L’exemple du débat sur l’euthanasie est a priori surprenant. Ses adversaires ont développés des trésors d’arguments raisonnables pour montrer l’immoralité de ce développement, et sa contradiction avec des convictions par ailleurs admises par tous et mises dans les lois. Or ils n’ont en rien emporté le débat. C’est que les partisans de l’euthanasie ont une conception différente de la morale et par là du sacré. Ce qu’ils sacralisent, c’est l’autodétermination de l’individu.
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MOT-CLEF Culture de mort
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Société du bien-être et culture de mort
Peut-on parler d’une culture de mort ?
Oui, quand une société refuse d’accueillir la vie qui vient, manipule ses embryons, et envisage la suppression des vieillards gravement malades. Elle a beau proclamer son culte de la santé, elle le limite à l’adulte conscient, selon un mythe narcissique qui est à l’opposé de la logique de vie.
Car la vie réelle est don et transmission. Aucune des formes de vies existantes ne possède une promesse de survie indéfinie sur cette terre, ni de bonheur parfait. Notre tâche en ce monde consiste à accepter nos limitations individuelles et à les dépasser par le don de la vie.
C’est cette même attitude qui fonde le lien social, et d’abord la famille. Ce lien n’est pas fondé sur un contrat libre entre individus, noué et dénoué à volonté. Accepter la vie c’est accepter les autres comme ils nous sont donnés. Les aider si possible à aller dans le sens du bien, mais pas rompre le lien.
Ce qu’on peut appeler culture de mort refuse cette dimension, et donc refuse la vie telle qu’elle est. Et dans son refus elle sacrifie ce qui la gêne, s’érigeant en juge du bien et du mal. Ce faisant, elle prolonge à sa façon les tentatives totalitaires du passé.
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