle libertariens, hostiles &#224; toute notion d'intervention publique et m&#234;me de solidarit&#233; sous quelque forme que ce soit, font l'apologie de ces pays en rupture de r&#232;gles. Influents aux Etats-Unis et dans certains milieux de la tech, ils voient d'un bon &#339;il une concurrence fiscale et sociale par le bas, pr&#233;alable pour eux d'une atrophie de tout ce qui est public ; et ils r&#234;vent de zones compl&#233;ments franches, sans &#233;tat. Cela tente aussi bien des milliardaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et de fait la lourdeur de certains syst&#232;mes publics, leur arbitraire et leur efficacit&#233; douteuse, apporte de l'eau &#224; leur moulin. Mais inversement, sauf &#224; adopter de telles th&#232;ses, cela ne suffit pas pour r&#233;pondre &#224; la question. En effet, dans bien des cas, m&#234;me si on ajuste son propre syst&#232;me, on conclura qu'il faut quand m&#234;me un vrai niveau de solidarit&#233; et d'encadrement, et il est sup&#233;rieur &#224; celui de ces pays aberrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? Dans certains cas, on peut avoir un int&#233;r&#234;t &#224; maintenir quand m&#234;me un rapport avec de tels pays, si on y trouve son avantage. Mais sinon la question reste. Or c'est une question de fond, qui touche la nature m&#234;me du syst&#232;me &#233;conomique international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux familles de r&#233;ponses peuvent alors &#234;tre explor&#233;es. C'est d'abord la voie si on peut dire l&#233;gale, internationale : une action commune des pays l&#233;s&#233;s, ou une organisation internationale quelle qu'en soit la nature. C'est ensuite la voie bilat&#233;rale ; notamment douani&#232;re ou r&#233;glementaire. Soit pour remettre juridiquement en question la valeur juridique des op&#233;rations qui se d&#233;roulent dans ces pays. Soit pour les taxer, ou mettre des droits de douane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela suppose un pr&#233;alable mental : cesser de consid&#233;rer qu'un pays peut faire ce qui convient &#224; ses int&#233;r&#234;ts sans consid&#233;ration des autres, et qu'il puisse exiger parall&#232;lement d'&#234;tre trait&#233; comme un membre normal et d&#233;cent de la communaut&#233; internationale. Y compris juridiquement. &lt;br class='autobr' /&gt;
*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Note&lt;/i&gt; : On s'est plac&#233; ici au niveau politique et non pas &#224; celui des utilisateurs de ces structures. Pour ces derniers, le jugement &#224; porter varie selon les cas, depuis ceux que la concurrence oblige plus ou moins &#224; recourir &#224; ces m&#233;thodes, jusqu'&#224; ceux qui manifestent par-l&#224; de fa&#231;on coupable leur absence de responsabilit&#233; envers les communaut&#233;s o&#249; elles ont leur activit&#233;. En passant par ceux qui s'abritent devant la reconnaissance juridique de ces structures par leur propre gouvernement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fiscalit&#233; et justice</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Fiscalite-et-justice.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Fiscalite-et-justice.html</guid>
		<dc:date>2016-07-23T12:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une fiscalit&#233; fond&#233;e sur des principes clairs : &#233;quit&#233;, justice, solidarit&#233; et subsidiarit&#233;, ne confondant pas injustice et in&#233;galit&#233;, soucieuse des familles et des patrimoines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela vaut la peine d'y r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Fiscalite-+.html" rel="tag"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Justice et proportionnalit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment fiscaliser de fa&#231;on juste ? En regardant quels sont les services rendus par l'Etat, et de leur impact &#233;conomique, et quel en est le meilleur financement et le plus juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, tant pour des raisons de commodit&#233;, de transparence que d'&#233;quit&#233;, les r&#232;gles doivent &#234;tre aussi simples et universelles que possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le syst&#232;me public vise &#224; assurer &#224; tous les citoyens un service jug&#233; essentiel (&#233;ducation de base, sant&#233; de base, s&#233;curit&#233; au sens large, services communs de l'Etat) la prestation est la m&#234;me pour tous. En revanche tous doivent contribuer en raison directe de leur capacit&#233; contributive. Il para&#238;t alors en premi&#232;re approche que l'effort demand&#233; devrait &#234;tre proportionnel &#224; la capacit&#233; de chacun &#224; contribuer, qui se mesure par le revenu. Cela plaide pour un imp&#244;t proportionnel au revenu, &#224; la consommation, et/ou &#224; l'&#233;pargne. Dans le champ &#233;conomique ensuite, les services rendus se mesurent au b&#233;n&#233;fice qu'en retire le citoyen ou l'entreprise assujettis. Ce qui plaide &#224; nouveau pour un imp&#244;t proportionnel &#224; sa consommation ou son revenu, etc. ; car c'est reli&#233; directement &#224; ce que le contributeur &#224; l'imp&#244;t obtient de l'Etat. L'imp&#244;t proportionnel sur le revenu ou la d&#233;pense doit donc &#234;tre la norme de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des imp&#244;ts indirects (sur la consommation notamment) le m&#234;me principe conduit &#224; poser au d&#233;part que tous les produits soumis &#224; un imp&#244;t donn&#233; (TVA notamment) doivent l'&#234;tre au m&#234;me taux. La seule exception qui peut se justifier viserait des besoins vraiment essentiels (qui peuvent avoir un taux all&#233;g&#233;) : nourriture et culturel vrai. Un autre cas particulier, dans l'autre sens, est celui des taxes &#224; finalit&#233; &#233;cologique, dont l'exemple actuel en est la taxe sur les produits p&#233;troliers. Elles sont pay&#233;es par le consommateur ou le producteur d'aujourd'hui pour compenser l'attrait &#233;conomique d'un produit jug&#233; &#224; terme rare ou dangereux. Elles doivent &#234;tre elles aussi proportionnelles et universelles pour cette cat&#233;gorie de produits. Et leur produit devrait &#234;tre affect&#233; &#224; la transition &#233;nerg&#233;tique. Mais le taux peut &#234;tre bien plus &#233;lev&#233; que celui des autres produits de consommation, car il d&#233;pend d'un arbitrage sp&#233;cifique entre activit&#233; &#233;conomique imm&#233;diate et pr&#233;servation de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs aucune cr&#233;ation de richesse ne doit &#234;tre impos&#233;e deux fois : d'o&#249; la TVA, qui est dans son principe un imp&#244;t rationnel, ou l'avoir fiscal, qui a &#233;t&#233; stupidement abrog&#233; et qu'il faut r&#233;tablir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux imp&#244;ts locaux, notoirement irrationnels actuellement, ils devraient &#234;tre replac&#233;s par une fraction d'imp&#244;ts qui ont &#233;t&#233; d&#233;finis au niveau national sur une base juste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il faut sortir du financement par l'imp&#244;t les prestations m&#234;me publiques qui ne sont pas consid&#233;r&#233;es essentielle et utiles &#224; tous, et d&#233;pendent des choix de l'usager. Dans ce cas ce dernier doit payer directement la prestation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question de la redistribution&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand doit-on faire exception au principe de proportionnalit&#233; ? On pense ici surtout &#224; la redistribution des revenus (ou du patrimoine), si on estime que leur r&#233;partition est &#8216;trop' in&#233;gale, ou comme on dit &#8216;injuste'. Mais que veut dire ici le terme &#8216;juste' ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler d'abord la distinction classique entre justice commutative et justice distributive, qui est bien utile car on parle de choses diff&#233;rentes. La justice commutative (qui vise les &#233;changes et demande l'&#233;quivalence entre service et paiement) demande que l'imp&#244;t soit proportionn&#233; au service rendu par les pouvoirs publics. C'est ce qu'on vient de voir. Dans cette optique, il n'est pas immoral mais juste que certains aient des revenus &#233;lev&#233;s du moment qu'ils sont l&#233;gitimes (cette l&#233;gitimit&#233; en revanche peut &#234;tre contest&#233;e, si on estime qu'il n'y a pas de vrai service rendu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de justice distributive, on consid&#232;re ce que chacun retire de sa participation &#224; la communaut&#233; que tous forment, et on souhaite que cela soit suffisant ou adapt&#233;. Mais cela n'abolit pas la justice commutative et il faut donc combiner les deux notions. Quand on parle d'injustice sociale on se r&#233;f&#232;re &#224; une certaine id&#233;e de la justice distributive et on estime qu'une situation donn&#233;e est &#171; trop &#187; in&#233;gale. Mais cela peut vouloir dire deux choses assez diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit on pense que certains manquent de biens qu'on juge essentiels &#224; qui est membre d'une communaut&#233; donn&#233;e. Si c'est vrai, il y a effectivement manquement &#224; la justice. Dans ce cas, un imp&#244;t progressif, en sus de l'imposition proportionnelle qu'on a &#233;voqu&#233;e, peut &#234;tre justifi&#233; ; mais c'est alors dans les limites du besoin en question, et pourvu que l'action publique ainsi financ&#233;e soit efficace et non pas contre-productive. Donc exclusivement pour financer la solidarit&#233; avec les plus pauvres ou des besoins analogues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit on estime que les diff&#233;rences entre citoyens, soit sur leurs revenus, soit leur patrimoine, sont de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale &#8216;excessives', ou qu'elles s'accroissent anormalement, et cela non pas par r&#233;f&#233;rence aux plus d&#233;favoris&#233;s, mais en consid&#233;rant plut&#244;t la part de ceux qui se trouvent en haut de l'&#233;chelle, qu'on veut alors r&#233;duire. Du point de vue de la justice il n'est pas possible de donner une r&#233;ponse univoque &#224; cette question ; elle d&#233;pend de la situation consid&#233;r&#233;e, et repose sur un jugement de prudence politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, m&#234;me dans ce cas il y a des limites &#224; une telle redistribution. On sait qu'une imposition excessive devient rapidement contre-productive en termes d'efficacit&#233; &#233;conomique. Mais il y a aussi des limites &#233;thiques &#224; une telle redistribution. D'abord la justice commutative ne serait pas respect&#233;e si on privait quelqu'un de fa&#231;on excessive du fruit de son travail. Ensuite le souci de la subsidiarit&#233; demande que l'imp&#244;t ne remette pas en cause le principe de l'initiative des personnes et de leurs soci&#233;t&#233;s. Cela para&#238;t mettre un plafond au niveau de l'imposition globale d'un contribuable. On a &#233;voqu&#233; ici ou l&#224; le niveau de 50 % du revenu comme plafond &#224; l'ensemble des imp&#244;ts directs. Cela para&#238;t raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me limite s'exprime en termes de mesure. Il faut qu'il y ait une forme de proportionnalit&#233; entre ce qu'on enl&#232;ve aux uns et ce qu'on donne aux autres. Ponctionner massivement certains contribuables sans effet significatif pour les autres, parce que le produit est noy&#233; dans la masse, ne peut &#234;tre justifi&#233; par l'id&#233;e de justice, si ce que d&#233;tient ou gagne le contribuable est l&#233;gitime. La supertranche fran&#231;aise de 75 %, visant &#224; effectuer une ponction tr&#232;s forte voire confiscatoire sur les int&#233;ress&#233;s, pour un produit extr&#234;mement limit&#233; en valeur absolue, &#233;tait de ce point de vue non seulement contre-productive, mais inique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233; on en arrive &#224; un imp&#244;t proportionnel, avec un &#233;l&#233;ment de redistribution sur les tranches plus &#233;lev&#233;es, mais principalement d&#233;di&#233; &#224; la redistribution vers les plus pauvres, sauf in&#233;galit&#233;s criantes et disproportionn&#233;es. Le taux de cet imp&#244;t varie selon le niveau souhait&#233; de d&#233;penses publiques. En tout &#233;tat de cause le total pr&#233;lev&#233; sur une personne ou un foyer est plafonn&#233;, sans doute &#224; 50 % du revenu r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'imp&#244;t sur le revenu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#244;t sur le revenu pose plusieurs autres questions &#233;thiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En principe d'abord, tous les revenus doivent &#234;tre trait&#233;s de la m&#234;me fa&#231;on. Tous les dispositifs d'all&#233;gement (les niches au sens large) doivent donc &#234;tre supprim&#233;s, d&#232;s lors qu'ils sont un instrument d'interventionnisme public et non de justice fiscale . Sachant en m&#234;me temps que tout ce qui est donn&#233; &#224; d'autres que soi (donc sans aucune prestation en retour) doit &#234;tre d&#233;ductible du revenu, et notamment les dons charitables, puisque l'assujetti n'en profite pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de raison que les revenus du capital et de l'&#233;pargne &#233;chappent &#224; l'imp&#244;t. Mais deux pr&#233;cautions majeures s'imposent. D'abord, on ne doit taxer que le vrai gain, donc apr&#232;s prise en compte de l'inflation (ou de la d&#233;flation &#233;ventuelle). Et naturellement il ne faut compter que les revenus r&#233;els, nets des frais et charges r&#233;els ou forfaitis&#233;s (ceci vaut notamment pour l'immobilier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite on doit prendre en compte le bienfait apport&#233; &#224; la collectivit&#233; par tout investissement long et &#224; risque, qui est collectivement utile. Et donc on doit privil&#233;gier, quel que soit le support utilis&#233;, les actions d&#233;tenues longtemps, et &#224; un moindre degr&#233; l'immobilier neuf (le fait d'enrichir le patrimoine collectif en b&#226;tissant). De tels investissements ne sont pas disponibles imm&#233;diatement, ou alors sont expos&#233;s au risque de march&#233;. En cas de perte nette c'est l'investisseur seul qui subit. L'&#233;quit&#233; comme le souci du bien commun commandent d'en tenir compte et de taxer de fa&#231;on nulle ou tr&#232;s mod&#233;r&#233;e une telle &#233;pargne &#224; long terme. On peut m&#234;me admettre qu'une fraction de cet investissement soit d&#233;ductible de l'IR ou de l'ISF, pour les m&#234;mes raisons (comme c'est le cas de fa&#231;on sporadique dans la fiscalit&#233; actuelle), notamment en faveur des PME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le reste doit &#234;tre impos&#233; comme les autres revenus et donc comme le travail, au bar&#232;me - apr&#232;s inflation ou d&#233;flation. Il n'y a aucune raison pour maintenir des dispositifs d&#233;fiscalis&#233;s ou all&#233;g&#233;s comme le livret A, ou de privil&#233;gier certains dispositifs par rapport &#224; des formes d'&#233;pargne analogues, comme c'est le cas de l'assurance-vie en France par rapport &#224; la d&#233;tention directe ou aux OPCVM. Quant &#224; l'immobilier il n'y a aucune raison de le favoriser ni de le d&#233;favoriser, sauf la construction neuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la jouissance d'un immobilier qu'on utilise (r&#233;sidence principale notamment) on propose parfois d'inclure un loyer virtuel dans les revenus, comme le font certains pays. Cela para&#238;t cependant irrationnel, car cela revient &#224; taxer la simple jouissance d'un bien lui-m&#234;me acquis sur des revenus tax&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Imp&#244;t sur la fortune&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de l'imp&#244;t sur le revenu on a l'imp&#244;t sur la fortune. Par d&#233;finition un tel imp&#244;t porte sur un bien qui a d&#233;j&#224; acquitt&#233; l'imp&#244;t sur le revenu (on verra ci-apr&#232;s la question de l'h&#233;ritage). Le principe g&#233;n&#233;ral devrait donc conduire &#224; l'&#233;liminer, sauf consid&#233;rations de redistribution qu'on a &#233;voqu&#233;es, fonction des valeurs et priorit&#233;s de la soci&#233;t&#233; concern&#233;e. Mais les consid&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes valent alors : un tel imp&#244;t (qui p&#232;se comme un autre bar&#232;me progressif) n'a de sens que pour venir en aide aux plus pauvres (par exemple en leur constituant un patrimoine de d&#233;part, s'ils le m&#233;ritent par leurs projets). Sachant que le plafond global qu'on a &#233;voqu&#233; s'applique alors (50 % du revenu ?), ainsi que l'exemption pr&#233;vue ci-apr&#232;s pour les patrimoines collectivement b&#233;n&#233;fiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question de l'h&#233;ritage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que dire de l'h&#233;ritage ? Rappelons d'abord qu'il n'y a pas de syst&#232;me de propri&#233;t&#233; priv&#233;e efficace, c'est-&#224;-dire assurant que les d&#233;cisions &#233;conomiques sont prises pour l'essentiel par des personnes responsables de leurs biens, s'il n'y a pas d'h&#233;ritage. Le nombre de ceux qui peuvent &#224; partir de rien cr&#233;er une fortune est infime. En dehors d'eux, si chacun partait de z&#233;ro il ne pourrait constituer sauf rares exceptions qu'un capital modeste, qui ne permettrait pas d'action &#233;conomique (ni de m&#233;c&#233;nat) efficace. Et donc l'Etat contr&#244;lerait tout. On a vu ce que cela donnait. Et cela contredit directement le principe de subsidiarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute le point de vue du testateur. Il a des biens, dont il dispose pendant sa vie ; l'h&#233;ritage prolonge l&#233;gitimement cette possibilit&#233; de choisir, en l'esp&#232;ce par transmission. Cela ne prive personne d'autre, d'une fa&#231;on qui serait injuste pour ce tiers. On peut aussi l&#233;guer &#224; des fondations, et c'est en soi une bonne chose. Mais ce peut &#234;tre aussi &#224; des personnes qu'on choisit. Notamment afin de constituer ou de transmettre un patrimoine, ce qui permet &#224; une famille de se prolonger dans l'avenir, et d'assumer un r&#244;le qui n'aurait pas &#233;t&#233; possible sans cela. Ce souci de la famille est bien dans la ligne de la Doctrine sociale de l'Eglise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre et surtout il y a des biens pour lesquels il est collectivement tr&#232;s b&#233;n&#233;fique qu'ils restent dans la propri&#233;t&#233; d'une famille. On citera notamment les entreprises et tout particuli&#232;rement les PME et les exploitations agricoles. Mais cela peut valoir pour certains biens particuliers (domaines &#224; valeur historique ou r&#233;alisations exceptionnelles). Il vaut en g&#233;n&#233;ral mieux qu'ils restent la responsabilit&#233; d'une famille, si elle est capable de l'assumer, plut&#244;t que d'&#234;tre vendus et dispers&#233;s &#8211; ce qui est in&#233;vitable si les droits de mutation sont trop lourds, ou l'h&#233;ritage impossible. Naturellement ceci ne vaut que si le bien est exploit&#233; ou g&#233;r&#233; en direct (mais &#233;ventuellement poss&#233;d&#233; par plusieurs, dans le cadre d'un pacte contraignant) et sur une dur&#233;e assez longue. La m&#234;me consid&#233;ration vise d'ailleurs la libert&#233; de tester, qui est tr&#232;s &#233;troite en France : elle devrait &#234;tre beaucoup plus grande en g&#233;n&#233;ral, et totale dans le cas de ces biens particuliers. De tels biens devraient &#234;tre pour l'essentiel exempts de droits de succession et librement allou&#233;s &#224; tel ou tel b&#233;n&#233;ficiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle fiscalit&#233; alors sur les successions ? A c&#244;t&#233; du cas pr&#233;c&#233;dent, il para&#238;trait juste d'exempter aussi les biens &#224; caract&#232;re personnel ou &#224; signification familiale (maison de famille) - sous un certain plafond. Et bien s&#251;r tout ce qui va &#224; des &#339;uvres d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Pour le reste une certaine imposition peut se justifier, l&#224; aussi fonction du jugement de la soci&#233;t&#233; en question. Cela peut aller d'un niveau mod&#233;r&#233; &#224; l'imposition au bar&#232;me de l'imp&#244;t sur le revenu. Ce dernier est moins absurde qu'on ne le pense en l'esp&#232;ce, si on admet les exceptions pr&#233;c&#233;dentes ; en outre bien s&#251;r ce revenu d'un type particulier (qui a certes d&#233;j&#224; pay&#233; l'imp&#244;t, mais c'&#233;tait quelqu'un d'autre qui avait pay&#233;) pourrait &#234;tre &#233;tal&#233; sur plusieurs ann&#233;es, diminuant d'autant l'imposition pour la majorit&#233; des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Voil&#224; pour les principes...&lt;/i&gt; il resterait bien s&#251;r &#224; d&#233;finir le niveau de l'imposition, mais c'est une autre question, variable selon les pays et les &#233;poques. Mais sans jamais justifier le niveau aberrant de pr&#233;l&#232;vements qui pr&#233;vaut actuellement en France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paradis fiscaux : le triomphe de l'hypocrisie</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-le-triomphe-de-l-hypocrisie.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-le-triomphe-de-l-hypocrisie.html</guid>
		<dc:date>2016-04-14T12:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Article dans Famille chr&#233;tienne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHRONIQUE | Parlons clair | 13/04/2016 | Num&#233;ro 1996&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradis-fiscaux-+.html" rel="tag"&gt;Paradis fiscaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradis fiscaux : le triomphe de l'hypocrisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article dans &lt;i&gt;Famille chr&#233;tienne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHRONIQUE | Parlons clair | 13/04/2016 | Num&#233;ro 1996&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.famillechretienne.fr/politique-societe/economie/paradis-fiscaux-le-triomphe-de-l-hypocrisie-191758&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.famillechretienne.fr/pol...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paradis fiscaux et justice fiscale</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-et-justice-fiscale.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-et-justice-fiscale.html</guid>
		<dc:date>2015-03-29T12:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'imp&#244;t peut-il &#234;tre dit juste, d&#232;s lors que le syst&#232;me politique et fiscal &#224; l'&#233;chelle mondiale tol&#232;re des paradis fiscaux, abondamment utilis&#233;s par les soci&#233;t&#233;s et les tr&#232;s gros revenus ? La question doit &#234;tre pos&#233;e, car on assiste &#224; de vrais scandales. En m&#234;me temps la r&#233;ponse n'est pas toujours simple. Retour sur une question toujours d'actualit&#233;. Suite...&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradis-fiscaux-+.html" rel="tag"&gt;Paradis fiscaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Paradis fiscaux et justice fiscale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'imp&#244;t peut-il &#234;tre dit juste, d&#232;s lors que le syst&#232;me politique et fiscal &#224; l'&#233;chelle mondiale tol&#232;re des paradis fiscaux, abondamment utilis&#233;s par les soci&#233;t&#233;s et les tr&#232;s gros revenus ? La question doit &#234;tre pos&#233;e, car on assiste &#224; de vrais scandales. En m&#234;me temps la r&#233;ponse n'est pas toujours simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend-on par paradis fiscaux ? Des pays dont l'activit&#233; principale est d'utiliser une l&#233;gislation extr&#234;mement accommodante, fiscale et r&#233;glementaire, pour qu'on localise chez eux des op&#233;rations qui n'y ont pas de base &#233;conomique. On vise au minimum quelques &#238;les plus ou moins exotiques genre &#238;les Ca&#239;mans ou Nauru. Mais aussi quelques Etats moins symboliques, y compris en Europe. Ils permettent de deux fa&#231;ons &#224; &#233;chapper &#224; l'imp&#244;t : en dissimulant une fraude ; ou en rendant possible ce qu'on appelle une optimisation fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de la fraude est le plus simple. Le contribuable est alors en claire infraction et le paradis fiscal emp&#234;che l'autorit&#233; l&#233;gitime de le voir. Dans ce cas c'est l'opacit&#233; r&#233;glementaire qui est en cause, le fait que le pays refuse de donner les informations n&#233;cessaires au pays d'origine. La parade est d'exiger des &#233;changes d'informations. Jusqu'&#224; r&#233;cemment il n'y avait rien de bien efficace. Pourquoi ? D'abord &#224; cause de la difficult&#233; &#224; &#233;tablir une liste de pays identifi&#233;s comme paradis fiscaux (on dit : &#171; non-coop&#233;ratifs &#187;) : ces listes se sont r&#233;duites au fil des ans comme peau de chagrin, sans que la communication d'information entre pays soit plus efficace. Ceci dit, des d&#233;cisions ont &#233;t&#233; prises r&#233;cemment pour rendre syst&#233;matique cette communication, sans que le secret dit bancaire soit opposable. C'est un progr&#232;s relatif, quoique cela oblige &#224; des contr&#244;les continuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'essentiel n'est pas l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas le plus fr&#233;quent celui o&#249; le contribuable est en r&#232;gle, mais b&#233;n&#233;ficie d'un r&#233;gime fiscal anormalement avantageux. Comment ? Soit en logeant juridiquement une op&#233;ration dans un pays &#224; fiscalit&#233; plus basse. Soit en jouant sur les facturations internes au sein du groupe, qui se font &#224; des prix, dits prix de transfert, difficiles &#224; contr&#244;ler ou sans r&#233;f&#233;rence objective : on fait alors en sorte que le profit apparaisse dans le pays &#224; fiscalit&#233; basse. Ces pays, en g&#233;n&#233;ral petits voire minuscules, attirent &#233;norm&#233;ment d'op&#233;rations pr&#233;cis&#233;ment par cette imposition tr&#232;s faible, dont le produit suffit &#224; leurs besoins. La riposte pr&#233;c&#233;dente est alors peu efficace : la transparence aide certes &#224; rep&#233;rer les montages et &#224; tenter d'y parer, mais les op&#233;rations peuvent &#234;tre tout &#224; fait l&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui ici frappe alors c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer. Car comment est-il possible &#224; un pays d'&#234;tre un paradis fiscal ? Cela n'a d'effet que pour autant que les autres pays reconnaissent la validit&#233; des op&#233;rations qu'il abrite. Aucune soci&#233;t&#233; n'effectuerait une activit&#233; financi&#232;re ou autre dans un paradis fiscal si la validit&#233; des transactions ainsi domicili&#233;es n'&#233;tait pas reconnue dans son pays d'origine ou dans les autres pays &#8216;normaux'. On sait fort bien qu'il n'y a en r&#233;alit&#233; aucune activit&#233; financi&#232;re ou commerciale dans ces territoires. Les op&#233;rations qui y sont log&#233;es sont enti&#232;rement mont&#233;es et d&#233;cid&#233;es ailleurs : les &#238;les Ca&#239;mans par exemple sont le r&#233;ceptacle d'op&#233;rations initi&#233;es &#224; New York. Si les &#201;tats-Unis ne reconnaissaient pas la validit&#233; juridique des op&#233;rations enregistr&#233;es dans ces &#238;les, elles se videraient du jour au lendemain. Il d&#233;pend donc pour l'essentiel des autres pays &#8216;normaux' qu'elles jouent un r&#244;le de paradis fiscal ou non. En ne tol&#233;rant pas que des pseudo-Etats sans consistance (ou des Etats qui ne jouent pas le jeu) utilisent un statut d'Etat reconnu pour parasiter les autres en mettant en place des l&#233;gislations aberrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les Gouvernements prennent donc leurs responsabilit&#233;s, directement ou en mettant en place des institutions internationales capables de prendre de vraies d&#233;cisions (c'est un des domaines o&#249; l'Autorit&#233; internationale recommand&#233;e par le pape dans Caritas in veritate aurait son sens), et de proclamer nulles les transactions faites dans des pays qui ne respectent pas des r&#232;gles minimales et une fiscalit&#233; raisonnable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste l'aspect moral, &#224; &#233;tat du droit donn&#233;, qui concerne les entreprises ou les personnes qui utilisent ces m&#233;thodes. Sont-ils moralement innocents ? S&#251;rement pas dans le cas de la fraude. Mais l'optimisation ? Ce n'est pas simple. D'un c&#244;t&#233; on peut avoir &#224; s'abstenir d'un acte l&#233;gal, s'il est r&#233;ellement immoral. On a le devoir de participer aux charges des pays o&#249; on op&#232;re, du moins en temps normal (si on a un gouvernement l&#233;gitime, une pression fiscale raisonnable ou m&#234;me &#233;lev&#233;e mais non confiscatoire). Et donc on pratique des prix de transfert &#233;quitables et on loge ses op&#233;rations en fonction de leur destination r&#233;elle. Sous deux r&#233;serves : d'abord le cas d'une fiscalit&#233; r&#233;ellement aberrante en regard des pays normaux comparables, qui aboutit &#224; confisquer une propri&#233;t&#233; ou un revenu l&#233;gitimes. Dans ce cas on n'est pas tenu de payer un imp&#244;t d&#233;voy&#233;. Ensuite la pression concurrentielle : elle conduit une entreprise &#224; pr&#233;f&#233;rer une transaction avantageuse si elle est juridiquement valide. Il peut &#234;tre difficile d'y &#233;chapper, si la pratique est g&#233;n&#233;ralis&#233;e et qu'on ne peut plus rendre le service voulu sans en passer par l&#224;. Un tel cas met en &#233;vidence une d&#233;faillance du syst&#232;me collectif. On peut alors avoir &#224; la signaler. Pas &#224; se sacrifier pour couvrir l'hypocrisie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans l'Homme nouveau dat&#233; du 11 avril 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Paradis fiscaux : une hypocrisie bien commode </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Paradis-fiscaux-une-hypocrisie-bien-commode.html</guid>
		<dc:date>2013-03-05T14:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Paradis fiscaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les paradis fiscaux sont des boucs &#233;missaires bien commodes. D'autant plus commodes qu'on ne prend pas les mesures qui permettraient leur disparition. Au-del&#224; de l'image m&#233;diatique d'&#238;les tropicales pour exil&#233;s fiscaux et entreprises non citoyennes, ce qui frappe c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re mesure du Parlement fran&#231;ais puis de l'europ&#233;en en t&#233;moigne. On demande une transparence g&#233;n&#233;ralis&#233;e des banques sur leur activit&#233; dans tous les pays, en esp&#233;rant que la pression m&#233;diatique les r&#233;gulera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on recourt &#224; la pression m&#233;diatique c'est qu'on est incapable de faire la liste de ces juridictions de complaisance et d'en tirer les cons&#233;quences. Or elles n'existent et ne prosp&#232;rent que parce que nos Etats et organisations internationales veulent bien les reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Paradis-fiscaux-+.html" rel="tag"&gt;Paradis fiscaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les paradis fiscaux sont des boucs &#233;missaires bien commodes. D'autant plus commodes qu'on ne prend pas les mesures qui permettraient leur disparition. Au-del&#224; de l'image m&#233;diatique d'&#238;les tropicales pour exil&#233;s fiscaux et entreprises non citoyennes, ce qui frappe c'est l'hypocrisie dont font preuve les Etats qui pr&#233;tendent les d&#233;noncer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jug&#233;s responsables d'une partie des errements et des abus du syst&#232;me financier mondial, les paradis fiscaux sont plus encore dans le collimateur des l&#233;gislateurs depuis la crise. Du moins si on en reste aux paroles. Derni&#232;rement, l'Assembl&#233;e Nationale a amend&#233; le projet de loi de r&#233;forme bancaire pour lancer ce qu'elle appelle une op&#233;ration de transparence ; et l'id&#233;e a &#233;t&#233; reprise aussit&#244;t au niveau europ&#233;en. Il s'agit d'obliger les banques &#224; publier chaque ann&#233;e pour chaque pays de la plan&#232;te, le nom de leurs filiales qui y sont &#233;tablies, avec leur nature d'activit&#233;, chiffre d'affaires, imp&#244;ts et effectifs. L'objectif est nous dit-on d'accro&#238;tre la lutte contre l'optimisation fiscale et la non-coop&#233;ration au sujet de l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi tous les pays de la plan&#232;te ? Parce que nos chers parlementaires ne croient pas &#224; la fixation par les Etats ou organisations internationales de listes de pays, noires ou grises, qui se ratatinent comme peau de chagrin &#224; chaque pression diplomatique et n'ont pas beaucoup d'effet. R&#233;sultat : on demande les chiffres pour tous les pays, paradis fiscal ou pas. La distorsion entre l'objectif, par nature cibl&#233;, et la g&#233;n&#233;ralit&#233; du moyen utilis&#233; saute aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'entend-on en effet par paradis fiscaux ? Des pays dont l'activit&#233; principale est d'utiliser une l&#233;gislation extr&#234;mement accommodante, fiscale, juridique et autre, pour qu'on localise chez eux des op&#233;rations qui seraient sinon domicili&#233;es ailleurs. On vise au minimum quelques &#238;les plus ou moins exotiques qui vont d'Antigua, des Bermudes, des Ca&#239;mans ou de Nauru pour ne citer qu'elles, jusqu'&#224; Jersey et Guernesey. Mais assez naturellement le terme peut s'appliquer aussi &#224; quelques Etats moins n&#233;gligeables - dont certains sont au centre de l'Europe quand ils ne sont pas membres de l'Union europ&#233;enne. Mais face &#224; ce petit nombre de pays qui sont au c&#339;ur de la pr&#233;occupation affich&#233;e, c'est une transparence tous azimuts qui est exig&#233;e, puisque les m&#234;mes informations devront &#234;tre publi&#233;es en ce qui concerne l'Allemagne, la Su&#232;de, le Japon, l'Australie ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi cela ? On l'a vu, c'est d'abord &#224; cause de la difficult&#233; &#224; &#233;tablir une liste de pays identifi&#233;s comme paradis fiscaux. La liste du GAFI, la plus &#233;tendue, ne cite aucun pays occidental - contrairement &#224; ce que beaucoup estimeraient souhaitable. Et surtout parce que l'effet de ces listes est tr&#232;s mince. L'id&#233;e d'une liste d'informations &#233;tendue &#224; tous les pays est donc une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e de voir les informations ainsi rendues disponibles &#234;tre utilis&#233;es par des ONG afin d'exercer une pression &#224; travers l'opinion publique et de contraindre les banques (et &#224; terme les autres grandes entreprises) &#224; limiter, voire arr&#234;ter leurs activit&#233;s dans tel ou tel pays &#8211; que ces ONG d&#233;signeront alors comme paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; beaucoup de nos compatriotes r&#234;vent d'une plus grande ma&#238;trise de l'Etat (ou de l'Europe !) sur l'&#233;conomie, quel aveu d'impuissance ! Car voici une puissance publique qui se d&#233;clare incapable d'&#233;tablir une liste de pays, et choisit de se d&#233;charger de sa responsabilit&#233; souveraine sur des acteurs purement priv&#233;s comme les ONG. En bref on s'en remet au m&#233;diatique faute de prendre ses responsabilit&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or comment est-il possible &#224; un pays d'&#234;tre un paradis fiscal ? Bien s&#251;r c'est d'abord par choix. Mais cela n'a d'effet que pour autant que les autres pays reconnaissent la validit&#233; des op&#233;rations qu'il abrite. Aucune entreprise &#233;tablie ailleurs n'effectuerait, directement ou via une filiale, une activit&#233; financi&#232;re ou autre dans un paradis fiscal si la validit&#233; des transactions ainsi domicili&#233;es n'est pas reconnue dans son pays d'origine ou les autres pays &#8216;normaux'. On sait fort bien qu'il n'y a en r&#233;alit&#233; aucune activit&#233; bancaire ou financi&#232;re dans ces territoires. Les op&#233;rations qui y sont log&#233;es juridiquement et fiscalement sont enti&#232;rement mont&#233;es et d&#233;cid&#233;es ailleurs : les &#238;les Ca&#239;mans par exemple, o&#249; l'on trouvera tout au plus quelques juristes ou comptables, sont le r&#233;ceptacle d'op&#233;rations initi&#233;es &#224; New York. Si donc les &#201;tats-Unis ne reconnaissaient pas la validit&#233; juridique des op&#233;rations enregistr&#233;es aux &#238;les Ca&#239;mans, elles se videraient du jour au lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est l&#224;. Il d&#233;pend enti&#232;rement des Etats-Unis que les &#238;les Ca&#239;mans jouent un r&#244;le de paradis fiscal ou non. Et pour des raisons morales, politiques et techniques c'est d'abord aux gouvernements des pays industrialis&#233;s de prononcer leur jugement sur la situation de ces pays et cons&#233;quemment d'accepter ou non de reconna&#238;tre la validit&#233; juridique des transactions effectu&#233;es avec ou chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire alors des entreprises concern&#233;es ? Sont-elles innocentes ? Ce n'est pas si simple. D'un c&#244;t&#233;, si une transaction aux &#238;les Ca&#239;mans est juridiquement autoris&#233;e et ne va pas contre les lois du pays d'origine, par exemple sur le blanchiment ou la fraude fiscale, et si la r&#233;aliser l&#224;-bas pr&#233;sente un avantage, la pression concurrentielle poussera l'entreprise &#224; le faire. Le l&#233;gislateur le sait parfaitement. Mais d'un autre c&#244;t&#233; il y a des cas o&#249; on doit s'abstenir d'un acte m&#234;me l&#233;gal, si on le juge r&#233;ellement immoral, comme &#233;videmment le travail forc&#233;, notamment des enfants. Mais ceci ne vaut que d'actes intrins&#232;quement immoraux. La r&#233;ponse est moins simple s'agissant de fiscalit&#233;. Au nom de quoi le pays d'origine critique-t-il la possibilit&#233; donn&#233;e de profiter d'un syst&#232;me fiscal avantageux, s'il reconna&#238;t la validit&#233; juridique de ce syst&#232;me et la l&#233;gitimit&#233; du pays qui le met en &#339;uvre ? Cela ne veut pas dire qu'on a le droit de pratiquer n'importe quelle optimisation fiscale : on a le devoir de participer aux charges du pays dont on fait partie. Mais d'un point de vue pragmatique, il est na&#239;f d'attendre de l'auto-restriction de firmes soumises &#224; la concurrence ce que les Etats, dont c'est pourtant la responsabilit&#233; premi&#232;re, se refusent &#224; faire en jouant leur r&#244;le normal. J'ai beaucoup insist&#233; dans d'autres domaines sur la n&#233;cessaire responsabilit&#233; morale des acteurs et sur son r&#244;le central pour la moralisation de la vie commune. Mais dans ce domaine-ci cette responsabilit&#233; n'est pas le moyen d'action principal. Les responsabilit&#233;s principales sont politiques, car elles portent sur la d&#233;finition des r&#232;gles m&#234;me de la vie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il faut cesser l'hypocrisie : les paradis fiscaux n'existent que parce que les autres Etats reconnaissent la validit&#233; de leur syst&#232;me juridique et fiscal et donc des transactions qui y sont faites. Sinon, ils n'h&#233;bergeraient plus aucune transaction et n'attireraient que des touristes en mal de soleil et d'exotisme. Que les Gouvernements et les Parlements prennent donc leurs responsabilit&#233;s. Ou qu'on mette en place des institutions internationales capables de prendre de vraies d&#233;cisions (c'est un des domaines o&#249; l'Autorit&#233; internationale recommand&#233;e par le pape dans Caritas in veritate aurait son sens). C'est-&#224;-dire de proclamer nulles les transactions faites dans des pays qui ne respectent pas des r&#232;gles minimales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment au 22 avril 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la r&#233;daction de cet article et gr&#226;ce notamment (si on peut dire) &#224; l'affaire Cahuzac, des d&#233;cisions ont &#233;t&#233; prises pour rendre plus syst&#233;matique la communication d'informations entre pays, sans que le secret dit bancaire soit opposable. C'est sans doute un progr&#232;s relatif. Mais cela ne remet pas en cause l'analyse pr&#233;c&#233;dente : seule une volont&#233; commune, ferme et r&#233;solue de mise en place effective de normes communes minimales exigeantes peut permettre de limiter le r&#244;le paradoxal jou&#233; par les pays qui ne vivent que de leurs statuts juridiques et fiscaux accommodants. A condition qu'on fasse enfin ce qu'on n'a jamais fait &#224; ce jour : faire une vraie liste, comprenant tous ceux qui n'ont pas de normes suffisantes, et les obliger effectivement &#224; changer de syst&#232;me, sous peine de couper les relations avec eux. On peut en douter&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons qu'il faudrait aussi s'interroger sur la pertinence de syst&#232;mes fiscaux dont la lourdeur aberrante finit par &#234;tre une v&#233;ritable provocation : le fran&#231;ais est un cas particuli&#232;rement agressif. La solidarit&#233; est n&#233;cessaire ; la fiscalit&#233; est l&#233;gitime. La confiscation, non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment au 11 mai 2013&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Britanniques m&#232;nent actuellement une grande offensive pour rep&#233;rer des op&#233;rations d&#233;localis&#233;es abusivement dans ces juridictions complaisantes. C'est bien. Mais pourquoi ne touchent-ils pas au statut de Jersey et de Guernesey, qui font partie du Royaume-Uni et sont des paradis fiscaux bien connus ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Compl&#233;ment au 16 f&#233;vrier 2014&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me remarque. Les Etats occidentaux sont en train de mettre en place un m&#233;canisme (par ailleurs tr&#232;s lourd) d'information mutuelle syst&#233;matique. Au pire, cela contr&#244;le encore plus les pauvres terriens. Au mieux, cela permet de lutter contre la fraude fiscale. Mais ce qui est s&#251;r, c'est que cela ne touche pas le n&#339;ud du probl&#232;me : la possibilit&#233; pour des pseudo-&#233;tats de mettre en place des r&#233;gimes exorbitants (fiscalement, juridiquement etc.) sortant de tout logique de responsabilit&#233; collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Texte initial adapt&#233; d'une tribune analogue parue sur les Echos.fr)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'imp&#244;t sur le revenu : quelle justice ? </title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/L-impot-sur-le-revenu-quelle-justice.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/L-impot-sur-le-revenu-quelle-justice.html</guid>
		<dc:date>2012-03-09T18:01:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Imp&#244;t sur le revenu</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;flexions sur une juste fiscalit&#233; des revenus, et notamment de l'&#233;pargne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'abondance des propositions qui fleurissent actuellement sur l'imp&#244;t sur le revenu et la confusion permanente conduisent &#224; prendre le probl&#232;me par l'autre sens, en partant des principes. Que peut-on appeler justice en la mati&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire la suite...&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir : Courte vid&#233;o sur l'investissement en actions&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Impot-sur-le-revenu-+.html" rel="tag"&gt;Imp&#244;t sur le revenu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'imp&#244;t sur le revenu : consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que la justice ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traditionnellement on distingue la justice commutative, qui gouverne les &#233;changes ; la justice distributive, qui traite de ce que chacun re&#231;oit de sa participation &#224; la soci&#233;t&#233; ; certains ajoutent la justice &#8216;sociale' qui traite de la contribution de chacun &#224; la soci&#233;t&#233; &#8211; mais ce peut &#234;tre vu sous l'angle de la justice distributive. Cette distinction est bien utile car on parle de notions tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice commutative demande que l'imp&#244;t soit proportionn&#233; au service rendu par les pouvoirs publics. On peut alors consid&#233;rer selon les cas qu'il doit &#234;tre le m&#234;me pour tous, ou proportionnel aux sommes consid&#233;r&#233;es. Un imp&#244;t proportionnel sur les revenus serait donc assez logique. Le choix va d&#233;pendre de ce que cet imp&#244;t finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de justice distributive, on consid&#233;rera les facult&#233;s de chacun ; elles sont plus grandes pour qui est plus riche. Ce qui peut justifier un imp&#244;t sur le revenu comportant des tranches croissantes. Il faut en outre traiter tous les natures de revenus de la m&#234;me fa&#231;on, sauf motif particulier. L'universalit&#233; de l'imp&#244;t sur le revenu est donc en soi justifi&#233;e. Mais la justice distributive demande aussi de proportionner l'impact : un imp&#244;t lev&#233; sur les uns n'a de sens que pour financer des actions qui apportent r&#233;ellement quelque chose aux autres membres de la soci&#233;t&#233;. De ce point de vue on ne voit pas de motif justifiant un imp&#244;t dont le seul but serait d'&#233;viter que certains aient un revenu jug&#233; &#8216;excessif'. La super tranche de 75 % de M. Hollande, qui effectue une ponction tr&#232;s forte voire confiscatoire sur les int&#233;ress&#233;s (83 % avec la CSG, et beaucoup plus si on tient compte de l'ISF), pour un produit extr&#234;mement limit&#233; en valeur absolue, est de ce point de vue inique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r on peut imaginer des cas o&#249; une op&#233;ration confiscatoire pourrait avoir un sens, par exemple en cas de puissance excessive de l'individu impos&#233; ; et encore ce serait plus sur la fortune que sur le revenu. Ou de mauvaise utilisation socialement nocives (comme les imp&#244;ts somptuaires d'autrefois). Mais cela ne para&#238;t pas pertinent en l'esp&#232;ce. Par ailleurs, si on n'aime pas les bonus des traders, les ponts d'or des grands patrons ou l'argent des footballeurs, on agit dessus, sans mobiliser toute la fiscalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les niches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de justice, il faut supprimer les niches, mais uniquement les vraies niches. Ne sont pas des niches ce qui est la simple prise en compte de la vraie capacit&#233; contributive du citoyen : ainsi le quotient familial qui tient compte de la moindre capacit&#233; contributive des familles, &#224; revenu identique du foyer ; ou la d&#233;duction des dons ou des rentes vers&#233;es, qui enregistre le fait que l'argent va &#224; quelqu'un d'autre sans contrepartie pour le donneur etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les autres mesures sont des niches. Elles ne sont fiscalement pas justifi&#233;es parce qu'opaques et trompeuses. L'Etat n'a pas &#224; intervenir dans ce qui est &#233;conomie priv&#233;e sous une forme fiscale, qui distord la compr&#233;hension du budget, opacifie la contribution r&#233;elle des uns et des autres et habitue &#224; la chasse aux trous dans la l&#233;gislation. Mais tout au plus par subventions, pr&#233;vues et inscrites comme d&#233;penses, et uniquement s'il y a un vrai motif de bien commun, ce qui est rare.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traiter avec &#233;quit&#233; revenus de l'&#233;pargne et du travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revenus de l'&#233;pargne sont ind&#233;niablement des revenus. Il est donc normal qu'ils payent l'imp&#244;t sur le revenu. Faut-il alors les aligner sur la fiscalit&#233; du travail et de la plupart des autres revenus (qu'on prendra ici comme une donn&#233;e), comme le propose Fran&#231;ois Hollande ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tenir compte de l'imposition du capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons d'abord qu'il y a des imp&#244;ts sur le capital, &#224; commencer par l'ISF. L'&#233;quit&#233; impose d'en tenir compte. Mais en fait on ne voit pas pourquoi imposer ce qui ne rapporte pas de revenu au contribuable, car seul le revenu est consommable &#8211; sauf concentration exceptionnelle des richesses dans le pays concern&#233; et/ou inutilisation massives des ressources (latifundia etc.). En dehors de ce cas, la meilleure solution est donc la suppression de tout imp&#244;t sur le capital - hors droits de succession, pour se concentrer sur les revenus. La question de la double imposition dispara&#238;t alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Imposer le vrai revenu de l'&#233;pargne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit parfois que l'&#233;pargne a par construction d&#233;j&#224; &#233;t&#233; impos&#233;e lors de sa constitution. C'est vrai, mais l'imp&#244;t sur le revenu ne vise pas l'&#233;pargne elle-m&#234;me, mais les revenus qu'elle procure, qui sont un facteur nouveau. Il appara&#238;t alors naturel d'aligner les revenus de l'&#233;pargne sur ceux du travail. Mais plusieurs points essentiels sont &#224; rappeler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord il faut tenir compte de l'inflation. Avant de faire r&#233;ellement gagner de l'argent, les revenus de l'&#233;pargne servent &#224; en couvrir l'effet, qui ronge la valeur r&#233;elle des patrimoines. La fraction correspondante du revenu ne peut donc pas &#234;tre consid&#233;r&#233;e ni impos&#233;e comme un revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite bien s&#251;r il faut consid&#233;rer toute l'&#233;pargne. Il n'y a aucune raison de maintenir des exon&#233;rations a priori comme celle des livrets A et autres, qui sont en outre de l'argent garanti, imm&#233;diatement disponible. Et qu'on ne dise pas que c'est de l'&#233;pargne populaire, car ce qu'on appelle alors le &#8216;peuple' ne paye pas l'imp&#244;t sur le revenu et ne gagne donc rien &#224; l'exemption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre il faut tenir compte des imp&#244;ts d&#233;j&#224; per&#231;us sur le m&#234;me revenu ; le plus &#233;vident est l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s pour les revenus tir&#233;s des actions ; il doit &#234;tre int&#233;gralement pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs il n'y a de raison de privil&#233;gier ni les plus-values, ni inversement les coupons ou dividendes ; le revenu est dans les deux cas tir&#233; de l'investissement ; l'imp&#244;t doit &#234;tre le m&#234;me. Il faut &#233;galement tenir compte des moins-values &#233;ventuelles et ne prendre que le r&#233;sultat net. On peut avoir aussi &#224; lisser sur plusieurs ann&#233;es les op&#233;rations exceptionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tenir compte de la logique des investissements longs et utiles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin il faut prendre en compte l'horizon de l'&#233;pargne et les risques pris par l'&#233;pargnant, si du moins les instruments choisis sont utiles. On ne peut &#233;quitablement traiter de la m&#234;me mani&#232;re des revenus garantis, constamment disponibles, comme le livret A, et des revenus r&#233;sultant d'investissement faits sur la dur&#233;e, dans des produits &#224; long terme et &#224; risque, tr&#232;s utiles &#224; l'&#233;conomie, comme le sont les actions. De tels investissements ne sont pas disponibles imm&#233;diatement, ou alors sont expos&#233;s au risque de march&#233;. En cas de perte nette c'est l'investisseur seul qui subit, pas le fisc. L'&#233;quit&#233; commande d'en tenir compte et de taxer de fa&#231;on nulle ou tr&#232;s mod&#233;r&#233;e une telle &#233;pargne &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, la croissance et plus g&#233;n&#233;ralement toute activit&#233;, voire le simple entretien de l'existant, exigent en permanence la cr&#233;ation ou le renouvellement d'investissements productifs. Ne serait-ce que pour lutter contre la concurrence &#233;trang&#232;re et maintenir l'emploi. Et pout ce faire les entreprises ont un besoin vital de fonds propres, donc d'investisseurs en actions. C'est en outre n&#233;cessaire pour s&#233;curiser leur bilan et assurer leur autonomie. Or on ne peut plus compter sur le secteur financier classique, banques et assurances . Les entreprises et plus g&#233;n&#233;ralement toute l'&#233;conomie devront donc se tourner de plus en plus vers les march&#233;s. Si l'&#233;pargne fran&#231;aise n'est pas suffisamment tourn&#233;e vers le long terme et notamment les actions, elles seront alors encore plus d&#233;pendantes du bon vouloir des fonds de pension et hedge funds &#233;trangers, avec la perte corr&#233;lative d'autonomie nationale et l'instabilit&#233; potentielle que cela implique. La prise en compte de l'&#233;quit&#233; rencontre donc l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique et social national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articulation avec l'immobilier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immobilier est avec l'&#233;pargne financi&#232;re l'autre grand domaine o&#249; l'&#233;pargne peut se placer &#224; long terme et qui contribue aussi &#224; la cr&#233;ation de richesse. Il n'y a aucune raison de le favoriser ni de le d&#233;favoriser par rapport &#224; l'&#233;pargne financi&#232;re. S'il doit &#234;tre consid&#233;r&#233; &#233;pargne longue, ses fluctuations sont moindres que celles des actions, il peut donc s'assimiler &#224; une rente : un traitement align&#233; sur les produits de taux serait plus rationnel. Naturellement il ne faut compter que les revenus, nets des frais et charges r&#233;els ou forfaitis&#233;s. Quant &#224; la r&#233;sidence principale l'exemption para&#238;t la solution la plus simple, s'agissant d'un besoin &#233;l&#233;mentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Simplicit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant pour des raisons de commodit&#233;, de transparence que d'&#233;quit&#233;, les r&#232;gles doivent &#234;tre aussi simples et universelles que possible. Toutefois ces objectifs peuvent conduire cas par cas &#224; chercher &#224; &#233;viter des complexit&#233;s inutiles lorsque les sommes sont faibles, et donc soit &#224; des planchers, soit &#224; des forfaitisations - si on peut par une formule simple obtenir un r&#233;sultat &#224; peu pr&#232;s &#233;quivalent &#224; l'application des r&#232;gles g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;alit&#233; des 20 derni&#232;res ann&#233;es est celle d'un pr&#233;l&#232;vement sans cesse croissant sur l'&#233;pargne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comparons maintenant avec ce qui s'est pass&#233; en France depuis 20 ans. Au fil des ans, l'&#233;pargne ordinaire (hors dispositifs sp&#233;ciaux ; donc actions, obligations, SICAV) est devenue une variable d'ajustement budg&#233;taire. Mais on ne s'interroge jamais sur l'impact &#233;conomique de ces mesures. R&#233;sultat, le taux du pr&#233;l&#232;vement lib&#233;ratoire est pass&#233; de 15% en 1990 &#224; 21% (dividendes) ou 24% (int&#233;r&#234;ts) ; et le poids des pr&#233;l&#232;vements sociaux de 3,5% en 1990 &#224; 15,5%, soit au total presque 40 %. Dans le m&#234;me temps, le taux marginal du bar&#232;me d'imposition &#224; l'imp&#244;t sur le revenu diminuait de 58% &#224; 41% (hors effets temporaires de la contribution hauts revenus) &#8211; plus 8 % de CSG. En revanche les livrets A et le LDD, une &#233;pargne pourtant &#224; tr&#232;s court terme, sont totalement exon&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien s&#251;r des dispositifs sp&#233;cialis&#233;s, notamment le PEA pour les actions et le plan d'&#233;pargne logement (PEL), mais ils sont compliqu&#233;s et plafonn&#233;s assez bas. Plafonn&#233;s aussi, mais plus importants on a les plans d'&#233;pargne entreprise (PEE) investis en actions ou obligations, de l'entreprise elle-m&#234;me dans certains cas, sur le march&#233; dans d'autres. Plus divers m&#233;canismes, eux aussi plafonn&#233;s, pour l'investissement dans le capital des PME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux fonds de pension, tr&#232;s faibles comme on sait en France, leur fiscalit&#233; ne donne pas d'avantage important ; en effet, si les cotisations sont d&#233;ductibles, les pensions une fois vers&#233;es sont impos&#233;es moyennant un petit abattement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, malgr&#233; les alourdissements dont elle a fait aussi l'objet, l'assurance-vie reste le seul dispositif significatif d'&#233;pargne longue &#224; fiscalit&#233; r&#233;ellement mod&#233;r&#233;e. Ce qui est curieux car on ne voit pas pourquoi un tel dispositif serait la voie normale de l'investissement long. En outre on l'a vu elle est maintenant dans une mesure appr&#233;ciable exclue des actions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire alors ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'&#233;quit&#233; commande, et dont l'&#233;conomie nationale a besoin, c'est d'abord d'un pacte de stabilit&#233; dans la taxation de l'&#233;pargne, gr&#226;ce auquel l'&#233;pargne longue, indispensable aux investissements porteurs de croissance et d'emploi, re&#231;oive ou conserve le traitement fiscal mod&#233;r&#233; qu'elle m&#233;rite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me para&#238;t alors possible de poser les principes simples suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dans tous les cas, ne consid&#233;rer que des revenus nets d'inflation et de moins-values ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Faire un abattement sur les revenus d'actions en fonction de l'IS d&#233;j&#224; pay&#233;.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Taxer au bar&#232;me ordinaire de l'imp&#244;t sur le revenu tout produit d'une &#233;pargne de dur&#233;e inf&#233;rieure &#224; 5 ans.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Traiter de fa&#231;on pr&#233;f&#233;rentielle et sous condition de plafond le produit long par excellence (les actions) ; ainsi que l'immobilier et les obligations , mais dans leur cas pour une fraction (50 % par exemple). N'exempter d'imposition que les actifs d&#233;tenus au moins 10 ans. Pratiquer un bar&#232;me d&#233;gressif entre 5 et 10 ans. Taxer tout le reste au bar&#232;me. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Appliquer ces r&#232;gles &#224; tous les r&#233;gimes juridiques (d&#233;tention directe, OPCVM, assurance-vie, plans de tout type etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a parl&#233; de plafond pour l'&#233;pargne longue pr&#233;f&#233;rentielle. Quel est le bon niveau ? Le plus juste est sans doute de d&#233;finir ce qu'on peut appeler une &#233;pargne &#171; normale &#187;. Si on admet un niveau de 20 % du revenu, on plafonnera la base d'exemption &#224; 20% des revenus imposables. Avec naturellement possibilit&#233; d'&#233;taler sur plusieurs ann&#233;es s'il y a une ann&#233;e exceptionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site Libert&#233; Politique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=wgcR9wItUp8&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.youtube.com/watch?v=wgcR9wItUp8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Niches fiscales : le d&#233;bat fauss&#233;</title>
		<link>https://www.pierredelauzun.fr/Niches-fiscales-le-debat-fausse.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pierredelauzun.fr/Niches-fiscales-le-debat-fausse.html</guid>
		<dc:date>2011-08-25T17:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Niche fiscale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Allons au bout de la logique fiscale ! &lt;br class='autobr' /&gt;
On parle partout de niches fiscales. C'est pratique dans une pol&#233;mique, mais on regroupe ensemble des choux et des carottes. En fait ce terme n'est justifi&#233; que lorsque la mesure vis&#233;e n'a pas de sens sur le plan de la logique fiscale. Par exemple, les dispositifs immobiliers, ou les emplois &#224; domicile, ou le livret A, ou les placements DOM TOM. Il s'agit alors d'une utilisation de la fiscalit&#233; pour cr&#233;er une incitation. Ce n'est pas a priori (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/-Fiscalite-41-.html" rel="directory"&gt;Fiscalit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pierredelauzun.fr/+-Niche-fiscale-+.html" rel="tag"&gt;Niche fiscale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Allons au bout de la logique fiscale !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle partout de niches fiscales. C'est pratique dans une pol&#233;mique, mais on regroupe ensemble des choux et des carottes. En fait ce terme n'est justifi&#233; que lorsque la mesure vis&#233;e n'a pas de sens sur le plan de la logique fiscale. Par exemple, les dispositifs immobiliers, ou les emplois &#224; domicile, ou le livret A, ou les placements DOM TOM. Il s'agit alors d'une utilisation de la fiscalit&#233; pour cr&#233;er une incitation. Ce n'est pas a priori injustifi&#233;, certes, mais cela n'a rien &#224; voir avec la fiscalit&#233;. En fait il serait plus logique dans ces cas, s'ils sont justifi&#233;s, de verser une allocation ou une subvention ; cela &#233;viterait de m&#233;langer les genres et permettrait de donner exactement ce que l'on veut donner cas par cas. En revanche le terme de niches fiscales est totalement inadapt&#233; lorsqu'il y a une vraie logique fiscale, pour l'essentiel une meilleure prise en compte de la base fiscale. Par exemple le quotient familial, qui n'est pas d'abord une mesure de politique familiale mais prend en compte la moindre capacit&#233; contributive des familles (compar&#233;es aux isol&#233;s de m&#234;me revenus), ou tous les transferts, dons et rentes, qui diminuent r&#233;ellement le potentiel fiscal de l'int&#233;ress&#233;. De telles mesures sont &#224; examiner en fonction de leur logique fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on raisonne ainsi on va tr&#232;s loin. On maintient certes le quotient familial, la d&#233;duction des rentes et aides, ou des dons. Mais on aligne totalement la fiscalit&#233; de l'&#233;pargne sur celle des autres revenus, au premier euro (sous r&#233;serve de l'effet inflation, ou de la double imposition : IS dans le cas des dividendes). Je dis bien : tout produit de l'&#233;pargne, quel que soit son statut, quelle que ce soit la forme du gain. De m&#234;me pour tous les autres revenus. Et on supprime les vraies niches, remplac&#233;es par des subventions quand on juge utile de maintenir l'une ou l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
